Historique du 8e Régiment de Marche de ZouavesLibrairie Chapelot Paris - Nancy |
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Par
décret du 5 juillet 1919 Le
PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE confère
la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau du 8e Régiment
de Marche de Zouaves qui a obtenu la fourragère rouge pour avoir été
cité sept fois à l'ordre de l'Armée au cours de la guerre (1914-1918) « Régiment
superbe d'héroïsme et de vaillance qui, pendant quatre ans de guerre,
sans jamais faiblir, a dressé devant l'envahisseur la foi sacrée d'une
troupe qui sait mourir pour la défense de son sol. Entré
le 28 août 1914 en contact de l'ennemi, il manoeuvre en retraite sans
faiblir jusqu'au 8 septembre où les zouaves s'arrêtent et font face. Au
Château de Mondement et dans les marais de Saint-Gond, ils battent la
Garde Prussienne. Beaux
de dévouement, de courage et de sacrifice, ils dressent dans la boue de
Belgique, à Boesinghe et à Nieuport, le mur inébranlable de leurs
poitrines. Le 9 mai, le 16 juin et le 25 septembre 1915, sous les ordres
du Lieutenant - Colonel MODELON, ils se lancent à l'attaque de la crête
de VIMY et de la Butte de SOUAIN. Le 9 juillet 1916, ils se sacrifient et
meurent sur les fils de fer de BARLEUX. Puis,
sous les ordres du Lieutenant - Colonel LAGARDE, ils s'emparent, le 17
avril 1917, du MONT-SANS-NOM, réputé imprenable. Le 20 août, ils éloignent
à jamais le boche de VERDUN, la citadelle inviolée. L'année
1918 les trouve prêts à toutes les audaces et à tous les sacrifices ;
le 26 avril, ils attaquent à VILLERS-BRETONNEUX et barrent la route
d'Amiens. Les 29 et 30 mai, alors que menaçant et terrible monte le flot
ennemi, ils accourent, se sacrifient héroïquement pour défendre la
route de SOISSONS à PARIS. Ils sont encore debout le 18 juillet, pour
pousser de l'avant et chasser l'ennemi de CHAUDUN et de CHARANTIGNY. Et
c’est en vain que du 28 août au 15 septembre, l'ennemi essaiera de
s'accrocher aux falaises de l'AISNE, de tenir NEUVILLE-SUR-MARGIVAL et le
ravin de VAUXAILLON, la fougue impétueuse de ceux qui, par sept fois déjà,
les ont vaincus, commencera leur défaite. PETIT
HISTORIQUE DU 8e ZOUAVES PENDANT LA GRANDE GUERRE I9l4~I9l9 Les
zouaves sont une des troupes les plus représentatives de l'armée française.
Il flotte autour de leur chéchia un esprit de cocarde qui plait au tempérament
français. Ils ont une tradition et un esprit de corps très profonds, le
recrutement en est choisi et vient de toutes les provinces de France et
d'Algérie. Il y a quelque dix ans, leur réputation sembla pâlir pour
des raisons bien connues. Au Maroc, et surtout dans la guerre actuelle,
les zouaves ont reporté cette réputation à des hauteurs inconnues
jusqu'alors. « Ils ont décoré leurs drapeaux d'une gloire
immortelle ». Le
27 décembre 1914, un officier belge, blessé devant Lombaertzyde, était
apporté sans connaissance au poste de secours du 4e bataillon du 8e
zouaves. Quand il revint à lui, il demanda: « Où suis-je? »
En sûreté au milieu des zouaves, répondit le commandant.
« Ah ! Les zouaves, reprit l'officier beige, ils sont
toujours les premiers soldats du monde ! » Parmi
les régiments de zouaves, le 8e est au premier rang avec le 4e. A la
mobilisation, les quatre bataillons, dont il fut composé, étaient au
Maroc. Le 1er bataillon (1er bataillon du 1er zouaves) assurait dans ses
postes la tranquillité de la Chaouia. Le 2e (2e bataillon du 3e zouaves)
était à Rabat. Au Maroc depuis deux ans, il avait occupé Safi et
Mogador, fait entre Mogador et Marrakech les fameuses colonnes de
Dar-el-Cadi et de Dar-Anflous, occupé et organisé Agadir, puis parcouru
les plaines brûlées duTadla. Le 3e (3e bataillon du 2e
zouaves) veillait au Maroc oriental, dans la région d'Oudjda. Le 4e (4e
bataillon du 3e zouaves) tenait les postes de la vallée du Sebou, face au
Maroc espagnol. La
vie de colonnes et de postes, sous la tente, toute d'imprévu et
d'alertes, avait aguerri les corps et trempé les âmes. Ces quatre
bataillons, fondus au creuset des mêmes souffrances et des mêmes joies,
des mêmes espoirs indomptables et des mêmes sacrifices, « bronzés
au feu de cent batailles », vont former la plus belle organisation
parmi les organisations humaines, « un beau régiment ». Au
Maroc, au contact des Allemands, chacun sentait venir la guerre. A la
mobilisation, chacun comprit que la partie décisive se jouerait sur notre
frontière du Nord-Est et que c'était là qu’il fallait défendre et
conquérir le Maroc. C'est là que furent envoyés les zouaves. Parmi eux,
personne ne doutait de la victoire. Débarqués
à Bordeaux et à Cette, du 7 au 15 août, 3 bataillons (1er, 2e et 4e)
forment le régiment de marche du Iieutenant-colonel Lévêque, le 3e
bataillon faisant partie d'un régiment de marche de tirailleurs. Le 20 août,
ils sont dans la région de Mézières - Charleville. Les jours suivants,
ils entendent le canon de Charleroi. Le 25, ils franchissent la frontière
de Belgique, et, de Sugny, petit village belge, ils voient flamber les
villages de la Meuse et de la Semoy. Ils recueillent le IXe corps et
prennent l'arrière-garde. Et la retraite de la Marne commence. Comme les
derniers zouaves du 2e bataillon sortaient de Sugny, une religieuse dit au
commandant Burkardt qui commandait le 2e bataillon : « Vous partez,
commandant? » Il répondit : « Nous reviendrons ».
Aujourd'hui, les zouaves sont revenus. LA
RETRAITE DE LA MARNE Les
zouaves qui la firent ne se crurent jamais battus. Certes, ils eurent
l'angoisse du sol envahi. A grandes journées ils marchaient vers le Sud.
Ils se disaient : « Nous manoeuvrons, nous manoeuvrerons, s'il
le faut, jusqu'à la Seine ou la Loire ». Ils gardèrent intacte leur
foi. Des
noms et des dates jalonnent la route de la retraite. Les vrais combats
commencèrent le 28 août, au matin. L'arrière-garde retarda les têtes
de colonnes ennemies à Signy-l'Abbaye. L'après-midi, toute la division
marocaine se lança à la contre-attaque dans les plaines de la Fosse-à-l'Eau.
Les zouaves attaquèrent Dommery et les bois au Nord. Les combats furent
acharnés. Les pertes furent lourdes. Mais les Allemands reculèrent ou
furent cloués au sol, et les zouaves restèrent maîtres du champ de
bataille. Le carnet d'un officier allemand, trouvé quelque temps plus
tard, disait : « Nous nous sommes battus dans les plaines de la
Fosse-à-l'Eau avec les fameuses troupes africaines, zouaves et
tirailleurs. Quel sens de la manoeuvre ! Comme ils se glissent dans le
terrain ! Et quel mordant dans l'attaque!... » Pourtant,
l'ordre de retraite vient. Il faut couvrir l'écoulement des colonnes. Le
29 août, un bataillon de zouaves tient Launoy aussi longtemps qu'il est nécessaire.
Et la retraite continue. Le
30, nouveau coup de boutoir. Les zouaves n'attendent pas l'ennemi, ils
l'attaquent, et ce sont les combats acharnés de Novi-Bertincourt. Devant
les zouaves, les Allemands reculent. Sur la droite, la ligne a cédé, et
la retraite continue. Le
1er septembre, nouvel arrêt. Les zouaves, déployés sur les hauteurs qui
dominent Alincourt, attendent les avant-gardes ennemies, au débouché des
bois, et les arrêtent net. Alors;
ces missions de contre-attaque et d'arrière-garde remplies, à grandes
marches, jusqu'au 6 septembre, la retraite continue par Reims et sa
Montagne. Jours sombres, jours d'angoisse pour ceux qui ne savaient pas. Le
6 septembre, arrive l'ordre fameux : « Le moment n'est plus de
regarder en arrière... » Les zouaves sont au Nord des marais de
Saint-Gond et occupent les hauteurs de Joches et de Couard. La mission est
simple : tenir jusqu'au dernier. Dans l'après midi, le combat
s'engage. L'ennemi est arrêté. Mais, vers la gauche, la ligne cède, les
zouaves ne sont qu'une mince ligne. Derrière eux, des passages
difficiles. Ils sont ramenés aux débouchés sud des marais de
Saint-Gond. Leur centre est sur la route qui va de Broussy-le-Petit à
Coizard. Une mince ligne encore, sans réserve derrière; pas beaucoup
d'artillerie. La garde prussienne hésite dans les marais. Le
7, ce sont des combats d'arrière-garde et de reconnaissances. Le 8, les
Prussiens attaquent en masses profondes; ils sont fauchés, et nulle part
ils ne peuvent atteindre les tranchées creusées par les zouaves. Mais
nos bataillons sont décimés. Des mille combattants que comptait chaque
bataillon au départ de Bordeaux, il en reste à peine 200, fatigués,
amaigris, mais toujours aussi résolus. Il
faut prendre un peu de champ. Dans la nuit du 8 au 9, les zouaves sont
ramenés à la lisière nord des bois d'Allemant. Malgré la fatigue extrême,
ils creusent des tranchées. La garde prussienne s est emparée du château
de Mondement. Il ne faut plus qu'elle avance d'un pas. Non seulement il
faut tenir, mais contre-attaquer. En liaison avec le 77e d'infanterie,
les zouaves attaquent le château de Mondement. Les premières attaques échouent;
ils recommencent. Les bonnes nouvelles arrivent. Sur la gauche, Franchet
d'Espérey est vers Montmirail. A droite, Foch, prenant les Allemands de
flanc, les a bousculés. Deux 75, amenés à bras, tapent à toute volée
dans le château qui est enlevé dans un dernier assaut. Le 10, de
Mondement et des bois d'Allemant, les zouaves voient fuir la garde
prussienne. C'est la victoire de la Marne ! Aujourd'hui,
les Allemands des pays occupés disent : « Depuis la Marne,
nous savions que nous serions battus. Mais nous avons tenté la chance
comme un joueur malheureux dans une partie de poker. » Toute
la division fut citée à l'ordre des armées. Comme un mince fil d'acier,
elle avait tenu, jusqu'à tension extrême, sans rompre, et Foch a pu dire
: « La fortune a voulu que la Division Marocaine fût là. » Puis,
ce fut la poursuite. Dès le 13 septembre, les zouaves vinrent se heurter
contre les positions savamment choisies par l'ennemi en Champagne, au nord
des marais de la Vesle. Malgré leur petit nombre, ils enlèvent Vez,
Prunay, Les Marquises. Mais l'artillerie fait défaut et la guerre de
tranchées commence. Les
zouaves la mèneront dans les secteurs les plus variés. Partout où
apparaît la D. M., l'activité de combat redouble et, la plupart du
temps, devant elle apparaît une division de la garde prussienne. Elle ne
passe jamais plusieurs semaines sans faire de prisonniers : secteurs
de Sillery, de la Pompelle, de Boesinghe, de Saint-EIoi près d'Ypres, de
Nieuport; les secteurs d'Attiche, devant Noyon, route de Paris, qu'il faut
garder pendant la grande offensive allemande 1916 sur Verdun, secteur
boueux de la Somme devant Villers-Carbonnel, secteur de Lassigny, secteur
de Dancourt-Popincourt, devant Roye, dur secteur de Berry-au-Bac, entre la
Miette et l'Aisne, secteur de Beaumont et de Seicheprey, en Lorraine au
nord de Toul, partout les zouaves ont montré leur mordant, faisant coups
de main et reconnaissances, remuant la terre, creusant et fortifiant.
Travail obscur, ingrat pour lequel il faut une volonté d'airain. Un jour,
en Lorraine, le régiment fut relevé par les Américains, qui témoignèrent
hautement leur admiration pour le 8e zouaves. Pendant tous ces séjours en
secteur, les zouaves du 8e ne perdirent jamais un bout de
tranchée. En
octobre 1914, le 8e zouaves prend nettement sa personnalité, avec ses
quatre bataillons, son numéro 8, et déjà son esprit de corps. En août
1915, il recevra son drapeau. Il aura trois colonels pendant la guerre les
lieutenants-colonels Modelon, Auroux et Lagarde. Le lieutenant-colonel
Modelon lui fera cueillir deux palmes et la fourragère aux couleurs de la
Croix de guerre. Sous le commandement du colonel Lagarde, il conquerrera
cinq palmes, la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire, puis
la fourragère rouge, et demain sans doute, la Légion d'honneur viendra
couronner son drapeau. Bien
qu'ayant participé, comme on l'a vu plus haut, à la vie de secteur, le
8e zouaves fut de presque toutes les grandes actions offensives de la
guerre, et il pourra inscrire sur la soie de son drapeau : la Marne, Yser,
Artois, Champagne, Somme, Moronvilliers, Verdun, Soissons, 18 juillet
Chemin-des-Dames, tous ces noms qui, dans l'histoire de l'avenir,
sonneront bien haut. YSER Au
nord de Boesinghe, sur la rive droite de l’Yser, il est un petit bois
appelé Bois Triangulaire. Depuis dix jours, la division de fer de Nancy
menait une lutte sans merci ; C'était sans cesse attaques et
contre-attaques. Le 14 novembre 1914, les zouaves vinrent renforcer le 26e
d'infanterie. Le 3e bataillon contre-attaqua dans le bois avec une
telle ardeur et une telle vaillance que chasseurs à pied et fantassins se
mirent à applaudir en criant « Bravo, bravo, les zouaves ! »
Le bois fut pris. C'était le temps de la course à la mer. Tant que les
zouaves furent là, dans l'eau, la neige, la glace, la boue et le froid,
les Allemands n'avancèrent plus d'un pas. ARTOIS 9mai
– 16 juin – 22 juin 1915 Trois
dates célèbres pour le 8e zouaves ! Le 9 mai la victoire le toucha de
son aile. Pétain commandait. Les canons sonnaient fort dans l'air clair
du matin. Les zouaves sont en réserve. A 10heures, l'attaque. A 11
heures, les tirailleurs sont à la cote 140. A midi, les zouaves sont à
la grande route d'Arras. Les renforts allemands arrivent de toutes parts.
Ils contre-attaquent. Les zouaves fauchent ces contre~attaques de leurs
feux, puis contre-attaquent eux-mêmes au son du clairon. Ils sont très
en pointe sur le reste de la ligne, au petit chemin creux, depuis fameux,
sous le nom de Chemin des Zouaves, qui va de Souchez à
Neuville-Saint-Vaast. Le 11 mai, la bataille reprend. Il faut prendre la
cote 140. L'attaque partira du chemin creux à 14 heures. Pris de flanc
par des feux de mitrailleuses et de 77 d'une violence inouïe, les zouaves
sont fauchés. Mais ils tiendront tant qu'on voudra. L'attaque
de grande percée est reprise le 16 juin. Le 8e zouaves attaque devant
Souchez. Les vagues successives s’avancent comme à la manoeuvre,
balayant tout. Encore une fois les zouaves sont très en pointe sur la
cote 119. Ce n’est pas encore l'heure de la grande ruée. L'ennemi
dispose de moyens puissants, et les pertes sont lourdes. Les
zouaves sont relevés, les Allemands contre-attaquent et reprennent leurs
tranchées. Un bataillon est en danger d'être fait prisonnier. Alerte
pour les zouaves ! Et le 22 juin, deux compagnies, les 5e et 7e,
capitaine Arrestat et capitaine Mugnier, s'élancent, sans préparation
d'artillerie, sans un coup de feu. Les tranchées sont reprises et les
Allemands faits prisonniers. CHAMPAGNE 25
septembre 1915 Sera-ce
pour cette fois ? Les troupes sont nombreuses dans les bois de sapins de
la Champagne pouilleuse. La préparation d'artillerie dure trois jours.
L'artillerie de tranchée travaille déjà fort. Le 8e Zouaves est près
du bois Sabot, en face de la butte de Souain. Les longs boyaux s'allongent
dans la craie blanche. Le 25 septembre, à 9 h. 15, sous un ciel brumeux,
par une pluie fine, le 8e Zouaves s'élance, 3e bataillon en tête. Il
faut tourner le bois Sabot. Une heure après, le bois était à nous avec
des prisonniers, des canons, du matériel ! Mais à la butte de
Souain, les Allemands ont une seconde position intacte que l'artillerie
n'a pas détruite. Toutes les attaques viennent se briser sur les réseaux
de fils de fer. L'ennemi contre-attaque en vain; les morceaux de France
que les zouaves du 8e ont reconquis, ils les gardent. SOMME 9
juillet 11 juillet 1916 Barleux. Triste
souvenir pour les zouaves du 8e ! Belles occasions perdues !
Souvenirs émus des amis tombés avec une vaillance inégalable !
Depuis le 1er juillet, une série de succès permettait les plus belles
espérances. Le 9, il s'agissait de prendre Barleux. Ce fut la tâche du
4e bataillon du 8e Zouaves. Ce que l'on peut dire, c'est que la préparation
fut insuffisante. Les Allemands avaient eu le temps d'amener de gros
renforts, de se fortifier et de semer traîtreusement des réseaux de
barbelé dans les avoines et les blés. Les zouaves s'élancent avec une
bravoure intrépide. Ils sont fauchés dans les fils de fer. Le
11 juillet, l'attaque est renouvelée par le 2e bataillon. Même
insuffisance de préparation, même insuccès. LE
MONT-SANS-NOM 17
avril 1917 Une
vraie victoire pour les zouaves ! Depuis des mois, le 8e Zouaves a
travaillé silencieusement avec la volonté acharnée de forcer le succès.
En décembre 1916, une attaque était prête devant Villers-Carbonnel.
Elle est remise. En mars 1917, une autre attaque était prête devant Roye.
Les Allemands s'en vont. Alors est décidée l'attaque des monts de
Moronvilliers. Le 8e Zouaves doit enlever le Mont-Sans-Nom. La
préparation, quoique hâtive, est minutieuse. Le mont se dresse sur la
plaine de Champagne, formidablement fortifié. Avant l'opération, les
zouaves disaient : « Il faut du culot pour attaquer cela ! »
Ils aimaient ce « culot ». Et pourtant, en ce temps-là, ce n'étaient
pas encore les grandes orgues de l'artillerie lourde ! L'attaque part
à 4 h. 45 par un matin de neige et de boue, dans la lumière indistincte
de l'aube. Les trois bataillons sont l'un derrière l'autre. Une heure et
demie plus tard, le mont était tourné par les manoeuvres les plus
habiles, la garnison, le matériel, les canons capturés. Les objectifs étaient
atteints. On pouvait marcher, mais à droite, à gauche, c'était
l'accrochage. Encore une fois les zouaves étaient en pointe.
Naturellement, les contre-attaques vinrent. Le 19 et le 20, elles furent
formidables. Trois régiments s'acharnèrent sur les zouaves. Mais les
zouaves se souvinrent que le drapeau de leurs anciens n'a jamais reculé.
Il est un bois bizarrement nommé N°50, dont les Ies 100e et 101e saxons
se souviendront longtemps. Là pourrit, parmi les ramées de pins, la
fleur de la jeunesse saxonne. Le
8e Zouaves avait retrouvé sa voie. Désormais ses succès ne
s’arrêteront plus. VERDUN 20
août 1917 Battre
les Allemands sur le terrain choisi par eux-mêmes et conquérir les
observatoires nécessaires aux opérations futures, tel est le but. Le 8e
Zouaves doit enlever le ravin des Caurettes, la crête de l'Oie et le bois
des Corbeaux. La préparation est faite de longue main, minutieuse,
formidable. L'artillerie lourde donne toute sa puissance. Le 19, au soir,
par un beau jour d'été, sous un ciel teinté de rose et de rouge, parmi
la poussière des éclatements et les brumes légères qui montent des
prairies de la Meuse, c'est un tel ouragan que, dans la tranchée, les
zouaves disent : « Avec cela on peut y aller ». L'attaque
part à 5 heures du matin, dans le brouillard, et malgré les
mitrailleuses, trois heures après les Caurettes, la crête de l'Oie, le
bois des Corbeaux, des prisonniers, des minen, des mitrailleuses étaient
entre les mains des zouaves. lis ne s'arrêtent pas. Leurs reconnaissances
audacieuses franchissent le ruisseau de Forges, abordent le bois de
Forges, détruisent les batteries. Pendant dix jours, ils tiennent le bois
des Corbeaux et l'organisent. Ils ne pouvaient donner un coup de pioche
sans rencontrer un obus ou un crâne. 1918 L'année
la plus formidable de la guerre ! Un instant la balance du destin
semble pencher en faveur de l'Allemagne. Mais, dans la tempête, un pilote
prit le gouvernail et, d'un coup de barre terrible, il redressa le navire.
Désormais, la victoire est sûre et prochaine. Les
zouaves seront aux endroits les plus durs des dernières batailles; cela
s'appelle : Villers-Bretonneux, Soissons, 18 juillet, le Chemin-des-Dames
et, le matin de l'armistice, ils étaient prêts à se lancer dans la
bataille qui devait se livrer en Lorraine. VILLERS-BRETONNEUX 26
avril 1918 Après
leur terrible coup de boutoir du 21 mars, les Allemands veulent s'emparer
d'Amiens et couper l'armée britannique de l'armée française. Pour
prendre Amiens, il faut être maître du fameux plateau de
Villers-Bretonneux. Les Allemands montent une attaque avec des troupes fraîches.
Les zouaves ne l'attendent pas, ils attaquent les premiers. L'action va
s'engager dans des conditions difficiles. Le régiment est prévenu le 25
avril à 14 heures. Il faut relever, dans la nuit, des troupes
australiennes dont la ligne est flottante. Les reconnaissances, faites
sous des feux violents, sont pénibles. Toute la nuit se passe à disposer
les troupes, une longue nuit de fatigue sans sommeil. Les
bataillons sont l'un derrière l'autre. Il s'agit d'enlever le monument de
Villers-Bretonneux. A l'aube, à 5 h. 15, le régiment s'ébranle parmi
les blés et les cultures. Les compagnies de tête suivent le barrage
roulant, gravissent les pentes, arrivent à la crête, mais ne peuvent déboucher.
Les sections de tête perdent 50% de leur effectif. Prises de face et
d'enfilade par des feux de mitrailleuses, elles s'accrochent au terrain
sans reculer d'une semelle, malgré la violence des feux d'artillerie. L'après-midi,
une nouvelle tentative est faite. Les reconnaissances gagnent une centaine
de mètres. Si le Monument n'a pu être atteint, l'opération n'en est pas
moins un succès. Elle a prévenu une attaque et désorganisé deux
divisions allemandes mélangées au cours d'une relève. Le
chef d'état-major du corps australien, dont les zouaves avaient, les
jours précédents, admiré la froide bravoure et l'indomptable énergie,
exprima au colonel, en termes émus, l'admiration de ses troupes pour la
magnifique tenue et l'habileté manoeuvrière du régiment sous le feu. Pendant
quatre jours, le 8e Zouaves organisa le terrain, sous un marmitage en
quelque sorte fantastique, puis s'en fut vers un nouveau destin. SOISSONS
LA CRISE 29-30
et 31 mai1918 Cette
fois, il ne s'agit plus d'attaquer, il s'agit d'arrêter la ruée ennemie,
de tenir coûte que coûte. Depuis la Marne, nul combat ne fut plus acharné
que cette défense du ravin de la Crise, petite rivière au sud~ouest de
Soissons. Ayant enlevé le Chemin-des-Dames et franchi l'Aisne, les
Allemands descendaient à grands pas vers le Sud. Alertés, transportés
en autos, débarqués au contact de l'ennemi, les zouaves ne l'attendent
pas. Ils marchent audacieusement à sa rencontre, décidés à lui
interdire le passage de la Crise. Il faut lire dans le rapport officiel le
récit de la soirée du 29 mai et de la journée du 30 mai : la
marche des avant-gardes, la prise de contact, les reconnaissances dans la
soirée, la nuit calme et, dès l'aube, l'ennemi, qui a pu profiter de
l'ombre pour avancer artillerie et infanterie, commençant sur nos tranchées
un tir violent d'obus de tous calibres. Puis l'attaque. Trois régiments
allemands, appuyés par une artillerie formidable, attaquent le 8e
Zouaves. Les Allemands employèrent là, d'une façon savante, leur
tactique d'infiltration, de manoeuvre sur les flancs et de feux intenses
de mitrailleuses. Les renseignements arrivent d'heure en heure. Les pertes
sont lourdes, mais, dit le capitaine Servais, « ne vous inquiétez
pas, on tiendra ». L'artillerie n'a pas de munitions : 30 coups
par pièce. Peu importe : avec les mitrailleuses et les fusils, on
tiendra. Malgré tous les efforts, l'infiltration ennemie se poursuit, les
Boches fourmillent, il y en a partout. La 10e compagnie est encerclée.
Depuis 10 h. 30 jusqu'à 14 heures, elle mène un dur combat, corps à
corps; quand les hommes n'ont plus de munitions, ils se servent de leurs
poings et de leurs casques comme de massues. Tous les officiers sont blessés
ou tués. Il ne reste plus qu'un sergent et 12 hommes, dont 7 réussissent
à regagner nos lignes en se frayant un chemin à travers les lignes
ennemies. Les zouaves cèdent quelque peu, par échelons, en manoeuvrant.
Les 1er et 3e bataillons, en
première ligne, sur un front de 4 kilomètres, combattent jusqu'à épuisement.
Le 2e et la liaison du colonel contre-attaquent avec fureur.
Tous tiennent, malgré la violence des bombardements et la mitraille des
avions. Et quand vint le soir, les Allemands, qui croyaient avancer à
grandes marches vers le Sud et l'Ouest, n'avaient, malgré leur énorme
supériorité, numérique, gagné que quelques centaines de mètres de
terrain, et cela au prix des pertes les plus sanglantes. Les zouaves étaient
là. 18
JUILLET 1918 Quand
les unités qui n'étaient pas engagées le 18 juillet apprirent, le 20,
que, dans une contre-attaque superbe, l'armée Mangin avait
pris 20.000 prisonniers et 400 canons, ils comprirent que la bataille décisive
qui devait nous conduire à la victoire était engagée. Le
8e Zouaves était de cette journée. Descendant des pénibles tranchées
de Cutry, dans la nuit du 16 au 17, il ne recevait que dans l'après-midi
du 17 l'ordre d'attaque, qui état pour le lendemain matin. A 4 h 35, les
colonnes s'ébranlent. L'infanterie agit en liaison avec les chars
d'assaut. Le régiment est en deuxième ligne, derrière la Légion étrangère.
Les colonnes marchent d'un train d'enfer. A 8 heures, les zouaves, suivant
le plan établi, dépassent la Légion, et la marche continue. Ils enlèvent
la ferme Maison-Neuve et débordent Chaudun. L'objectif normal est
atteint. L'ordre est donné de continuer. Mais, à gauche, les Américains
ont progressé beaucoup moins vite. Les renforts allemands arrivent,
infanterie nombreuse, artillerie, aviation. De notre côté, l'artillerie
n'a pu amener assez de munitions. Il faut monter une attaque. Le soir
tombe. L'attaque est remise au lendemain. En trois heures, le 8e Zouaves
avait atteint son objectif normal, situé à 3 km. 500, puis aux prix de
durs combats, progressé plus d'un kilomètre au delà. Le succès était
complet. Les
combats continuent le 19 et le 20. Attaques, contre-attaques, luttes
d'artillerie. Les zouaves progressent encore au cours des plus durs
efforts. En trois jours de combat, ils ont avance de plus de 11 kilomètres
dans les lignes ennemies. LE
CHEMIN-DES-DAMES Août
septembre 1918 Les
derniers combats, les plus durs peut-être qu'aient jamais menés les
zouaves du 8e. Il s'agissait d'enlever les formidables
positions du Chemin-des-Dames (Laffaux-Vauxaillon) et de déboucher dans
la plaine de Laon. Les meilleures troupes d'Allemagne tiennent les
positions, régiments du Kronprinz et d'Elisabeth. Les zouaves avancent.
L'artillerie ennemie est nombreuse, vigilante, active. Elle empoisonne le
sol et l'air par ses gaz asphyxiants. Les zouaves tiennent et avancent.
L'ennemi lance des contre-attaques, les zouaves les brisent, et s’ils
perdent un bout de tranchée, ils contre-attaquent et le reprennent, et
continuent à avancer. Les mitrailleurs ennemis se défendent jusqu'au
dernier et sont tués sur leurs pièces. Les tranchées sont enlevées à
la grenade. Les actions héroïques se multiplient. Les rapports officiels
répètent à chaque instant « Les
zouaves sont magnifiques, ils se battent avec une énergie farouche. » Dans
une contre-attaque acharnée, les sections Fabre et Adroguer reconduisent
sur leur position les survivants d'un bataillon Strosstrupp, qui vient
d'attaquer. Le
7, au matin, le commandant Servais écrit au colonel : « Je
suis à bout. Voilà quatre jours que je n'ai rien pu manger. Je suis
incapable de me tenir debout. Je me suis raidi jusqu'à présent, mais la
fièvre m'a abattu, avec des brûlures à la poitrine qui me font vomir à
chaque instant. Je suis en rage. Que faut-il faire ? J'aurais voulu tenir
encore ce jour, mais je crains, s'il y a une marche quelconque à faire,
de tomber aux premiers 100 mètres. Je suis prêt à me faire porter sur
un brancard pendant la progression. Je fais appel, à vous, mon colonel.
C'est dur pour moi». Évacué par ordre, le commandant Servais meurt le
10 septembre. « Héros de légende, tombé au matin de la victoire ! »
Avec de tels hommes, que ne peut-on pas ? Pendant
dix-huit jours, les zouaves se sont battus de la sorte. Ils ont perdu 18
officiers et 873 hommes. Ils ont vaincu l'élite des troupes allemandes. Quand
ils sont relevés, c'est pour aller préparer une nouvelle opération, et
le 11 novembre à 6 heures du matin, quelques minutes avant l'attaque,
quand leur parvint la nouvelle de l'armistice, ils étaient prêts à
foncer sur Metz. Jadis,
au temps du royaume de France ou de l'Empire, le roi ou l'empereur, pour récompenser
les hauts faits d'armes ou les services signalés rendus à l'état,
donnaient à leurs sujets des lettres de noblesse. Dans cette guerre la
France a pu donner à pleines mains aux plus humbles de ses enfants
« les plus belles lettres de noblesse qui soient au monde ».
Souvent, les titres anciens pâliraient près des « citations »
de la grande guerre. Les zouaves du 8e ont cueilli la plus belle moisson.
De même que les vétérans de l'armée d'Italie, ayant fait leur devoir
sans peur et sans reproche, ils peuvent, selon la belle parole de l'hymne
américain, rentrer pleins de fierté « dans la terre des hommes libres
et la demeure des braves » In
the land of the free and the home of the brave. Commandant
Poulain, du 8e zouaves CITATIONS
A L'ORDRE DE L'ARMEE du 8e Régiment de marche de Zouaves 1ere
CITATION 8
septembre 1915, de la Xe armée Le
16 juin, sous les ordres du lieutenant-colonel MODELON, a brillamment
enlevé à la baïonnette quatre lignes de tranchées allemandes, et s'y
est maintenu, malgré les violentes contre-attaques de l'ennemi, sous un
feu intense d'artillerie et de mitrailleuses. Alerté dans son
cantonnement de repos, pour reprendre ces mêmes tranchées perdues, s'en
est de nouveau emparé le 12 juin, par une charge à la baïonnette menée
avec un élan remarquable. 2e
CITATION 30
janvier 1916, de la IVe armée Le
25 septembre 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel MODELON, a
brillamment enlevé plusieurs lignes de tranchées allemandes et poursuivi
énergiquement l'ennemi jusqu'à l'objectif indiqué. A pris à la baïonnette
une batterie allemande. S'est emparé de nombreuses mitrailleuses et fait
un gros butin. S'est ensuite organisé et maintenu dans un secteur des
plus délicats, fournissant pendant trois semaines un effort exceptionnel
avec un entrain et une bonne humeur remarquables. 3e
CITATION 7
mai1917, de la IVe armée Sous
les ordres du lieutenant-colonel LAGARDE, a enlevé, le 17 avril 1917,
avec un élan merveilleux, une série de hauteurs puissamment fortifiées.
A ainsi atteint, d'un seul élan, l'objectif qui lui avait été fixé,
faisant plus de 500 prisonniers et s'emparant de 6 canons et d'un matériel
considérable (mitrailleuses, minenwerfer de divers calibres). Le
19 avril 1917, a arrêté net une puissante contre-attaque ennemie,
faisant 75 prisonniers, s'emparant de 6 mitrailleuses et d'un canon de
150. Le
20 avril, malgré un bombardement d'une extrême violence, a brisé une
nouvelle attaque ennemie menée par deux régiments, a progressé à la
suite de cette attaque, faisant des prisonniers et s'emparant de 3 canons
de 105. Pendant
cinq jours, les zouaves du 8e, et en particulier le 2e bataillon, sous l'énergique
impulsion du commandant DURAND, n'ont cessé de faire preuve d'une
initiative individuelle et d'un moral qui ont fait l'admiration de tous. 4e
CITATION 20
septembre 1917 de la IIe armée Véritable
régiment d'attaque, aussi remarquable par son superbe moral que par son
parfait entraînement. Vient encore, le 20 août 1917, sous les ordres du
Lieutenant-coIonel LAGARDE, de faire preuve de ses hautes qualités manœuvrières,
en enlevant, sur une profondeur de 3 kilomètres, une série
d'organisations importante. Marchant
de l'avant, les reconnaissances du 8e Zouaves, vigoureusement commandées
et faisant preuve de l'ardeur traditionnelle de leur régiment, ont pénétré
dans des batteries ennemis où un matériel considérable a été détruit,
puis, constatant au delà de leur objectif la présence de batteries en
action, ont poussé jusqu'à elles à travers notre propre barrage et en
ont détruit les défenseurs et le matériel, malgré une énergique résistance
de l’adversaire. A capturé 360 prisonniers, 10 mitrailleuses, 76
minenwerfer et fait sauter 7 canons. 20
septembre 1918, de la Xe armée : Après
avoir, dans la Somme, en avril 1918, mené avec abnégation une lutte très
dure, à peine reconstitué, enlevé de ses cantonnements de repos et jeté
dans la mêlée en quelques heures, a, sous les ordres du
lieutenant-colonel LAGARDE, pendant les journées des 29 et 30 mai 1918,
opposé aux nasses allemandes un mur inébranlable, et, par les heureuses
dispositions de son chef, par la valeur et l'esprit de sacrifice déployé
par chacun, a largement contribué à enrayer l'avance ennemie. 6e
CITATION 13
octobre 1918, de la Xe armée Magnifique
régiment, confiant dans sa force, fier de son passé et sûr de la
victoire. Le 18 juillet 1918, sous les ordres du commandant CALLAIS, après
une marche d'approche d'une longueur égale, s'est enfoncé de 4 kilomètres
dans les lignes allemandes, balayant dans son élan impétueux toutes les
résistances que lui opposait un ennemi acharné. Arrivé
à l'objectif normal qui lui était assigné, a essayé deux fois, dans la
même journée, de le dépasser. A réussi, le 19, dans un élan irrésistible,
à progresser encore, portant ainsi son avance totale à 11 kilomètres. Le
20 juillet, a opposé aux très violentes contre-attaques de l'ennemi l'énergie
farouche d'une troupe décidée à la victoire et au sacrifice et a
conservé intégralement les positions conquises. A capturé 20 canons,
plusieurs centaines de prisonniers, un nombre considérable de
mitrailleuses lourdes et légères et de minenwerfer. 7e
CITATION 27
octobre 1918, de la Xe armée Fidèle
à son passé d'héroïsme et de gloire, vient encore, pendant dix jours
de bataille acharnée, de prouver sa valeur. Sous les ordres du
lieutenant-colonel LAGARDE il entre, le 2 septembre 1918, au contact de
l'ennemi qu’il presse et harcèle le 3 et le 4. Le
5, il voit la récompense de sa ténacité, et, talonnant dans une ardente
poursuite les arrière-gardes en retraite, s'empare du village de
Neuville-sur-Margival et progresse de plus de 5 kilomètres. Heurté
le 6 aux retranchements de la ligne Hindenburg, il les martèle pendant
sept jours, avançant pas à pas dans une lutte sans merci. Le
13, violemment contre-attaqué, il oppose à la ruée ennemie le mur inébranlable
de sa bravoure. Le
14 et le 15, attaque à nouveau, sous les ordres du lieutenant-colonel
CADIOT, et progresse encore. A
réalisé une avance totale de plus de 7 kilomètres, capturé des
prisonniers et un matériel considérable. |