L'Armée Coloniale Française.

(D'après "les Armée du XXe Siècles", journal illustré , 1905)

Les premiers contingents

Au début de l'expansion coloniale française, Ies troupes mises sur pied pour assurer la protection des terres nouvelles, découvertes ou occupées par nos navigateurs, ne relevaient pas du gouvernement central.

les chartes royales octroyées aux compagnies de commerçants fondées en vue de l'exploitation des pays d'outre-mer, accordaient d’habitude à ces compagnies les droits régaliens, C'est ainsi que par la première charte accordée par Louis XIII, en 1628, à la Compagnie du Canada, le roi concédait aux-directeurs de cette compagnie les droits de haute, moyenne et basse justice.

" La Compagnie peut faire fondre des canons forger toutes sortes d'armes offensives et défensives, faire de la poudre a canon et autres munitions, fortifier la place, construire des forts, avoir vaisseaux de guerre pour les troupes de terre et de mer, et sur ces vaisseaux choisir tels capitaines et officiers qu'elle jugera a propos. La Compagnie a le droit de traiter de la paix ou de la guerre dans les pays où s'étend son action".

Le pouvoir de la Compagnie du Canada et de celles auxquelles des chartes analogues furent successivement concédées était, on le voit, sans limites; au point  de vue particulier qui nous occupe, cette compagnie recrutait, administrait, commandait ses troupes comme elle l'entendait; l'armée coloniale de cette époque n'était donc qu'une réunion de contingents recrutés suivant des méthodes fort différentes, manquant de cohésion et d'unité, et disposant d'ailleurs d'effectifs singulièrement modestes. On conçoit, en effet, que l’entretient des troupes étant à la charge des compagnies, les négociants composant le conseil de direction fissent tous leurs efforts pour réduire la dépense au strict indispensable.

Il faut cependant noter une restriction apportée à la puissance des compagnies, c'est la suivante : en cas de guerre, le roi nomme Le lieutenant général qui sera placé à la tète des troupes.

Peu à peu, dans un but d'économie, les compagnies coloniales du 17e siècle arrivèrent à diminuer les effectifs de leurs troupes dans des proportions telles que nos possessions d’outre-mer n'avaient plus leur sécurité assurée, aussi le pouvoir central dut il intervenir et  modifier les chartes en imposant à chaque colonie le devoir d'entretenir un effectif minimum de Français qui fussent à la fois agriculteurs ou artisans et soldat.

C’est sous l’empire de cette réglementation que furent successivement fondés nos établissements coloniaux des Antilles de 1625 à 1635 ; de la Guyane en 1640 et des Indes ,en1642.

La Compagnie des Indes.

Jusqu'à cette époque, les troupes levées par les compagnies n'avaient eu à se défendre que contre les naturels des pays occupés; la tache était assez aisée, vu la supériorité de nos armes et de notre civilisation.

Mais les grandes guerres de Louis XIV amènent un groupement contre la France de toutes les puissances maritimes, qui jugent l'occasion favorable de se jeter sur nos florissantes colonies. Celles ci n’ont pas par elles-mêmes les éléments nécessaires pour résister aux invasions des Anglais ou des Hollandais; il faut que la métropole vienne à leur secours : c'est l'ingérence définitive du pouvoir central dans I'organisation militaire d'outre-mer.

La charte de la nouvelle Compagnie des Indes octroyée par Louis XlV nous permet de nous rendre compte des restrictions apportées en matière militaire aux droits concédés antérieurement.

D'après cette charte, qui porte la date du 28 Mai 1664, la Compagnie des Indes conserve le droit de nommer ses officiers, d'armer ses vaisseaux, d’arborer le pavillon blanc avec les armes de France de conclure des traités d’alliance qui seront approuvés par le roi. Celui ci s'engage par contre à défendre la compagnie de ses armes et de ses vaisseaux en cas que la dite Compagnie soit troublée, en la possession de ses terres, par les ennemis de l'État.

Cette clause est fort importante;elle entraîne ipso-facto le contrôle de la Couronne sur les actes des compagnies, puisque le roi ne peut pourvoir à la défense des colonies sans savoir dans quel état elles se trouvent au point de vue défensif.

Quelques années plus tard, octroyant une charte à la Compagnie de Saint-Domingue, le roi s'engageait à construire à ses dépens, dans les pays ou la Compagnie fera son principal établissement, une place forte; et la ferons munir de canons, mortiers, poudre, munitions et armes convenables, à la charge que la Compagnie entretiendra a ses dépens et paiera les officiers et troupe qu’elle estimera nécessaires à sa défense. Lesdits officiers seront pourvus par Nous sur la proposition des Compagnies.»

L'immixtion royale dans les affaires des compagnies coloniales devenait, on le voit, de plus en plus importante; bientôt toutes les colonies françaises, sauf les Indes et le Canada, allaient être rattachées à la Couronne, et les troupes chargées de leur défense s'acheminer peu à peu vers un recrutement uniforme pour arriver enfin, après bien des fluctuations à faire partie intégrante de l'armée française.

La première organisation

Chaque compagnie à charte recrutait, nous l'avons vu, son personnel militaire suivant son bon plaisir.

Les soldats coloniaux provenaient du racolage dans un élément sensiblement inférieur à celui du recrutement des régiments métropolitains.

Les officiers des compagnies ne valaient pas grand chose, bien que théoriquement leur nomination fût réservée au roi; seuls, les officiers supérieurs avaient quelque valeur ; mais celle-ci ne parvenait guère à se faire jour et était insuffisante à maintenir l'ordre et la discipline et à assurer une instruction uniforme.

Il eut d'ailleurs été difficile de se montrer exigent à cet égard puisque, par suite du mercantilisme des compagnies, les hommes étaient rarement payés.

Aussi les délits les plus graves n'entraînaient-il dans la pratique, aucun châtiment ou une peine illusoire ; seule, la désertion était punie de mort par pendaison, après un jugement sommaire.

Voici, à titre de curiosité, le premier tarif de solde des troupes coloniales:

Capitaine, 90 livres par mois

Lieutenant, 60 livres

Enseigne en pied, 40 livres

Enseigne en second, 30 livres

Sergent, 20 livres 5 sols

Caporal, 12 livres 15 sols

Anspessade, 9 livres 15 sols

Soldat, 7 livres 5 sols;

mais, dans la pratique et vu, le manque absolu de contrôle, les cadres inférieurs ne touchaient presque rien, le capitaine conservant volontiers les sommes qui lui étaient remises pour ses hommes.

D'un autre côté, les compagnies ne songeaient pas à autre chose qu'à faire produire des intérêts aux capitaux engagés ; elles ne s'inquiétaient guère de la qualité de leurs recrues et chaque fois qu'une expédition devenait nécessaire, on ne l'engageait qu'au cas ou elle devait rapporter immédiatement quelque bénéfice matériel, sans prévoir l'avenir; dans le cas contraire, on évitait toute opération militaire, même reconnue indispensable au point de vue de l'intérêt de la colonie et de la métropole.

C'est cette politique mercantile qui fut la première et la véritable cause de la perte des Indes.

Sous le ministère de Colbert, on commença à envoyer outre-mer des troupes régulières; malheureusement, l'armée métropolitaine avait elle-même besoin de ses meilleurs éléments et les premiers contingents coloniaux ne furent guère supérieurs comme qualité aux troupes levées par les compagnies à charte.

L'unité tactique était alors la compagnie, dont l'effectif variait de 50 à 100 hommes; généralement on groupait, au moment du besoin, ces compagnies en bataillons et en régiments aux-quels on assignait un nom particulier.

Les hommes provenant du racolage devaient signer un engagement de huit années ; toutefois il était loisible aux officiers royaux de libérer un certain nombre de soldats, par anticipation à la condition qu'ils se fixassent dans la colonie.

Les gradés subalternes des premiers contingents coloniaux étaient les mêmes que ceux de l'armée de France: sergent, caporal, anspessade, tambour, et soldat. Les officiers provenaient des écoles de Cadets française; il n’était pas, si l’on doit en croire les rapports de l’époque, de qualité extraordinaire. Et les gouverneurs se plaignirent, en maintes-occasions, qu'on ne leur envoyait que le rebut des écoles d'officiers. Par contre, à partir du grade de capitaine, l'avancement était l'objet d'une attention très grande de la part du roi et du ministre et les officiers supérieurs valaient incontestablement ceux de l'armée métropolitaine.

En 1730, on essaya de créer une école de cadets pour les troupes coloniales ; elle ne donna des résultats satisfaisants que cinquante ans plus tard, à la veille de la révolution, qui emportât à peu prés toute l’organisation militaire de la monarchie.

Dans les troupes coloniales de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, la hiérarchie comprenait les grades suivants: cadet, enseigne, lieutenant, capitaine, aide-major, major, lieutenant-colonel, colonel, brigadier et lieutenant-général.

Les légions coloniales

Le malheureux traité de 1763, signé à Paris, après  une lutte inégale contre l'Angleterre, nous laissait comme domaine colonial, aux Antilles : Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe; en Afrique: l'île de France et l'île Bourbon, le Sénégal; en Amérique : la Guyane et les îlots de Saint-Pierre et Miquelon.

Par la faute des compagnies à charte qui n'avaient pas su ou voulu entretenir des troupes pour garder et défendre le Canada et les indes, nous avions perdu ces deux magnifiques colonie passées sans retour sous la domination anglaise.

Aussi a la paix, examina t-on soigneusement le plan d’organisation à adopter pour éviter le retour d’aussi lamentables échecs et pour conserver les débris de notre empire colonial.

Ce fut le ministre de la guerre qui fut chargé, d’une façon générale de la défense des colonies; il dut assurer soit avec des troupes tirées de l’armée métropolitaines, soit à l’aide de légion recrutées dans le pays même et comprenant de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie.

C'est ainsi que, vers 1772, la colonie de Saint-Domingue avait pour sa défense une légion de 3500 hommes répartie en 24 compagnies de fusiliers, 3 de grenadiers, 3 de canonniers, 3 de dragons, dont un tiers monté, 2 de canonniers hollandais et 2 d'ouvriers.

A la Martinique, un effectif a peu prés identique était fourni par les régiments métropolitains: Royal-Vaisseaux, Médoc, Limousin, Bouillon, Périgord et par une compagnie de canonniers ; deux bataillons du régiment de Vexin et une compagnie d'artillerie formaient avec 1880 hommes la garnison de la Guadeloupe.

Aux îles de France et Bourbon nous trouvons une organisation mixte: d'abord, une légion d'environ 2000 hommes, soit 16 compagnies de fusiliers, 2 de grenadiers et 2 de canonniers, et 6000 hommes d’infanterie et d’artillerie de France fournis par les régiments Royal-Comtois et Clack, et par les bataillons de Normandie et d'Artois.

La Guyane avait reçu 12 compagnies de troupes nationales et une compagnie de canonniers; le Sénégal, 2 compagnies de  100 hommes, Saint-Pierre et Miquelon un détachement de 50 hommes.

C’était, au total un peu plus de 16000 hommes que l’on affectait en permanence à la défense de notre domaine colonial, et à cette époque, l'effort entrepris était digne de louanges et â peu  prés à hauteur des circonstances.

Mais des conflits ne tardèrent pas à s’élever entre l'administration de la Guerre et le ministère de la Marine, qui revendiqua le soin exclusif de la défense des  colonies, et une ordonnance  royale de 1772 lui donna satisfaction en créant les régiments coloniaux, placés exclusivement sous les ordres du ministre de la Marine.

Les régiments coloniaux

L'ordonnance du 18 Février 1772 remplaçait les formations antérieures par le corps royal de la Marine, qui avait la charge de la garde des Arsenaux, celle du service de l'artillerie et de la mousqueterie à bord des navires de guerre, enfin devait fournir les corps de débarquement pendant les expéditions coloniales.

Le corps royal de la Marine comprenait 8 régiments à 2 bataillons de 9 compagnies dont 1 de bombardiers, 1 de canonniers et 7 de fusiliers.

Chaque régiment était appelé du nom du port dans lequel il tenait d’habitude garnison.

Aux colonies, les légions supprimées firent place a des Régiments coloniaux ; Saint-Domingue reçut le régiment du Cap et celui de Port-au-Prince; la Martinique fut occupée par le régiment de ce nom, renforcé de bataillon fournis par les régiments Auxerrois et Viennois; la Guadeloupe eut le régiment du même nom; enfin le gouverneur des îles de France et Bourbon réunit sous ses ordres les régiments d'Austrasie, de l'île de France, les volontaires de la Marine, les volontaires de l'île de France, l'artillerie de l'île de France et la compagnie franche de Madagascar.

L'artillerie des Colonies.

Quelques années avant la Révolution, une ordonnance portant la date du 24 Octobre 1784 avait remplacé toutes les compagnies d'artillerie d'outre-mer par le corps royal de l'artillerie des colonies fort de 20 Compagnies, groupées en brigades ainsi réparties:

1er brigade aux Indes,2e à la Martinique, 3e et 4e brigades en France, 5e à Saint-Domingue.

L'état-major du corps royal de l'artillerie coloniale comprenait 1 colonel, 4 lieutenants-colonels, 1 major, 5 chefs de brigade, 3 aides-majors et 1 quartier-maître trésorier.

Chaque compagnie était encadrée par 1 capitaine en premier, 1 capitaine en second,1 lieutenant en premier, 1 lieutenant en second, 1 lieutenant en troisième et 88 hommes de troupes.

Le recrutement des anciens régiments coloniaux

A I’époque des grandes compagnies coloniales, on avait installé des dépôts de recrues à Lorient, puis dans l’Ile de Ré. C’est dans cette dernière localité que dès 1777 fut concentré le service du recrutement des troupes coloniales. Caque recrue engagé soit à Paris, soit dans les grandes villes de province, était payé par le Roi la somme de 85 livres. Sitôt que le nombre des racolés s’élevait à 30 ou 35, on en formait un détachement sous les ordres d’un bas officier et on les dirigeait sur l’Île de Ré. Là, un médecin de la Marine les visitait et on procédait à leur habillement; sur les 85 livres payées par le Roi, il était prélevé 20 livres environ destinées à payer les effets d’habillement et d’équipement fournis aux recrues. Celles-ci étaient rapidement débourrées par l’exercice exécuté deux fois par jour, puis on les embarquait pour la colonie dans laquelle elles devaient servir.

Il faut croire que l’on n’avait pas à cette époque grande confiance dans la moralité des soldats coloniaux, car avant de les embarquer, on leur retirait tous leurs effets militaires, sauf un sarrau et une culotte, et on ne les leur rendait qu’au moment du débarquement.

En 1781, une ordonnance du 25 juillet réunit en un seul les dépôts de l’Ile de Ré et de Lorient et attribua au nouveau corps l’appellation de bataillon auxiliaire des régiments des colonies.

Ce bataillon comprenait 5 compagnies, dont 4 de fusiliers et 1 d’artillerie.

D’après les feuilles de journées de l’époque, le prix de revient d’un soldat colonial rendu à destination paraît avoir été de 292 livres pour les colonies d’Amérique, de 513 livres environ pour l’Inde et l’Île de France.

L'entretien d'un soldat non gradé coûtait environ 500 livres par an.

Après 32 ans de service, les bas officiers et les soldats qui se fixaient dans la colonie avaient droit à une retraite égale à la solde de leur grade.

Les officiers provenaient, nous l'avons vu, de l'école des cadets créée à Rochefort en 1730, transférée à l'île de Ré eon 1779, supprimée, puis enfin réorganisée en annexe du bataillon auxiliaire de Lorient.

Dès 1779, une ordonnance royale avait posé en principe que le recrutement des officiers des colonies se ferait soit par la compagnie des cadets-gentilshommes, soit par les bas officiers.

La hiérarchie était la même que dans l'armée de terre; de plus, dans l’artillerie, il existait le grade de chef de brigade assimilé à major.

Dans chaque corps, les capitaines de fusiliers ou de chasseurs passaient par ancienneté capitaines de grenadiers; il fallait six ans de service en cette qualité à ces derniers, pour être promus majors ou chefs de bataillon; ceux-ci pouvaient arriver lieutenants-colonels au bout du six ans de grade; les majors, après quatre ans; enfin, pour passer colonel il fallait six ans de grade de lieutenant-colonel.

Les places de porte-drapeau étaient exclusivement réservées aux fourriers et aux sergents, qui pouvaient d'ailleurs concourir pour les emplois de lieutenants.

Les régiments de la Marine

Les régiments coloniaux dont nous venons de parler n'eussent pu mener à bien la tache qui leur était dévolue s'ils n'avalent été, le cas échéant, renforcés par les régiments de la Marine. Ceux-ci avaient été créés dans le but de tenir garnison dans les ports, et d'autre part pour assurer le service de la mousqueterie et de l'artillerie sur les vaisseaux du roi.

Les régiments de la Marine étaient d'ailleurs employés indifféremment sur mer ou sur terre. Ce sont eux qui livrèrent les batailles navales de la Méditerranée avec Sourdis, qui firent la conquête des îles de Lérins, qui combattirent à Djidjelli sous Beaufort, aux Canaries avec Duquesne, à Port-Mahon avec Richelieu, aux Indes et aux Antilles pendant toutes les guerres contre les Anglais

Sur terre, ils bataillaient en Piémont dans les Flandres, en Allemagne, en Alsace, et leurs services furent tels que le ministère de la guerre ne voulut plus les rendre au ministère de la Marine.

Ces régiments portent dans l'histoire de l’armée française les noms de Régiment de la Marine, Régiments des Navires, Royal-Vaisseaux, Royal-Marine, Régiment-Amiral .

Ce sont les véritables ancêtres des régiments d'infanterie coloniale.

Le 24 Septembre 1769, une ordonnance créa le corps royal d'artillerie et d'infanterie de marine à 3 brigades de 8 compagnies chacune, pour assurer le service à bord des navires de guerre.

Ces troupes devinrent en 1772 le corps royal de la Marine que remplaça en 1784 le corps royal de l'infanterie de marine composé de 100 compagnies de fusiliers.

L'artillerie répartie dans les directions de Brest, Rochefort et Toulon, devint en 1786, le corps d'artillerie des colonies.

En résumé, à la veille de la Révolution française la défense des colonies était à la charge du département de la Marine; les troupes qui concouraient à ce service comprenaient les régiments coloniaux d’infanterie, le corps de l'artillerie des colonies et les détachements d'infanterie de Marine débarqués des navires de guerre pour un service spécial.

Les troupes coloniales sous la Révolution et l'Empire

Quelques mois avant la chute de la royauté et la proclamation de la première République, divers décrets avaient rattaché les troupes coloniales au département de la Guerre, remplacé les régiments coloniaux par des demi-brigades, réglé la police et la discipline des troupes coloniales, rattaché enfin l’artillerie des Colonies à I’artillerie de la Guerre.

En 1792, nouveau décret; toutes les troupes coloniales, à l'exception des volontaires de Bourbon et des Cipahis de I’Inde, devaient former 6 régiments d’infanterie à 2 bataillons chacun, qui prendraient rang après le 105e régiment de ligne.

Dans la réalité, I’organisation de 1792 resta à peu près lettre morte, l’indiscipline avait pris de telles proportions que l'on du licencier les régiments des colonies, dont plusieurs avaient fait cause commune avec les nègres révoltés; les soldats qui en faisaient partie furent incorporés dans les demi-brigades d’infanterie stationnés en Bretagne, et I’on revint au système de l'envoi aux colonies de troupes métropolitaines relevés périodiquement, par fractions constituées.

Sur les navires, les 100 compagnies d'infanterie de marine dont nous avons mentionné plus haut la création, avaient été remplacées par le corps royal des canonniers matelots ; celui-ci fut supprimé en 1792 et remplacé par 4 régiments d’infanterie et 2 régiments d'artillerie destinés à former la garnison des ports et à assurer le service à bord.

Trois ans plus tard, cette organisation était elle-même supprimée, elle cédait la place au corps de l'artillerie de marine formé de 7 demi-brigade, 3 Compagnies d’ouvriers et 4 escouades d’apprentis canonniers.

Chaque demi brigade comprenait 3 bataillons de 9 compagnies de 100 hommes chacune, répartis en fusiliers et canonniers.

L’artillerie de la Marine comptait donc, sous le directoire et le Consulat, un effectif d’environ 25000 hommes remplissant les fonctions dévolues autrefois à l'infanterie et à l'artillerie de Marine.

Un arrêté de 1803 transforma les demi-brigades en 4 régiments dont deux furent à quatre bataillons et les deux autres, à deux bataillons seulement. Les garnisons de ces régiments furent fixées à Cherbourg, Brest, Toulon et Anvers.

En 1813, un décret impérial prescrit une nouvelle transformation, l’artillerie de la Marine comptera désormais 26 bataillons qui seront mis à la disposition du ministère de la Guerre.

La chute de l'Empire rendit les régiments à la Marine; l'un d'eux fut supprimé; on n'en compta plus que trois, le premier à 3 bataillons, les deux autres à 2 bataillons seulement; chaque bataillon était à 6 compagnies de 124 hommes sur le pied de paix et de 207 hommes sur le pied de guerre. Il y avait en outre 5 compagnies d'ouvriers.

Enfin une ordonnance de 1816 organisa Ie corps royal d'artillerie de la Marine qui comprit une inspection générale, 8 bataillons de 6 compagnies dont 5 de canonniers et 1 de bombardiers, 5 compagnies d'ouvriers et 5 compagnies d'apprentis canonniers.

Les effectifs dont disposait le nouveau corps étaient tout à fait insuffisants pour assurer le service dans les ports et aux colonies; il fallut de nouveau recourir à l'armée de terre

Les régiments d'infanterie aux colonies

Une série d'ordonnances de Louis XVIII prescrivirent que l'armée de terre participerait désormais au service colonial.

Des régiments furent désignés auxquels on attribua des bataillons supplémentaires les 26e.et 62e de ligne reçurent chacun trois nouveaux bataillons; le 71e de ligne et le 5e régiment d'infanterie légère en reçurent chacun un. Le 26e et le 62e furent dotés d'un second Colonel et d'un second major; chaque bataillon nouveau reçut un quartier-maître trésorier et un chirurgien. Les hommes étaient recrutés parmi les soldats qui en faisaient la demande et souvent d'office parmi les mauvaises tête du régiment.

A ces troupes régulières venait s'ajouter en cas de besoin, des milices locales sortes de gardes nationales placés sous les ordres d’un officier supérieur ou général retraité dans la colonie et relevant, en temps de paix, du gouverneur; en temps de guerre, du commandant militaire des troupes actives. Cette organisation avait pour résultats d’anémier les régiments de l’armée de terre, qui fournissaient les détachement coloniaux. Une ordonnance de 1822 chercha à remédier à cet inconvénient et créa un régiment d'artillerie et deux régiments d'infanterie de marine.

Mais, cinq ans plus tard, l'antagonisme des officiers de vaisseau, qui prétendaient commander exclusivement les troupes à bord des navires, parvint à faire licencier les deux régiments d'infanterie de marine qui, le 28 Août 1827,furent versés aux 11e, 13e et 15e légers.

L'armée de terre dut, une fois de plus, fournir les garnisons des colonies; trois régiments de ligne furent tout d'abord désignés; mais comme ils s'épuisaient rapidement, on recourut successivement aux 48e, 49e, 45e et 51e de ligne, aux 11e ,13e, 15e et 17e légers, dont 7 compagnies de chaque bataillon assuraient la relève, et la 8e, restée en France, servait de dépôt.

Ces régiments, bien qu'appartenant à la Guerre, étaient administrés par la Marine, et l'on eut à regretter, à cette occasion, une série de conflits entre les deux départements.

Reconstitution des troupes de la Marine

Une ordonnance de Louis-Philippe reconstitua en 1831 deux régiments d’infanterie de Marine à l’aide des 45e et 51e  régiments de ligne et du 16e légers qui tenaient à cette époque garnison aux colonies; une nouvelle ordonnance portant la date du 20 Novembre 1838 créa un troisième régiment de l'arme. Chaque régiment dut compter 30 compagnies actives, dont 4 de grenadiers, 4 de voltigeurs et 22 du centre, un état-major et une compagnie hors rang. Le 1er régiment reçut comme garnisons Brest, Cherbourg, la Guadeloupe; le 2e Brest, Rochefort, la Martinique; le 3e Toulon, Cayenne, le Sénégal et Bourbon.

Il était en outre constitué à Toulon les cadres nécessaires aux compagnies de soldats noirs recrutés à Cayenne et au Sénégal.

C'est également sous le gouvernement de Juillet qu'une ordonnance de 1840 porta à quarante compagnies le corps d’artillerie de marine et créa une sixième compagnie d'ouvriers.

Enfin, en 1845, le ministère de la Marine posséda également sa cavalerie en vertu d'une ordonnance mettant à sa disposition, pour le Sénégal, un escadron de spahi Algériens.

La Révolution de 1848 réduisit sensiblement les troupes coloniale; le grand corps des officiers de vaisseau reprenait le dessus et s’augmentait au détriment des effectifs de l'infanterie et de l’artillerie de Marine;c’est au point que de 1849 à 1851, l’emploi d’inspecteur général de l’artillerie de Marine fut confié à un contre-amiral.

Les troupes de la Marine sous le second Empire

Napoléon III se montra, au contraire, plein de sollicitude pour les troupes coloniales; un décret de 1854 réorganisa l'infanterie de marine en créant quatre régiments ayant pour ports d'attache : le 1er Cherbourg, le 2e Brest, le 3e Rochefort et le 4e Toulon.

C'est de cette époque que date la création d'un bataillon de fusiliers-marins qui remplacèrent à bord les fantassins de la Marine et dont les cadres furent peu à peu constitués par des officiers de vaisseau.

L'artillerie de la Marine fut également augmentée par le gouvernement impérial. Un décret de 1855 créa un état-major particulier de 42 officiers et 82 employés militaires, un régiment d'artillerie de 25 compagnies, d'une compagnie hors rang et d'une compagnie du dépôt, et 6 compagnies d'ouvriers d'artillerie.

Cette organisation de l'infanterie et de l'artillerie de la Marine subsista jusqu'en 1868 pour la première et 1861 seulement pour la seconde.

L'artillerie de marine, en effet, prit, le 14 Août 1861,le nom de corps d'artillerie de la marine et des colonies. Elle comprit un état-major général composé de deux officiers généraux, un état-major particulier fort de 20 officiers supérieurs et 20 officiers subalternes, un régiment à pied de 28 batteries, une compagnie de conducteurs et un peloton hors rang, 6 compagnies d'ouvriers, une section de fuséens et un corps d'armuriers.

Les batteries tenaient garnison en France, à Lorient, Cherbourg, Brest, Rochefort et Toulon, et dans toutes nos colonies, par unités constituées ou par demi-unités.

En 1864, l'artillerie de la Marine devint complètement autonome par la création, au ministère, d'une direction d'artillerie de la Marine et des Colonies.

L'infanterie de marine, elle, fut réorganisée par décret de 1869. Elle comprit un état-major général, 4 régiments actifs comptant en tout 140 compagnies, et des cadres spéciaux pour les fusiliers marins et les troupes indigènes.

La répartitions des régiments entre les diverses garnisons de France et des colonies fut réglée de la manière suivante:

1er régiment: Cherbourg, Cochinchine, Martinique, Sénégal.

2e régiment: Brest, Cochinchine, Guadeloupe.

3e régiment: Rochefort, Cochinchine, la Réunion, Nouvelle-Calédonie, Tahiti.

4e régiment: Toulon; Cochinchine, Guyane, Japon.

Sous la troisième République

Après la guerre de 1870, à laquelle les troupes de la Marine prirent une part glorieuse, les régiments bleus reprirent leur service aux colonies et leur organisation ne subit jusqu'en 1880 que des modifications de détail.

Le décret du 26 Janvier 1880 porta le nombre des compagnies d'infanterie de marine à 176, dont 43 pour chacun des deux premiers régiments et 45 pour le 3e et le 4e.

L'effectif devait être de 400 hommes par compagnie, officiers compris. Aux colonies ces compagnies étaient groupées en bataillons formant des régiments de marche. L'artillerie de la Marine, elle aussi, avait bénéficié d'une légère augmentation; le régiment avait ses batteries réparties de la manière suivante: 11 à Lorient, 5 à Toulon, le restant fractionné par batteries ou demi batteries à Cherbourg, Brest, Rochefort et les colonies.

En 1880, l'artillerie de marine fut chargée du service du génie aux colonies, ce qui amena la-création d'une nouvelle section d'employés ,dite section des conducteurs de travaux.

Nous arrivons maintenant à l'époque d’expansion coloniale qui caractérise la fin du dix neuvième siècle.

Le général de Division VOYRON de l'Armée Coloniale

Les nombreuses expéditions coloniales qui eurent lieu à partir de 1880 nécessitèrent bientôt une augmentation considérable des troupes de la Marine. Un décret du 1er mars 1890 dédoubla les anciens régiments; ceux de nouvelle formation prirent les numéros de 5 à 8, mais il ne leur fut attribué ni compagnie hors rang ni fanfare.  

Six régiments furent constitués à 3 bataillons de 4 compagnies, avec un dépôt de2 compagnies; les 4e et 8e eurent 4 bataillons de 4 compagnies.

Les régiments de marche d'lndo-chine devinrent les 9e, 10e et 11e régiments d'infanterie de marine, les deux premiers a 3 bataillons, le troisième à 2 bataillons de 4 compagnies. Les six compagnies en garnison a la Nouvelle-Calédonie formèrent le 12e régiment à deux bataillon de 3 compagnies, et les compagnies stationnées dans les autres colonies furent groupées en bataillons ou détachements formant corps dont les effectifs varièrent de quatre à une compagnie.

Les diverses expéditions coloniales avaient également motivé le dédoublement des batteries de l'artillerie coloniale; celle-ci, bien que comptant toujours un unique régiment, avait pourvu à la formation d'un certain nombre de batteries bis pour le service d'outre-mer.

Un décret de 1893 lui donna la composition suivante

Un état major général, un état-major particulier et des corps de troupe qui comprirent deux régiments d’artillerie de marine, l’un a 14 batteries (8 à pied, 3 montées 3 de montagne), l'autre à 9 batteries (5 à pied, 3 montées, 1 de montagne).

Les détachements des colonies furent réunis en deux groupes, le 1er dit de l'Indochine et de l’Océanie; le 2e de l'Afrique et des Antilles.

En même temps que l'infanterie et l'artillerie de marine proprement dites voyaient doubler leurs effectifs, les corps indigènes recevaient également une extension considérable, et en 1894, les troupes coloniales comprenaient 1 régiment de tirailleurs sénégalais, 1 de tirailleurs soudanais, 1 régiment colonial mixte à Madagascar, 1 régiment de tirailleurs malgaches, 1 compagnie de tirailleurs haoussas (au Dahomey), 1 régiment de tirailleurs annamites, 3 régiments de tirailleurs tonkinois, et 1 compagnie de cipahis de l’Inde.

Enfin, en Europe, il avait été constitué, à l'île d'Oléron, un dépôt commun pour la compagnie de discipline de la marine et le corps disciplinaire des colonies. Les portions principales de ces corps d'épuration se trouvaient à la Martinique,

aux Saintes, à la Guadeloupe, au Sénégal et a Madagascar.  

Les lois d'organisation de l'armée coloniale

On a pu remarquer que depuis leur création jusqu’aux dernières années du dix-neuvième siècle, les troupes coloniales étaient soumises uniquement au régime des décrets, c'est a dire, en réalité, au régime de l'arbitraire et du bon plaisir. Il en était résulté un manque de stabilité et une absence de suite dans les idées, tout à fait préjudiciables à la bonne utilisation de l'importante fraction des troupes nationales qu’ont été les troupes coloniales.

Ainsi, après des années d'études, de discussions, de luttes entre les partisans de tel ou tel système d'armée coloniale, les lois du 30 Juillet 1893 et du 7 Juillet 1900 sont elles venues donner de la fixité à l'organisation des anciens régiments d’infanterie e et d’artillerie de la Marine qui, passant définitivement sous l’autorité du ministre de la guerre, prennent le nom de régiments d’infanterie et d’artillerie coloniales.

Nous allons résumer rapidement cette législation en tenant compte des modifications de détails apportées en 1905 a l’organisation de l'armée coloniale telle qu'elle résulte de la loi de 1900 et de décrets rendus  pour assurer l’exécution de cette loi.

Les officiers et sous-officiers de la mission MARCHAND

Le recrutement de l'armée coloniale

L'armée coloniale a la veille de la grande guerre comprend des éléments français, des éléments coloniaux et des éléments indigènes.

L'élément français se recrute exclusivement par des volontaires ou par voie d'incorporation des hommes du contingent métropolitain; ces derniers ne sont d'ailleurs pas astreints a servir aux colonies. Les engagements pour l'armée coloniale sont reçus pour une durée de trois, quatre ou cinq ans; les rengagements sont reçus d'après les mêmes règles que les rengagements dans l'armée métropolitaine ; de plus, les hommes de troupe des réserves sont admis à rengager jusqu’à 32 ans révolus.

En cas d'insuffisance, il est fait appel aux volontaires de l'armée de terre ayant plus d'une année de présence au corps. Enfin, en cas d'expédition, les régiments étrangers peuvent être appelés à renforcer l’armée coloniale.

Les éléments coloniaux de l'armée coloniale sont recrutés parmi les jeunes gens demeurant aux colonies, suivant les lois et règlements de recrutement propres à chaque colonie.

Enfin, les soldats indigènes son tous recrutés au moyen d’engagements volontaires provoqués par le paiement de primes d’engagement.

La loi de 1900 stipule formellement que les troupes coloniales a destination des colonies ne peuvent comprendre que les hommes ayant au moins six mois de présence sous les drapeaux et vingt et un ans révolus.  

Cadres inférieurs d'un régiment de Tirailleurs Sénégalais

Organisation de I’infanterie coloniale.

En exécution de la loi du 7 Juillet 1900 et des dispositions antérieures non abrogées, un décret du 28 décembre 1900 contresigné par les ministres de la Guerre et des Colonies, a organisé l’infanterie coloniale de la manière suivante

L’infanterie coloniale comprend

Un état major particulier composé des officiers du service d’état major ou détachés à quelque titre que se soit et des hommes de troupes employés aux colonie en dehors du service régimentaire.

Des corps de troupes d'infanterie européenne et indigène

un corps disciplinaire.

Les corps de troupe d'infanterie coloniale européenne comprennent : en France 12 régiments de 3 bataillons à 4 compagnies, un petit état-major, une section hors rang et un cadre complémentaire. Ces  régiments sont composés d'engagés volontaires, de rengagés, de commissionnés, de volontaires de l’armée de terre, d’hommes des contingents des diverses colonies; enfin d’hommes du contingent métropolitain, soit volontaires, soit incorporés d’office, mais, dans ce dernier cas, ils ne peuvent être envoyés aux colonies que s’ils en font la demande écrite après leur incorporation.

Les régiments coloniaux de France sont stationnés dans les garnisons suivantes:

1er et 5e Cherbourg

2e et 6e Brest

3e et 7e Rochefort

4e et 8e Toulon

21e et 23e Paris

22e Hyères

24e Perpignan et Cette.

Aux colonies, huit régiments à trois ou quatre bataillons de quatre compagnies ainsi répartis:

9e régiment Hanoi (Tonkin)

10e régiment Haiphong (Tonkin)

11e et 12e régiment Saigon

3e régiment Madagascar

16e régiment  Tien-Tsin (Chine)

18e régiment en réserve des troupes de Chine à Viétri (Tonkin)

14e régiment Dakar

Un bataillon à la Réunion

Un bataillon en Nouvelle Calédonie

Un bataillon aux Antilles

Des détachements en Guyane et à Tahiti

Les corps d’infanterie coloniale indigènes comprennent:

Quatre régiments de Tirailleurs sénégalais

1er au Sénégal, 2e au Niger, 3e à Madagascar, 4e au Soudan Un bataillon à Diego-Suarez, Un régiment indigène du Congo, et un bataillon indigène de Zinder.

Quatre régiment de Tirailleurs Tonkinois.

1er à Hanoi, 2e aux Sept Pagodes, 3e a Nam-Dinh, 4e Bac-Ninh

Deux régiments de Tirailleurs Annamites en Cochinchine.

Un bataillon de Tirailleurs Chinois aux Sept Pagodes.

Un bataillon de Tirailleurs Cambodgiens à Pnom-Penh.

Trois régiments de Tirailleurs Malgaches:

Le 1er à Tananarive, le 2e à Fianarantsoa, le 3e à Diego-Suarez.

Une compagnie de Cipahis de l’Inde, à Pondichéry, avec détachements à Karikal et Chandernagor.

Les Tirailleurs Sénégalais de la mission Congo-Nil

L'artillerie coloniale

L'organisation de l'artillerie coloniale a été en 1905 encore profondément remaniée;

cette arme comprend, à la date du 1er juillet 1904:

Trois régiments d’artillerie stationnés en France et comprenant un nombre variable de batteries mais dont l'ensemble est fixé à trente six, dont dix-huit a pied, douze montées et six de montagne. Il est organisé, en outre, cinq compagnies d'ouvriers d'artillerie coloniale et une compagnie d'artificiers coloniaux.

Aux colonies, l'organisation comporte:

Indochine

Deux régiments portant les n° 4 et 5.

Le 4e régiment au Tonkin, fort de huit batteries mixtes, deux à pied, deux montées et quatre de montagne; le 5e régiment en Cochinchine, comprenant dix batteries mixtes, cinq à pied, deux montées, trois de montagne. Il est créé de plus une compagnie mixte d’ouvriers d'artillerie coloniale au Tonkin et en Cochinchine.

Afrique Occidentale Française:

Cette colonie dispose du 6e régiment d’artillerie coloniale, fort de six batteries, mixtes, trois de montagne, d’une section mixte de montagne dans le territoire du Tchad et d’une compagnie de conducteur indigène.

Dans le bas Sénégal, est stationnée une compagnie mixte d’ouvriers d’artillerie; il en existe une autre dans le Haut-Sénégal et le Moyen-Niger.

Afrique Orientale Française.

Le 7e régiment d’artillerie coloniale est affecté aux colonies de ce groupe. Il est fort de huit batteries mixtes, quatre à pied, une montée, trois de montagne; une compagnie mixte d'ouvriers d'artillerie coloniale tient garnison en Emyrne; une autre est stationnée à Diégo-Suarez.

Antilles.

Trois batteries à pied et un détachement d'ouvriers d'artillerie coloniale sont affectés aux Antilles.

Colonies du Pacifique.

Une batterie à pied et deux détachements d'ouvriers d'artillerie coloniale assurent le service de l'artillerie à la Nouvelle-Calédonie et dans les îles du Pacifique; enfin, le corps d'occupation de Chine possède une batterie et au Tonkin est stationné un groupe d'artillerie attaché à la brigade de réserve de la Chine.

Le corps disciplinaire colonial

Le corps disciplinaire des colonies comporte en France un état-major et un dépôt à l'effectif d'un officier supérieur, cinq officiers et cinquante hommes de troupe.

Le nombre de disciplinaires est extrêmement variable, puisque ces hommes ne font que passer dans les prisons d'Oléron et sont rapidement expédiés aux colonies.

Deux compagnies de discipline ont été créées en Indo-Chine et à Madagascar, et une section à la Martinique.

Les télégraphistes coloniaux

Il a été créé une section de télégraphistes coloniaux rattachée pour ordre au 4e régiment colonial à Toulon. Cette section comprend en France trois officiers et 100 hommes de troupe; aux colonies trois officiers et 117 hommes de troupes.

Les infirmiers coloniaux

Une section d’infirmiers militaires des troupes coloniales est rattachée au 22e régiment d'infanterie coloniale à la Seyne. Elle comprend en France 110 sous-officiers, caporaux ou soldats et 280 aux colonies; répartis en commis aux écritures et infirmiers de visite et d'exploitation.

Suivant les besoins, des auxiliaires indigènes sont recrutés dans les colonies pour accomplir, sous la surveillance des Français, un certain nombre de besognes faciles.

Les secrétaires d'État Major Coloniaux

La section de secrétaires d'état-major coloniaux est rattachée au 8e régiment d'infanterie coloniale, à  Toulon.  Elle compte en France 98 sous-officiers, caporaux ou soldats, et aux colonies 132, dont la répartition est faite par les soins dus commandant supérieurs des troupes.

Les spahis sénégalais

Deux escadrons de spahis dits sénégalais, sont en service dans l’Afrique occidentale française, mais le décret du 15 Août 1902 qui les a constitués, stipule qu'ils pourront être employés en dehors de cette colonie, partout ou le gouvernement jugera utile d'utiliser leurs services. Leur effectif est de 8 officiers et 130 hommes du troupe pour le 1er escadron, et 169 hommes de troupe pour le 2e escadron.

A l'exception des spahis non gradés qui sont tous indigènes, les divers emplois peuvent être occupés indifféremment par des Français ou par des indigènes, de préférence par ces derniers toutes les fois que les ressources du recrutement le permettent.

La gendarmerie coloniale

Elle est constituée par six compagnies stationnées à Madagascar, la Martinique, la Réunion, la  Nouvelle-Calédonie, l'lndo-Chine, et par deux détachements, celui du la Guyane française et celui de l'Océanie.

Le commandement de l'armée coloniale

Depuis le vote de la loi du 7 juillet 1900, le ministre du la Guerre est Ie chef de l'armée coloniale comme de l'armée métropolitaine ; mais l'armée coloniale conserve son autonomie et reste sous le commandement des officiers des troupes coloniales, distinctes des troupes métropolitaine.

Au ministère de la Guerre, un officier général est chargé de la direction des troupes coloniales avec le titre du directeur. Les affaires sont centralisées dans quatre bureaux.

le bureau technique

le bureau du personnel de l'infanterie coloniale

le bureau du personnel de l'artillerie coloniale et des services auxiliaires

le bureau du matériel et de la comptabilité

Un comité technique des troupes coloniales présidé par un général de division comprenant un certain nombre du divisionnaires et de brigadiers, est chargé d’étudier toutes les question intéressant l'armée coloniale et de donner son avis  sur les meilleures solutions à adopter.

Une section technique des troupes coloniales présidée par un officier supérieur est composée d'officiers supérieurs et d'officiers subalternes de l'armée coloniale prépare le travail soumis au comité technique, étudie toutes les questions et fait toutes les expériences nécessaires pour éclairer le comité et le ministre.

Il existe d’autre part, au ministère des Colonies; un bureau militaire comprenant quatre sections chargées d établir la liaison et l'unité de vues entre le ministère de la Guerre auquel appartiennent les troupes coloniales et le ministère des Colonies dont relèvent nos possessions d'outre-mer.

Un comité consultatif de défense des colonies composé d’officiers généraux étudie toutes les questions relatives à la défense de nos colonies en temps de guerre.

Il fait préparer le travail et rechercher les renseignements nécessaires à ses délibérations par une section d'études comprenant des officiers supérieurs et subalternes d’infanterie et d'artillerie coloniales.

Le corps d’armée colonial

Un décret du 11 Juin 1901 a créé en France un corps d’armée colonial dont le quartier général est installé à l’hôtel des Invalides. Son chef est actuellement le général de division Dodds.

Le corps d’armée colonial compte trois division.

La 1re, dont le quartier général est à l’hôtel des invalides, comprend la 3e brigade d’infanterie coloniale à Rochefort et la 5e brigade d’infanterie coloniale  à Paris. Les régiments de cette division sont les 3e et 7e à Rochefort, les 21e et 23e à Paris

La  2e division d'infanterie coloniale a son quartier général à Toulon; elle comprend les 4e et 6e brigade d’infanterie coloniale dont, les chefs sont également en résidence à Toulon. Les régiments de la deuxième division coloniale sont les 4e et 8e à Toulon, le 22e à Hyères, le 24e à Perpignan, avec un bataillon à Cette.

Le quartier général de la troisième division d'infanterie coloniale est à Brest.

Des deux brigades, la 1ere comprenant les 1er et 3e régiments d'infanterie coloniale est tout entière Cherbourg, la 2e formée des 2e et 6e régiments d'infanterie coloniale est tout entière à Brest.

La brigade d’artillerie coloniale a son quartier général à Paris, à l’hôtel des Invalides. Elle comprend trois régiments, le 1e à Lorient et Rochefort, le 2e à Cherbourg et Brest, le 3e à Toulon et Nîmes.  

Le Général DODDS, Commandant le Corps d'Armée Colonial

Le dépôt des isolés des troupes coloniales est installé à Marseille avec des annexes à Toulon, Bordeaux et Saint-Nazaire.

Le dépôt du corps disciplinaire des colonies est Oléron.

La section de secrétaires d’état-major coloniaux et la section de télégraphistes coloniaux sont à Toulon.

La section d'infirmiers coloniaux est La Seyne.

Les troupes coloniales dans les colonies.

Dans chaque colonie, le gouverneur a sous autorité le commandant supérieur des troupes qui est responsable vis a vis de lui, de la préparation des opérations militaires, de leur conduite et de tout ce qui est relatif à la défense de la colonie. Le commandant supérieur des troupes correspond avec le ministre de la Guerre par l’intermédiaire du gouverneur et du ministre des colonies.

Le ministre de la Guerre a le droit de renforcer les troupes coloniales servant aux colonies par les régiments étrangers, par les régiments de Tirailleurs Algériens, par les bataillons d’infanterie légère d’Afrique. Des unités de ces corps peuvent être employées en tout temps aux colonies sous la réserve qu’elles seront en sus du minimum prévu par la loi des cadres et effectifs.

Nous allons résumer rapidement l’organisation militaire de chacune de nos possession coloniale, sans nous occuper toutefois de l’Algérie et de la Tunisie.

Gouvernement général de l’Afrique Occidentale

Un décret du 1er octobre 1902 a réuni sous une même autorité, celle du gouvernement général civil de l’Afrique Occidentale, tous nos territoires du Sénégal et du Soudan.

Le commandant  supérieur des troupes du groupe de l'Afrique occidentale est un officier général de l'armée coloniale en résidence à Saint-Louis. Un officier supérieur commande la place de Dakar, classée point d'appui de la flotte. Tous les grands services militaires du groupe de l'Afrique Occidentale sont installés à Saint-Louis.

Sénégal

La garnison du Sénégal comprend 1 bataillon d'infanterie coloniale à Dakar, le 1er tirailleurs sénégalais à Saint-Louis, une Compagnie de discipline coloniale à Ouakam, le 6e régiment d'artillerie coloniale, une compagnie d'ouvriers d'artillerie coloniale à Dakar, un escadron de spahis sénégalais à Saint-Louis et un détachement de gendarmerie.

La colonie du Sénégal compte deux cercles militaires, le cercle de Kaédi et le cercle de Nioro-Ripp.

Soudan.

La garnison du Soudan comprend le 2e tirailleurs sénégalais à Kati, 1 bataillon de tirailleurs de Zinder, 1 compagnie de conducteurs sénégalais à Kati, 1 batterie de montagne à Kati, 1 Compagnie d’auxiliaire ouvriers d'artillerie à Kayes, le 2e escadron de spahis sénégalais à Tombouctou, 1 détachement 5e génie chargé de la construction du chemin de fer du Sénégal au Niger. La direction des services est à Rayes, point de départ du chemin de fer.

Le Soudan comprend les trois territoires militaires de Tombouctou, Bobo-Dioulassou et Niamey et, en territoire civil du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger, les cercles militaires de .Yatenga et de Sikasso.  

Sergents de Tirailleurs Soudanais

Guinée Française.

Sa garnison comprend deux Compagnies du 1er tirailleurs sénégalais à Conakry et Kissidougou et un détachement du génie chargé de la construction du chemin de Fer

Dahomey.

Cette colonie n'a pour garnison qu’une seule Compagnie de tirailleurs sénégalais a Cotonou et un détachement du génie pour les travaux du chemin de fer.

Cote d’Ivoire.

La garnison de la Côte d'Ivoire comprend sept compagnies de tirailleurs sénégalais et une section d’artillerie chargés de la garde du cercle de Kong et des cercles de Baoulé-Nord et de Baoulé-Sud.

Les effectifs et leur répartition dans cette partie de l'Afrique sont d'ailleurs essentiellement variables.

Congo français

Les territoires du Congo, de l'Oubanghi et du Chari sont gardés par 4 régiment de tirailleurs sénégalais, 1 batterie mixte d'artillerie, un détachement d'ouvriers d'artillerie, un escadron de cavalerie indigène et une compagnie de Tacomas. Le pays est partagé entre les cercles de Krebedge (fort Crampel), Gribingui (fort Possel), Tounia (fort Archambault), Bousso (fort Bretonnet), Koussouri (fort Lamy), Coulféi (fort de Cointet).

Madagascar.

Cette colonie présente la particularité d'avoir comme gouverneur le commandant en chef des troupes.

La garnison de Madagascar comprend le 13e régiment d'infanterie coloniale à Tananarive et Diégo-Suarez, 3 régiments de tirailleurs malgaches à Tananarive, Tamatave et Cap-Diégo; le 3e tirailleurs sénégalais à Majunga, la 2e compagnie de discipline des colonies à Cap-Diègo, le 7e régiment d'artillerie coloniale à Tananarive, Tamatave, Diégo-Suarez, etc., etc., 2 compagnies d'ouvriers d'artillerie, une section de télégraphistes.

L'armée métropolitaine fournit à Madagascar 2 bataillons des régiments étrangers, 3 compagnies du génie, un détachement de commis et ouvriers d’administration et un détachement de gendarmerie.

 

Tirailleurs Malgaches

Il existe en outre dans l’île 15000 hommes environs de milice indigène encadrés par des français.

L’organisation des territoires militaires est extrêmement variable suivant l’état d’avancement de la pacification.

Les cercles existant au commencement de 1904 étaient ceux de Mahavary, de Maintirano, de Marondava, de Mandritsara et de Maevatanana  

 

La Réunion.

Notre colonie de la Réunion est occupée par un bataillon d’infanterie coloniale et une compagnie de gendarmerie. Les services administratifs sont concentrés à Saint Denis.

Inde française.

Une compagnie de cipahis de l'lnde est en garnison Pondichery et a des détachements à Karikal à Chandernagor. Les services administratifs sont installés à Pondichéry.  

Les Cipahis de l'Inde, à Pondichery

Indo-Chine.

Un général de division de l’armée coloniale, résidant à Hanoi, a le titre de commandant supérieur des troupes d’Indo-Chine. Celles ci sont groupées en trois brigades, deux au Tonkin, une en Cochinchine. Un général de brigade est titulaire du commandement de l'artillerie. Les chefs des grands services administratifs sont à Hanoi ou à Saigon.

Troupes du Tonkin et de l’Annam.

Elles se composent de la 1re brigade à Bac-Ninh et de la 2e brigade à Hanoi. Il existe en outre une brigade dite de réserve de Chine à Phu-Lang-Thuong. La répartition de ces troupes étant sujette à de nombreuses variations, nous n'en donnerons que l'énumération avec l'indication de la garnison de l'état-major au commencement de 1904.

9e régiment d'infanterie coloniale à Hanoi, 10e régiment d'infanterie coloniale à Haiphong, 18e régiment d'infanterie coloniale à Viétri, 1er régiment de tirailleurs tonkinois à Hanoi, 2e régiment de tirailleurs tonkinois à Sept-Pagodes, 3e régiment de tirailleurs tonkinois à Nam-Dinh, 4e régiment de tirailleurs tonkinois à Bac-Ninh, 5e régiment de tirailleurs tonkinois à Phu-Lien, bataillon de tirailleurs chinois à Moncay, section de discipline coloniale à Tien-Yen, section de télégraphie à Hanoi, 4e régiment d'artillerie coloniale à Hanoi, compagnie d'ouvriers d'artillerie à Hanoi, escadron de chasseurs annamites et détachement de cavaliers de remonte à Hanoi.

Tirailleurs Annamites

Troupes de la Cochinchine.

Le général commandant la 3e brigade en Cochinchine a sa résidence à Saigon. Il a sous ses ordres le 11e régiment d'infanterie coloniale à Saigon, le 1er régiment de tirailleurs annamites à Saigon et, répartis dans certains postes, les éléments du 2e régiment de tirailleurs annamites et du bataillon de tirailleurs cambodgiens de récente création. L'artillerie se compose du 5e régiment d'artillerie coloniale et de deux batteries du 38e d'artillerie métropolitain.

Il y a également en lndo-Chine, à l'heure actuelle, six bataillons fournis par les deux régiments étrangers, un détachement du 7e régiment du génie chargé; du service des ponts et un compagnie de gendarmerie.

La portion du Tonkin qui n’est pas encore soumise à l’autorité civile est divisée en quatre territoires militaires subdivisés eux-mêmes en cercles que commandent des officiers.

Les territoires militaires sont: 1er Lang-Son, 2e Cao-Bang; 3e Ha-Giang; 4e Lao-Kay

En dehors de cette organisation se trouve le territoire de Quang-Tchéou-Wan.

Troupes de Chine.

Elles sont placées sous les ordres d’un général de brigade en résidence à Tien-Tsin. Elles comprennent le 16e régiment d'infanterie coloniale, une section de télégraphistes, une batterie mixte de campagne et de montagne, un détachement de conducteurs et un service de parc. Cette brigade de Chine a en réserve au Tonkin, comme nous l'avons vu, le 18e régiment d’infanterie coloniale, un groupe de 5 batteries d’artillerie, une compagnie de conducteurs et un détachement de parc.

La Martinique.

Un officier supérieur en résidence à Fort-de-France est commandant supérieur des troupe de l’Amérique et des Antilles. La garnison de la Martinique comprend un bataillon d’infanterie coloniale à Fort-de-France, une -section te de discipline coloniale Fort-Desaix, un groupe de 3 batteries à pied, un détachement d’ouvriers d’artillerie et une compagnie de gendarmerie.

La Guadeloupe.

Un chef de bataillon commande le détachement des troupes stationnées dans cette colonie; celles-ci se réduisent à une compagnie d'infanterie coloniale et une compagnie de gendarmerie.

La Guyane.

Les troupes de la Guyane comprennent une compagnie d'infanterie coloniale, une compagnie du bataillon des Antilles et une compagnie de gendarmerie. Ces troupes assurent le service de Cayenne, Saint-Laurent, Saint-Jean-du-Maroni et des Iles du Salut.

La Nouvelle-Calédonie.

Les troupes de la Nouvelle-Calédonie sont: un bataillon d'infanterie coloniale à Nouméa, une batterie à pied d’artillerie coloniale, un détachement d'ouvriers d'artillerie et une compagnie de gendarmerie. Ces détachements sont sous les ordres du commandant supérieur des troupes de l'Océanie, à Nouméa.

Tahiti.

La garnison de Tahiti ne comprend qu'une section d’infanterie coloniale et un détachement de gendarmerIe à Papeete, le tout sous les ordres d' un capitaine.

Crête.

Enfin, depuis la guerre gréco-turque, la France entretient dans l'île de Crête un détachement de troupes qui est aujourd'hui réduit à un bataillon d'infanterie métropolitaine.

Le corps de santé des colonies.

Les médecins et pharmaciens chargés d'assurer le service de santé de l'armée coloniale soit en France, soit aux colonies, se recrutent:

-parmi les élèves des écoles du service de santé qui sont nommés aides-majors de 2e classe à leur sortie de ces écoles;

-parmi  les docteurs en médecine ou maîtres en pharmacie admis comme stagiaires à la suite d'un concours dont les conditions sont arrêtées par les ministres de la Guerre et des colonies.

La hiérarchie et l’assimilation des officiers du corps de santé colonial sont identiques à celles du service de santé de l'armée métropolitaine.

Aucun officier du corps de santé colonial ne peut être promu aux grades correspondants à ceux de capitaine, chef de bataillon et lieutenant-colonel, s'il n'a accompli, dans le grade immédiatement inférieur, une période régulière de séjour aux colonie.

L'effectif du corps de Santé colonial a été fixé, par le décret du 1er Juin 1904, à 2 médecins-inspecteurs, 10 médecins principaux de 1re classe, 17 médecins principaux de 2e classe, 78 majors de 1er classe, 167 majors de 2e classe et 161 aides-majors de 1re et 2e classes, au total 435 médecins.

Le nombre des pharmaciens est de 46 dont 1 principal de 1re classe, 2 principaux de 2e classe, 5 majors de 1ere classe, 19 majors de 2e classe et 19 aides-majors des deux classes.

Le commissariat colonial.

Ce corps a des attributions identiques à celles de l'intendance dans l'armée métropolitaine et, en outre, aux colonies, l'ordonnancement et la vérification des dépenses du service de santé. Sa hiérarchie est la suivante: commissaire de 3 classe, de 2e classe, de 1ere classe, correspondant à sous-lieutenant, lieutenant et capitaine; commissaire principal de 3e, de 2e, de 1ere classe correspondant à chef de bataillon, lieutenant-colonel et colonel; enfin, commissaire général ou général de brigade

Les commissaires de 3e classe se recrutent parmi les licenciés en droit, aptes au service militaire, ayant  suivi avec succès, pendant deux ans, les cours de l'École coloniale; parmi les agents comptables et agents de 3e classe du commissariat et du service de santé des troupes coloniales âgés de vingt-cinq ans au moins et trente-cinq ans au plus, ayant pris part à un concours d'admission et auxquels un cinquième des vacances est réservé; enfin, parmi les élèves de l'École polytechnique auxquels deux places sont réservées chaque année.

Un quart des places de commissaire de 1ere classe, un cinquième des places de commissaire principal de 3e classe, peuvent être attribuées respectivement aux capitaines et aux chefs de bataillon des troupes coloniales, ou aux agents comptables et agents principaux du service de santé reçus à la suite d’un concours et remplissant certaines condition d'ancienneté.

 

Les agents comptables et les agents du commissariat

Le corps du commissariat a sous ses ordres des agents comptables affectés aux magasins et des agents du commissariat employés aux écritures. Leur hiérarchie est:: agent comptable ou agent de 3e, 2e, 1re classe et agent comptable ou agent principal. La correspondance de grade est celle des officiers d'administration dans l'armée métropolitaine. Ces agents se recrutent parmi les sous-officiers des troupes coloniales ayant satisfait aux examens de sortie de l'École d'administration militaire.

 

Effectifs et budgets de l'armée coloniale

Pour l'année 1905, l'effectif de l'armée coloniale stationnée dans la métropole a été arrêté à 2123 officiers, 26581 hommes de troupe et les sommes prévues pour l'entretien de cette armée s'élèvent à 28636694 francs.

L’effectif entretenu aux colonies se monte à 1743 officiers, 21516 hommes de troupe  européens et 47868 soldats indigènes.

Les dépenses militaires du ministère des Colonies ne sont pas inférieures à 93 millions de francs.

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