HISTORIQUE
du 23e RÉGIMENT INFANTERIE COLONIALE
Anonyme, Imp BERGER-LEVRAULT |
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Parti de Paris, le 7 août 1914, après la
mobilisation générale, le régiment, sous le commandement du colonel NÉPLE,
marche à l'ennemi. Son effectif de départ comprend 67 officiers et 3126
hommes de troupe. De Revigny où le régiment fut transporté par voie
ferrée, il se porte dans la direction de Neufchâteau (Belgique), par étapes
de 25 à 30 kilomètres. La frontière belge est franchie à Flagny, à
3H35, le 21 août 1914. Le premier contact avec des éléments de
cavalerie ennemie (1er régiment de uhlans) est pris dans le village de Gérouville
que l'ennemi évacue de même que les villages de Jamoigne-les-Buttes et
Rampongel. D'après les renseignements verbaux recueillis, des détachements
ennemis couvrent des transports de troupe dans la région de Neufchâteau,
vers le nord-ouest. Le régiment ayant pour mission de couvrir le CAC,
continue sa marche offensive vers Neufchâteau, précédé d'un peloton du
6e dragons. Le régiment est arrêté aux abords du village,
d'abord par une fusillade peu nourrie, laissant croire à une faible
occupation, puis par des feux très meurtriers, arrêtant net toutes les
tentatives d'enlèvement de la position. Il devient évident que l'ennemi
occupe depuis longtemps cette position, qu'il a repéré les distances de
tir et pris toutes ses dispositions pour nous recevoir. Tous les
cheminements utilisables sont pris sous les feux meurtriers de leurs
mitrailleuses. Néanmoins, et malgré les lourdes pertes subies à chacune
des tentatives d'assaut, la progression se fait jusque sur la première
ligne ennemie, mais les éléments qui y arrivent, la plupart sans
officiers, sont tellement affaiblis que l'occupation en est très
difficile. Les unités disloquées et mélangées luttent péniblement
pour la conservation du terrain conquis. Le colonel NEPLE est blessé mortellement pendant
l'action. Du 23 août au 5 septembre, le régiment, sous le
commandement du lieutenant-colonel MAILLARD, suit le repli de l'armée, il
se trouve occuper, le 6 au matin, en formation de combat, la position
comprise entre le chemin de Thieblemont à Écriennes et le canal de Vitry
à Saint-Dizier. Le régiment reçoit là le choc de l'ennemi; sous l'energique
impulsion du lieutenant-colonel MAILLARD, pas un pouce de terrain n'est cédé.
Bien au contraire, le régiment progresse lentement, soumis à un feu
violent d'artillerie. Des mitrailleuses ennemies en position sur une péniche
du canal prennent d'enfilade nos tirailleurs et causent de grandes pertes. Le 1er bataillon, avec lequel marche le
lieutenant-colonel et le drapeau déployé, enlève d'assaut les fermes de
Tournay, occupées très fortement. Du 7 au 11, le régiment très décimé devient réserve
d'armée. Il reprend, le 12 au matin, le contact avec l'ennemi en
retraite. La poursuite continue jusqu'au 14, au nord-ouest de
Ville-sur-Tourbe. Le 25, le 23e reçoit la mission d'enlever le bois de
Ville, fortement tenu par l'ennemi, de même que toutes les crêtes au
nord. Au prix de très fortes pertes, la vallée de la Tourbe, battue très
efficacement par l'artillerie adverse, est traversée et le régiment
aborde les lisières du bois. La progression, pied à pied, continue dans
le bois, la lutte est acharnée, mais le régiment refoule complètement
l'ennemi et s'installe aux lisières nord du bois, essayant même de
progresser au delà des lisières. Malgré les violents efforts de
l'adversaire, toutes les tentatives de celui-ci pour nous chasser de la
position sont repoussées. Le 16 septembre, le régiment très éprouvé reçoit
l'ordre de progresser; chacune des tentatives se trouve arrêtée net par
le tir très précis et excessivement efficace de l'artillerie adverse. A
la nuit, le régiment peut progresser légèrement vers le nord-ouest. Le 17 et le 18, la situation n'est pas modifiée,
plusieurs tentatives sont faites, mais toutes sont arrêtées par un tir
toujours très précis de l'artillerie ennemie. Le 18 au soir, ordre est donné de s'établir sur la
position, un bataillon occupant le bois de Ville, les deux autres aux lisières
nord du bois d'Hauzy. Jusqu'au 28 septembre, la position est organisée défensivement.
Les 28 et 29, l'ennemi tente, après de violents bombardements, de nous
chasser de nos positions; toutes ses tentatives sont repoussées. Le 23 octobre, après quelques tentatives
infructueuses, le village de Melzicourt est enlevé à la baïonnette et
organisé. Le 11 décembre, le 1er bataillon, mis à la
disposition du 91e d'infanterie, reçoit l'ordre d'enlever les
retranchements allemands au nord de la Harasse en Argonne. L'attaque est
menée par les seules troupes coloniales (23e, 1er bataillon, 7e, 1er
bataillon). Les 1re et 2e compagnies franchissent les parapets à
7h15, et progressent à travers les abatis, mais, tout à coup, elles sont
arrêtées net par un feu très meurtrier de mousqueterie et de
mitrailleuses. A deux reprises, sous l'énergique impulsion des capitaines
TRIOL et BORDANT, ces unités parviennent jusqu'aux défenses ennemies
intactes et sont rejetées par un feu à bout portant. Les pertes sont
effrayantes; les compagnies décimées, sans cadres, tous les officiers étant
tombés, s'accrochent néanmoins au terrain. A 7H35, la 3e compagnie reçoit
pour mission de soutenir les deux compagnies engagées. Les hommes sont
admirables d'entrain ; après avoir assisté à l'anéantissement des deux
compagnies précédentes, ils s'élancent entrainés par le capitaine
DUPONT, le premier debout sur les parapets. En 40 mètres, la compagnie,
prise sous un feu d'enfilade de mitrailleuses, est détruite presque entièrement.
L'effort nécessaire ne peut se produire, les éléments des trois
compagnies sont contraints, devant les défenses intactes, de se replier. Dans la nuit du 4 au 5 février, les 2e et 3e
bataillons reçoivent l'ordre d'occuper et de résister sur les crêtes au
nord de Massiges que l'ennemi, après une violente attaque, a enlevées en
partie à l'unité que le régiment vient de relever. Le 5, après un bombardement inouï, l'ennemi tente
une attaque sur les positions défendues par le régiment. Il en est rejeté;
mais le 23e subit de très lourdes pertes; les cadres, sont mis hors de
combat, les unités complètement disloquées s'accrochent au terrain
presque entièrement nivelé par le bombardement qui a repris; pas un
pouce de terrain n'est cédé à l'adversaire. Pendant les jours qui suivent, l'état précaire des
lignes de défense rend la situation du régiment extrêmement pénible.
Du fait de la possession des crêtes, l'artillerie ennemie a toute facilité
pour régler son tir qui est extrêmement précis. Avant de songer à créer
des abris, il faut s'employer, chaque nuit, à réparer les tranchées
bouleversées. Le moral se maintient pourtant excellent, devant
l'impuissance de l'ennemi à renouveler son offensive. Jusqu'au 18 mai 1915, le 23e RIC occupe soit le
secteur de Ville-sur-Tourbe, soit, et surtout, le secteur du bois d'Hauzy,
où il alterne avec le 21e RIC. De courtes périodes de repos sont accordées
au régiment dans le village de Dommartin-sous-Hans. Le 1er juin, le 23e RIC embarque à Sainte-Menehould
et débarque à Emerville, au nord-ouest de Villers-Cotterêts. Le 6, il est à Berneuil-sur-Aisne, en réserve,
.comme toute la 3e DIC, tandis qu'une offensive a lieu dans la région du
vallon de Touvent. Après avoir bivouaqué dans la forêt de Laigue, près
de Saint-Crépin-aux-Bois, puis cantonné à Pierrefonds, le régiment y
embarque du 14 au 15 juin, et débarque à Longpré-les-Corps-Saints
(Somme). Transporté en camions, dans la région sud-est de Doullens, le régiment
séjourne dans les villages de Sombrin et de Warluzel du 18 juin au 5
juillet. Le CAC qui a pris l'appellation de 1er CAC est rattaché à la Xe
armée (D'URBAL). Il est en réserve en vue des offensives qui se déroulent
à l'est d'Arras. Du 5 au 13 juillet, le régiment stationne à Crenas
et à Halloy, à l'est de Doullens. Les premiers départs des
permissionnaires ont lieu pendant cette période. Du 15 au 16, il
s'embarque aux abords d'Amiens, à destination de la Champagne. Le 1er CAC
est passé à la IVe armée (DE LANGLE DE CARRY). Le régiment débarque à Épernay et cantonne à Ay.
Le 22 juillet, il est transporté en chemin de fer d'Oiry à
Mourmelon-le-Petit et va bivouaquer dans le camp de Châlons où sont exécutés
de nuit des travaux de terrassement. Transporté le 31, à Valmy, le régiment
retourne dans ses anciens cantonnements de Dommartin-sous-Hans. Le 11 août,
le 23e RIC relève le 61e RI (XVe corps), dans le sous-secteur de
Massiges-Virginy. La tâche des unités consiste à aménager le terrain,
premières lignes et arrières, en vue d'une offensive d'ensemble qui peut
être déclenchée dès les premiers jours de septembre. Relevé par le
21e RIC, le 23e RIC creuse des boyau, du 3 au 15 septembre, dans la région
de Dommartin, puis retourne dans le sous-secteur de Massiges-Virginy, où
les travaux offensifs sont poussés avec une grande activité. L'ennemi
cherche en vain à les arrêter par des tirs nourris de mitrailleuses et
des rafales de 77. Il réussit cependant à nous causer, quelques pertes. Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le régiment prend
ses emplacements d'attaque. Le 2e bataillon (commandant MARTELLY) avec la
section de mitrailleuses BRENUDAT, le 3e bataillon (capitaine DAVID) avec
la compagnie de mitrailleuses du capitaine RELET, occupent les parallèles
de départ. Le 1er bataillon (commandant DORE) se rassemble à Virginy.
L'attaque est déclenchée à 9H15. Le régiment a pour objectif la cote
191 de la Main de Massiges. Les bataillons d'assaut (2e et 3e), formés en
quatre vagues, s'élancent sur les pentes sud de la position, dans un
ordre parfait, comme pour une parade. La première vague n'a pas parcouru
50 metres qu'elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et
de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de
l'artillerie qui va en augmentant d'intensité. Aucun arrêt n'est marqué,
les compagnies vigoureusement entraînées par leurs officiers continuent
la progression, malgré les pertes qui commencent à devenir très sérieuses. Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la
position entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un
canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce
qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché; les éléments
ayant déjà, dans le premier bond, franchi la crête, sont pris sur le
versant nord, sous des feux violent partant d'un plateau situé au
nord-ouest de la position. Les pertes sont extrêmement élevées; presque
tous les officiers sont tombés, les unités sont complètement mélangées.
La situation devient très critique; l'ennemi contre-attaque; nos
munitions sont presque épuisées, nos sections de mitrailleuses complètement
anéanties. La casemate dont les pièces n'ont pu être réduites au
silence coupe notre liaison avec l'arrière. Le lieutenant-colonel MONHOVEN est blessé au moment où
il rallie plusieurs groupes pour faire face à la contre-attaque. Une série
de combats acharnés, au corps à corps, sont livrés pour enrayer
l'avance ennemie, après l'épuisement, de nos munitions. Les hommes,
pleins d'entrain, s'ingénient, à rechercher toutes les réserves de
grenades abandonnées par l'adversaire et, ce sont celles-ci qui
permettent d'arrêter sa progression. Le 1er bataillon en réserve envoie deux compagnies en
soutien qui ont à franchir un barrage très serré d'artillerie. Néanmoins,
ces deux compagnies parviennent jusqu'à la ligne de feu et avec les éléments
des deux autres bataillons réussissent à rejeter encore deux
contre-attaques. La nuit ayant permis l'organisation rapide du terrain
conquis, le groupement des unités décimées, le ravitaillement en
munitions et la mise en état de quelques mitrailleuses, le régiment,
dont les hommes sont admirables d'énergie et, d'entrain, repousse, dans
la matinée du 26, deux très puissantes contre-attaques. Au cours de la
journée et jusqu'au 1er octobre, le régiment continue sa progression
vers le Nord, par des combats acharnés à la grenade, la totalité de la
position, premier objectif du régiment, est entre nos mains. Les jours suivants sont consacrés à l'organisation
de la position. Dans la nuit du 9 au 10 octobre, le régiment, réduit à
2 bataillons (bataillon DUPONT (1er) et bataillon DAVID (2e et 3e)), est
relevé par des éléments des groupes légers des 6e et 8e divisions de
cavalerie. Transporté en camions de Courtemont à Verrières (sud de
Sainte-Menehould), le régiment se reconstitue dans ce village, sous le
commandement du lieutenant-colonel CAMBAY. Revenu à Dommartin-sous-Hans le 18 octobre, le régiment
relève le 3e RIC, le 23 octobre, dans le sous-secteur ouest de Massiges où
il alterne avec ce régiment jusqu'au 28 novembre date à laquelle le 23e
RIC est relevé par le 142e RI. Au cours d'une période de repos dans la région
de Givry-en-Argonne, le régiment est passé en revue le 7 décembre par
le général BERDOULAT, commandant le CA qui décore de la croix de guerre
notre drapeau. Du 17 au 18 décembre le régiment est transporté en
chemin de fer dans la région de Meaux, et va cantonner à Monthyon, Bercy
et Saint-Soupplet. Il se déplace du 6 au 12 janvier 1916 à destination
du camp de Crèvecoeur (Oise), pour faire de l'instruction. Plusieurs
manoeuvres de division ont lieu en présence du général PÉTAIN,
commandant la IIe armée et du général FOCH commandant le groupe d'armées
du Nord. Parti du camp de Crèvecoeur le 28 janvier, le régiment
occupe des positions dans le secteur de Foucaucourt, le 14 février. Le 2
mars, le lieutenant-colonel commandant le régiment prend le commandement
de la subdivision de Dompierre. La première ligne est à peu près
impraticable, les boyaux sont remplis de boue. Le 12 mars, deux compagnies
du 22e RIC et une compagnie du 14e RIT viennent coopérer à la remise en
état des communications. Le 24 avril, le 23e RIC est relevé par le 24e
RIC et occupe, le 26 avril, les cantonnements de Framerville et de Rosières.
Jusqu'au 12 mai, le régiment participe, de jour et de nuit, à l'aménagement
du secteur de la 16e DIC. Après un séjour dans les cantonnements d'
Harbonnières, de Framerville et de Proyart, le 23e RIC relève, dans le
secteur de Foucaucourt (région du bois Commun); le 7e RIC le 25 mai. Le régiment
est relevé, le 3 juin, par le 265e RI, mais, dès le 4 juin, relève le
8e RIC dans la subdivision de Dompierre. Une attaque à laquelle prendra part le 1er CAC doit
se produire au plus tard au début de juillet. L'organisation offensive comporte la construction de
nombreux abris de bombardement, de boyaux d'accès et d'évacuation, de
parallèles de départ, de gradins de franchissement, d'observatoires et
de PC de combat. Ces travaux sont malheureusement contrariés par un
mauvais temps persistant. Les bataillons se relèvent tous les six jours.
Le bataillon de réserve est cantonné à Chuignes. La préparation d'artillerie commence le 24 juin Relevé ce jour par le 21 RIC, le régiment va exécuter
des exercices de liaison, notamment avec avion, au camp 63 près
Lamotte-en-Santerre et occupe son secteur d'attaque le 27 juin. Le 28, le général CADEL, commandant la 3e DIC, est
grièvement blessé. Le général PUYPEROUX prend le commandement de la
division. L'attaque est déclenchée le 1er juillet. Au cours
des journées précédentes, de nombreuses patrouilles, même en plein
jour, ont vérifié l'achèvement des destructions. Le régiment a pour
premier objectif les villages de Dompierre et de Becquincourt. Le deuxième
objectif est la seconde position allemande, éloignée de la première
d'environ 2 kilomètres et formant courtine entre les villages d'Herbécourt
et d'Assevillers. L'attaque est menée par les 1er et 2e bataillons formés
en quatre vagues d'assaut. A 9H30, la première vague franchit les parapets et,
dans un ordre parfait, s'élance sur la position ennemie. Ne subissant que
de faibles pertes, cette vague, suivie par la 2e et la 3e, occupe les
premières lignes ennemies, puis s'empare du village de Dompierre, en
totalité. La progression vers Becquincourt continue, les hommes sont
merveilleux d'entrain, tous les mouvements d'unités sont exécutés comme
à une parade. Le second village est enlevé et aussitôt organisé.
L'artillerie continue à concentrer son feu sur la seconde position
ennemie. A 15 heures, le régiment, dont toutes les unités sont bien en
mains de leurs chefs respectifs, reprend sa progression; puis, sous un feu
violent de mousqueterie et de mitrailleuses, il continue sa marche en bon
ordre. A 300 mètres de la position, la progression se fait par bonds; les
unités de tête parviennent à s'infiltrer, malgré le feu nourri de
l'adversaire. A 19 heures, le régiment est maître de la position. Des
barrages sont établis au nord et au sud, les régiments voisins n'étant
pas parvenus sur le second objectif dans cette première journée. Les
contre-attaques pendant la nuit et la matinée du 2 juillet sont aisément
repoussées. A 13h30, l'ennemi débouchant de Flaucourt en petites
colonnes à travers champ, se porte à l'attaque de nos positions. Notre
feu de mousqueterie et de mitrailleuses très meurtrier n'empêche pas
cependant l'ennemi de progresser au nord et au sud, il redouble d'efforts
pour déborder nos barrages; la situation devient critique. Une
contre-attaque à la baïonnette sur le terre plein est exécutée, le
capitaine DEFER et le lieutenant LOUIT, devant le danger, se sont élancés
les premiers, entraînant vigoureusement leurs hommes; le premier est
blessé grièvement, le second est tué dans un corps à corps. L'attaque
est repoussée, le tir, maintenant très précis de notre artillerie, achève
la déroute de l'adversaire. Nos pertes sont assez sérieuses à la suite
de cette attaque. Le 3 juillet, à 9 Heures, le régiment pousse sur
Flaucourt, couvert par de fortes reconnaissances, les compagnies en
petites colonnes, par échelons. Le village est organisé, 200 prisonniers
sont faits. Dans la soirée, le lieutenant-colonel CAMBAY ayant été
blessé accidentellement par l'éclatement d'une grenade, le chef de
bataillon JOUANNETAUD prend le commandement du régiment. Le 4 juillet, des éléments sont poussés vers le
sud-est, face à Barleux, et s'y installent en grand'garde, permettant la
progression des unités en liaison au sud. Le 5, le régiment assez éprouvé est relevé sur ses
positions et va cantonner à Proyart. Le 12 juillet, les 4e, 8e et 12e compagnies sont retirées
du régiment pour la constitution du « dépôt divisionnaire ». Revenu, le 13 juillet, dans les tranchées de la région
de Dompierre, le régiment relève le 21e RIC dans la nuit du 16 au 17 et
occupe la position en vue de la prochaine attaque. Le 20 juillet, le 23e reçoit pour mission d'enlever
les organisations défensives de l'ennemi au sud de Barleux. L'attaque est
menée par les 1er et 3e bataillons, lesquels ne possèdent plus que 3
compagnies, quoique ayant un front d'attaque très étendu. Les première
et seconde vagues franchissent la première tranchée ennemie (tranchée
de la Jonction). Le bataillon sud continue sa progression, le bataillon
nord est arrêté net. Des îlots de résistance se sont formés et
l'ennemi commence une fusillade très nourrie sur la troisième vague qui
franchit les parapets, plusieurs mitrailleuses entrent également en
action et arrêtent net la progression. L'ennemi garnit de nouveau vers le
sud sa tranchée de première ligne; les deux premières vagues sont complètement
isolées du régiment. Tous les agents de liaison envoyés pour recueillir
des renseignements sur les unités engagées sont tués avant d'avoir pu
accomplir leur mission. A 8H15, une violente contre-attaque précédée
d'un très violent bombardement tente de nous chasser de la position. Grâce
à la bravoure des mitrailleurs de la CM3 (lieutenant ABELS), la
contre-attaque est repoussée, mais non sans de très fortes pertes. La lutte continue acharnée à la grenade, tous les
approvisionnements trouvés sur la position sont utilisés en attendant le
ravitaillement très lent, par suite d'un bombardement d'une violence inouïe.
Les unités en liaison avec le régiment au nord et au sud ne pouvant
avancer, il est impossible de continuer la progression devant la résistance
de l'ennemi qui n'a pas souffert de notre bombardement préparatoire et
dont l'artillerie contrebat très efficacement la nôtre. Le régiment est
très éprouvé. Le 3e bataillon qui a été presque complètement anéanti
est relevé dans la nuit par un bataillon du 21e RIC. Les 1er et 2e
bataillons sont relevés dans la nuit du 21 au 22 par le 272 RI. Le régiment
vient bivouaquer au bois Vierge, au bois Sans et au bois Signal et se
reconstitue. Le 26 juillet, le lieutenant-colonel DESCLAUX prend le
commandement du régiment. Le 4 août, le régiment occupe les cantonnements de
Warfusée-Anbancourt. Le 8, il est transporté en camions dans la région de
Formerie (Seine-Inférieure). Un déplacement dans les mêmes conditions a
lieu le 14. Le régiment occupe, les villages de La Neuville-en-Hez et de
La Rue-Saint-Pierre. Le colonel VANWAETERMEULEN commandant la 5e brigade
passe en revue le régiment, le 24 août, et décore les militaires cités
à la suite des affaires de juillet. Du 25 au 26 août, le régiment embarque en gare de
Clermont. Il débarque, le 27, dans la région du camp de Châlons et
cantonne aux Grandes-Loges, à la Veuve et au camp de l'Ermitage. Le 21, il relève le 32e RI (IXe CA), dans le secteur
désigné par la suite sous le nom de « Quartier de la Bonne Auberge »,
à l'ouest de la route de Souain à la ferme Navarin. C'est un secteur
tranquille. Il est occupé par deux bataillons, le 3e en réserve cantonne
au camp de la ferme Piémont. Le 18 septembre, l'ennemi tente sans succès un coup
de main sur les tranchées du Chapeau de Gendarme, formant saillants sur
la première ligne du bataillon de gauche. Du 7 au 8 octobre, le régiment est relevé par des éléments
de la 1re DI (71e et 11e RI) et réoccupe jusqu'au 27 les cantonnements
des Grandes-Loges, de la Veuve et du camp de l'Ermitage. Le 28, il s'embarque à Cuperly, débarque le
lendemain à Grandvilliers (Oise), et s'installe dans les villages voisins
(Halloy, Petit-Halloy, Briot ,Thieulloy-Saint-Antoine, ce dernier remplacé
bientôt par Briot-la-Grange et Écatelet). L'instruction est reprise,
notamment celle des spécialités. Du 24 novembre au 4 décembre, le régiment fait
mouvement pour se porter dans la région de Montdidier. Le trajet, jusqu'à
Guerdigny, est parcouru en cinq étapes, avec un arrêt de six jours (27
novembre au 3 décembre), dans les cantonnements de Méry, Lataule, Belloy
et fermes voisines (ouest de Ressons-sur-Matz). Dans la nuit du 4 au 5 décembre, le régiment relève
le 281e RI (58e DI), dans le quartier d'Erches. L'ennemi occupe devant nos
lignes le village d'Andéchy. Le séjour en secteur se poursuit jusqu'à
la fin de l'année 1916, sans qu'aucune opération importante ne soit tentée
de part et d'autre. Dans la nuit du 25 au 26 décembre, le soldat DELAY,
de la 10e compagnie, réussit à arrêter trois prisonniers allemands évadés
au moment où ils allaient franchir notre réseau pour regagner leurs
lignes. Du 1er au 2 janvier 1917, les 2e et 3e bataillons sont
relevés par le 307e RI et se portent à Fescamps et Remaugies, tandis que
le 1er bataillon, qui se trouvait au repos à Guerbigny, relève les unités
du 41e RIC., dans le quartier de la Courtine, dont le lieutenant-colonel
commandant le régiment prend le commandement. Le PC se trouve dans le
parc du château de Tilloloy. Les bataillons du régiment séjournent
successivement dans ce quartier jusqu'au 26 janvier. Après la relève qui
est effectuée par des éléments du 8e régiment de zouaves, le 23e RIC
occupe les camps B et 44, entre Fescamps et Boulogne-la-Grasse. Jusqu'au 3 mars, le régiment participe à
l'organisation du secteur d'attaque qui lui est dévolu dans la grande
offensive, franco-anglaise qui se prépare d'Arras à l'Oise. Les travaux
sont effectués dans les conditions particulièrement pénibles, en raison
du froid extrêmement rigoureux qui sévit durant cette période. Au repos du 6 au 14 mars, à Balagny-sur-Thérain et
Ully-Saint-Georges (Oise), le régiment est ramené d'urgence dans sa zone
d'attaque, en deux étapes. La seconde est effectuée en camions jusqu'à
Piennes, d'où le 23e RIC regagne le camp B (15 mars). Ce retour comme
celui de toute la 3e DIC se trouvait provoqué par la constatation de
nombreux indices de repli dans la zone occupée par l'ennemi devant le
front de la IIIe armée. Le 17, le 2e bataillon (commandant MURAT) relève un
bataillon du 3e régiment mixte qui occupe déjà les deux premières
tranchées ennemies et le village anéanti de Beuvraignes, évacués par
les Allemands. Dans la soirée, après l'occupation d' Amy et d'Avricourt,
la route Roye - Noyon est dépassée par les 5e et 6e compagnies. Le 18, après avoir contourné l'obstacle qu'oppose le
canal du Nord, en le franchissant par dessus le tunnel, au sud-ouest de
Libermont, et débordé ce village dont l'ennemi interdit les abords par
des tirs de 150, le 2e bataillon occupe le bois de l'Hôpital. Le 19, le 3e bataillon (commandant RENAULD) dépasse
la voie ferrée de Ham à Tergnier et s'installe sur les hauteurs à
l'est, de Ollezy, dominant le canal de la Somme et le village de
Saint-Simon. La progression s'est effectuée avec des pertes
insignifiantes, malgré les réactions souvent assez vives de l'artillerie
adverse. Le passage sur la rive nord du canal présente de très
grandes difficultés. Pour aborder l'obstacle, le bataillon de première
ligne ne dispose que d'une chaussée bordée de marécages, prise
d'enfilade par les ouvrages de la défense. De nombreuses reconnaissances
d'officiers sont poussées vers le canal dès la soirée du 19 et dans la
journée suivante. Dans la matinée du 20, une de ces reconnaissances,
conduite par le lieutenant BESNARD, pénétre dans le marais et constate
que le pont de Saint-Simon est détruit. Elle est prise sous le feu d'une
mitrailleuse et se trouve dans l'impossibilité de ramener un des blessés.
Celui-ci, le caporal LESUEUR, n'est retrouvé que le lendemain matin, dans
l'eau jusqu'au cou, atteint par dix balles. Dans la matinée du 21, sur une passerelle de fortune
construite par la compagnie de génie du capitaine CIONTEMENT et couvert
par l'action du groupe d'artillerie du commandant GUERRINI, le 3e
bataillon force le passage du canal Crozat, s'empare des villages de
Saint-Simon et d'Avense, et commande l'organisation de la tête de pont. Dans la nuit du 21 au 22 mars, le 23 RIC, relevé par
le 140e RI se porte à Fréniche et Rouvel, villages de la zone libérée
où quelques habitants sont restés, malgré le repli ennemi, puis
regagne, le 24 mars, la région de Boulogne-la-Grasse (camp B, bois Allongé,
Conchy-les-Pots). Du 28 au 29 mars, le régiment se porte par voie de
terre à Choisy- la-Victoire, Avrigny et Épineuse, entre Clermont et,
Estrées-Saint-Denis. Le 1er CAC ayant été rattaché à la VIe armée,
(général MANGIN), le 1er avril, le régiment se remet en route, le 2
avril, traverse Compiègne, remonte la vallée de l'Aisne et atteint, le 5
avril, les villages ruinés de Vaurezis, Pasly, Villers-la-Fosse et
Chavigny, au nord-ouest de Soissons. Le 7 avril, l'état-major du régiment, la compagnie
hors rang et le 1er bataillon se portent à la ferme de Montecouve, bâtie
sur d'énormes caves, anciennes carrières, dont l'ennemi a crevé les voûtes
au moment où il a dû les abandonner. Le 1er bataillon (commandant
GRANIER) occupe les premières lignes dans la nuit du 9 au 10, aux lisières
est et nord-est du bois de Quincy, et à la ferme du bois Mortiers. Dans la nuit du 9 au 10 avril, ce bataillon réussit
une opération de détail qui lui permet de s'emparer de la ligne avancée
des petits postes de l'ennemi, devant la lisière ouest de la forêt de
Mortiers. Bien que préparées par de sérieux bombardements, deux fortes
contre-attaques de l'adversaire échouent devant notre nouvelle position.
Des prisonniers restent entre nos mains. Le 13 au soir, le P. C. du chef de corps et les 2e et
3e bataillons s'installent à la ferme Beaumont (1.500 mètres au nord de
Leury) et dans les carrières voisines dont les entrées sont en partie
obstruées par des éboulements, oeuvre de l'ennemi. Dans la nuit du 13 au 14, le 1er bataillon pousse des
reconnaissances dans la forêt de Mortiers et parvient à en occuper une
partie. Il est relevé avant le jour et se porte à Leuilly. Lorsque l'offensive se déclenche, le 16 avril, le régiment
occupe des positions d'attente dans le ravin qui débouche à la ferme des
Tueries (EM, 1er et 2e bataillons) et sur les pentes ouest du mont des
Tombes (3e bataillon). Le 23e RIC, chargé de l'enlèvement des deuxième
et troisième objectifs, ne peut intervenir, le premier objectif n'ayant
pas été atteint. Cependant, le 2e bataillon (commandant MURAT), qui a reçu
la mission de pousser des reconnaissances vers Anizy-le-Château,
progresse, au prix de lourdes pertes, par la rive sud du canal jusqu'à la
ferme Guilleminet. Le 3e bataillon (commandant RENAULD) relève un
bataillon du 7 e RIC, devant Vauxaillon, au cours de la nuit du 19 au 20
avril, et jusqu'au 5 mai, travaille à l'organisation de la première
ligne. Le PC du régiment s'est installé dans une grotte sur les pentes
ouest du bois des Aulnes. L'ennemi bombarde avec des obus toxiques les
ravins où s'abritent les troupes en réserve. La position ennemie est exceptionnellement forte. Elle
domine complètement la voie ferrée de Soissons à Laon, sur laquelle nos
éléments avancés ont été poussés. Le 5 mai, les 2e et 3e bataillons s'élancent à
l'assaut de l'éperon du mont des Singes. Le barrage ennemi commence dès
la sortie des premières vagues. Sous la violence du bombardement, une
section de la 6e compagnie (section du sous-Iieutenant FERET), parvenue à
la tranchée de l'Aviatik, qui n'est plus qu'un fossé vaseux, ne peut s'y
maintenir et regagne, homme par homme, ses emplacements de départ. Une
autre section (Sous-lieutenant BAILLY) est anéantie en quelques minutes.
Les sections suivantes sont clouées sur place après avoir franchi la
voie ferrée (le lieutenant FLORI, commandant la 6e compagnie, est tué). Plus tard, au sud, la 9e compagnie (lieutenant SAGOT)
avec une section de la 11e compagnie (section du sous-lieutenant
SCARBONCHI) formant détachement de liaison avec le régiment voisin (21e
RIC) et un peloton de mitrailleuses d'accompagnement (sous-lieutenant POTI)
franchissent le barrage et gravissent les pentes du mont. Les grenadiers
allemands, sur le parapet de la tranchée, criblent de leurs projectiles
les assaillants qui doivent s'abriter. Quatre officiers sont tombés à la
tête de leur troupe (Ce sont les sous-lieutenants RENONCE et DUHEN (tués),
LEVOIX et SCARBONCHI grièvement blessés). Mais, décimé et démoralisé
par le tir précis dé nos mitrailleurs, l'ennemi faiblit. D'un seul bond,
la 9e compagnie pénètre dans la tranchée de l'Entre-Pont dont les
derniers défenseurs sont tués ou dispersés à la grenade. L'ennemi contre-attaque sans succès dans la soirée
et au cours des journées suivantes. Il réussit toutefois à enrayer nos
tentatives pour l'élargissement de la position conquise. Les 2e et 3e bataillons sont relevés par le 262e RI,
dans la nuit du 12 au 13 mai. Le 1er bataillon, pendant quelques jours (8
au 11 mai), a tenu les lignes à proximité de la ferme de Bessy, en
liaison avec le 7e RIC et le 4e cuirassiers. Le 13 mai, le régiment se trouve réparti dans les
villages de Chavigny et de Villers-la-Fosse. Le 14, au matin, il est à Courtieux et Montois, sur
la rive gauche de l'Aisne. Le 16 mai, le 23e RIC, augmenté du 5e bataillon sénégalais
(commandant DURAND) s'embarque à Villers-Cotterêts, débarque à
Genevreuille du 17 au 18 niai et occupe, jusqu'au 9 juin, les
cantonnements de Borey, Oricourt, au nord-ouest de Villersexel, dans la
Haute-Saone. Le 1er CAC fait alors partie de la VIIe armée. Le régiment se remet en route dans la nuit du 9 au 10
juin, à destination de la haute-Alsace. Il traverse Montbéliard le 12
juin et atteint, le 14 Juin les villages de Struth, Mertzen, Fulleren,
Friessen, Hindlingen, en Alsace reconquise. Dans la soirée du même jour,
les 1er et 2e bataillons relèvent le 214e RI dans le groupe de centre de
résistance des forêts communales, placé sous le commandement du
lieutenant-colonel commandant le régiment, dont le PC est à Fulleren,
tandis que le 3e bataillon relève des éléments des 214e RI et 250e RIT,
dans le CR des Étangs qui se trouve sous le commandement du
lieutenant-colonel commandant le 250e RIT, dont le PC est à Friessen. Le secteur est calme. Des journées entières se
passent sans que l'on entende un coup de canon. La belle saison rend le séjour
dans les bois relativement agréable. Les éléments au repos apportent un
large concours à la population agricole. Le 2 juillet, des éléments du 2e bataillon tentent
sans succès un coup de main sur le saillant du Sonnenberg. Le 8 Juillet, le régiment n'a plus que deux
bataillons en ligne dans le groupe du CR des forêts communales qui
comprend désormais les CR « Gluckernald » (1er bataillon) et des Étangs
(3e bataillon). Le 2e bataillon est au repos à Manebach et Saint-Liggert,
le 5e BTS à Struth, Saint-Ulrich et Altenach, dans la vallée du Larg. Le 10 juillet, une délégation est mise en route sur
Paris, accompagnant le drapeau, pour assister à la revue du 14 juillet,
au cours de laquelle seront présentés tous les drapeau décorés pendant
les opérations. Le régiment est relevé du 13 au 15 juillet par le
123e RI. Du 16 au 10, les bataillons sont répartis entre les
villages de Brebotte, Recouvrance, Bourogne, Eschêne-Autrage, Charmois de
part et d'autre du canal du Rhône au Rhin. Le régiment s'embarque le 20 juillet en gare de
Morvillars, débarque le lendemain à Château-Thierry, et va occuper à
l'est de cette ville les villages de Crézancy, Paroy, Fossoy et Chartèves,
à proximité desquels les autos-camions viennent l'enlever le 23 juillet
pour le transporter dans la région de Fismes à Saint-Gilles, Courville
et Mont-sous-Courville. Le 1er CAC vient d'etre rattaché à la Xe armée. A partir du 25, dans les pauvres cantonnements de
Coourlandon, Magneux et au camp du Grand-Cambrésis, les bataillons se
tiennent pret à rentrer en secteur. Après avoir été, transporté en camions jusqu'a
Maizy, dans la vallée de l'Aisne, le régiment relève des éléments des
9e CA (290e et 268e RI) du 29 au 31 juillet, dans le secteur d' Hurtebise. Le terrain sur lequel viennent de se dérouler des
combats violents pour la possession des observatoires du Chemin des Dames
nécessite un gros travail de réorganisation qui est immédiatement
entrepris. L'activité de ses patrouilles vaut au régiment une dizaine de
prisonniers en quatre jours. Le 15 août, une attaque est menée par un bataillon
du 7e RIC et le 5e bataillon sénégalais sur le monument d'Hurtebise que
les Allemands ont repris aux précédents occupants. Le 5e BTS, ne peut
maintenir la progression qu'il avait réalisée au prix d'un lourd
sacrifice en perdant la presque totalité de ses officiers. Du 18 au 20 août le 23e RIC est relevé par le 293e
RI et regagne Magneux et les camps du Grand et Petit-Cambrésis. Le 30 août, le régiment est constitué à trois
bataillons mixtes comprenant chacun quatre compagnies d'infanterie, dont
une compagnie sénégalaise et une CM. Le 4 septembre, les spécialistes du régiment
remportent quatre premiers prix dans un concours divisionnaire. Le 16 septembre, le 3e bataillon mixte relève en
première ligne, sur le plateau d'Ailles, dans le sous-secteur de Vassogne,
des éléments des 239e et 36e RI. Le bataillon de deuxième ligne occupe
les grottes de Vassogne et de Champagne au flanc Est du plateau. Le
bataillon en réserve cantonne à Maizy. Comme celui d'Hurtebise, ce secteur nécessite un gros
travail de remise au point. L'ennemi, qui s'est constitué de vastes
places d'armes en aménageant les grottes du versant nord, n'a pas perdu
l'espoir de reconquérir la position et se livre à un martèlement systématique
par torpilles et obus de gros calibre. Dès les premiers jours d'octobre,
le mauvais temps persistant vient réduire à néant l'effort tenté de réorganisation. Les boyaux ne sont plus que des canaux de boue dans
lesquels les hommes s'enfoncent jusqu'à la poitrines. Certains éléments
deviennent completement impraticables. Les travaux de déviation,
entrepris avec une ardente persévérance, sont lents et difficiles.
L'ennemi fait un emploi fréquent de projectiles toxiques. Un groupement de mitrailleuses de vingt-quatre pièces
est constitué le 22 septembre, dans la région de l'ouvrage Geoffroy,
pour l'exécution de tirs indirects. Le 2e bataillon mixte est en ligne lorsque, le 1er
octobre, l'ennemi échoue dans une tentative sur le « Saillant du Pan
coupé ». Déjà fortement déprimés par suite de l'humidité
et du froid, les Sénégalais se sont retirés du secteur le 13 octobre et
rassemblés au camp Sainte-Marie, près Baslieux-lès-Fismes. Dans la soirée du 23 octobre, après une courte et
violente préparation d'artillerie, à laquelle s'ajoute un puissant
engagement par le tir de mitrailleuses, un détachement commandé par le
sous-lieutenant GALLICHET, de la 11e compagnie, pénètre dans
l'organisation ennemie dite « Tranchée de Winterberg » et ramène
du matériel après avoir détruit de nombreux abris. Les événements d'Italie ayant provoqué le départ
de la Xe armée, le 1er CAC est rattaché à la IVe armée le 28 octobre. Bousculé le 25 septembre dans la région de Pinon,
l'ennemi doit se résoudre à l'évacuation de la position du Chemin des
Dames. Les patrouilles, dans la nuit du 1er au 2 novembre, constatent que
les lignes adverses ne sont plus occupées. Le 3 novembre, le 2e bataillon (commandant MURAT)
occupe les tranchées dominant le village d'Ailles et l'Ailette dont les
passages sont reconnus. La position dont l'organisation est commencée
reste soumise au tir des obus toxiques. Les Allemands, en se retirant, ont
ypérité ou miné les grottes et abris. Sérieusement éprouvé, le 3e bataillon est relevé
le 8 novembre par un bataillon du 43e RIC. Les 1er et 3e bataillons sont
relevés par le 22e RIC. Du 8 au 11 novembre, le régiment est transporté en
camions dans la région de Château-Thierry Brasles. Le 3e bataillon détache
des éléments à Meaux et à La Ferté-sous-Jouarre pour le service des
gares. Le général PÉTAIN, commandant en chef, visite la 3e
DIC à Château-Thierry le 15 novembre. La compagnie d'honneur est fournie
par le 23e RIC. Du 17 au 20 novembre, le régiment fait mouvement pour
atteindre Saint-Martin-d'Ablois et Brugny (sud-ouest d'Epernay). Le séjour,
qui se prolonge jusqu'au 7 janvier 1918, est consacré au repos et à
l'instruction, les manoeuvres prévues doivent être remise à plusieurs
reprises en raison de la rigueur de la température. Un renfort de 454 hommes venant du 300e RI dissous
parvient au corps le 21 novembre. Mis à la disposition du 34e CA pour relever le 21e
RIC qui exécute des travaux sur la deuxième position à l'ouest de
Reims, les unités du régiment se répartissent dans les villages d'Ormes
(EM), Bezannes (1er bataillon), Thillois (2e bataillon), au fort de
Saint-Thierry et à Bouillon (3e bataillon), après deux pénibles étapes,
les 7 et 8 janvier, par temps de verglas. Les travaux cessent le 12 janvier, en prévision de la
rentrée en secteur. Elle a lieu du 16 au 18 janvier, dans le sous-secteur
de Cormontreuil, au sud-est de Reims. Deux bataillons tiennent les premières
lignes (CR Jouissance et Butte de tir), après relève d'éléments des
256e RI et 120e RIT. Le château de Veilly au bord de la Vesle abrite le
PC. C'est une région calme du front où les positions
sont à peu près stabilisées depuis 1914. L'aménagement des abris
(beaucoup sont éclairés à l'électricité) assure aux occupants un
confort auquel le régiment n'est pas habitué. Le 23e RIC est relevé par le 7e RIC du 10 au 11 février
et va cantonner à Rilly-la-Montagne, Chigny-les-Rises, Champfleury,
Trois-Puits, Montbré et au fort de Montbré. Toutes les unités sont
employées aux travaux de la position intermédiaire et de la deuxième
position. Les musiciens eux-memes reçoivent leur tâche : ils sont chargés
du camouflage. Du 19 au 21 février le 23e RIC relève des éléments des
21e et. 7e RIC et, par suite d'une nouvelle répartition des lignes entre
les régiments de la 3e DIC, dispose deux bataillons en profondeur dans
les CR Jouissance et Taissy. Le PC de ce nouveau sous-secteur s'installe
dans un groupe de maisons qui porte le nom inattendu de Varsovie, au pied
de Monferré. Pendant plusieurs mois, l'activité se borne, de part
et d'autre, à des coups de main préparés par de violentes
concentrations d'artillerie généralement sans résultats, le
bombardement de l'adversaire ayant pour effet immédiat de provoquer l'évacuation
des lignes avancées d'ailleurs faiblement tenues. L'ennemi enregistre deux échecs sur le front du PA
Allée Noire. Le 8 avril, un petit poste capture deux Allemands
empêtrés dans nos réseaux contre lesquels ils étaient venus butter par
une matinée de brouillard. Le 10, une patrouille trouve un plan directeur
abandonné par ces deux prisonniers. Le 17, au cours d'un coup de main, exécuté par la 5e
compagnie, sur le boyau du Pacha, le lieutenant LAISNE, commandant le
groupe de tête, dépasse la 3e parallèle (tranchée de la Discorde) sans
rencontrer le moindre Boche. Le 5e BTS, réaffecté au 23e RIC le 20 avril, entre
en secteur dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Cette mesure a pour conséquence
de rendre un bataillon blanc disponible. Successivement, chaque bataillon
blanc sera retiré du front et rattaché au CID pour y faire de
l'instruction. Le 3e bataillon séjourne à Chaumuzy du 2 au 9 mai dans
ces conditions. Le 2 mai, un avion ennemi abattu par des mitrailleuses
du sous-secteur (1er bataillon et 5e BTS), tombe entre les lignes à l'est
de la ferme de la Jouissance. Les aviateurs réussissent à s'enfuir. Le démontage
du moteur est entrepris pendant les nuits suivantes. Il est remis au PC de
la 3e DIC le 8 mai, à Villers-Allerand. Le 27 mai, l'ennemi déclenche une grande offensive
entre Soissons et Reims. Le 1er bataillon (commandant MARQUET), cantonné
à Chaumuzy, est absorbé par la constitution d'un régiment colonial de
marche à la disposition de la 45e DI. Le 3e bataillon (commandant RENAULD) tient le CR
Jouissance. Dans la soirée du 29 mai, des éléments ennemis cherchent à
atteindre nos lignes à la faveur des hautes herbes et des ondulations de
terrain. Le feu des petits postes oblige les Allemands à rebrousser
chemin en abandonnant du matériel. Couvert par un bombardement intense, l'ennemi réussit
à s'infiltrer, au cours de la nuit, sur le front du PA de l'Allée Noire,
dans la zone de tranchées passives qui couvrent la ligne de surveillance.
Appuyée par l'action des mitrailleuses et de l'artillerie qui empêchent
les ravitaillements des troupe de l'attaque, la 10e compagnie (lieutenant
BESNARD) entreprend résolument le nettoyage. Il se traduit par la capture
de 52 prisonniers, dont 2 officiers et d'un nombreux matériel qui
comprend, entre autres armes, cinq mitrailleuses légères. Il apparaît
que les pertes de l'adversaire atteignent 50 % de l'effectif engagé. Au cours de l'action, l'adjudant usant BALAY est tué,
victime de sa témérité légendaire, en faisant le coup de feu avec un
groupe d'ennemis en retraite. L'attaque recommence le 1er juin. Elle avait été préparée
par un violent bombardement des arrières par obus toxiques et de gros
calibre. Les points de passage sur le canal de l'Aisne à la Marne ainsi
que les emplacements de mitrailleuses avant été, en outre, particulièrement
visés, l'ennemi progresse par les brèches qu'il a pratiquées dans nos réseau,
malgré les tirs de barrage et l'action des engins de l'infanterie. Au
lever du jour, les défenseurs aperçoivent les chars d'assaut qui précèdent
ou appuient les assaillants. Ceux-ci abordent la voie ferrée de Reims à
Châlons. Les éléments extrêmes du CR voisin s'étant repliés jusqu'au
canal, la fraction du 23e RIC qui tient encore l'ouvrage de Lisieux déjà
tourné par un tank est cernée complètement. L'infiltration ennemie se
poursuit vers le canal et tend à prendre à revers la ligne sur laquelle
résiste la 10e compagnie. Pour parer au danger, le lieutenant BESNARD fait face
à droite avec toutes ses fractions disponibles, contre-attaque, reprend
au canal la liaison avec le 21e RIC et, en réglant son action avec celle
qu'entreprend alors le régiment, parvient, à récupérer la totalité de
son PA. De leur côté, les 9e et 11e compagnies mènent des
contre-attaques auxquelles l'ennemi oppose une vive résistance. Le terrain est réoccupé pied à pied par une série
de combats acharnés à la grenade. Certains groupes ne sont réduits que
par l'emploi de projectiles incendiaires. Dans la soirée, la ligne de
surveillance est complètement rétablit. Sur le front du 3e bataillon,
cette seconde tentative coûte à l'ennemi 33 prisonniers dont 1 officier
et 20 mitrailleuses. Après avoir pris position sur la butte de Preuilly,
le 26 mai, le 1er bataillon, se soumettant, au mouvement général de
repli, défend le passage de la Vesle à Muizon, pendant toute la journée
du 29 mai puis se reporte le lendemain dans la région cote
240-Sainte-Euphraise qu'il occupe jusqu'au 3 juin. Le 4, il cantonne à Mailly-Champagne. Du 9 au 10 juin, le 7e RIC est relevé par le 23e RIC
qui tient désormais le sous-secteur de Cormontreuil-Taissy avec deux
bataillons sur chacune des première position et position intermédiaire.
Le 62e BTS compte au 23e RIC à la place du 5e BTS passé au 21e RIC. Dans la soirée du 18 juin, les Allemands essaient en
vain de prendre Reims en attaquant la ville à l'ouest et à l'est en
dehors du front tenu par le régiment. Le 29 juin, le génie fait sauter le tank abandonné
par l'ennemi le 1er juin, entre les lignes de l'Allée Noire. Du 2 au 5 juillet, le 23e RIC est relevé par le 21e
RIC et occupe les cantonnements de repos de Ludes, Mailly, Chigny,
Verzelay, au pied de la montagne de Reims. Le régiment est alerté dans la nuit du 14 au 15 juillet. La Ve armée s'attend à une attaque. Quittant leurs cantonnements dont l'ennemi commence déjà le bombardement, les bataillons se portent sur les deuxième et troisième positions dans le secteur de Ludes. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, le 3e bataillon, mis
à la disposition de la 2e DIC, va s'établir successivement sur les
lignes route de Nogent-ferme de Presles et ferme d'Écueil-ferme d'Hurtebise, prêt à toute
intervention. Le lieutenant-colonel commandant le régiment, son
Etat-major et la compagnie hors rang, mis également à la disposition de
la 2e DIC, se rendent à Chamery, dans la nuit du 17 au 18. Dans la soirée
du 18 juillet, le 32e BTS (commandant TEULLÉRES) se porte à l'attaque du
bois du Petit-Champ, soutenu par les 1er et 3e bataillons. L'ennemi a réalisé, pour sa défense, une multitude
de nids de mitrailleuses, disposés en quinconces. Des coupures pratiquées
dans les taillis sont garnies de minenwerfer et de pièces débouchant à
zéro. Avec un élan admirable, malgré les lourdes pertes que cause dès
le début de l'action le feu intense de l'adversaire, le 32e BTS enfonce
la ligne ennemie sur plusieurs points. Quelques flots de résistance qui
n'ont pu être enlevés du premier bond, arrêtent la poussée du
bataillon. Des assauts de front à la baïonnette, combinés à des
attaques débordantes, viennent à bout de ces îlots. A la tombée de la
nuit, la position principale de résistance est enlevée complètement.
L'ennemi, qui tente une contre-attaque, doit s'enfuir, en abandonnant ses
armes et son matériel. Le 32e BTS s'est emparé de 9 canons, 8
minenwerfer, de 60 mitrailleuses, de plusieurs dépôts d'obus et de
cartouches. Les trois bataillons engagés ont contribué à la capture de
38 prisonniers. Après s'être établi sur le chemin de
Cuitron-Courmas, le 32e BTS est retiré de la première ligne dans la
matinée du 19 juillet. La position reste tenue par les 1er et 3e
bataillons. Le même jour, le lieutenant-colonel Desclaux,
commandant le régiment, prend le commandement d'un groupe tactique qui
comprend le 104e RI (deux bataillons) et le 23e RIC (trois bataillons). Dans la nuit du 19 au 20, les 1er et 3e bataillons du
23e RIC sont dépassés par les troupes anglaises du 23e CAW qui
attaquent, le 20 au matin, sans obtenir de résultats appréciables,
tandis que le 104e RI prend pied dans le bois de la Valotte, s'empare de
Sainte-Euphraise, puis est relevé par des Italiens. Le 2e bataillon qui, regroupé le 10 à
Chigny-les-Roses, s'était porté dans le bois de Vrigny, n'a pas à
intervenir. Dans la nuit du 20 au 21, il va occuper une position de
soutien en arrière des Italiens, dans le bois de Maïtre-Jean. Les
compagnies en ligne du 3e bataillon repoussent une attaque sur le bois du
Petit-Champ. Les Anglais reprennent leurs opérations le 21
juillet. Deux reconnaissances conduites par des officiers du régiment
suivent l'attaque de la 187e brigade à travers des barrages de toutes espèces,
assurant la liaison avec le commandement. Les 1er et 3e bataillons sont relevés sur leurs
positions par le 38e RI, dans la journée du 22 juillet. Le 23 juillet, le 2e bataillon (commandant JEUX), en
première ligne, le 1er bataillon (commandant MARQUET), en soutien, tous
deux dans le bois de Vrigny, et le 3e bataillon (commandant RENAULD) en réserve
dans le bois des Grands-Savarts, sont en place pour l'attaque qui, après
celle des unités plus au sud (77e DI et le régiment d'assaut italien) se
déclenche à midi, dans la tranchée attribuée au régiment. Malgré les
pertes subies du fait d'une contre-préparation systématique sur des
positions à peine ébauchées, l'élan de la troupe est magnifique. La 6e
compagnie (capitaine REYMOND) dévale dans le vallon de la ferme Méry,
s'empare de quatre canons de 120 et parvient à la lisière sud du bois
Raveau, à 1.800 mètres de la ligne de départ. Le sous-lieutenant RAYNAL
réduit un îlot de résistance constitué par trois mitrailleuses, ce qui
permet aux Italiens d'enlever la ferme Méry et leur assure la prise de 60
Allemands et 4 canons. Mais un large intervalle s'est produit à la droite du
23e RIC avec le régiment voisin (43e RIC) dont la progression sur le
plateau de la cote 240 a été beaucoup moins sensible. L'ennemi en
profite pour jeter une contre-attaque qui va prendre à revers toute notre
ligne. Le capitaine GUERARD (2e compagnie) auquel ce danger n'a pas échappé,
fait mettre baïonnette au canon à toute sa compagnie. Ses officiers les
sous- lieutenants SOLNON et GODILLOT, s'élancent à la tête de leur
section. Le sous-lieutenant GODILLOT est blessé grièvement après avoir
tué deux Allemands à coups de revolver. L'ennemi, surpris d'une telle
audace, s'arrête, et, sans attendre le choc irrésistible, le gros de
l'attaque se disperse à travers bois. Au cours de la nuit, le 1er bataillon à l'est et le
2e bataillon à l'ouest se répartissent le nouveau front et s'installent
solidement sur la position conquise. La journée du 24 est relativement calme. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, les 1er et 2e
bataillons exécutent le mouvement de repli ordonné par le commandement
qui juge la ligne atteinte défavorable à la défense. L'opération présentait
de sérieuses difficultés pour la raison que, faute de temps, la
reconnaissance préalable de la nouvelle position et des itinéraires ne
pouvait être faite. Le 25, après une heure de préparation d'une violence
sans précédent, l'ennemi aborde la position tenue par le 1er bataillon
qui subit le choc sans fléchir, mais doit finalement se replier sous la
menace d'un débordement opéré sur le front d'une unité voisine.
Fortement étonnés de la vigueur de la résistance, les Allemands ne
cherchent pas à entraver le mouvement du bataillon. Un groupe de
sous-officiers qui se décide pourtant à tenter la poursuite est bientôt
capturé par la fraction qu'ils s'imaginaient tenir à leur, merci. Ce
sont des grenadiers du 1er régiment. Au cours de la même journée, le 3e bataillon en
soutien dans la région de Coulommes est amené à prêter un concours décisif
aux défenseurs de la cote 240. La 11e compagnie coopère au dégagement
d'un PC. Les autres éléments du bataillon, mis à la disposition d'unités
particulièrement menacées, contiennent l'ennemi, contre-attaquent avec
succès et permettent aux 43e et 24e RIC de rétablir leur liaison
(L'action des éléments du bataillon RENAULD a été déterminante dans
l'échec des projets ennemis dans la direction de Coulommes écrit, dans
un rapport, le chef de Bataillon DERENDINGER, commandant le Bataillon du
24e RIC). Le 26 juillet, les 1er et 2e bataillons, sérieusement
éprouvés, sont réunis en une seule unité, sous les ordres du
commandant MARQUET. Le lieutenant-colonel commandant le régiment prend le
commandement du sous-secteur de Méry constitué par les CR du bois (1er
bataillon du 22e RIC) et de la Carbonnerie (unité MARQUET). Un bataillon
du 79e RI relève le 3e bataillon au bois des Grands-Savarts, le 3e
bataillon est reformé à Coulommes et au bois de Vrigny (corne sud-est). Dans la nuit du 27 au 28 juillet l'unité MARQUET est
relevée par un bataillon du 22e RIC. Le régiment occupe Chamery et
Nogent en réserve de la 2e DIC. Pendant ces dix derniers jours, le 23e RIC a pris part
à toutes les opérations menées par la 2e DIC. Sous le bombardement
presque ininterrompu de l'adversaire, soumis à l'action de ses gaz
toxiques, le régiment a dû supporter des fatigues et des privations
continuelles. Les lourdes pertes qui s'élèvent à 800 hommes et 16
officiers témoignent de l'acharnement de la lutte sur une position pour
la conservation de laquelle l'ennemi s'est imposé un énorme sacrifice. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, le régiment
parvient à Bouzy et Tours-sur-Marne, cantonnements de repos. Le régiment, rejoint par le 32e BTS, rentre en
secteur du 18 au 21 août, relevant le 7e RIC du secteur de
Puisieux-Sillery, dans lequel est compris le fort de la Pompelle. L'ennemi
qui, depuis la bataille du 15 juillet, se maintient dans le village de
Prunay, a porté ses petits postes à proximité du bois des Zouaves, face
à l'ouest et le long de la voie de Reims à Châlons, face sud. Les
patrouilles circulent dans la vaste zone marécageuse de la rive nord de
la Vesle. Dans la nuit du 21 au 22 août, le 2e bataillon, à
peine installé, subit un coup de main sur le boyau de l'Atlas, dans le CR
de l'Étang. Deux fois blessé pendant la préparation, le soldat PAYET,
de la 7e compagnie, est fait prisonnier et emmené par les Allemands. Il réussit
à tromper leur surveillance, et, en rampant péniblement à travers le
marais, parvient à regagner un de nos petits postes dans la soirée du 23
août. La présence entre les lignes d'ouvrages et d'éléments
de l'ancienne position française rend d'ailleurs assez confus le CR de l'Étang.
De nombreuses tentatives sont faites de part et d'autre, sans résultats,
sur les emplacements présumés des petits postes. L'ennemi ne semble pas occuper les siens d'une façon
permanente. Les reconnaissances sont multipliées dans le but de découvrir
son dispositif et ses projets, car il se livre sans raison apparente à de
violents tirs de harcèlement sur toute l'étendue du secteur. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, le génie met en
action les batteries de projecteurs qu'il a installées dans les talus du
fort de la Pompelle. L'ennemi riposte, les jours suivants, en bombardant
violemment le fort et ses abords. Relevé par le 24e RIC, du 16 au 18 septembre, le régiment
occupe les cantonnements de Louvois, Tauxières et du camp de Vertuelle. Du 26 au 28 septembre, le 3e bataillon et le 62e BTS
relèvent le 159e RI, dans le secteur de Reims-Centre. Les autres
bataillons sont en réserve à la Haubette, faubourg sud-ouest de Reims
(2e bataillon) et à Louvois (1er bataillon). Le régiment a reçu la mission de réoccuper
l'ancienne position française. Par de pénibles combats à la grenade qui se
poursuivent sans interruption, du 29 au 5 octobre, malgré les obstacles
accumulés par l'ennemi qui a obstrué la plus grande partie des tranchées
et boyaux, les ouvrages de la Fourcherie, de la Manutention et de la
Saboterie sont successivement occupés par le 62e BTS. Le 3e bataillon
progresse vers les lisières de Bétheny et s'empare, le 3 octobre, du
pont du CBR que l'ennemi réussit à réoccuper par une contre-attaque.
Une lutte opiniâtre menée dans l'après-midi nous assure, au prix de
pertes sensibles, la possession définitive du pont, qui, par sa situation
dominante, interdisait jusqu'alors l'approche de Bétheny. Deux nouvelles
tentatives ennemies échouent le 4 octobre. L'objectif est complètement atteint le 5 octobre. La
relève est faite par le 61e BTS et un bataillon du 7e RIC. Le 6 octobre, le régiment occupe les caves Pommery,
à Reims, le village de Cormontreuil et le faubourg de la Haubette. L'ennemi renonce enfin à résister sur le front de
Reims. Les incendies et les explosions, indices d'un prochain repli, se
multiplient dans les lignes ennemies, dès la nuit du 4 au 5 octobre. La
progression commence aussitôt après la relève du régiment et les éléments
de tête de la 3e DIC atteignent sans grandes difficultés, dans la soirée
du 5, les villages de Pomacle et de Lavannes. Le 7, après une résistance acharnée, le 21e RIC
prend Bazancourt et y repousse sept contre-attaques avant d'etre relevé,
du 10 au 11 octobre, par le 23e RIC. Celui-ci se porte en avant le 11 au
matin. Le 2e bataillon (capitaine VALLÉE) s'empare de Boult-sur-Suippe
que l'ennemi évacue précipitamment. En fin de journée, les 1er et 2e
bataillons pénètrent dans la première tranchée de la position
allemande au nord de la Suippe. La Retourne est franchie le 12 octobre. Les
arriere-gardes ennemies, chassées des bois au nord de la rivière, se
disposent à résister sur les lisières sud des villages d'Aires et de
Blanzy. Devant Blanzy, la progression continue pied à pied
par infiltrations. Devant Aires, le sous-lieutenant SIMEONI du 62e BTS,
se précipite avec fougue sur l'ennemi, et, du même élan, le rejette au
nord du canal. Au soir, toute la rive sud du canal est bordée depuis
Aires jusqu'au calvaire de Martimont. Dans la journée du 13, le 2e bataillon établit sous
le feu deux passerelles de fortune sur le canal de l'Aisne. Le
sous-lieutenant TRIBOUT, dont l'ingéniosité a fait merveille, est blessé
mortellement à côté de la passerelle construite sous sa direction. De
son côté, le 62e BTS (commandant PÉRIGAULT) qui a relevé, dans la région
d'Aires, un bataillon de tirailleurs algériens, construit une passerelle
qui lui permet de pousser des fractions dans le bois des Neaux, jusqu'à
l'Aisne, à la faveur de la nuit. Dans les mêmes conditions, des éléments
du 2e bataillon franchissent le canal, mais sont arrêtés avant
d'atteindre l'Aisne, soit par le feu de l'ennemi, soit, par les
inondations qu'il a provoquées faisant échouer ainsi la manoeuvre dont
le but était de prendre à revers le village organisé de Balham Renonçant à toute attaque de front, le commandement
prend alors la résolution de porter un détachement du 3e bataillon
(capitaine Roux) sur la rive nord de l'Aisne, par Asfeld, de manière à
tourner le point d'appui. La manoeuvre s'effectue de nuit, à proximité de
l'ennemi, sur un terrain inconnu, parsemé de taillis touffus et coupé
par le ruisseau des Barres, large de 5 à 6 mètres et profond de 2 mètres.
Malgré ces difficultés, le détachement atteint, vers 1 heure, le bois
des Grandes Pâtures et prend contact avec les fractions du 62e BTS qui
bordent la rive sud de l'Aisne. Un peu plus tard, l'avant-garde se heurte à un petit
poste ennemi qu'elle enlève par surprise sans tirer un coup de fusil. La marche est continuée vers Balliant avec les plus
grandes précautions. Des groupes ennemis, appelés par leurs camarades déjà
prisonniers, s'avancent sans méfiance et sont capturés à leur tour. Le
détachement peut ainsi, sans être éventé réaliser l'encerclement
complet du village à 5H30. Au signal convenu, la 7e compagnie (lieutenant KAST)
est jetée sur Balham. Elle réduit un nid de mitrailleuse, au sud du
petit bras de l'Aisne, puis se précipite sur la passerelIe que l'ennemi
n'a pas eu le temps de détruire et pénetre dans le village. L'aspirant AMIOT, accompagné du soldat MARTIAL,
pousse jusqu'à l'église, et, à eux deux, capturent quarante-deux Boches
qui s'y étaient réfugiés. La satisfaction que leur cause un pareil dénouement
est visible. A leur tour, les fractions qui avaient essayé
vainement de s'ouvrir un passage à travers le détachement Roux refluent
vers le village et mettent bas les armes. L'opération rapporta au total,
147 prisonniers, 6 mitrailleuses, 1 minenwerfer et plus de 200 fusils. Dans la matinée du 14, le 2e bataillon enlève Gomont
et le régiment s'établit entre ce village et la sucrerie de Saint
Germainmont. L'attaque, reprise le 15 par le 3e bataillon et le 62e
BTS se heurte à une ligne que l'ennemi a fortement garnie de
mitrailleuses. Du 16 au 19, les bataillons sont stabilisés sur leurs
positions qu'ils organisent. Le 19, le 2e bataillon se porte à l’attaque de la
cote 145 dans le Hunding-Stellung dont les reconnaissances ont constaté
la solide occupation. Déviés sous le feux des mitrailleuses qui se
révèlent de toutes parts des éléments de attaque sont bientot cloués
devant le bois Allongé. D'autre qui sont venus butter contre des réseaux
intacts, se portent vers la gauche du 21e RIC et pénètrent dans la
Hunding Stellung avec des fractions de ce régiment, capturant 60
prisonniers, s'emparant de 4 minenwerfer et d'une vingtaine de
mitrailleuses. Mais la cote 145 n'a pas été atteinte. Le nettoyage du bois Allongé tenté dans la nuit est
achevé le 20 au matin, tandis que l'ennemi contre-attaque sur la Hunding
Stellung. Notre ligne est maintenue devant les réseaux. Le 2e bataillon est relevé, dans la nuit, par un
bataillon du 30e RI. Le régiment se rassemble, le 21, à Roisy et dans le
camps aux abords de la ferme Espérance. Le 25 octobre, il est ramené entre l'Aisne et la
Retourne. Il s'établit, le 26, à cheval sur l'Aisne, dans la région
Aires, Blanzy, Balham. Jusqu'au 31 octobre, mis à la disposition d'unités
de la 28e DI (brigades NOGUEZ et DESPIERRE), les bataillons prennent une
large part aux attaques qui tendent à la rupture de la position ennemie.
Le 3e bataillon nettoie le bois Monstre, s'empare des bois Mathilde et
Mince, mais ne peut atteindre la cote 130 le 27 octobre. Le lendemain, il
conquiert, cette organisation. Le 29, le 1er bataillon (capitaine WOEHRLE)
attaque, capture 31 prisonniers et doit se replier sur sa ligne de départ,
les unités voisines n'ayant pas réussi à progresser. Le 30, le 62e BTS (commandant PÉRIGAULT), dans un élan
magnifique, enlève le bois Marteau, où il fait 250 prisonniers. Le 31, la 10e compagnie réduit un centre de résistance
qui subsistait dans le grand bois Marteau. La 9e, qui, avec des éléments
du 99e RI mène une action sur le petit bois Marteau, fait 15 prisonniers
et s'empare de 2 mitrailleuses, sans pouvoir réussir à occuper ce bois. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, les trois
bataillon du 23e RIC et le 62e BTS sont relevés par des unités de la 28e
DI et se portent dans la région Aire-Balham. Le 2, le régiment est ramené
sur la Retourne et, dans les camps du sud (L'Ecaille et Cavalier-Léger).
Le 3, il se porte à Vitry-les-Reims. Les éléments qui ne peuvent
s'abriter dans ce village en ruines sont envoyés à Cormontreuil et à
Taissy. Le 4, les trois bataillons du 23e RIC occupent les cantonnements
de Bouzy. Le 62e BTS ceux de Louvois. Du 7 au 8 novembre, le régiment embarque à Ciry, débarque
à Chatenois dans les Vosges, et cantonne à Viocourt, Balleville,
Valincourt et Vouxey. Le 1er CAC doit prendre part à une opération
d'ensemble qui a pour but de rompre le front ennemi à l'ouest de Château-Salins. Le 23e RIC commence le 11 novembre son déplacement
vers le nord et apprend en route la conclusion de l'armistice qui
interrompt les mouvements en vue de l'offensive. Le 15, le régiment se remet cependant en marche et
franchit solennellement l'ancienne frontière, le 18 novembre, à 8h45,
dans la région d'Arracourt, au lieudit Neud de Piamont. Le 1er bataillon traverse Moyenvic et se dirige sur
Mulcey. Les troupes allemandes ont quitté Moyenvic il y a
trois jours. Des drapeaux français flottent déjà aux fenêtres et sur
les monuments publics. Les enfants manifestent une grande joie et se
bousculent pour suivre la troupe. Les habitants prodiguent, leurs souhaits
de bienvenue aux soldats et s'empressent autour d'eux. A l'entrée du village de Donnelay, un arc rustique
porte l'inscription : « Vivent nos libérateur ». Le 17, la musique
du régiment, qui a précédé le 23e RIC, a donné un bal. La population
manifeste un vif regret lorsque la fanfare du régiment quitte le village
après le défilé. Seul le 3e bataillon cantonne à Donnelay. L'état-major du régiment et le 2e bataillon, qui se
portent à Guéblange, voient venir au-devant d'eux des groupes d'enfants
dont les paroles témoignent que le français est bien leur langue
maternelle. Le curé, à l'entrée du village, adresse au
Lieutenant-colonel JOUANNETAUD, commandant par intérim le régiment, des
paroles de bienvenue et tient à l’honneur de recevoir la popote des
officiers de l'état-major. Convié à un déjeuner, le 19 novembre, le
curé porte au dessert, un toast à la France et à son armée, embrasse
le lieutenant-colonel JOUANNETAUD qui les lui représente. Le
lieutenant-colonel JOUANNETAUD répond en quelques mots qu'il a bien
l'impression d'être toujours en France et qu'il ne trouve aucune différence
entre les villages qu'il vient de traverser et ceux du Limousin, dont il
est originaire. Le 21 novembre, le régiment cantonne à Domnon,
Cutting, petits villages où la population fait preuve d'une grande bonne
volonté pour loger la troupe, et à Mittersheim, où l'accueil des
habitants, qui ne parlent pas français, est simplement courtois. Quelques
Lorrains, libérés de l'armée allemande, arrivent au village. Après vérification
de leur identité, ils sont laissés libres et simplement invités à revêtir
des effets civils. Cette manière de faire produit dans le pays une
excellente impression. Le 21 novembre, à Harskirchen, la population, prévenue
par les éléments d'avant-garde, organise une réception. En cortège,
dans leurs plus beaux habits, les notables qu'accompagnent des jeunes
filles vêtues de blanc, suivis par une bonne partie des habitants,
viennent au-devant de la troupe. Le général PUYPEROUX commandant la 3e
DIC, arriva à point avec des officiers de son état-major pour recevoir,
les fleurs et les compliments, dont ceux d'une petite Alsacienne qu'il
embrasse. Quelques kilomètres plus loin, le général PUYPEROUX
à la tête du 23e RIC, entre solennellement dans la ville de Saar-Union.
La réception officielle est particulièrement chaleureuse. La
Marseillaise est chantée par un groupe de jeunes filles accompagnées par
la fanfare du régiment. Un seul bataillon, le 2e, cantonne à Saar-Union,
les autres, prennent le service aux avant-postes. Le 22 novembre, à bonne distance de Béning, des
jeunes gens, sur des montures fleuries, chevaux ou bicyclettes, se portent
au-devant du gros de la colonne. Le maire et le curé suivent en voiture.
Avec une touchante insistance, ils prient le lieutenant-colonel
JOUANNETAUD de prendre place à coté d'eux. Le Lieutenant-colonel
JOUANNETAUD accepte et parvient aux abords du village où sont rassemblés
les enfants des écoles. Une jeune fille costumée récite un compliment.
Le régiment traverse l'agglomération au milieu d'un réel enthousiasme.
Les jeunes gens à cheval suivent le colonel et participent à la réception
qui lui est faite dans la ville voisine. A Rorbach, l'accueil est plus cérémonieux. Toutes
les notabilités se tiennent à l'entrée de la ville. La municipalité,
en habit, les professeurs, le curé et ses deux vicaires, les soeurs, les
pompiers, successivement, par un de leurs représentants, tiennent à
exprimer leur attachement à la France, ainsi que l'affectueuse admiration
qu'ils vouent à ses soldats. Un député lorrain qui habite la ville, le
pharmacien, l'ingénieur des chemins de fer, offrent pareillement leurs
souhaits de bienvenue. Le régiment défile. A côté de son drapeau
flotte celui que la ville a conservé depuis 1870. Il reprend ensuite sa
place au fronton de la mairie. Le curé doyen, qui ne peut se déplacer en
raison de son grand âge, attend le colonel sur la haute terrasse où l'église
est bâtie. En quelques mots émouvants, le curé doyen décrit l'angoisse
qui l'étreignit à la pensée qu'il pourrait mourir sans avoir vu ce jour
de délivrance pour laquelle il exprime à notre armée toute sa
gratitude. Le 23 novembre à Breidenbach, le curé reçoit le
colonel et tient à honneur de le loger. L'accueil de la population, qui
ne parle pas du tout français, paraît tout d'abord un peu réservé. Les
Allemands ou Autrichiens viennent à peine de partir. Ils sont encore à
proximité de l'autre côté de la frontière, en Palatinat. Peu informés
au cours de la guerre, les habitants voudraient s'assurer, avant de
manifester leurs sentiments, que notre occupation est bien définitive. La
preuve en est qu'au bout de quelques jours, nos soldats sont l'objet de
toutes sortes de prévenances. On apporte dans les cantonnements,
aussitôt le réveil, des grands pots pleins de lait. Le maire, âgé de
soixante-dix ans, ancien soldat français, reste animé des meilleurs
sentiments. Le curé, avec la plus grande obligeance, traduit les affiches
et documents. L'instituteur, chaque jour, pendant plusieurs heures, étudie
notre langue avec passion et réalise d'étonnants progrès. Un bataillon cantonne à proximité, à Rolbing qui
n'est séparé du Palatinat que par le cours d'un petit ruisseau. La réserve
du début fait bientôt place à des sentiments de réelle sympathie,
inspirés par la bonne tenue et la correction de nos troupes. Le régiment pénètre dans le Palatinat le 1er décembre.
La progression se poursuit sans incident à travers le pays boisé et
assez accidenté, extrêmement pittoresque. Le 7 décembre, le 23e RIC entre à Kaiserslautern. Le
10, débouchant de la forêt du Hardt, il contemple à ses pieds la vallée
du Rhin. En stationnement, depuis le 10 décembre, le régiment
termine l'année dans la région de Grunstadt. Le 4 janvier 1919, le 23e RIC occupe Spiere et une
localité voisine, Berghausen. Il touche au Rhin. |