Rapport du capitaine MONDIELLE, commandant la 5e compagnie du 3eme zouave sur le combat de KSIBA le 10 juin 1913 |
| Les opérations de la 15eme compagnie du 3eme zouave
pendant l' affaire du 10 juin peuvent se diviser en 4 phases distinctes 1ere phase: du départ du camp RHARM EL ALEN jusqu' après le
bombardement du village de KSIBA ,la compagnie participa a l'offensive de
l'ensemble du groupe d'avant- garde n' eut qu'a surmonter que les
difficultés du terrain au moment de l' escalade de la falaise rocheuse et
n' eut pas a agir par le feu. placé en soutien de la ligne de combat des Sénégalais
et des tirailleurs Algériens engagés contre le village de la casbah de
MOAH EL SAID, la compagnie était vers 11h45 couchée en ligne de sections
par un en arrière de la crête du marabout. de 12h30 à 14h la 13eme compagnie couvrit la retraite du groupe vers la vallée en se portant en arrière par échelon de 1/2 compagnie conformant son mouvement à celui de la 14eme compagnie qui tenait les hauteurs à sa gauche. Ces deux compagnies ainsi que la section de mitrailleuse qu' elles encadraient facilitant grandement par leurs feux l' évacuation par l' artillerie de la falaise rocheuse de droite .Une demi heure avant la fin de phase précédente le capitaine de compagnie ?? vient avertir la compagnie qu'elle aurait a occuper les hauteurs au sud de la route marche dominant d'un coté la vallée de KSIBA et de l'autre la piste utilisée par la colonne pour faciliter le repli à travers la vallée des troupes qui s'étaient attardées sur la grande falaise sud. Arrive à l'emplacement prévu le capitaine déploya tout d'abord 2 sections face à la vallée et garda les 2 autres en réserve .Il fut bientôt obligé de les déployer à leur tour vers la droite des sections OLYA?? placées pour arrêter par un feu violent plusieurs centaines de Marocains qui par groupes se dirigeaient vers la route suivie par la colonne. Le capitaine TUMET prit alors le commandement des 3 compagnies de flanc garde du coté sud (1ere compagnie du 3eme tirailleur 1ere compagnie du tabor 15compagnie du 3eme zouave ).Il ne changea rien aux dispositions prises et désigna la compagnie du 3eme zouave la retraite la dernière après avoir assuré la protection de la batterie CHAMSON. C'était une mission dons chacun connaissait l'importance, la compagnie se tint prête a se sacrifier au besoin pour la mener a bien. Elle lutta sur les crêtes, deux sections avaient épuisé leurs munitions lorsque le capitaine put faire procéder au ravitaillement en cartouche .La batterie CHAMSON ses pièces rechargées sur les mulets quittée la crête. Le capitaine commandant la compagnie fit sans tarder commencer le repli par la section VESPERINE tandis que les 3 autres continuaient le combat pour retarder le moment ou les Marocains couronneraient la crête dominant la cuvette boisée ou la batterie s'engageait. quand à leur tour les autres sections conduites par le capitaine descendirent dans la cuvette boisée aucune ????? ne tenaient plus les hauteurs à droite ou a gauche . Dans le fond une confusion d'unités qui s'explique par l'étroitesse de l'espace libre, par la difficulté du terrain et par ce fait qu'en ce point convergeaient les cheminements issus des deux crêtes dont la pente escarpée était impraticable en certains points ,l'écoulement de ces unités fut très lent à cause du passage de la batterie, ce retard fut mis à profit par l'adversaire qui descendit de la crête pêle-mêle avec leurs derniers défenseurs. Au moment ou la compagnie au milieu de la cuvette boisée ou pleuvaient des projectiles et ou combattaient mélangés zouaves de la 14eme compagnie, tirailleurs, tabors et sénégalais. cela ce divisa en deux groupes dont l'un suivait la section VESPERINE et l'autre le capitaine et le lieutenant major?.En moins de deux minutes la compagnie perdit une dizaine d'hommes, avec un dévouement admirable. 4e phase: Officiers, sous-officiers et zouaves s'employaient a relever les blessés et à préparer leurs évacuations. Mais les moyens de transport étaient limités, les chevaux des officiers furent réquisitionnaient pour emmener les blessés en arrière. L'ennemi devenait très pressant et il fallait gagner du temps. Un officier d'état-major (cap CORNET) vint demander au capitaine d'établir un barrage à l'ennemi .La compagnie baïonnette au canon se porta par deux en avant et en imposa aux marocains. Les blessés furent évacués. Malheureusement de nouvelles pertes se produisirent et les moyens de transport firent totalement défaut . Les uns furent chargés à dos d'hommes. On se fusillait à bout portant ,le lieutenant avait pris sabre à la mains. Le capitaine se défendait à coup de pierres .Derrière chaque buisson au-dessus de chaque des ennemis a peine visible et à demi nus tiraient à coup sur dans la mêlée ou cherchaient au passage a saisir les zouaves par les vêtements pour les poignarder. Le capitaine fut atteint prés de l'oreille il se releva et suivi de la section SANTIGNY et remonta la pente que l'artillerie eut le temps de canonner et dont le feu ouvert depuis quelques minutes avait contribué a dégager la compagnie, cette compagnie renforcée ensuite par la compagnie d'infanterie coloniale MALLER rappelée de la colonne garda au nord la crête dominant le ravin et contribua a la rendre inabordable à l'ennemi. Elle ne quitta cette position qu' après son évacuation définitive par l' artillerie et par la section de mitrailleuse de zouaves sur l' ordre d'un officier d'état-major. Le groupe VESPERINE avait après le retour offensif, reculés dans la cuvette boisée et gérait son repli en prenant comme direction la section de mitrailleuse de zouaves. Grâce à l'énergie déployée par ce jeune officier, le bon ordre et le moral de tous furent conservé. Sa compagnie affaiblie par la perte de vingt hommes fut reformée par la jonction de ses deux éléments. |