LE 22éme RIC L'ASSAUT DE L'INDEX

De la gauche à la droite, le dispositif est le suivant : 22ème RIC, 24éme RIC, 8éme RIC, 4èmeRIC

Le 22eme RIC est chargé de l'action sur la gauche de la main, en liaison au nord-ouest avec les unités du 20ème Corps d'Armée ( 146ème puis 43ème RI), le 22ème Colonial partait de notre première ligne du Promontoire avec, pour axe d'attaque, le point 559 - clocher de Rouvroy : l’objectif initial était la conquête de l'Index.

L'organisation allemande, sur ce mouvement de terrain, formait une sorte d'échelle dont les deux montants étaient constitués de la tranchée Schultz et du Grand boyau Jung. Ces deux montants étaient réunis par 24 boyaux de communication représentant les barreaux de l'échelle. «L'échelle» se reliait au nord à une seconde ligne: la tranchée du Kaiserhof qui longeait le bois du ravin de l'Étang pour aboutir au point 642. Le ravin de l'Index, dans sa partie inférieure, était coupé par 2 tranchées, au sud de 459 et de 540, reliant l’échelle au Médius.

La position allemande, bien pourvue de mitrailleuses abritées et camouflées, était couverte par de nombreux obstacles aménagés le long du ruisseau de l'étang et par un épais réseau de fils de fer barbelés, double par endroits. Pendant la préparation d'artillerie et, notamment à la fin de la nuit du 24 au 25, huit brèches avaient été ouvertes dans le réseau ennemi.

Image 3D crée par J.DAUGE

Les troupes d'assaut étaient constituées du 5ème bataillon ( Mongeot ), à droite, et du 1er Bataillon (Rognin) à gauche, accompagnés d'une compagnie de mitrailleuses et d'une section du Génie.

Le 2ème bataillon ( Hubin ) constituait la réserve régimentaire.

Chaque bataillon de première ligne fournissait 4 vagues d'assaut.

Le 5ème bataillon avait comme 1er objectif le bois Triangulaire et la tranchée Schultz jusqu'au boyau 641-644. Ensuite, il devait progresser vers le nord et s'emparer du bois des Kamaraden.

Le 1er bataillon, quant à lui, devait remonter le boyau Jung et se rabattre ensuite vers la tranchée du Kaiserhof.

Les barreaux de l'échelle devaient être investis au fur et à mesure de la progression des unités des 3ème et 1er bataillons des les montants.

Les hommes de la 6e brigade, parmi eux Ernest AURIAC, mon arrière grand père qui sera tué à 9h 30 selon l' acte délivré par le Lt GUBERNATIS officier de l'état civil qui dressera l'acte de décès. Comme beaucoup de ses camarades de la 9eme compagnie, il aura été très certainement fauché par une mitrailleuse allemande au sud du bois triangulaire.

A 9h15, l'attaque démarre, Il pleut depuis quelques heures et le brouillard dissimule les lignes allemandes

La 1ère vague du 3ème bataillon ( 9ème compagnie) sort de la parallèle de départ en colonnes de demi-section et s'avance jusqu'au ruisseau de l'Étang où elle se déploie. Elle doit passer dans les brèches 5, 6, 7 et 8 dont la plus à droite fait face à la corne sud du bois triangulaire.

A peine sortie du ruisseau de l'Étang, la 9ème Compagnie subit un feu très meurtrier. En fait un seul passage est libre (au sud du bois Triangulaire) mais c'est un traquenard.

Engagée dans cette brèche, la compagnie est prise de flanc par une mitrailleuse qui la décime. Le capitaine Raymond est tué à 20 mètres de la mitrailleuse qu'il attaque avec ses hommes ; ses deux lieutenants sont blessés ; le sous-lieutenant Piriel prend le commandement. Il arrive à placer les débris de la compagnie à l'abri des pentes du Médius où il est bloqué.

Les 1ère et 2ème compagnies du 1er bataillon se déploient également dans le ravin de l'Étang et abordent les pentes de l'Index.

Dans les premières tranchées, on se bat au corps a corps : le capitaine Régnier (2e Cnie ) est tué, le chef de bataillon Rognin tombe à son tour.

La 2ème vague du 3ème bataillon (11eCnie ) a quitté à son tour la parallèle de départ. Son chef a vu le danger que courait la 9ème.

Le lieutenant Perny a compris qu'il fallait changer l'axe d'attaque. Il oblique à gauche, passe derrière les 1ère et 2ème compagnies qui ont cisaillé les fils de fer et commence progresser sur l'Index, derrière ces unités.

Vers le sommet de l'index, le feu d l'ennemi devient plus intense. Aux tirs d'infanterie, s'ajoutent les bombes de minenwerfen et des obus de 77 de pièces tirant en tir direct, de positions aménagées dans les tranchées.

La 11ème Cnie est accueillie par une forte fusillade de face et de dos, des éléments ennemis étant bloqués dans la tranchée en fourche du Médius.

A ce moment là, intervient fort heureusement la 3ème vague ( 12 Cnie ) qui a obliqué à gauche et a progressé dans les barreaux de l'échelle de l'index. Elle fixe à son tour, par ses tirs, les groupes ennemis du Médius. Ceux-ci pris en tenaille par le 22ème et le 24èmeRIC commencent se rendre.

En arrivant sur la crête, le capitaine Fichepain commandant la 12 Cnie est grièvement blessé.

Les compagnies reprennent l'assaut à la baïonnette sur le terre-plein ; les nettoyeurs de tranchées, quant à eux, nettoient les nids de résistance et les abris à la grenade.

A 11h45, le chef du 3ème bataillon arrive à hauteur du boyau 644 - 641.

A gauche, la 3ème compagnie après avoir dépassé 558, attaque les boyaux menant au Kaiserhof.

Le 1er bataillon est arrivé au nord de 539, mais il est arrêté dans sa progression vers le nord par une forte résistance ennemie dans le Kaiserhof, au sud de 642.

Vers 12 heures, des éléments ennemis se massent dans le bois des Kamaraden et dans l'extrémité est du ravin du Kaiserhof, entre 642 et 641.

La 4ème vague, formée de la 4ème compagnie, suit la 3ème vague. Elle atteint le pied de l'Index à 11h15 où le colonel du 22ème RIC la rejoint. Elle nettoie le ravin de l'Index et participe à la réduction des groupes ennemis de la tranchée en fourche, à droite, sur le Médius, qui nous causent beaucoup de mal.

De fortes pertes sont infligées à l'adversaire, 60 prisonniers sont capturés.

La 9ème compagnie réussit, à ce moment là, à se dégager et s'empare de la mitrailleuse, après en avoir tué les servants, qui l'avait arrêtée depuis le début de la matinée.

A 11h25, les deux compagnies en réserve du 2ème bataillon ( 5e et 6e ) sont engagées. La 6ème est envoyée en renfort au 3ème bataillon, sur l'Index.

La 5ème doit participer à l'attaque du bois du Valet, au Nord, en passant par le bas de l'Index, tandis que les éléments réservés du 24èmeRIC reçoivent la mission de s'attaquer à ce même bois par l'ouest, en venant du talweg du bois en demi-lune.

Vers 12h30, les éléments avancés des 1er et 3ème bataillons du 22èmeRIC ayant atteint 542 et 644, vers le sommet de l'Index, entrent en liaison avec des unités du 3ème bataillon du 24ème RIC qui ont réussi à s'emparer de la plus grande partie des tranchées du Médius.

Le commandant Mangeot commandant le 3ème bataillon du 22ème organise les positions conquises : la tranchée Schultz, la plus grande partie du boyau Jung et les barreaux de l'Echelle où des groupes ennemis encerclés livrent leurs derniers combats.

L'ennemi tient toujours fortement le haut de la Verrue et le Col des Abeilles.

La 10ème compagnie du 22èmeRIC arrive à son tour elle réussit à s'emparer de 2 canons de 77 au nord de 543.

Quant au 1er Bataillon, il éprouve, à partir de 12 heures, des difficultés de plus en plus grandes à progresser vers la tranchée double; du bois du ravin de l'Étang. Pris sous les tirs de mitrailleuses et de minenwerfen, subissant des contre-attaques incessantes provenant des positions ennemies abritées dans le bois, il progresse néanmoins, à la grenade, dans les boyaux âprement défendus qui conduisent vers le Kaiserhof.

Vers 15h30, il est contraint de s'arrêter, le Kaiserhof n’est pas atteint. Nos unités sont très amoindries certaines sont pratiquement sans cadres, elles sont en outre, très mélangées. Il est nécessaire de  remettre de l'ordre dans notre dispositif d'attaque.

Pour continuer la progression vers le nord, il faut que les régiments au sud de la Main ( 4ème RIC, 23ème RIC)se rendent maîtres de l'Annulaire, du Col des Abeilles, mais la résistance allemande est toujours très forte dans ce secteur.

Le colonel du 22ème demande des renforts, deux bataillons du 15ème RI ( 32èmeDI ) sont mis à sa disposition l'un est dirigé sur la tranchée Schultz, l'autre vers le boyau Jung. Le chef du 2ème bataillon du 22ème RIC ( Hubin ) prend sous son commandement la partie gauche de notre nouvelle première ligne, le commandant Nangeot ( 3ème bataillon du 22ème ) conserve la responsabilité de la partie droite.

La nuit se passe sans incidents notables ; le feu de nos mitrailleuses bloque dans leurs tranchées les Allemands qui essaient de prononcer de timides contre-attaques.  

Les Allemands ont eu de fortes pertes et 150 prisonniers environ ont été capturés par le 22ème. 

Mais la journée du 25 septembre 1915 a coûté cher au 22èrneRIC

- 4 officiers tués, 16 blessés

- 152 sous-officiers et hommes tués

- 482 blessés, 192 disparus

Soit un effectif de 846 hors de combat.

 

La plupart des soldats du 22 RIC (et du 1er Cac) reposent au cimetière national du Pont de Marson à Minaucourt-Le Mesnil-les-Hurlus prés de Massiges : 9096 corps en tombes individuelles et 12223 soldats non identifiés dans les 6 ossuaires du cimetière. 

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