JMO du 22e RIC du 6 juin au 10 novembre 1915

Cote SHAT 26N865

6 juin

Prise d’armes.

Le régiment doit se tenir prêt à embarquer en chemin de fer dans la nuit du 6 au 7 ou le matin du 7.

Renfort: 1 adjudant, 3 sergents, 14 caporaux, 228 soldats.

7 juin

Le régiment se rend à Cuperly-Gare sous une chaleur étouffante. Les hommes souffrent. Le voyage en chemin de fer s’effectue sans incidents.

Itinéraire suivi: Chalons sur Marne, Epernay, Meaux (halte, repos), Choisy le Sec, Pantin, Plaine St Denis, Creil, Clermont, St Just, Amiens, Ailly sur Somme.

8 juin

Le 1er élément débarque à Ailly sur Somme à 9h, le 2e élément à St Roques près d’Amiens à 12h, le 3e élément à Ailly sur Somme à 13h. La 2e DIC fait partie d’une réserve du groupe d’armée et va cantonner à l’ouest d’Amiens et au sud de la Somme.

9 juin

Repos dans les cantonnements.

10 juin

Reprise de l’instruction, marche militaire.

11-13 juin

RAS

14 juin

A 19h, le corps reçoit l’ordre de se tenir prêt à être enlevé en automobiles dans la nuit ou le 15.

15 juin

Embarquement automobile à 7h30 sur la route Saisseval à Amiens et se dirige vers Couturelles. Arrivée à 12h et occupation des cantonnements suivants:

-     EM, 3e et 4e Cies, 2e Bton, 2 Cies de mitrailleuses à Couturelles.

-     1ere et 2e Cies,3e Bton, EM de la 6e brigade à Coullemont.

17 juin

L’état d’alerte cesse. Repos dans les cantonnements.

18 juin

Reprise de l’instruction.

19 juin – 5 juillet

Instruction.

6 juillet

Le CAC est réparti plus au sud le long de la route d’Amiens à Doullens. En fin de marche, il occupe les cantonnements suivants:

-     EM, Cie HR, EM du 3e Bton, 11e et 12e Cies à la ferme du Rosel.

-     10 Cie à Val de Maison.

-     9e Cie au Vert-Galant.

-     1er Bton et les 2 Cies de mitrailleuses à la Vigogne.

-     2e Bton à Talmas.

7-8 juillet

RAS.

9 juillet

Le Lt-Cl Brousse est affecté au régiment.

10-14 juillet

RAS.

14 juillet

Embarquement en gare de St Roch à Amiens.

15 juillet

Le débarquement s’effectue à partir de 19h à la gare du Mesnil sur Oger. Le 22e RIC cantonne au Mesnil sur Oger avec l’état-major de la 6e brigade.

16-21 juillet

Reprise de l’instruction

22 juillet

Ordre est donné au régiment de s’embarquer à la gare d’Épernay (voitures et chevaux) et à la gare d’Oiry pour la troupe. Arrivée à la gare de Somme-Tourbe à 12h, les équipements débarquent à la gare de Valmy.

Au soir, l’EM et le 1er Bton cantonnent à Somme-Suippes, les 2e et 3e Bton au camp de la grande route ( à l’ouest de Somme-Tourbe).

23 juillet

Le régiment quitte Somme-Suippes et va cantonner au sud de la route qui relie Somme-Suippes à Laval sur Tourbe.

24 juillet

Commencement de l’installation d’un bivouac à l’aide de rondins de planches et de cartons bitumés.

25-30 juillet

Continuation de l’installation.

31 juillet – 9 aout

Travaux.

10 août

Le 1er CAC fait mouvement dans la matinée. La 2e DIC suit l’itinéraire Somme-Suippes, Somme-Tourbe, Somme-Bionne, Valmy, Braux Ste Cohiere. Le régiment entre dans la colonne de division à la cote 147.

11 août

Repos à Valmy.

13 août

Le régiment est désigné comme régiment de travailleur alors que le 24e RIC est envoyé en 1ere ligne. Le parc régimentaire s’installe entre Hans et Courtemont le long de la Bionne.

15 août

Installation du b’un bivouac à la cote 196 (1km500 à l’ouest de la Justine).

16 août

Travaux d’installation

18 août

Commencement des travaux  aux boyaux.

19 août

Idem.

20 août

Le Colonel Bonnin rentre de permission et reprend le commandement du régiment. Le Colonel Brousse va provisoirement commander le 4e RIC au bois d’Hauzy.

25 août

Le 22e RIC remplace en 1ere ligne le 24e RIC.

26 août

Une embuscade à la tranchée 19 fait un tué.

27 août

Un soldat est tué par une balle dans la tête.

28 août

 1 tué et 1 blessé par suite de la méprise d’un de leurs camarades qui croyait avoir à faire à des allemands.

29-31 août

RAS.

1 septembre

Le 22e RIC est relevé par le 24e RIC dans le groupement de 180.

2-6 septembre

RAS.

6 septembre.

Le soir, le 24e RIC vient relever le 22e en 1ere ligne. Le 22e va occuper les bivouacs voisins de la cote 196.

7-14 septembre

RAS.

15 septembre

Le 22e relève le 24e dans le groupement de 180.

16-20 septembre

Travaux d’aménagement des boyaux.

21 septembre

Le régiment qui a été relevé en 1ere ligne, est rentré au bivouac de 196. Derniers préparatif pour l’attaque générale projetée.

22 septembre.

Préparation d’artillerie pour l’attaque générale. Jour N-3.

23 septembre

Continuation de la préparation d’artillerie. Jour N-2.

24 septembre

Jour N-1. Veillée d’armes.

25 septembre

but. L'ordre d'attaque de la IIe Armée en date du 21 septembre 1915 donnait pour mission au 1er CAC:carrefour à 800 mètres au nord de Montplaisir d'aller s'établir sur le front de Rouvroy-La Justice et plus à l'est

La partie principale de la position allemande a enlever était constitué par une position de la Falaise de Champagne dénommée «Main de Massiges»

D'après les ordres de la 2e Division coloniale, cette position devait être abordée simultanément par 4 vagues.

Le 22e Colonial fût désigné pour mener l'attaque de la vague de gauche en liaison avec celle du 43e RI, droite du 20e Corps d'armée.

L'attaque avait pour axe les points 539, 637, 234, clocher de Rouvoy et pour zone à occuper, la partie de la «Main de Massiges» appelée «l'index».

La croupe de l'index a sa ligne de faîte orientée NE-SO, elle est limitée par le «ravin de l'index» au SE et le ravin du «Pouce» au NO. Sur les pentes Est du ravin de l'index, dans sa partie inférieure se trouve un bois allongé dit «Bois triangulaire». Dès qu'on a franchi les premières pentes très escarpées de l'index, le terrain continue à se relever en pente douce pour arriver a un sommet assez plat dénommé la « Verrue».

L'organisation défensive allemande sur l'index a pu être comparée à une échelle dont les deux montants seraient formés des boyaux « Schultz » et « Jung » et dont les échelons, représentés soit par des tranchées de tir, dans la partie inférieure, soit par des boyaux de communication, étaient au nombre de 24. Au nord, l'échelle se rattache par des boyaux à une seconde ligne dénommée «tranchée de Kaiserhof», qui traverse le «Bois du ravin de l'étang». Le ravin de l'index était coupé par deux tranchées de tir reliant l'Index au Médius. La position abondamment pourvue de mitrailleuses était couverte sur son front par un très sérieux réseau de fil de fer et par «le ruisseau de l'étang».

Les troupes chargées de l'attaque comprenaient le 1er Bton (Cdt Roguin) et le 3e Bton (Cdt Mangeot) du 22e Colonial, la Cie de mitrailleuses du régiment (Cne Dolfus), des nettoyeurs de tranchée et une section du Génie (Lt Ducornier). Restaient en réserve à la disposition du colonel commandant la 6 Brigade coloniale, le 2e Bton (Cdt Hubin), la Cie de mitrailleuses de Brigade et une section du Génie.

Les bataillons d'assaut étaient accolés, 3e Bton à droite, 1er Bton à gauche, chacun d'eux en colonne de bataillon fournissant quatre vagues d'une compagnie. Une section de mitrailleuses avait été mise à la disposition de chaque chef de Bataillon, le 2e peloton de la Cie de mitrailleuses restant en réserve avec le colonel. Le peloton de sapeurs était placé sous les ordres du Cdt du 3e Bton pour coopérer au nettoyage des tranchées avec deux sections de ce bataillon ainsi qu'une demi-escouade du Génie chargée d'éventer les mines et d'établir des barrages. Le 1er Bton disposait de 2 sections de nettoyeurs et d'une demi escouade du Génie.

Les chefs de Bton devaient partir avec la 2e et la 3e vague, le colonel avec la 4e .

Le 3ème Bton (de droite) avait comme objectifs le bois triangulaire et la tranchée Schultz depuis le  boyau au sud de l'ouvrage de flanquement jusqu'au boyau 644-641 il devait ensuite se diriger sur le « Bois des Kameraden».

A 9h15, la 1ere vague sort de la parallèle de départ en colonne de demi-section par deux et s'avance en ordre parfait jusqu'au ruisseau de l'étang ou elle se déploie. Elle doit traverser le réseau de fil de fer par quatre brèches, dont la plus à droite passe par la corne sud du bois triangulaire. A peine sortie du ruisseau, la 9e Cie est accueillie par un feu meurtrier de mitrailleuses qui la décime. Sous l'énergique impulsion du Cne Raymond, elle continue sa marche et persiste dans sa direction. En arrivant aux fils de fer, elle trouve une partie des brèches obstruées par un travail fait la nuit précédente et se précipite vers un seul passage laissé libre par l'ennemi. c'était le traquenard.

En quelques minutes, la compagnie éprouve de très fortes pertes. Le Cne Raymond vient se faire tuer revolver au poing à 25 mètres de la mitrailleuse qui balaie sa compagnie et abat les 12 premières files. Le Lt Chauvin a les deux jambes traversées au dessus de la cheville, le Ss-Lt Jars est atteint au pied.

Le Ss-Lt Pinel prend le commandement.

En vain les actes d'héroïsme se multiplient , les débris de la compagnie flottent, le Ss-Lt Pinel les place à l'abri des pentes du Médius.

Le 1er Bton avait comme premier objectif la tranchée Schultz, depuis le point 335 (pointe de l'index) jusqu'au 3e boyau au dessus du point 439 (à la hauteur de la lisière sud du bois triangulaire), il devait ensuite pousser sur le boyau Jung jusqu'à 539 et aborder le Kaiserhof afin d'attaquer le «Bois Valet».

Les 1ere et 2e vagues (1ere et 2e Cies) partent à très courte distance l'une de l'autre. Elle se déploient dans le ravin de l'étang et abordent résolument les pentes de l'index.

Dans les premières tranchées se produit un violent corps à corps au cours duquel le Cne Régnier (2e Cie) est tué. Le chef; de Bton Roguin trouve également une mort glorieuse.

Pendant ce temps la 2e vague du 3e Bton, la 11e Cie quitte la parallèle de départ à 400 mètres derrière la 9e Cie. Elle est commandée par un officier énergique et ayant le coup d'oeil, le Lt Perny.

A peine sorti des tranchées, il a vu le danger que courrait la 9e Cie et compris qu'il fallait modifier l'axe d'attaque. Il donne l'ordre d'obliquer à gauche et, grâce à cette manœuvre, peut prendre pied sur l'index où il commence à progresser avec les éléments des 1ere et 2e compagnies du 1er bataillon.

Seule sa 1ere section (Lt Maybrard) n'a pu être avertie à temps du mouvement. Elle se rejette sur le Médius où elle suivra la direction du 3e Bton du 24e Colonial.

Arrivée au sommet des premières pentes de l'index avec les unités du 1er Bton, la 11e Cie est accueillie par un feu très meurtrier, des éléments ennemis cernés dans la «Tranchée en fourche» du Médius la tirent dans le dos. Un mouvement de repli se dessine dans nos unités. Intervient fort heureusement la 3e vague.

Elle est constituée à droite par la 12e Cie. Elle quitte à 9h45 la parallèle de départ où la remplace la 4e vague. Elle est accompagnée du chef de Bton commandant le 3e Bton.

Celui-ci qui a été témoin des pertes de la 9e Cie a donné l'ordre dès le départ d'obliquer à gauche et d'attaquer l'index par les barreaux de l'échelle.

Le projet primitif d'attaquer de front la tranchée Schultz était reconnu impraticable.

La 12e Cie arrive sans grosses pertes jusqu'au pied des pentes. La situation est critique car il est à craindre que le flottement qui se manifeste dans les deux premières vagues ne se transforme rapidement en mouvement de repli. Entraînée par ses chefs, la compagnie grimpe les pentes au pas de course. Elle rejoint les premières vagues et sur l'ordre du chef de Bton, le commandement est réparti entre les officiers sans tenir compte des unités ou des bataillons.

Les deux bataillons reprennent l'assaut. Une dernière décharge en arrivant en haut nous cause beaucoup de pertes. Le Cne Fichepain (12e Cie) tombe la mâchoire fracassée, la cuisse gauche brisée «J'ai mon compte, mon commandant, dit-il, mais laissez moi, il faut vaincre avant tout». Le chef de Bton active le mouvement en avant, les Allemands fuient.

Sans laisser à l'ennemi un moment de répit et sans autres arrêts que ceux nécessaires pour permettre aux hommes de souffler, les compagnies suivent l'ennemi la baïonnette dans les reins sur ces pentes très raides où plus d'un brave fut retrouvé dans l'attitude de l'attaque.

Pas un homme ne descend dans les tranchées. Debout sur le parapet, les signaleurs marquent héroïquement notre avancée à l'artillerie.

11h45, le chef de Bton arrive à hauteur des boyau 644-641. Il n’a plus avec lui qu'environ une section et demie.

A gauche, la 3e Cie (Lt Maire) constitue la 3e vague. Elle aborde l'index en même temps que la 11e Cie. Le Lt Maire trouve le chef de Bton Roguin tué. il prend le commandement du bataillon. Son offensive parallèle à celle de 11e Cie a plutôt comme axe le boyau Jung, tandis que les éléments du 3e Bton suivent le boyau Schultz. Il atteint d'abord le point 438, se faisant couvrir par sa section de nettoyeurs de tranchées qui fouillent l'ouvrage circulaire et les boyaux conduisant au Kaiserhof...

(Ses) deux sous~fflciers sont tués.

Un nouvel effort porte le 1er Bton au point 539 qu'il ne peut dépasser car l’ennemi occupe la tranchée du Kaiseihof; des éléments de contre-attaque se massent dans le bois des Kameraden dans le ravin 641-442. il est environ 11h45.

10h45 les 4e (Cne de Warens) et 10e Cies (Lt Vincens) constituant la 4e vague quittent la parallèle de départ.

La traversée du ravin de l'étang se fait sous le feu des mitrailleuses ennemies avec quelques pertes. La 4e Cie perd son chef, le Ss-Lt Tournier, l'A-C Wettsteim et environ 30 hommes, le Ss-Lt Dabert prend le commandement.

La 10ème Cie perd son commandant (Lt  Vincens) et une quinzaine d'hommes.

Les deux compagnies se reforment au pied de l'index ou les rejoint le colonel qui a quitté la parallèle de départ à11h15.

Il donne immédiatement l'ordre à la 4e Cie de renforcer le 1er Bton, à une section de la 10e Cie (Lt Bouillet) de nettoyer le ravin de l'index et la tranchée en fourche du Médius occupés par des éléments ennemis et des mitrailleuses qui nous causent beaucoup de mal. Cette section revient bientôt, sa tâche accomplie, ramenant une centaine de prisonniers.

De son côté, le Ss-Lt Pinel (9e Cie) réussit à contourner une des mitrailleuses meurtrières en grimpant sur les pentes du Médius et à s'emparer de la pièce, ce qui facilite l'arrivée des compagnies du bataillon de réserve.

Dès 10h45, les deux premières compagnies du 2e Bton (5e et 6e) en réserve de brigade, étaient venues prendre place dans le parallèle de départ qu'elles quittent vers 11h25, aussitôt après le colonel, pour se porter au pied de l'index. Les deux autres compagnies avec le Cdt Hubin arriveront au même point vers 12h45.

Primitivement, ce bataillon était destiné à une attaque du bois Valet par le ravin de l'Index. mais le développement du combat amène le colonel à engager une partie de ces compagnies pour renforcer la première attaque épuisée et qui se maintient avec peine sur la position, continuellement attaquée.

12h30 , la 6e Cie reçoit l'ordre de se porter en renfort du 3e Bton dont le Cdt (Mangeot) réclame instamment des secours.

La 10e Cie reconstituée après le nettoyage du ravin de l'index est envoyée à peu près à la même heure et dans la même direction. La 7e Cie reçoit la même mission à l'égard du 1er Bton. La 5e Cie à 15h sera envoyée avec l'ordre d’attaquer le bois Valet en passant par le bas de l'index, tandis que le 24e colonial doit prononcer une action par le ravin de l’étang et le bois en demi-lune sur le bois de la faux et celui du valet.

Seule la 8e Cie est maintenue en réserve.

La Cie de mitrailleuses de brigade et la 2e section de la Cie de mitrailleuses du régiment doivent appuyer l'attaque sur le bois Valet mais celle ne peut pas réussir à progresser.

En première ligne depuis 11H45, le Cdt Mangeot (3e Bton) cherche à assurer la liaison d'abord entre les 1er et 2e du 22e puis avec les unités qui sont à sa droite, car il a devant, dans le boyau occupé par deux canons de 77, un effectif adverse au moins égal, sinon supérieur, au sien.

il reçoit la 4e section de la 12e Cie (Ss-Lt Gérard) qui débouche à sa droite dans un ordre parfait. Elle manœuvre comme à l'exercice. il la çharge de protéger son flanc droit.

Vers midi 30, il entre en liaison avec la Cie Petitjean du 3e Bton du 24e Colonial, qui a réussi à progresser sur les pentes du Médius. il lui donne l'ordre de se porter à la hauteur du 22e et la prend sous son commandement. Deux sergents de la 10e Cie du 22e avec quelques hommes viennent la rejoindre et enfin un peloton environ, du 8e Colonial sous les ordres d'un lieutenant

Le chef de Bton s'organise alors pour conserver la position conquise par lui qui se composait de toute la tranchée Schultz, des boyaux qui accèdent vers le nord et du boyau Jung de 644 jusque vers 539. La 12e Cie le relie au 1er Bton dont la droite arrive en ce dernier point.

Pendant ce temps le 8e RIC progresse sur le Médius rendant moins, précaire la situation de notre droite. Mais peu à peu, les renforts envoyés par le colonel arrivent en ligne. C'est d'abord la 6e Cie qui est placée à droite pour opérer la jonction avec le 8e RIC, puis la 10e Cie. Cette dernière privée de son chef, le Lt Vincens, est commandée par le Ss-Lt Bouillot; elle s'élance avec impétuosité dans la direction du 77, grenades en main; en quelques minutes, elle nettoie le terrain mais, victime de son courage, le Ss-Lt Bouillot est blessé grièvement au bras. La 7e Cie (Lt Chaix) vient d'autre part renforcer l'intervalle entre les 2 Btons du 22e.

Enfin, une section de mitrailleuses (Cne Dolfus) vient prendre position vers 542 où se trouve déjà la section Pierragi de la même compagnie, dont le chef est blessé.

Le 1er Bton, de son côté, n'avait pas continué de progresser dans la direction du Kaiserhof. Soumis à un feu violent de mitrailleuses, subissant contre-attaque sur contre-attaque venant du bois du ravin de l'étang, il réagit par de nombreux retours offensifs qui rejettent l'ennemi définitivement dans le ravin du Pouce.

il est à ce moment 15H30. Sur notre front les Allemands ne réagissent plus mais la troupe est épuisée par la lutte qu'elle vient de soutenir. Les unités sont mélangées et incapables de fournir un nouvel effort. Il faut laisser progresser les attaques du Médius et de l'Annulaire à notre hauteur.

Le colonel, devant cette situation, demande des renforts sérieux pour la nuit.

Deux bataillons du 15e RI sont mis à sa disposition. L'un prend place dans la tranchée Schultz, l'autre dans la tranchée Young.

En avant se trouve notre première ligne occupant:

1)     face au N-O, les boyaux au nord de la tranchée Jung (y compris celui qui se trouve immédiatement au sud du Kaiserhof) jusqu'à hauteur de 539

2)     face au nord et au N-E, l'ensemble des tranchées Jung, et Schultz et des boyaux sud-nord approxirnativement sur le front 642-542.

Le Cdt Hubin (2e Bton) prend le commandement de la partie gauche de la ligne. Le Cdt Marigeot conserve celui de la partie droite.

La nuit se passe sans incidents notables. Par deux fois, les Allemands tentent de timides contre-attaques, mais sans succès. Le feu des mitrailleuses les empêchent de sortir de leurs tranchées.

La conquête de la position a coûté pour la seule journée du 25 septembre au 22e Colonial:

Officiers 4 tués, 16 blessés

Sous-officiers:20 tués, 41 blessés, 2 disparus.

Hommes de troupe 132 tués, 441 blessés, 190 disparus.

Au total : 20 officiers, 63 sous-officiers, 826 hommes de troupe.

Le régiment a fait environ 150 prisonniers. il a pris 2 mitrailleuses.

A la suite de cette affaire, le chef de corps a formulé les propositions de récompenses suivantes:

1)     Pour officier de la Légion d'honneur 2.

2)     Pour chevalier de la Légion d'honneur: 3.

3)     Pour la Médaille militaire:5.

4)     Pour l'avancement à titre temporaire : au grade de chef de Bton:1, au grade de Cne: 3, au grade de sous-lieutenant:1l: 3 adjudants, 1 sergent-major, 7 sergents.

5)     Pour citations;

a)         A l'ordre de l'armée 68 (18 officiers, 22 sous-officiers, 5 caporaux et 23 hommes de troupe).

b)         A l'ordre du corps d'armée 37(9 officiers, 5 sous-officiers, 1 caporal et 22 hommes de troupe).

c)         A l'ordre de la division:12 (1 officier, 4 sous-officiers, -1 caporal et 6 hommes de troupe).

d)           A l'ordre de la brigade : 25 (10 sous-officiers, 7 caporaux et 8 hommes de troupe).

6) il cite immédiatement à l'ordre du régiment:17 (2 sous-officiers, 4 caporaux et 11 hommes de troupe).

 

26 septembre

6h, le colonel donne l'ordre au Cdt Hubin d'installer son Bton (le 2e) de façon à relever les compagnies des 1er et 3e Btons sur l'index qui viennent se réorganiser en bas de l'Index. Les 6e et 8e Cies sont remises à sa disposition. Le Bton s'établit tout entier dans le boyau Jung à l'est et à l'ouest de 539.

A sa droite, se trouve le Bton Noel (24e RIC) qui débouche du Médius, à sa gauche, le 35e RI qui doit attaquer le bois Valet. Le Lt-Cl commandant le 24e Colonial est chargé de l'offensive sur l'Index, le Bton Hubin passe sous ses ordres.

A 9H30, la 6e Cie reçoit l'ordre de se relier avec le bataillon Noel, le bataillon doit s'emparer du Kaiserhof et opérer une conversion pour se porter sur le front 644-640. Au moment où la 6e Cie commence son mouvement, le Ss-Lt de Villiers est tué. L'Adjt Letoit qui essaie de déboucher dans le ravin du Pouce est blessé.

La 7e Cie a pour objectif le point 642. L'ennemi occupe encore le boyau kaiserhof et une partie qui lui est parallèle au S-E. La 7e Cie le chasse de son boyau et parvient au croisement 642. Elle va s'élancer â la baïonnette lorsque les Allemands lèvent les bras, 150 prisonniers dont 2 officiers sont faits dans le Kaiserhof. A ce moment, arrive sur le Pouce une Cie du 15e RI qui entre en liaison avec la gauche du Cdt Hubin. Ce dernier s'est placé face au N-E. Il a devant lui le boyau Moltke entre 641 et 644 et la Verrue. Im s'avance vers ce nouvel objectif, 6e et 7e Cies en tête, 5e et 8e Cies en soutien. Il a à sa droite le Bton Noel du 24e RIC, à sa gauche le 15e RI.

L'ennemi occupe fortement le pied de La Verrue, dans un boyau reliant le boyau Schultz au boyau Jung se trouvent deux canons de 77 sous casemates qu'il défend avec la dernière énergie.

Une première fois, l'Adjt Roux (7e Cie) avec la demi-section du Sgt Albertini attaque les casemates à coup de grenades, un canon est pris mais l'ennemi revient en force et oblige la demi-section a reculer.

Le 24e RIC arrive à la rescousse ; une section (Lt Philippe) se concerte avec l'Adjt Roux et tous deux tentent un nouvel assaut couronné de succès, les deux canons sont pris.

A 18h30, le 15e RI et le Bton Noel occupent le mont Têtu. Le Bton Noel s'installe en 1ere ligne. Le Bton Hubin se rassemble en 2e ligne dans le boyau Molkte vers les points 637, 640 et 641 en liaison à gauche avec le 143e RI.

La journée du 26 septembre nous coûte:

Le Ss-Lt Villiers de Terrage tué,

3 sous-officiers tués, 3 sous-officiers blessés,

8 hommes tués, 30 hommes blessés, 2 disparus.

27 septembre

Le 24e RIC occupe la première ligne de la position conquise, marquée par le mont Têtu, le boyau du Kaiser, la Verrue.

Le 2e Bton du 22e est toujours à la disposition du Lt-Cl commandant le 24e. Il occupe pendant toute la journée le flanc droit du ravin du Pouce prêt à soutenir le Bton Noel.

Les 2 autres Btons occupent la partie de l'index au SO du point 642 à la tranchée Schultz.

La journée marquée par une canonnade violente coûte au régiment:

4 sous-officiers blessés,

Hommes de troupe:4 tués, 30 blessés, 3 disparus.

28 septembre

Dès 6h du matin, la 6e brigade reçoit l'ordre d'attaquer le bois de la Chenille et le bois Chausson en liaison avec la 3e division d'infanterie.

La liaison des deux attaques doit se faire sur la ligne 844- extrémité ouest des abris au nord du bois Chausson.

Le but de la 1ere phase de l'attaque doit porter le 24e à s'emparer du boyau Jung jusqu'à 844 et du boyau du Kaiser jusqu'à 200 m de sa jonction avec le boyau Jung.

Pendant une deuxième phase les 22e et 24e RIC doivent attaquer le bois Chausson en partant des pentes sud du Têtu et de 844.

Le but de la 1ere phase est en partie atteint mais le 24e n'atteint pas 844. La 2e phase entravée par un violent bombardement de l'artillerie allemande n'a pas lieu.

Au soir, le 2e Bton du 22e Colonial relève en 1ere ligne, entre 844 et 746, le Bton Noêl du 24e Colonial.

29 septembre

Au matin, le colonel Bonnin prend le commandement de la 1ere ligne où le 22e en entier relève le 24e. On procède à l'organisation de la défense. On ouvre des tranchées, on répare les boyaux Schultz et Jung.

Toute la journée, bombardement intense.

pertes :

2 officiers tués : Le Chef de bataillon Hubin et le Lt Lecomte,

Sous-officiers : 3 tués, 2 blessés,

Hommes de troupe:11 tués, 50 blessés.

30 septembre

La journée s'écoule sans changement. Les Cies continuent à approfondir tranchées et boyaux pour échapper au marmitage de plus en plus violent. Le colonel donne des ordres pour desserrer les hommes et renvoie un Bton au pied de l’Index.

Pertes:

2 officiers tués : capitaine Raymond, commandant le 2e Bton depuis la mort du Cdt Hubin

1 officier blessé (non évacué),

2 sous-officiers blessés,

9 hommes tués, 61 blessés.

1 octobre

Le bombardement diminue d'intensité et le 22e est relevé au soir par le 24e et va s'installer en entier au bivouac dans le vallon des Pins.

Pertes;

1 homme tué

14 hommes de troupe blessés, dont I sous-officier.

2-5 octobre

Le régiment cantonne au Vallon des Pins.

5 octobre

Le 5 au soir, le régiment reçoit l'ordre qu'il constituera le lendemain une réserve de brigade, le 24e étant désigné pour se porter à l’attaque de la Chenille et du bois Chausson le 6 octobre1915 au matin.

A cette date, en raison des pertes subies pendant les journées du 25 au 28 septembre inclus, les cadres sont des plus réduits.

L’ordre de bataille est le suivant:...

1er Bton: Commandé par un capitaine faisant fonction de chef de Bton (Cne Caillette). 2 officiers par Cies, toutes celles-ci sont commandées par des Lieutenants à l'exception de la 4e Cie est commandée par un sous-lieutenant et de la Cie de mitrailleuses qui est toujours commandée par le Cne Dolfus.

2e Bton: Un nouveau Chef de Bton, le Cdt Lafitte. 2 officiers par Cie, sauf à la 7e où il n'en reste qu'un seul. Les Cie sont commandées par des Lieutenants a l’exception de la 5e Cie qui est commandée par un sous-lieutenant

3e Bton: Les 9e et 12e Cies ne comptent qu'un seul officier chacune, un sous-lieutenant. La 11e Cie n'a plus qu'un Lieutenant. La 10e Cie a encore un lieutenant et un sous-lieutenant.

Le 1er Bton se porte à 180 à 18h.

6 octobre

Le 1er Bton (Bton Caillette) part pour l'Index à 1 heure. Le 2e Bton vient à 180 à 6 heures et le 3e Bto à 9h30. En arrivant sur l'Index, le Bton Caillette se porte dans les boyaux de Jung et de Molkte, en soutien. A 9H30, il reçoit l’ordre de se placer dans le boyau du Kaiser en utilisant les parallèles afin de pouvoir appuyer les Btons Goigoux et Noel du 24e dont l'attaque ne peut progresser. Au moment où il arrive à la place indiquée, la majeure partie des Btons susnommés a reflué et le Bton NoeI occupe le boyau du Kaiser et les parallèles. Il s'établit derrière lui, 2 Cies dans les boyaux Kaiser et Jung, les 2 autres (en arrière).

Le Bton Lafitte reçoit l'ordre à 8H00 de se porter vers le mont Têtu ,à la gauche du Bton Goigoux. Ce Bton progresse par les boyaux de l'index et le vallon du Pouce jusqu'à hauteur et à l'ouest de la Verrue. A 15h, il reçoit l'ordre d'occuper les parallèles et les places d'armes du mont Tétu.

L'attaque n'est pas renouvelée. Le régiment reste sur la position, le Bton Mangeot dans le groupement de droite, le Bton Lafitte dans le groupement de gauche, le Bton Caillette en soutien. Il subit un bombardement terrible et les pertes, sans qu'un coup de feu ne soit tiré, sont importantes.

7 sous-officiers blessés, 6 hommes de troupe tués, 35 blessés.

7-9 octobre

Sans changement, bombardement violent

9 sous-officiers blessés

18 hommes de troupe tués, 89 blessés, 9 disparus.

10 octobre

Sans changement

1 sous-officier tué, 3 blessés.

7 hommes de troupe tués,12 blessés, 1 disparu.

Le régiment relevé par le 4e RIC va cantonner

2 Cies de mitrailleuses, 1er et 2e Bton à 202, état-major et 3e Bton à Courtémont

10 octobre - 10 novembre

Alternance de périodes de repos et de périodes en 1ère ligne. Sans faits marquants Si ce n'est des bombardements violents en 1ere ligne.

Pertes:

1 officier blessé.

2 sous-officiers blessés.

35 hommes de troupe tués, 139 blessés, 4 disparus.

25 octobre

A la suite des opérations du 25 septembre et des jours suivants, les récompenses ci-après ont été accordées

Légion d'honneur, ont été promus

Pour officier: 2.

Pour chevalier:: 3

Pour la Médaille militaire:12 :2 adjudants-chefs, 2 sergents,1 caporal, 7 hommes de troupe.

Total des pertes du 25 septembre au 10 novembre

Officiers: 9 tués, 8 blessés.

Sous-officiers: 27 tués, 67 blessés, 2 disparus.

Hommes de troupe: 220 tués, 865 blessés, 209 disparus.

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