LE 6e RÉGIMENT DE MARCHE DE TIRAILLEURS de la 37e DI

La Mobilisation, départ des 1er et 4e Bataillons du 2 au 12 Août 1914.

Le 1er août, l'ordre de mobilisation était lancé. Les nouvelles des jours précédents, bien que graves, ne le faisaient pas prévoir aussi prochain. Dès le 2 août, la mobilisation commencé. Le  1er bataillon, en garnison à Tlemcen, et le 4e, en garnison à Mascara, sont complétés comme effectif par la 42e compagnie de dépôt. le 4 et le 5 août, mouvement sur Oran, où a lieu l'embarquement, à bord des deux vapeurs Hérault et Théodore Mante. Le 6 août, le convoi quitte Oran à destination de Cette. Tout se passe avec calme si ce n'est la joie, c'est la confiance en une cause juste.

Le 8 août, la terre de France offre asile à ses enfants adoptifs venus pour la défendre. On cantonne à Cette, dès le lendemain départ pour Arles où va se terminer la mobilisation. Pour faciliter les transports, le plan de mobilisation a prévu que ces deux bataillons prendraient à Arles leurs voitures, leurs conducteurs. Le 12 août, tout est prêt; à 23 heures a lieu le départ vers le Nord.

 

Premiers Combats. La Retraite

Après deux jours de chemin de fer, le 15 août, à 1 heure, le débarquement a lieu à Rimogne (Ardennes). Le régiment passe la nuit dans cette localité et le même jour, à 8 heures, commence la marche à l'ennemi. Arrivé à Gué d'Ossus à 12 heures, il faut en repartir par alerte à 21 heures.

L’arrêt à Courvin n'est pas long, de 1 heure à 5 heures; puis la marche reprend par Mariembourg, Roly, Villers-en-Fagne, Sart-en-Fagne où l'on cantonne.

Du 17 au 19 août, la 37e division, à laquelle appartient le régiment, séjourne dans la région de Mariembourg. Le 6e tirailleurs y revient cantonner. Rattachée au 10e CA (général Defforges) qui fait partie de la 5e armée (général Lanrezac), la 37e division est placée en réserve de cette armée, le 19 août, vers Philippeville. Sa mission est de pouvoir soit se porter vers le Nord, soit se porter vers Givet. Le 20, le mouvement vers le nord est repris le lendemain être repris vers le sud.

Le 23 août devait être pour le 6e tirailleurs le jour du premier combat. Il est soumis pendant toute la journée au tir de l'artillerie lourde allemande et bien que n'ayant exécuté qu'une contre-attaque, les pertes sont lourdes .

1 officier tué (Sous-lieutenant Chancel)

3 officiers blessés

18 hommes tués

88 blessés

12 disparus.

Le 24, le repli est général. La division doit se rendre à Philippeville.

Le 26, le mouvement se continue par Demi-Lieue, Harcigny (27), Saint-Gobert (28) d'où a lieu à 23 heures le départ par alerte. La 37e division quitte le 10e CA pour le 3e CA (Général Hache). Le Bataillon Bolléli, du 5e tirailleurs, qui faisait parti du du 2e régiment de marche de tirailleurs, le quitte pour renforcer le 6e. La poursuite allemande devient pressante. Toute la 5e armée fait tête le 29 août sur Origny et Guise. La 37e division, en réserve, se porte sur les croupes au sud de la route Courjumelles ferme Landifay, tandis que le 4e bataillon reçoit vers 9 heures l'ordre de couvrir le rassemblement de la division face au Nord-Est; le reste du régiment est chargé, vers 10 heures, de s'emparer de la ferme de Bertaignemont. L’objectif est atteint vers 12h35, mais peu après, la ferme est prise à partie par l'artillerie allemande et l'artillerie fiançaise. A 17 heures, le régiment se replie. A 18 heures, la brigade bivouaque à la ferme de Torcy (4 km au sud-ouest de Landifay et Bertaignemont).

12 tués

19 blessés dont 5 officiers

39 disparus.

En outre, le général Blanc, commandant la brigade, a été blessé. Le colonel Degot. Commandant le 6e tirailleurs, est désigné pour le remplacer le 30 août.

Le retour offensif de la 5e armée à Guise a bien l'élan du Boche; néanmoins, l'heure de s'arrêter n'est pas encore venue, le mouvement de retraite se poursuit. Quittant la ferme de Torcy le 30 à 7 heures, le régiment arrive à 20 heures prés du château de Richecourt et bivouaque jusqu'au 31 à 5 heures.

Le 1er septembre, le 2, le 3, le 4, le 5, la marche se continue coupée de grandes haltes variant de 3 à 12 heures;

Aulnois, Trucy; Fismes, Villers-Hagron, Comblesy, Bergere, Villegruis, jalonnent la ligne de retraite.

Enfin, le 6, la manoeuvre de repli est arrêtée. « Le moment n'est plus de regarder en arrière », dit le gênéral Joffre.

Tous les efforts doivent être employés à attaquer ou à refouler l'ennemi.

La Marne. Cuts. Tracy

Le 6 septembre, la 37e  division est en réserve d'armêe à Villegruis; elle y reste jusqu'au 9, date à laquelle le régiment s'embarque à Nogent-sur-Seine et à Louavre.

Dés le débarquement, commence le mouvement vers le Nord-Est. Cantonné à Choisy-aux-Boeufs le 11, le 6e tirailleurs est à Venette le 13 à 19 heures, à longueil le 14. Il quite cette localité le 15, à 5 heures, pour prendre part aux affaires de Cuts.

Le Lt-Cl Bourgin était arrivé le 14 à Venette pour remplacer le colonel Dégot dans le commandement du 6e Tirailleurs.

Lorsque, le 15 septembre, le 6e tirailleurs quitta Longueil, il reçut l'ordre de se porter sur Laigle par Thourote, Saint-Léger-aux-Bois, Bailly et Carlepont. Le bataillon du 5e tirailleurs marchant en tête fut chargé vers midi alors que le régiment, vers 11 heures, avait occupé une position d’attente à la lisière est du bois de Carlepont d'enlever la ferme Le Meriquin. La ferme est enlevée sans résistance. A 13h30, le mouvement est repris vers la lisière ouest de La Pommeray, en liaison avec le 2e zouaves. Vivement poussée, malgré un feu violentt de mousqueterie, la marche sur Cuts amena I'évacuation de cette localité par deux compagnies du 52e Landwehr qui l'occupaient; 15 prisonniers restent entre les mains du 4e bataillon du 5e tirailleurs. A 17h40 tout le régiment est réuni dans Cuts. Il s'y garde, organise défensivement le village (lisière est, bataillon du 5e; lisière nord 1er bataillon, lisière sud , 4e bataillon) et y cantonne.

E bataillon du 5e se grossit de la compagnie Iriard, du 7e tirailleurs, qui isolée de son corps, arrive à Cuts.

La nuit se passe sans incidents. Le lendemain matin, le colonel Bourgue reçoit du commandant de la brigade l'ordre verbal de marcher sur Bourguignon par Coucy. Le mouvement est commencé à 7 heures: 1er bataillon sur l’axe La Vallée-Bourguignon; bataillon du 5e en échelon et largement à droite; 4e bataillon en arrière, avec mission de déborder à gauche. Une violente contre-attaque allemande venant de la direction de Pontoise sur La Pommeraye est alors signalée à la brigade. Celle-ci envoie au 6e tirailleurs l'ordre de suspendre son mouvement sur Bourguignon. Par suite de retards dans la transmission de cet ordre, l'action des 1er bataillon et bataillon du 5e tirailleurs sur Bourguignon se produisit sans cohésion. Le bataillon du 5e, se retirant au reçu de l'ordre non sans éprouver de grosses difficultés pour rompre le combat, le 5e bataillon, qui avait pu progresser jusqu'à 800 mètres à l'ouest de Bourguignon, est alors accroché par l'ennemi. Il se replie lentement et, soutenu par le 4e bataillon, se regroupe à La Vallée où, vers 10h20, parvient au colonel le contre-ordre destiné à suspendre le mouvement sur Bourguignon. Les 1er et 4e bataillons rentrent dans Cuts où les a précédé l'autre bataillon. La répartition de la défense est reprise comme le 15 septembre, une compagnie par bataillon formant réserve sur la place centrale du village. A 12h50, les Allemands prononcent une attaque en force sur le village, au nord et à l'est. Le combat se soutient pendant tout l'après-midi; à la nuit, vers 23 heures, la fusillade augmente non seulement au nord et à l'est, mais encore dans le bois au sud de Cuts.

La matinée du 17 est relativement calme; vers 14 heures, la pression ennemie s'accentue vers le Bois au sud de Cuts; à 16 heures, la situation se modifie une attaque allemande réussit sur le château, les allemands pénètrent dans le village qu'il faut abandonner. Le régiment se rallie dans le bois de Cuts, puis gagne Caisnes où il s'installe. Il reçoit là l'ordre de repli; il se retire sur Tracy, par Carlepont, puis sur Offémont. Du 15 au 18, l'ensemble des pertes subies était de

70 tués dont 6 officiers

244 blessés dont 2 officiers

199 disparus dont 3 officiers

5 prisonniers dont 4 médecins-majors.

Le 18, vers 18 heures, l'artillerie lourde allemande allongeant son tir oblige le régiment qui se trouvait à l'est du parc d'Offémont à prendre une formation plus ouverte. L'artillerie cessant de tirer, les bataillons sont dirigés sur Ollencourt, près de Tracy-le-Mont, où ils cantonnent. Un renfort de 4 officiers et 800 hommes y sont arrivés le même soir. La journée du 19 est employée à réorganiser le régiment. A minuit, le 1er bataillon est alerté. A 8 heures, il est dirigé sur le château de Vézigneux afin d'aider au repli du 3e zouaves et du 3e tirailleurs aux prises avec l'ennemi dans le bois de Saint-Mard et forcé de se replier.

A 10 heures, le 1er bataillon reçoit l'ordre de contre-attaquer les éléments allemands parvenus à la lisière sud du bois de Saint-Mard et sur le plateau ouest de Puisaleine.

Le bataillon attaque en colonne double, les compagnies de soutien en échelon sur les flancs. Il dépasse les éléments amis à 10h30. La lutte est dure; malgré tous les efforts des tirailleurs, la contre-attaque échoue et, vers 13 heures, l'ordre de repli est donné. Ce qui reste du bataillon vient occuper le château de Vezigneux et Bernouval pour interdire à l'ennemi le débouché sur Tracy-le-Mont et Offèmont.

Le 21 et le 22, les positions sont maintenues sous un bombardement très violent. Le 23, le régiment attaque sur Quennevière à 4 heures. L'artillerie ennemie arrête la première ligne par un barrage serré d'obus de gros calibres. Son tir est précis. Les tirailleurs du 1er bataillon refluent. Le commandant Bolelli, du 5e tirailleurs, est tué en essayant d'enrayer le recul. Le bataillon de soutien est entraîné sous cette poussée. Il réussit néanmoins à marquer plusieurs temps d'arrêt et, à 800 mètres ouest de Quennevière, fait de nouveau face à l'ennemi. Sur la première ligne alors formée par le bataillon du 5e tirailleurs, se tient le colonel Bourgue blessé; le général Blanc y arrive aussi après avoir galopé de groupe en groupe pour rétablir la confiance. Un bataillon de zouaves, appelé en renfort, passe bientôt en avant et a reprendre la première position à 400 mètres ouest de Quenneviére sous un violent bombardement. Les tirailleurs, à leur tour, se portent en avant et vont prolonger la ligne des zouaves.

On se retranche sur les positions occupées et on tient les 23, 24, 25 et 26 septembre.

Le 26, le bataillon Barjonnet, du 2e tirailleurs, vient relever le bataillon du 6e tirailleurs. Les pertes du 20 au 25 furent considérables:

80 tués dont 4 officiers

310 blessés dont 4 officiers

268 disparus.

Les 6e et 2e tirailleurs étaient tellement réduits que, le 26, ils furent rassemblés. De leurs débris fût formé le 2e régiment de marche de tirailleurs; aucun régiment de tirailleurs du front ne devait plus porter le numéro 6 jusqu'au 8 mai 1918.

Le Drapeau était renvoyé à Tlemcen d’où il devait revenir en 1918 pour être confié au 6e régiment de marche de tirailleurs.

retour vers les historiques

 retour vers l'accueil