Journal
de marche du 80e
R.I
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3 octobre 1915 Bombardement réciproque des lignes arrière par l'artillerie. En tirant sur les premières lignes, le 75 tombe parfois très près de nos tranchées, le tir sur les ouvrages ennemis établis en contre pente étant très difficile. Continuation de l'organisation défensive du secteur. 4 octobre Sans changement. Bombardement intense et réciproque des lignes par l'artillerie. Nos batteries de Cellerier se sont installées à la gauche du secteur et tirent sur les ouvrages ennemis du boyau d'Ukermarck. 5 octobre Sans changement. Le Colonel convoque à son P.C. (bois de l'arc) à 13 heures, les chefs de bataillons et les commandants de compagnies de mitrailleuses pour leur communiquer les points d'attaque du bois marteau le 6 octobre, et les points de détail. Deux bataillons (2 ème et 3 ème bataillon) attaqueront par vagues successives. Le 1er bataillon en réserve. Liaison à gauche avec le 9 ème Zouaves qui attaquera l'ouvrage de le défaite. Liaison à droite avec le 143 ème qui attaquera la chenille. Le P.C. du Colonel à l'allée des noyers (vallon au Sud-Est du boyau d'Ukermarck). Tous les éléments seront en place le 6 octobre à 4 heures. Dans la soirée, le Capitaine PRIEUR, adjoint au Colonel est blessé par un éclat d'obus, près du P.C. et est évacué. 6 octobre Prise du dispositif indiqué par l'ordre d'attaque du bois marteau. L'attaque du 2 ème bataillon ayant pour objectif la partie Est du bois marteau sera constitué par 4 vagues successives d'une compagnie, l'attaque du 3 ème bataillon ayant pour objectif la lisière Nord du bois marteau et la partie comprise entre 3385 et le bois du marteau sera constituée par 2 vagues successives de 2 compagnies chacune. Tout est disposé pour l'attaque à 4 heures. Le Colonel lui même a installé son P.C. dans l'allée des noyers, le P.C. avancé à 15 m en arrière de la 1ère ligne (tranchée de départ) à 50 m à l'Ouest de l'allée des noyers. De ce dernier point on découvre à peu près tout le secteur d'attaque, l'ouvrage de la défaite, le bois chausson. La liaison optique étant assurée avec le Promontoire. L'heure de l'assaut est fixée à 5h20mn. Les unités voisines doivent attaquer à la même heure. Notre artillerie a exécuté toute la nuit sur les ouvrages ennemis un tir lent et continu. A l'heure prescrite pour l'attaque, l'artillerie déclenche un tir violent sur les secondes lignes ennemies; les allemands ouvrent un feu intense de mousqueterie et de mitrailleuses. Malgré la fusillade très nourrie qui crépite, le 3ème bataillon s'élance à l'assaut, quelques secondes après, le 2ème bataillon se porte aussi en avant dans les mêmes conditions. La 2 ème vague suit la première à un très faible intervalle; il est à peu près impossible de distinguer les troupes d'assaut noyées dans le brouillard et la demi-obscurité. Les 2 vagues ont été arrêtées par des pertes très graves causées par les mitrailleuses qui tirent de face et surtout par celles installées dans les ouvrages de flanquement du boyau d'Ukennarck et de la chenille; l'arrêt est aussi motivé par les fils de fer ennemis que l'artillerie n'a point détruits, ne pouvant les atteindre par suite de leur positions à contre-pente, les tranchées ennemies n'ont pas été détruites pour la même raison. En quelques secondes tous les combattants des compagnies d'attaque sont tués ou blessés, la plupart des chefs de sections ont subi le même sort. Les éléments avancés travaillent au creusement d'une tranchée tandis que les pionniers amorcent les boyaux de communications reliant la tranchée de départ aux positions occupées. A gauche, l'ouvrage de la défaite a été enlevé par les Zouaves qui l'abandonnent quelque temps après. Notre artillerie tire de nouveau sue les ouvrages ennemis tandis que l'artillerie allemande bombarde avec du 150 et du 210 nos secondes lignes et le ravin de l'étang. Les communications avec les lignes avancées sont des plus difficiles, les agents de liaison envoyés pour prendre des renseignements sont presque tous tués ou blessés. A droite, le 143 ème a été arrêté dans son attaque, dans les mêmes conditions que nous. Cependant à l'Ouest, les Zouaves réussissent à reprendre à nouveau l'ouvrage de la défaite. Une nouvelle attaque, dans d'autres conditions, est à faire contre le bois marteau. Le Général de Brigade vient au P.C. du Colonel de l'allée des noyers et en détermine les conditions, tandis que l'artillerie effectue la préparation; mais pour la même raison que la veille, on a l'impression très nette que cette action de l'artillerie est inefficace, les tranchées ennemies établies à contre-pente sont presque invulnérables. Conditions de l'attaque: à 15h30, le 1er bataillon plus un bataillon du 15 ème attaquera à nouveau le bois marteau; la progression de l'attaque sera parallèle au boyau d'Ukennarck, protégé à gauche par les Zouaves établis à l'ouvrage de la défaite et appuyée à droite par les éléments des 2 ème et 3 ème bataillon qui se porteront également en avant. Vers 14h30, les Zouaves en lutte à une contre-attaque ennemie abandonnent la défaite et refluent en désordre vers leurs lignes que certains fuyards même dépassent. Nos troupes placées en avant de la tranchée de départ rentrent dans nos lignes où, contenues par quelques cadres qui restent, elles tirent sur l'ennemi. Les batteries de Cellerier entrent en action et lancent plus de 200 bombes sur le boyau d'Ukermarck. La contre-attaque est conjurée, mais le recul des Zouaves annule l'attaque prévue. Le reste de la soirée sans incident. A la nuit tous les éléments avancés rentrent dans notre tranchée de départ qui constitue la 1ère ligne. Pendant la nuit du 6 au 7 octobre, un bataillon du 15ème relève le 2ème bataillon du 80ème, le 1er bataillon relève le 3ème bataillon, relève effectuée sans incident, mêmes secteurs. Le 2ème et le Sème bataillon se portent en réserve, au Promontoire (2ème bataillon) et au bois en demi-lune (Sème bataillon). Le P.C. du Colonel est installé au bois en demi-lune. Total des pertes en cette journée du 6 octobre 1915 : - 58 tués -174 blessés - 76 disparus (dont le Caporal DUPIEU Eugène) 7 octobre Récupération du secteur dans les conditions déterminées précédemment. Bombardement intermittent des secondes lignes et lignes arrière par obus de tous calibres. 8 octobre Sans changement. Le Colonel est blessé grièvement à son P.C. par un obus à gaz asphyxiants qui tue en même temps un sapeur et intoxique le Sous-lieutenant GAUTHIER. Le Colonel EMERY est évacué dans la soirée, le Sous-lieutenant GAUTHIER le sera seulement le lendemain 9. Le Chef de bataillon VINCON du Sème bataillon prend le commandement du régiment et transporte son P.C. au Promontoire, ancien P.C. 32. Durant toute la journée, bombardement des lignes arrière par obus de tous calibres dont plusieurs à gaz suffocants, lacrymogènes ou asphyxiants. |