Historique du 9e régiment de ZouavesAnonyme, Imp Orientale Fontana Frères Alger, Rue Pelissier |
Formation du RégimentA la mobilisation, le 9e Zouaves
n'existait pas. Il fut constitué dans la région de Bordeaux. Successivement trois bataillons de
Zouaves venant du Maroc, débarquent à Bordeaux: 1er bataillon du 4e
Régiment de Zouaves, commandé par le chef de bataillon Cazenove; 2e, et
3e bataillons du 1er Zouaves, commandés respectivement par les chefs de
bataillon Mingasson et Bastien. C'est à Caudéran que ces éléments
furent organisés en régiment, pendant la période du 4 au 12 septembre.
La nouvelle unité, sous les ordres du lieutenant-colonel Niessel, prit le
nom de «Régiment de marche de Zouaves de la 3e brigade du Maroc» . Ils
formaient, en effet, avec le 1er mixte de Zouaves et Tirailleurs, la 3e
brigade du Maroc, commandée par le colonel Cherrier. A l'effectif d'environ 60 officiers, 157
sous-officiers et 2400 hommes, le Régiment était prêt à entrer en
campagne le 12 au soir. Le commandant Cazenove en avait pris le
commandement le 10, par suite de l'hospitalisation du lieutenant-colonel
Niessel, atteint de paludisme aigu. CarlepontEmbarqué de Bordeaux le 13 septembre,
le Régiment se trouvait rassemblé le 15 au matin à Clermont (Oise). Il
recevait, à 10 heures, l'ordre de se porter sur Estrée-Saint-Denis, où
il cantonnait le soir. Le lendemain, toute la 3e Brigade du
Maroc marchait sur Carlepont en réserve de la 6e Armée, l'avant-garde de
la colonne sous le commandement du commandant Cazenove était constituée
par les deux bataillons du 1er Zouaves (Mingasson et Bastien). Au carrefour des Blémards (forêt de
Laigue), la Brigade reçoit l'ordre d'attaquer Carlepont pour dégager la
37e DI. A 13h30, au débouché de Tracy-le-Val, le commandant Cazenave
engage le bataillon Mingasson à cheval sur la route de Carlepont, deux
compagnies en première ligne, deux en soutien. L'ennemi est solidement installé dans
ses tranchées. Très rapidement épuisé par le feu des Allemands, le
bataillon entier se déploie et ne peut plus guère progresser. Il est
soutenu par le bataillon Bastien, qui se déploie à sa gauche, puis par
deux compagnies du 1er bataillon du 4e Zouaves (capitaine Arnaud). Mitrailleuses et canons ennemis couvrent
le terrain de projectiles, mais les pertes n'arrêtent pas les Zouaves.
Vers 11 heures, un assaut général enlève les premières tranchées
ennemies et à la suite des Allemands qui se replient, le Régiment
pénètre dans la partie Sud de Carlepont et occupe les premières maison.
Malgré les efforts et le feu ennemi, à la nuit, nous gardions toutes nos
positions. Le Régiment pouvait être fier de sa
journée. Jetés sans aucune préparation dans la bataille, débutant dans
la guerre par un assaut sur des positions redoutables, après une marche
de 35 kilomètres, les Zouaves s'étaient montrés les égaux de leurs
glorieux ancêtres. Le Régiment avait perdu 160 tués, dont 7 officiers,
360 blessés dont 12 officiers, baptême glorieux. Au cours de la nuit, des patrouilles
avant signalé l'évacuation de Carlepont par l'ennemi, tout le village
est occupé au petit jour. Puis le Régiment reçoit l'ordre de continuer
le mouvement et de s'emparer du Grand Maupas, Laigue, Mesdin et de se
relier à droite à la 37e Division. Le combat dura toute la journée, avec
des alternatives d'avance et de recul : Finalement, à la nuit tombante,
le Régiment était revenu à la lisière Nord de Carlepont. Cette
journée nous avait encore coûté 40 tués dont 3 officiers et 180
blessés dont 3 officiers. Le lendemain, Carlepont était évacué. Du 20 septembre au 17 avril 1915, le
Régiment ne devait plus quitter cette région avec la 3e Brigade du Maroc
; il prit part à toutes les opérations des 73e et 74e Brigades sur
Tracy-le-Val, Bailly, Quennevière, le bois Saint-Mard, le bois du
Quesnoy. Successivement sous les ordres du
lieutenant-colonel Niessel, puis du lieutenant-colonel Mingasson, le 9e
Zouaves de Marche (car il s'appelle ainsi depuis décembre 1914) faisait,
comme toute l'Armée française de l'époque, son apprentissage de la
guerre de tranchées. Les Zouaves connurent, sans l'apprécier beaucoup,
la vie en secteur, dans les conditions particulièrement défavorables de
l'hiver 1914 : mauvaises tranchées sans abris, communications avec
l'arrière très précaires. Mais ni la pluie, ni la boue, ni le froid, ni
les violents bombardements et les attaques ennemies ne purent entamer le
courage et l'ardeur de ceux qui étaient déjà les Tigres du 9e et qui,
tout en gardant jalousement leur front, montraient les dents par de
fréquentes et audacieuses patrouilles. La
Belgique - Het-Sas.
Le 17 avril 1915, la 3e Brigade du Maroc
était relevée du secteur du bois du Quesnoy. Elle allait cantonner dans
la région de Saint-Pol où elle était incorporée à la 153e division Le
9e Zouaves ne devait plus quitter cette formation jusqu'au la fin de La
guerre. Le 24, le Régiment s'embarquait à
Saint-Pol pour une destination inconnue ; il débarquait à
Poperingue dans la nuit, et s'installait à Westveteren. Les Boches
venaient d'expérimenter les gaz asphyxiants ; profitant de la
surprise et du manque de moyens de protection, ils avaient enlevé nos
première lignes, franchi le canal de l'Yser à Stenstraete et Het-Sas. Le
« détachement d'armée de Belgique », dont faisait partie le 9e,
avait pour mission de contre-attaquer et de rejeter l'ennemi à l'Est du
canal. Le 25 au soir, Ie Régiment reçoit
l'ordre de chasser l’ennemi de la tête de pont, au Sud- de l’écluse
de Het-Sas ; il devait consacrer la nuit à occuper ses emplacements
de départ et faire les reconnaissances nécessaires. À 2h30, le Colonel
est prévenu que l'attaque doit avoir lieu à 3h30. Le bataillon Bastien,
chargé de l'opération n'est pas encore en place et ne le sera qu'à
3h40 ; à 3h45 les compagnies reçoivent l'ordre d'attaquer
immédiatement. A 4 heure, les quatre compagnies
entraînées par le Commandant du bataillon et les capitaines sortent avec
un entrain train admirable et se précipitent sur les tranchées ennemies.
Folie héroïque et inutile. En quelques secondes le bataillon est fauché
par les mitrailleuses. Les survivants arrivent quand même à cinquante
mètres des Allemands puis tourbillonnent sous les balles et refluent en
désordre vers leurs tranchées de départ, laissant le terrain jonché de
morts et de blessés. Le comandant Bastien, 3 capitaines, 1
lieutenant tués, 320 hommes hors de combat attestaient l’ardeur avec
laquelle cette malheureuse opération avait été. exécutée. Les
attaques précipitées étaient la conséquence de la traîtrise
abominable des Boches employant les gaz asphyxiants pour crever notre
front et franchir le canai de l'Yser qui avait arrêté la ruée d'octobre
1914. Le 27 avril, à 15 heure, l'attaque
était reprise préparée minutieuse et admirablement conduite par le
capitaine Sciard, commandant le bataillon. Elle réussit. En quelques
minutes, les Zouaves superbes d'entrain après avoir traversé sous les
baltes l'Ypériée avec de l`eau jusqu'a la ceinture, atteignent la
tranchée ennemie creusée dans les talus du canal. Un violent corps à
corps s’engage, tout ce qui résiste est tué à La baïonnette. A 17 heures, La position était
organisée : 120 prisonniers dont 3 officiers, 5 mitrailleuses, 1
lance-flamme, un important matériel restent dans nos mains ; 660 cadavres
sont entassés dans les tranchées. L'ennemi avait du reste opposé une
résistance acharnée : 25 tués dont 3 officiers (les capitaines Granelli
et Levasseur), 216 blessés dont 3 officiers témoignent de la difficulté
de cette brillante attaque. Le 30 avril, le bataillon Legou
attaquait, à son tour au Nord de l'Écluse en liaison à gauche avec le
268e. Réussie à gauche, l'attaque échoua à droite, où le
commandant fut tué en entraînant la 11e compagnie. Les opérations continuèrent avec la
même violence les jours suivant particulièrement le 16 mars (attaque du
bataillon Petitot sur la maison du collège) et les 30 et 31 mai
(coopération à l'attaque de la 45 Division sur Boesinghe). Quand le 9e
Zouaves fut relevé, le 1er juin, sa mission était remplie : aucun
Allemand vivant ne se trouvait plus sur la rive Ouest du canal. Le Régiment avait inscrit une belle
page au livre d`Or de l'Armée Française. Il y gagnait sa première
citation à l'Armée. La 3e Brigade
marocaine (9e Régiment de marche de Zouaves et 1er Régiment mixte de
Zouaves et Tirailleurs n'a cessée de se distinguer depuis le début de la
campagne. Vient sous les ordres du Général Cherrier et des
Lieutenant-colonels Mingasson et Cazenove de faire preuve d'une
persévérance et d'un entrain héroïque en enlevant à l'ennemi, par une
lutte pied à pied qui a duré plus de seize jours, tous les points
d'appui fortifiés qu'il tenait à l'Ouest du canal, le rejetant
définitivement sur la rive orientale, lui infligeant d'énormes pertes,
lui taisant de nombreux prisonniers. Les offensives de 1915Pendant que le 9e Zouaves se couvrait de
gloire en Belgique, une grande attaque avait été montée en
Artois : cette attaque était basée sur de nouvelles méthode de
combat. Le 9 mai, l'armée française crut voir la victoire déployer ses
ailes mais l'ennemi se ressaisit rapidement avec d'autant plus de
facilité que le succès primitif ne fut pas poursuivi. Les Zouaves du 9e n'y jouèrent qu'un
rôle secondaire. Arrivés en Artois pour la reprise de l'offensive du 16
juin, et placé en soutient ils subirent de fortes pertes par suite du
bombardement sans prendre part à aucune action. Après avoir tenu les tranchées devant
Neuville-Saint-Wast jusqu'au début de juillet, le Régiment était
transporté en Lorraine. C'est là que le 24 août près de Saint Nicolas
du port, au cours d'une revue par le Président de La République,
accompagné du Roi des Belges, le 9e Zouaves et le 1er Mixte recevaient
leurs drapeaux déjà décoré de la Croix de guerre. Le Président de la
République prononça l'allocution suivante Officiers,
Sous-officiers et Soldats, Ce n'est pas
sans une profonde émotion que je remets aujourd’hui à la 3e Brigade
marocaine, en présence de SM le Roi des Belges les drapeaux où votre
bravoure a, dès maintenant, épinglé tant de glorieux souvenirs.
Carlepont et Tracy-le-Val, Bailly et Quennevieres, le Bois-Saint-Mard et
là route de Nampcel, tous ces noms s'étaient déjà inscrit en traits de
feu aux premières pages de vos annales lorsque dans cette lutte pied à
pied, qui a duré plus de 16 jours, vous avez rejeté l'ennemi sur la rive
orientale de l'Yser. Vous avez ainsi
victorieusement commencé avant de revenir vous battre aux environs
d'Arras la libération de cette glorieuse Belgique dont l'auguste
souverain a tenu à vous apporter lui-même aujourd'hui ses remerciements
et ses félicitations. Avec l'aide des héroïques troupes belges et de
nos vaillants alliés, vous achèverez notre oeuvre de délivrance et de
salut. La France ne sépare pas sa cause de celle de ses allié. Honneur et
loyauté sont, comme le sol même de toutes nos provinces, partie
intégrante et inaliénable de notre patrimoine national. Recevez ces
drapeaux, couvrez les d’une gloire nouvelle, et faites les flotter
bientôt avec ceux de toutes les nations alliées sur l’Europe
affranchie. Le 9e zouaves allait, en effet, peu de
temps après, « couvrir son drapeau d'une gloire nouvelle ». Une deuxième grande offensive était en
préparation, celle de Champagne, et le Régiment allait y jouer un rôle
,glorieux. Le 14 septembre il est transporté dans
la région Somme, Brionne, Valmy. Le 25 au matin, il se trouvait en
réserve au ravin de Beauséjour et le 26 il attaquait en direction
générale de Maison de Champagne, côte 185, avec pour objectif Ripont et
la Dormoise. A 7 heures, tout le Régiment se porte à l'assaut, mais
devant la violence du feu ennemi, l'attaque est complètement brisée.
Malgré quelques tentatives de progression à la grenade et un deuxième
assaut donné par le bataillon Petitot, il faut se retrancher sur place
après un pénible gain d'une centaine de mètres. Le lendemain l'attaque était reprise à
16 heures. Une contre-préparation des Allemands nous causait de grosses
pertes ; les chefs de bataillon Petitot et Prunis sont tués et de
nombreux zouaves sont mis hors de combat. Néanmoins, à l'heure H, les
vagues d'assaut se portent en avant, au pas, avec un calme et un courage
magnifiques. Un feu d'artillerie et de mitrailleuses les accueille
aussitôt ; elles atteignent pourtant les premières tranchées
allemandes, mais là, elles se heurtent aux réseaux presque intacts.
Follement, les zouaves essaient de les franchir et se font tuer sur place
dans cette lutte inégale. Quelques éléments parviennent à se faufiler
par les brèches, dépassent la ligne allemande et arrivent jusqu'aux
premières batteries : coup d'audace qui coûte cher à ses exécutants ! Finalement, les vagues d'assaut,
disloquées, se replient et se regroupent à environ 300 mètres de la
tranchée de départ ; fiévreusement, chacun creuse, et rapidement, une
nouvelle position s'organise. A ce moment, circule une terrible nouvelle :
le lieutenant-colonel Mingasson et son officier adjoint viennent d'àtre
tués par un obus. Premier colonel du 9e Zouaves tombé au champ
d'Honneur, il laissait dans le Régiment le souvenir impérissable d'un
chef de corps de premier ordre. Sans tarder, le Régiment se
reconstitue, les unités se reforment. quoique bien éprouvé, le 9e
était néanmoins prêt à résister aux contre-attaques, quand le colonel
Couranjou en prit le commandement vers 19 heures. Après quelques journées passées en
réserve et après avoir reçu des renforts, le 9e est chargé, le 6,
d'une attaque sur l'ouvrage de la Défaite. Deux bataillons en première
ligne formant deux vagues, un bataillon en deuxième ligne : telle est la
formation adoptée. 5h20, les bataillons partent avec un entrain
magnifique, malgré les mitrailleuses ennemies ; en quelques minutes, le
bataillon du capitaine Hoeffel atteint son objectif ; le bataillon Koch,
dont le chef est blessé dés le début, après avoir été obligé de se
replier sur la tranchée de départ par suite de la non réussite de
l'attaque du Régiment voisin, repart à 6h30 et se porte sur l'alignement
du bataillon Hoeffel. A 7h20, tout l'objectif était entre nos mains. Mais l'ennemi réagit rapidement et
commence, dès 8 heures, ses contre-attaques. Il réussit sur le régiment
de gauche et bientôt toute la ligne du 9e est prise d'enfilade par les
mitrailleuses boches. Les Zouaves se défendent avec un acharnement
inouï, personne ne veut abandonner des dispositions si brillamment
enlevées. Le capitaine Hoeffel, merveilleux de bravoure, qui organise la
résistance, est tué ! Peu à peu, les Allemands, attaquant à la
grenade, menacent d'encercler les unités cramponnées au terrain. Il est
impossible de leur porter secours ; deux bataillons du 153e, qui doivent
contre-attaquer, ne peuvent réunir que 750 hommes. Peu à peu, faisant tète à la meute
qui les environne, les « tigres » se replient lentement sur la première
ligne allemande, puis sur la tranchée de départ. La lutte se poursuit
terrible et sans pitié ; des groupes complètement cernés ne
reparaissent plus ; d'autres, la rage au coeur, parviennent à s'échapper
: à 17 heures, il n'y a plus un seul zouave dans les tranchées
allemandes, sauf les morts qui ont si bien tenu le serment qu'ils
s'étaient fait de ne pas abandonner leur conquête. Le soir même, le Régiment était
relevé et se rendait au Ravin de Marson, puis à Valmy ; 49 tués dont 5
officiers, 306 blessés dont 7 officiers et 349 disparus venaient
s'ajouter aux pertes déjà si cruelles du début de l'offensive. Jusqu'au milieu de décembre, le 9e
alterne avec le 1er Mixte dans le secteur Nord du Ravin des Pins et du
Ravin de Marson. Le 15 novembre, le lieutenant-colonel Joulia, ancien
capitaine de la 7e en septembre 1914, en prend le commandement. Relevé définitivement de Champagne, le
Régiment put, pendant deux mois, prendre un repos nécessaire et bien
gagné, pour amalgamer les renforts et parfaire l'instruction. Verdun
Le 9e zouaves devait à sa gloire
toujours grandissante de la consacrer définitivement en combattant à
Verdun, «l'Enfer de Verdun », disait-on. C'était l'épreuve décisive
qui trempait à tout jamais les coeurs vaillants. Là encore, « les
Tigres » furent dignes d'eux-mêmes et de leur passé. Il est bien difficile de raconter leur
histoire dans la terrible mêlée. Arrivés à Verdun le 24 février 1916,
le Régiment vit ses bataillons dispersés et chacun pour son compte,
connut l'horrible cauchemar des bombardements. Plus de tranchées, plus de
boyaux ; des trous d'obus épars qu'occupent des hommes à moitié
enterrés, hagards sous le pilonnement méthodique des obus de tous
calibres ; chaque tirailleur attend le projectile qui doit l'ensevelir,
sans aucun espoir d'éviter un écrasement certain. Mais tous renaissent
dés qu'il faut bondir sur les trous d'en face ou recevoir le flot
allemand et l'arrêter devant une barrière infranchissable formée des
poitrines françaises. Tous, à ce moment. Mitrailleurs, grenadiers,
voltigeurs rivalisèrent d'audace et de mépris de la mort. Il faudrait suivre dans cet enter chacun
bataillons et même parfois chaque compagnie. Le 1e et le 3e bataillon à
la Cote du Poivre, au Bois de La Caillette, devant le Fort de Douaumont
combattent sans relâche, résistant victorieusement au contre-attaques, s’accrochant
au terrain et méritant du colonel De Valon, commandant la brigade les
félicitations pour leur conduite héroïque Accompagnons le 2e bataillon, commandant
Sciard dans sa marche vers Côte 378 (Nord-Ouest du Fort de Douaumont).
Avant d'atteindre son objectif, ce bataillon rencontre l'ennemi à la Cote
259. Il y a un vide entre le 146e RI et le 95e RI. Rapidement, le Bataillon se déploie,
s'accroche au terrain, résiste à toutes les, attaques malgré le
bombardement : le soir la liaison était établie entre les deux
régiments voisins, l'attaque allemande enrayée. Pendant les jours suivant, résistant
pied à pied aux attaques allemandes, contre-attaquant dès que l'ennemi a
pris une avance, le 2e bataillon maintient sa position. Du reste, quel historique vaudrait la
simple lecture des magnifiques citations obtenues par les diverses unités
du Régiment. Citation a
l'ordre du Corps d'Armée du 2e Bataillon Sous les ordre
du commandant Sciard, pendant quatre jours consécutifs, gràce à de
très heureuses dispositions tactiques, a servi de trait d'union entre
deux régiments engagés que les circonstances de la bataille avaient
largement espacés. A su judicieusement utiliser le terrain boisé où il
se trouvait pour résister victorieusement aux violentes poussées de
l'ennemi qu'il a pu rejeter gràce à des contre-attaques habilement
conduites. Citation à L'Ordre
du Corps d’Armée de la 3e CM Sous le
commandement du lieutenant Bonnans, pendant quatre jours consécutifs,
appuie très efficacement la résistance d'un Bataillon en particulier. A
saisi toutes les occasions de prendre sous son feu des troupe ennemies en
marche et a réussi à leur infliger les pertes les plus lourdes . Enfin,
a contribué avec beaucoup d’a propos à briser une attaque contre un
village en se portant sans hésiter en avant de nos lignes. Citation La
Division de le 10e Compagnie. Conduite
héroïque. S'est portée à plusieurs reprises à l'avant malgré un
violent bombardement. Enfin, tout le
Régiment était compris dans la citation collective à l'Armée de la
153e DI. Splendide
citation qui valait au 9e Zouaves la fourragère aux couleurs la Croix de
Guerre. La 153 DI (9e
Zouaves, 418e RI, 1er Mixte de Zouaves et Tirailleurs, 2e et 4e
BCP) après avoir montré, sous les ordres du Général Deligny, un esprit
d’offensive remarquable les 24, 25, 26 février 1916, a fait preuve les
jours suivant d'une ténacité, d'une endurance, d’un entrain, d'une
volonté de ne rien céder à l'ennemi, au dessus de tout éloge. À tenu
pendant onze jours consécutifs, nuit et jour, en terrain découvert, sans
relève possible, sous un effroyable bombardement de tout calibre, un
secteur dont elle n’a pas perdu un pouce de terrain et dont elle ne
sortait que pour tenter des contre-attaques en vue d'arrêter l’offensive
ennemie. Le Régiment pleurait pour la seconde
fois la mort de son chef le lieutenant-Colonel Joulia, qui avait conservé
son commandement, malgré une première blessure le 26. Il avait été
tué le 28 février. Offensive de la SommeLe lieutenant-colonel Fouchard prend Ie
commandement du régiment le 6 mars à Condé-en-Barrois. Rapidement le 9e zouaves se reconstitue.
Dès le début d'avril, il participe à l'opiniâtre défense de la rive
gauche de Verdun dans le secteur de la cote 304. La pression de l'ennemi
est plus violente que jamais et cependant aucun pouce de terrain n'est
cédé. C'est vers le milieu d'avril que le GQG
commence à préparer l'offensive de la Somme. Riposte nécessaire contre
la furieuse attaque sur Verdun. Le 20e Corps tout entier est retiré peu
à peu de la bataille et transporté dans la région Amiens Abbeville afin
de se préparer à cette offensive, dans le secteur Nord de la Somme, en
liaison avec l'armée britannique. Le 9e Zouaves reçoit les renforts
nécessaires et s'entraîne à la nouvelle tactique. Il est inspecté en
juin par le général Foch qui lui adresse ses félicitations. Le 10 juillet, la 153e division relève
la 38e DI qui a commencé brillamment l'offensive, le 1er juillet 1916 à
l'Est de Maricourt. Après quelques opérations de détail, l'attaque
générale se déclenche à la 153e DI, le 20 juillet. Le 9e Zouaves est
chargé d’enlever le bois Sabot, la Halte de Maurepas et le
terrain au Sud d'Hardecourt. Les 1er et 2e Bataillons (commandants
Massat et Sciard) sont en première ligne. Le 3e Bataillon (commandant De Lerue) en
deuxième ligne. L' assaut est lancé à la pointe du
jour. Les Zouaves ont un élan superbe. Un bataillon boche est culbuté
dans le bois Sabot. La halte de Maurepas est enlevée d'un bond, puis
dépassée. Tous les objectifs sont atteints. La position est organisée
en quelques heures. Le soir même, nos avions rapportaient au général
Balfourier, commandant le 20e Corps, la photographie des
tranchées constituant notre nouveau front. Le régiment, malgré les violents
bombardements des jours suivants continue ses travaux sur les pentes de
Maurepas en vue des offensives ultérieures. Son tour d'attaquer revient le 12 août,
l'objectif est toute la partie Sud du gros village de Maurepas: L’assaut,
lancé à 17h45, se déroule d’une façon admirable.
Les vagues partent comme à la parade. Peu de pertes. Dans le
village, on cueille de nombreux prisonniers et un matériel considérable.
Comme après le 20 juillet, le
bombardement devient plus meurtrier les jours suivants. L’attaque est reprise le 18 août,
afin d’enlever la partie Nord de Maurepas. Même succès que le 12
août. Le lendemain, le régiment est relevé par le 201e RI. On l’envoie
se reconstituer dans la région de Berck. Avant de quitter ce champs de bataille
de la Somme où la victoire a vraiment brillé pour la première fois sur
son jeune drapeau, le 9e Zouaves est félicité par le général de
division et le général commandant le Corps d’Armée et proposé pour
une citation à l'Ordre de l'Armée. Fin septembre le Lieutenant-colonel
Fouchard évacué des suites de blessures reçues devant Maurepas, est
remplacé à la tête du Régiment par le lieutenant colonel Gross. Le 12 novembre, complètement
réorganisé, le régiment est envoyé dans le secteur de
Saillisel-Raucourt, secteur de boue et de glaise, où les Zouaves
débutent le 14 par une offensive locale qui réussit. Le 2e Bataillon
forme alors dans notre ligne un saillant très accentué. Le 15 novembre
au matin, un bombardement de plus en plus pénible sur le se déclenche
sur le Régiment. Vers 10 heures il devient véritablement infernal. Les
éléments de tranchée sont nivelés, les communications deviennent
impossible, les coureurs se font tuer sans pouvoir assurer la liaison, les
Zouaves sont complètement isolés et à 5h30 le colonel ne dispose plus
que des pigeons pour prévenir le commandement de la situation critique
où il se trouve. A 16 heures, l'attaque ennemie
débouche. D'abord repoussés Ies Allemands attaquent à la fin par le
Nord et par l'Est et progressent rapidement. Les armes ne fonctionnent
plus, les munitions manquent, les zouaves sont enlisés et complètement
encerclés. Quelques éléments du 2e bataillon ;
sous le commandement du capitaine Imbault parviennent péniblement à se
replier sur les tranchées de Berlun. À son tour, le 1er Bataillon doit
abandonner la tranchée de Reuss. Dure journée pour le 9e Zouaves qui
perdit 23 officiers tués blessés ou disparus, 110 zouaves tués, 287
blessés et 676 disparus. Pour la première
fois, l’ennemi avait violé le front des Zouaves, échec que le
régiment ne devait pas oublier et qu'il sut venger. Offensive de l'Aisne 1917Nous retrouvons le 9e plein d'ardeur en
avril 1917, pour participer aux attaques sur le Chemin des Dames, dans le
secteur de Vendresse, ravin du Paradis. Le 16 avril, le Régiment est en
réserve de Division et marche derrière les tirailleur marocains. Le 17, il relevait en ligne les TM et se
trouvait en contact avec l'ennemi. Le 18, les 1e et 3e bataillon
attaquent : la progression est lente ; les jours suivants sont
occupés à la réfection et à la consolidation des premières lignes. Le 23, le Régiment est envoyé à
l'arrière, repos de courte durée car le 7 mai, de nouveau, les zouaves
étaient dans le secteur Chemin des Dames, ravin de Chily Le 14 mai, une attaque allemande,
préparée par un très violent bombardement d'artillerie lourde et de
torpilles se déclenche vers 17 heures sur les tranchées du 2e bataillon,
mais les Zouaves guettent. Les vagues sortant des tranchées allemandes
doivent se terrer ou se replier sous le feu des mitrailleuses et les
barrages d'artillerie française. Le Régiment reste en secteur jusqu'au 6
juin : il a subi encore une fois de nombreuses pertes : 5 officiers tués,
8 blessés, 164 Zouaves tués et 544blessés. Verdun Février, Mars 1918Changé de région, le 9e Zouaves,
après un long séjour au Bois Le Prêtre, se retrouve au début de 1918
à Verdun, dont le souvenir glorieux était encore présent dans toutes
les mémoires. Cette fois, il ne s'agissait d’attaquer, mais de «
tenir » dans un secteur épouvantable encore bouleversé par des
dernières attaques. Le Régiment est à Bois Le Chaume et
aux Chambrettes, secteur des plus délicats à tenir car il faut lutter
contre le mauvais temps et faire bonne garde autour de la Cote 53 tant
recherchée par les Allemands Pendant la période du 5 février au 25
mars, les zouaves s’emploie sans relâche à creuser chaque nuit, les
tranchées et boyaux comblés par les bombardement ou la pluie. Le jour, ils repoussent les coups de
main qui se succèdent sans interruption. La vie dans ce secteur fut des plus
dures ; les communications avec l'arrière étaient très difficiles,
le ravitaillement des lignes se faisait par des pistes jalonnées au moyen
de piquets : ces pistes suivaient les contours des trous d'obus dont le
terrain était criblé. Beaucoup de zouave, revenant de corvée, égarés au milieu de cette mer de boue, durent attendre jusqu'à la pointe du jour, dans la boue jusqu'a .la ceintures pour retrouver leur chemin. Les obus à gaz et à l’ypérite rendaient encore plus pénible la tache du régiment. Mais à la relève, le 25 mars, les Zouaves avaient la satisfactions de laisser un secteur dont tous les éléments avaient été construits par eux, et dont pas un pouce de terrain n’avait été cédé à l’ennemi. Offensive de libération de 1918 – CoeuvresLe régiment fait, à cette époque,
partie de la Xe Armée et opère au pied de Soissons. Le 14 juin, il est alerté et relève
des éléments des 39e DI et du 8e Zouaves. Le lendemain, sans
aucune reconnaissance préalable, le 2e Bataillon, sous le commandement du
chef de Bataillon Imbault, est désigné pour participer à une action
offensive avec un bataillon du 418e RI. Il s`agit de prendre le village de
Coeuvres, de le dépasser et de s'installer sur les contre-pentes à
l'Est. A 3h15, l'attaque se déclenche après
une courte préparation d'artillerie et avec l'appui des chars d'assaut.
Malgré les difficultés du terrain très boisé et couvert de hautes
cultures, le 2e bataillon s'élance et se rabat face à son objectif. D'un
bond, il traverse le village une fusillade intense et s'installe sur les
pentes qui dominer Coeuvres a l'Est. Pendant ce temps, les nids de
résistance du village réduits par les équipes de nettoyeurs et, vers 10
heures, il ne reste plus un seul Allemand dans Coeuvres. Le 2e bataillon obtenait pour ce
brillant fait d'armes une deuxième citation à l`Ordre du Corps d'Armée. Brusquement désigné pour une
opération de nuit, le 2e bataillon du 9e Zouaves, sous l'impulsion du
Chef de bataillon Imbault Officier de bravoure connue, s'est élancé le
15 juin avant le jour à l'attaque d'un village, brisant toute résistance
capturant 33 prisonniers et 7 mitrailleuses, laissant à d'autres
fractions le soin de réduire ces maisons organisées dans lesquelles
furent pris encore 2 officiers et 67 hommes. Malgré les pertes et les
difficultés provenant d’un terrain boisé et abrupt, a atteint en moins
de deux heures ses objectifs sur lesquels des unités s'organisent,
malgré une violente réaction d'artillerie et quelques tentatives le 28 juin, la 153e Division entière
attaque le plateau à l`Est de Coeuvres. Les Zouaves sont au centre, les
1er et 3e bataillons (De Marsay et De Savy) en tète. A 5h07, deux minutes après le
déclenchement du tir d'artillerie, les deux bataillons collant au barrage
roulant, enlevaient leurs objectifs à travers un terrain difficile,
parsemé de défenses accessoires et malgré les feux de nombreux nids de
mitrailleuses, faisant preuve d'un entrain superbe et d`une vigueur qui
déconcertent l'ennemi. En moins de deux heures, ils gagnent deux
kilomètres de terrain , font 203 prisonniers dont 7 officiers et 32
sous-officiers ,capturent 31 mitrailleuses tant lourdes légères, 5
minenwerfer et 1 canon. Le Régiment obtenait sa troisième citation à L'Ordre de l’Armée. Après avoir,
le 15 juin, rétablit une situation précaire en s'emparant d`un très
gros village, a mené, le 28 du même mois, sous les ordres du
Lieutenant-Colonel Gross, et avec une joyeuse ardeur, une attaque pleine
de fougue et entièrement réussie, réalisant deux kilomètres de gain en
profondeur, s'emparant des meilleurs observatoires ennemis, capturant plus
de 200 prisonniers, de nombreuses mitrailleuses et un matériel
considérable. Saconin - BreuilA la suite de l'offensive allemande sur
Chateau-Thierry, le 9e Zouaves sous les ordres du chef de bataillon De
Marsay (le lieutenant-colonel Gross, malade et épuisé par la fatigue
ayant du être relevé) prit part à la contre-offensive du 18 Juillet,
début de la grande bataille de libération, suite interrompue de
victoires qui devait forcer les Allemands à demander un armistice. Le 18, le Régiment se trouve à l'Est
de Courtanson et doit attaquer en direction de Saconin, Breuil, Soissons
et s'emparer des tranchées du GMP. Il a un front d'attaque de 250 mètres.
Le bataillon Imbault est en première ligne, le bataillons De Savy en
soutien et le 1er bataillon en réserve de DI. L'attaque doit commencer à 4h35, mais
dès 4h25, l'ennemi commence à s'agiter, il lance des fusées puis
déclenche un barrage sur notre première ligne. Le 2e bataillon part aussitôt pour échapper au barrage ennemi et pour coller à notre barrage roulant. Avec leur coutumière ardeur, les zouaves s'élancent sans hésiter, malgré les conditions peu favorables, terrain très difficile à parcourir, moissons cachant les mitrailleuses, défenses accessoires entravant la marche, les nids de résistance tombent les uns après les autres. Les prisonniers affluent vers l’arrière. Le 2e bataillon, qui a légèrement appuyé au Nord, atteint la tête du ravin de Pernant, s’empare de deux batteries de 77 et de nombreuses mitrailleuses. Il aborde ensuite la pente Ouest du ravin de Saconin, s'empare de huit nouvelles pièces et capture dans les crêtes 300 prisonniers et une batterie d'une vingtaine de mitrailleuses donc les servants n'ont pas eu le temps de sortir des abris. Continuant sa progression, il descend
sur Saconin, nettoie le village, remonte les pentes du ravin et,
débouchant sur le plateau, s'empare des carrières au Nord de Breuil.
Mais là sa progression est arrêtée à la même hauteur par les
Allemands qui font un effort désespéré pour interdire ce plateau
commandant Soissons et la vallée de I'Aisne. Après cette avance de plus de six
kilomètres, le 2e bataillon n’avait plus que 220 hommes en ligne ; le
3e bataillon, bien qu'en soutien, avait aussi souffert des barrages
ennemis. Pourtant, le 19, l'attaque reprend à 4
heures avec le même entrain que la veille. Le 2e bataillon réussit à
atteindre la route de Paris, qu'il dépasse même avec ses éléments de
droite. Mais le bataillon formait saillant dans notre ligne générale et,
à la suite d'une contre-attaque allemande sur le régiment de droite, il
dut rétrograder jusqu'à la Chaussée Buon Chat. Le 2e bataillon est à bout de souffle,
son commandant est blessé, trois officiers seulement sont indemnes ; dans
l'impossibilité de garder le terrain qu'ils viennent de conquérir, les
éléments se resserrent en formant un centre de résistance en liaison
avec les unités voisines. Le commandant De Savy forme un
groupement de trois compagnies, deux avec les éléments du 3e bataillon,
une compagnie avec le reste du 2e bataillon ; c'est ce groupement qui
reprend l'offensive avec quatre chars d'assaut soutenus par deux
compagnies du 1er bataillon. Le commandant du Régiment n'a plus à
sa disposition que la 2e compagnie, très réduite elle-même. Malgré leur épuisement, les zouaves
s'élancent courageusement à nouveau sur les tranches du GMP, d'où les
mitrailleuses les déciment. Les compagnies de gauche sont arrêtées dés
le début, tandis qu'à droite, grâce à l'aide des tanks, l'ouvrage 6330
est occupé ; mais les conducteurs des tanks sont mis hors de combat et
les tanks deviennent inutilisables. Finalement, la route de Paris fut
atteinte. A ce moment, tous les liens tactiques sont rompus, la liaison
est perdue à droite. Dans la soirée, le commandant de Savy
parvient à reconstituer trois compagnies (A. B. C.) et la liaison est
rétablie avec les TM par un groupe de chasseurs à pied. Dans la nuit, une nouvelle attaque est
préparée pour le 21 juillet. Des renforts sont en arrière ; aussi tous
les éléments restants du 9e Zouaves peuvent prendre part à
l'opération. Deux compagnies d'assaut sont formées, aucune réserve
n'est gardée. Les Stokes commencent à H-2 la préparation sur l'ouvrage
7024 qui constitue l'objectif. A 8 heures, admirables d'héroïsme, les
zouaves sortent des tranchées, mais sont accueillis par le feu venant des
tranchées du GMP. Ils ne peuvent dépasser la route de Paris, balayée
par les balles. Le Régiment doit stopper et se cramponner au terrain. Enfin, le 2 juillet, après cinq jours
d'attaques ininterrompues, le régiment est relevé. 7 officiers tués, 26 blessés, 180 zouaves tués et 606 blessés témoignent de la fougue et de l'ardeur infatigables dont le Régiment avait fait preuve. II obtenait du reste sa quatrième citation à l'Ordre de l'Armée. Décision du
GQG du 23 SEPTEMBRE 1918 Régiment
d'élite. A, sous les ordres du chef de bataillon De Marsay, pris, à la
bataille du 18 au 21 juillet, la part la plus glorieuse, réalisant une
progression de huit kilométres, capturant plusieurs batteries, de
nombreuses mitrailleuses, plusieurs centaines de prisonniers et infligeant
à l’ennemi de fortes pertes.
Cette citation donnait au 9e Zouaves le
droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille
Militaire. Hangest-en-SanterreAprès un court repos, employé à la
réorganisation des unités, le 9e est transporté dans la région de
Guyencourt (Somme) où il doit participer à l’offensive de la 1ere
Armée. Le 8 août au matin, le Régiment
suivait l'attaque des 37 et 49e DI qui devaient s'emparer de la route de
Demuins à Moreuil. Mais, dès 9 heures du matin, toute la 153e DI,
s'intercalant entre les deux divisions de première ligne, attaquait
elle-même ; le 9e Zouaves au centre, en direction d'Hangest-en-Santerre. Successivement le 1er et le 2e
bataillons attaquent ; le 1e bataillon atteint le front cimetière du
Plessies, Fresnay-en-chaussés où il est arrêté par le tir des
mitrailleuses et une batterie de 77 tirant à vue sur tous les éléments
qui cherchaient à avancer. Le lendemain 9, à 8 heures, sans aucune
préparation, le 1er et le 2e bataillons accolés s'élancent à l'assaut.
La ligne ennemie est enlevée d'un seul bond, en collant au barrage
roulant, les zouaves atteignent les lisières d'Hangest. A ce moment, les
Allemands, voyant que le village est perdu, le soumettent à un tir
d'artillerie qui le rend intenable. Les deux bataillons, évitant la
traversée d'Hangest, le contournent, le ler, par le Nord, le 2e par le
Sud, et viennent s'établir sur une ligne allant du cimetière à la route
d'Hangest-le-Hamel. Le 10 août, à 4h30, l'attaque est
reprise. Le premier objectif route du Bauchoir à Solchory est atteint
rapidement, puis les deux bataillons se portent sur Erches, solidement
occupé par les mitrailleurs ennemis. Grâce à une habile manoeuvre
enveloppante exécutée par les 1er et 2e bataillons, Erches,
complètement débordé, tombe entre nos mains à 10 heures. En fin de
combat, notre ligne passe à cinq cents mètres du village ; mais malgré
ses efforts, le 9e ne put progresser davantage dans la soirée. Les avant-gardes dévalent jusqu'au pied
de la petite montagne et doivent traverser la plaine qui va jusqu'à
l'Aisne. Sous la protection de l'artillerie, dont une batterie est à
hauteur même des compagnies du 3e bataillon, la plaine est franchie en
profitant des couverts du terrain et d'anciens boyaux. En fin de journée,
les éléments de tète atteignent la ferme Moscou et la chapelle de
Saint-Rigobery fortement tenues. Le Régiment va se heurter à un
obstacle difficilement franchissables, le canal latéral à l'Aisne
doublant la rivière. Les passages sont défendus par les arrière-gardes
laissés à la Côte 108 ; Berry-au-Bac, sur la rive Nord, parait
fortement occupé. Méthodiquement, les zouaves vont faire tomber toutes
les résistances et franchir l'Aisne et le canal sous le feu même de
l'ennemi. Le 3, le 1e bataillon vient se mettre à
gauche du 2e, jusque vers Germicourt, Le 3e passe en réserve, le
nettoyage de la rive Sud se fait pendant les journées du 3 et du 4. Le 5 octobre, le régiment doit enlever
la Cote 108, franchir le canal en ce point et au Nord du bois des Pies
(Est de Germicourt). Le 5 au soir, le 3e bataillon franchit le canal au
pied même de la Cote 108 qui n'a pu être enlevée. Le 6, la 7e compagnie s'empare de la
cote 108 et cherche à franchir le canal en direction de Berry-au-Bac; les
passerelles ennemies sont détruites. Le Régiment, malgré l'appoint
d'une section du génie, ne dispose que de très faibles moyens de
franchissement. Le 1e bataillon, à gauche, réussit pourtant à faire
passer une petite avant-garde sur des sacs Habert, et avec l’aide du
génie, une première passerelle de fortune est établie. Ce bel exploit
ne suffit pas à la 3e compagnie; un groupe ardent s'élance jusqu'à
l'Aisne, utilise les restes d'une passerelle allemande, et franchit la
rivière sous le feu des grenadiers et des mitrailleurs allemands qui sont
rapidement mis en fuite. L'ennemi cherche en vain à rejeter dans
l'Aisne la poignée d'audacieux qui, se cramponnant à la rive Nord,
permettent le passage successif de deux, compagnies du 1er bataillon qui
forment aussitôt une solide tête de pont ; le soir, une courte mais
violente contre-attaque ennemie fut complètement brisée après un rude
combat à la grenade. Le lendemain, le 2e bataillon venait
franchir l'Aisne sur les passerelles établies par les pionniers du
régiment, derrière le 1er bataillon. Pendant que celui-ci progresse à
la grenade, au Nord de la rivière, la 7e compagnie, capitaine Guillemet,
se rabattant vers l'est, marche audacieusement sur Berry-au-bac. Malgré
la résistance acharnée de l’ennemi, cette compagnie progresse à
travers le village jusqu'à l'église, faisant un nombre de prisonniers
supérieur à son effectif. Au soir, la 5e venait prolonger la gauche de
la 7e. Le 9, aux petit jour, I'attaque reprend.
Le 2e bataillon achève la conquête et le nettoyage de Berry-au-Bac, le
3e bataillon, qui a relevé le 1er, combattant à la grenade dans les
boyaux et les tranchées qui dominent la rivière, atteint le chemin
creux. Vers 17 heures, l’ennemi tente un
dernier effort peur rejeter le Régiment sur la rive Sud de l'Aisne. Sur
tout le front, s'abat un violent bombardement ; les observateurs
signalent, des mouvements de troupe en face de Berry-au-Bac et sur notre
droite. Vers 18 heures, l'infanterie allemande attaque vigoureusement ;
malgré nos tirs de barrage, d'artillerie et de mitrailleuses ; elle
réussit néanmoins, en quelques points, à atteindre les lisières Nord
de Berry-au-Bac. Elle ne peut d'ailleurs s'y maintenir, car,
contre-attaqués à leur tour, les Allemands abandonnaient définitivement
le terrain, nous laissant maîtres des passages. Le lendemain, le 9e Zouaves était
relevé après qu'il eut établi de solides passerelles. Pendant dix jours de rudes combats, le
Régiment s'était vraiment surpassé. Il avait, en effet, brillamment
enlevé la position principale de l'ennemi. Puis, poursuivant son attaque,
serrant de près l'ennemi et ne lui laissant aucun répit, il affirmait
ses belles qualités d'entrain et d'endurance. Enfin, pour couronner cet
effort, il réussissait une opération militaire des plus difficiles :
traverser sous le feu de l'ennemi une large rivière et son canal
latéral. Ce dernier résultat était obtenu grâce à la bravoure et à
l'énergie d'une avant-garde comprenant merveilleusement son rôle. Une sixième citation à l'Ordre de
l'Armée devait consacrer cette glorieuse avance. Régiment d'élite, sous le commandement du lieutenant-colonel
Rozet. A, du 30 septembre au 9 octobre 1918, montré d'exceptionnelles
qualités de bravoure, d'endurance, d'audace, s’emparant, dans les deux
premières journées, d'un village et des positions, âprement défendues,
poursuivant ensuite l'ennemi sur plus de douze kilomètres, lui enlevant,
de vive force, le passage d’une double ligne d'eau (large rivière et
canal latéral) et d'un village dont il a tué ou pris les défenseurs,
pour assurer à I'Armée, la possession d'une tète de pont dont il a
maintenu l’occupation malgré deux contre-attaques. A capturé pendant
ces opérations plusieurs centaines de prisonniers et un important
matériel. Cette citation lui donnait droit au port
de la fourragère rouge, avant même que son Drapeau n'ait reçu la
fourragère aux couleurs de la Médaille militaire. Parpeville – LandifayLes armées allemandes reculent sur le
front entier du champ de bataille, il ne faut pas leur laisser le temps de
reprendre haleine. Le Régiment, transporté aussitôt en autos dans la
région de Coucv-Ie-Chàteau, était, le 29 au soir, vers Renausart, prêt
à reprendre la poursuite. Le 21 au matin, les zouaves se portent
avec ardeur à l'attaque des tranchées de Fay-le-Noyer et de la Côte
129. Le 2e bataillon (De Montsabert) enlève le hameau, mais est obligé
de s'arrêter sur les pentes S de la Côte 129, où les Allemands ont
organisé une forte position avec double réseau de fil de fer. De
nombreuses mitrailleuses battent le terrain dénudé et l'artillerie
ennemie réagit violemment. Le 22 et le 23, notre artillerie
prépare les brèches dans les réseaux; mais ce tir de destruction
exécuté seulement par le 75 est insuffisant, et quand, le 24, le 2e
bataillon cherche à enlever la Côte 129, la progression est arrêtée
sur les fils de fer non détruits. Les mitrailleuses ennemies font un
barrage extrêmement violent. A la nuit, le 2e bataillon était relevé
par le 3e bataillon (De Savy). Le 25, le 3e bataillon donne l'assaut ;
accueilli par le feu des mitrailleuses, la 11e compagnie progresse
cependant jusqu'aux réseaux. Quelques éléments parviennent à franchir
et sautent dans la tranchée où un violent combat à la grenade s'engage.
Les zouaves ripostent avec énergie, utilisant même les grenades
allemandes qu'ils trouvent dans leurs abris. Une compagnie du 2e bataillon parvient
à s'infiltrer et à renforcer la 11e compagnie. Pendant ce temps, la 9e
compagnie, à gauche, par un feu violent de VB., obtient la reddition des
mitrailleurs ennemis. Elle franchit les réseaux, prenant à revers tous
les groupes qui continuaient à lutter dans la tranchée allemande et les
deux compagnies se rendent maîtresses de tout le mouvement de terrain. La nuit est consacrée à la
réorganisation des unités; le 24, à 5h45, le 3e bataillon s'empare
successivement de la Côte 122 et des lisières sud de Parpeville. Dès 6 heures, le bataillon reprend sa
poursuite, enlève la ferme Torcy, le bois de la Panthère. Les zouaves
sont admirables, tous les éléments ennemis sont bousculés, les
lisières Sud de Landifay sont atteintes. Le village est enlevé, les
groupes ennemis s’enfuient et les compagnies atteignent la croupe
Nord-Est du village, mais là elles se heurtent à une nouvelle position
organisée sur les croupes, à l'Ouest de la route de Guise. Cette dernière série d'attaque était
encore un beau succès. Le Régiment réalisait une avance de quinze
kilomètres, s'emparant de plus de 240 prisonniers, de nombreuses
mitrailleuses et d'un matériel important. Jamais les zouaves n'avaient
montré autant d'audace, d'entrain et de bravoure. Le Régiment fut
relevé dans la nuit du 30 au 31 octobre. L'effectif de la plupart des
compagnies n'atteignait pas 30 hommes (la 11e, 1 sous-lieutenant, 1
sergent et 22 hommes). Ici s'arrête l'historique du 9e
zouaves, pendant la grande guerre 1914-1918. Avant de terminer ce glorieux
récit, adressons un souvenir ému à tous ceux dont les tombes éparses,
sur tous les fronts marquent les traces glorieuses du passage du
régiment. Ils n'auront pas vu le Triomphe final, mais la Patrie gardera
une reconnaissance éternelle à tous ceux dont le sacrifice héroïque a
contribué à la Victoire. Le 9e Zouaves après l'ArmisticeInexistant avant la guerre, le 9e
Zouaves terminait la campagne au premier rang, parmi les plus célèbres
régiments de France. Aussi, tous les zouaves furent-ils douloureusement
surpris quand, en février 1919, le Régiment fut dispersé. Le 1er et le
2e bataillon à Alger, le 3e à Tunis, séparation qui devait etre le
prélude de la dissolution du Régiment. Mais si le 9e zouaves avait disparu, son âme vivait dans le Drapeau. Et tous les anciens démobilisés ou encore sous les armes frémirent de joie quand, le 13 juillet 1919, ils apprirent que le Président de la République venait d'accrocher, à la hampe de leur drapeau dont ils étaient fiers, la « Croix de la Légion d'honneur ». Une magnifique citation accompagnait
cette suprême récompense. Régiment
d'élite. Engagé dans les plus durs combats. A chaque fois fait preuve de
magnifiques vertus guerrières. S'affirme dès le début troupe de premier
ordre à Carlepont, dans la région de Compiègne; se distingue de nouveau
sur l'Yser, en Artois et à Maisons-de-Champagne. Montre, à
Verdun, dans une défense opiniâtre, de superbes qualités de
dévouement, de ténacité et d'abnégation. Va chercher de nouveaux
lauriers sur les lignes d'Hardecourt et de Maurepas, prend une part
glorieuse à l'attaque du chemin des Dames et aux opérations du printemps
1918. Dans l’offensive finale, provoque l'admiration de tous par sa fougue indomptable, bousculant l'ennemi partout où il le rencontre. Insoucieux de ses pertes, puise dans chaque combat une ardeur nouvelle, se couvrant d'une gloire immortelle à Coeuvres, Vauxbuin, Soissons, au bois de Moreuil, à Villers-les-Royes, à Hangest-en-Santerre, Erches et Andéchy, sur la Vesles et sur l'Aisne, à Berry-au-Bac, Romains, Ventelay et Guyencourt, et enfin, à Villers-le-Sec et à Parpeville, à la Ferme Villancey, à Landifay et Berlegnement. En juillet 1919, il fut décrété que
l'Armée française compterait désormais six régiments organiques de
zouaves : les 1er, 2e, 3e et 4e
Zouaves, les immortels chacals furent conservés. Mais, songeant à la
fourragère rouge et au Drapeau décoré du 9e zouaves de marche, le
Ministre de la Guerre, M. Clemenceau, décida que l'un des deux Régiments
à créer porterait le numéro 9. Le 1er janvier 1920, le 9e Zouaves est
constitué à Alger, sous le commandement du colonel Bertrand. Puissent les jeunes classes qui le
composent maintenant, en lisant les prouesses de leurs aînés, s'en
inspirer et maintenir aussi élevé le renom des Zouaves.
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