Extrait du journal de marche du 5ème bataillon du 4e RMZ du 7 au 16 août 1916

Nuit du 7 au 8 août 1916 : La 18ème compagnie reçoit l’ordre d’attaque pour 10H00 et se rend dans les tranchées occupées par la 14ème compagnie qui constitueront les parallèles de départ. Dès 05H00 l’artillerie française effectue un tir des plus violents sur le front allemand (Fleury, Vaux Chapitre, La Haie Renard), il se prolonge jusqu’à 10H00 sur la tranchée Montbrizon

Le lieutenant Ysabaert  a pris les dispositions suivantes :

Deux groupes de grenadiers constituant la première vague devaient sortir par les PP N°1 & N°2. Dès l’arrivée de  ces groupes dans la tranchée ennemie une deuxième vague constituée par le restant de la compagnie fractionnée en deux pelotons sous le commandement du lieutenant Barthe et de l’adjudant Jolly devait faire éruption dans la tranchée ennemie dès que les grenadiers y seraient parvenus. Une mitrailleuse accompagnait chaque peloton.

Et à 10H00 exactement le tir de l’artillerie légèrement ralenti et ayant lancé par intermittence quelques rafales prenait fin. Aussitôt les grenadiers de la 18ème compagnie s’élançaient et avant que les boches aient pu se rendre compte que l’artillerie avait cessé son tir, ils pénétraient dans la tranchée qu’ils inondaient de grenades. Les pelotons Barthe et Jolly arrivaient à leur tour et tout en participant au nettoyage de la tranchée se répandaient à droite et à gauche sur une longueur de trois cents mètres. Des barrages faits avec des cadavres ennemis étaient aussitôt occupés par quelques défenseurs et les mitrailleuses afin d’empêcher tout retour des groupes adverses.

Les abris étaient fouillés et une lutte à la grenade et au corps à corps rendait la 18ème compagnie maîtresse de soixante prisonniers et deux officiers qui étaient immédiatement dirigés vers le PC du chef de corps. A l’extrémité gauche de la tranchée conquise un boyau conduisant vers une avancée de ligne allemande sur la Chapelle Ste Fine et contenant une mitrailleuse et plusieurs groupes ennemis pouvait compromettre notre succès.

Le lieutenant Ysabaert tout en organisant la tranchée conquise demande à la 14ème compagnie une section afin de l’aider à lancer la lutte dans le boyau indiqué. Vers la fin de l’après midi une centaine de mètres de ce boyau était purgée d’allemands et un barrage permettait d’installer solidement un petit poste pour empêcher toutes surprises. Une trentaine de prisonniers furent encore faits avant la tombée de la nuit.  L’enlèvement de la tranchée Montbrizon fait en moins de vingt minutes et la progression dans le boyau Nord n’avait coûté que sept tués et quinze blessés, par contre quatre vingt douze prisonniers valides et deux officiers avaient été faits et une centaine de tués et blessés gisaient dans la tranchée. Trois mitrailleuses ennemies prisent furent dirigées vers l’arrière.

Nuit du 8 au 9 et journée du 9 août 1916 : Pendant la nuit l’organisation de la tranchée Montbrizon fut poursuivie et la progression vers l’Ouest ainsi que dans le boyau vers le Sud fut continué. Le 4ème bataillon auquel la 18ème compagnie était rattachée devait continuer à refouler les allemands en se liant à sa gauche avec le 8ème Tirailleurs qui devait opérer à la station de Fleury. Dans la journée quelques isolés boches se rendirent. L’ennemi bombarde assez violemment nos tranchées de soutien sur l’emplacement de la 19ème compagnie.

Nuit du 9 au 10 et journée du 10 août 1916 : Le 4ème bataillon progresse d’une trentaine de mètres dans le boyau au Sud de la tranchée Montbrizon et la 18ème compagnie continuant l’installation de la tranchée qu’elle avait conquise commença à relier cette dernière avec l’ancienne première ligne notamment vers le petit poste n°1 et vers la tranchée de la 16ème compagnie, de nombreux obus étant lancés sur l’adversaire, il n’y eut de la part de ce dernier aucune réaction. Quelques patrouilles s’aventuraient et nous permirent de capturer encore quelques hommes. La journée s’écoula sans incident mais une lutte violente d’artillerie fut engagée sur tout le front. Cette lutte d’artillerie devant préparer une action devant Fleury et vers le Haie Renard.

Nuit du 10 au 11 et journée du 11 août 1916 : le 8ème Tirailleurs et la 13ème compagnie du 4ème bataillon cherchant à continuer leur progression. L’ennemi fût très nerveux et déclencha à plusieurs reprises de très violents feux d’artillerie sur le front de la 18ème compagnie. Aucune autre action que celle de patrouille. Dans la journée un calme relatif régna. La canonnade quoique violente est assez intermittente. 

Nuit du 11 au 12 et journée du 12 août 1916 : La nuit et la journée présentent les mêmes caractères, malgré la nervosité des allemands quelques progrès furent faits par la 13ème compagnie et la 18ème compagnie put relier complètement  la tranchée Montbrizon à l’ancienne première ligne.

Nuit du 12 au 13 et journée du 13 août 1916 : Lutte assez violente à la grenade sur toute la partie gauche de la tranchée pendant que la 13ème compagnie essaye de progresser encore au Nord à la Chapelle Ste Fine. Violent bombardement pendant la nuit et surtout dans la journée du 13 et à la chute du jour.

Nuit du 13 au 14 et journée du 14 août 1916 : idem + rencontre de patrouilles (3 prisonniers allemands).

Nuit du 14 au 15 et journée du 15 août 1916 : Violent tir d’artillerie  de part et d’autre. Matinée du 15 relativement calme mais dès 12H00 canonnade reprise excessivement violente de l’artillerie tant sur nos sections que sur le PC des Carrières , la haie Renard et le fort de Souville. 

Nuit du 15 au 16  et journée du 16 août 1916 : Une lutte assez violente vers Fleury étant livrée ainsi qu’au Nord de la Chapelle Ste Fine. L’adversaire croyant prévenir une attaque sur le front Montbrizon ne cessa de lancer des grenades en réponse à nos obus VB dont l’action devait favoriser la lutte engagée au Nord de la Chapelle Ste Fine et à Fleury cette action de VB étant dirigée par le sous-lieutenant Bach qui occupait la partie Ouest de la tranchée Montbrizon. Dans la journée canonnade habituelle mais assez violente sur la fin de l’après-midi.

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