Le
2e bataillon du 1er Tirailleurs du 1/8/1914 au
1/4/1915
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Le
2e bataillon (commandant Bureau), dispersé dans la province d’Alger, se
groupe à Blida vers le 15 août et achève sa mobilisation le 24. Le 25, par une journée ensoleillée et au milieu d'une foule compacte et bruyante, massée sur les quais, le bataillon embarque à Alger à destination de la France; il arrive à Cette le 27 et se dirige sur Carcassonne où doit s'opérer la constitution du 2e régiment de marche de tirailleurs (colonel De Bonneval), rattaché à la 90e brigade, 45e division.
Le
2e régiment s'embarque au milieu des ovations et des fleurs et débarque
le 1er septembre dans la banlieue parisienne. La marche foudroyante de l’ennemi
sur la capitale se confirme; le 2 septembre, le régiment traverse Paris
et gagne Le Bourget puis Chennevières; le 6, il se rend à VilIeroy où apparaissent
les premiers indices de la guerre (village abandonné, trous d'obus,
tranchées). La contre-offensive est déclenchée et le 2e tirailleurs va entrer en action. Le 7, il s'élance à l'assaut de Barcy et l'arrache à l’ennemi. Le 10, après trois jours d'attaques incessantes et acharnées, il enlève Ettrepilly. Le 12, poursuivant l’ennemi en déroute, il arrive à Soissons; le 13, il traverse l'Aisne, mais se heurte à des lignes de tranchées continues. Du 14 au 20, Il attaque en vain la cote 132, et après un repos de quatre jours, il organise les positions de Crouy.
Le
3 octobre, le régiment est enlevé en auto à destination de Compiègne,
où il s'embarque pour Arras; à peine arrivé, il reçoit l'ordre de
marcher sur Farbus, déjà tenu par l’ennemi. Le 5, à la pointe du
jour, le 2e tirailleurs s'élance sur les Bavarois qui, en masses
serrées, débouchent de Farbus; l’ennemi est arrêté, mais la lutte
est trop inégale et il faut se replier jusqu'à la lisière sud de
Thélus. Le soir; le régiment est relevé et va occuper des positions de repli sur le front cote 84 - La Maison Blanche, au nord de Maroeuil, où le front va se stabiliser.
Du
10 octobre au 4 novembre, le régiment se réorganise et alterne avec le
2e zouaves dans l’occupation de ce secteur. Le 3 novembre, le colonel De
Bonneval, promu général de brigade, est remplacé par le commandant De
Montluc. Dans la nuit du 4 au 5 une violente attaque allemande se produit sur la ferme de la Maison Blanche. Une lutte acharnée se poursuit toute la nuit. La Maison Blanche doit être abandonnée. Dès la pointe du jour, le régiment prononce une série de contre-attaques et réussit à reprendre la ferme, mais la position, rendue intenable par les deux artilleries, doit être évacuée et reste entre les deux lignes. Après ces dures journées, le régiment se porte en avant d'Arras et couvre cette ville dans les directions de Lille et de Béthune; chaque bataillon occupe successivement les tranchées du secteur d'Écurie.
Le
6 décembre, le régiment est retiré du front et mis au repos; il se
réorganise jusqu'au 7 janvier. Le lieutenant-colonel Trestournel remplace
le comandant De Montluc, affecté au 3e zouaves. Le 23 décembre, le 2e régiment de marche de tirailleurs reçoit la dénomination officielle de 6e régiment de marche de tirailleurs.
Le régiment vient le 7 janvier occuper le secteur de
Roclincourt. Les 15 et 16, après plusieurs combats acharnés, les
positions allemandes de la Barricade et de la Butte de Lilles sont enlevées.
Le secteur est bouleversé par les obus et mines de l'ennemi,
les tranchées et boyaux sont complètement envahis par la boue; aussi l’occupation
est-elle des plus pénibles et les pertes sensibles. Relevé le 22 janvier, le régiment se porte à Duisans où reçoit quelques renforts.
Le
18 février, alerte; le 6e tirailleurs doit soutenir le 7e zouaves
attaqué et réussit à réoccuper la première ligne. Le 23 février; la 45e division est relevée après six mois d'efforts ininterrompus et un séjour à l'arrière s'impose.
En mars, le régiment, cantonné à Wanquetin, opère
sa reconstitution. Le colonel Bourgeois remplace le lieutenant-colonel
Trestournel
évacué. |