Historique du 1er Régiment de marche de Zouavesanonyme, Imp FERRAN Jeune Marseille |
Composition
du régiment.
Ses
gradés et ses zouaves appartiennent à tous les coins de FRANCE et d’ALGÉRIE.
Cela vient de
la constitution même du Régiment qui est formé à Saint-Denis le 10 Août
1914 avec le
4e Bataillon venu d’Alger le
5e Bataillon de Saint-Denis le
11e Bataillon formé par les réservistes des régions du Nord et de
Paris. Placé
sous le commandement du lieutenant-colonel HEUDE, il quitte Saint-Denis
pour la BELGIQUE le 12 Août. II appartient à la 75e Brigade qui fait
elle-même partie de la 38e Division. Au départ d'Alger, au débarquement
à Cette, à Saint-Denis, en Belgique, c'est partout sur son passage un
enthousiasme indescriptible. Le
patriotisme de la France s'est réveillé. C'est la revanche... Ceux qui
restent, vieillards, femmes, enfants savent refouler leurs larmes et
prodiguer les encouragements à ceux qui partent. Ces derniers ont hâte
d'aborder l'ennemi, de le refouler, de le culbuter, de lui faire payer
cher nos désastres de 1870. C'est
dans cet état d'esprit que le Régiment débarque à ANOR, passe en
Belgique et reçoit le baptême du feu au Châtelet, le 22 août 1914. Retraite
de 1914.
CHATELET !
Terrible surprise. Le premier choc est rude et sanglant, mais les zouaves du 1er restent face
à l'ennemi. Ce n'est que menacés sur leurs flancs et par ordre qu'ils
entament, la rage au coeur, le mouvement de repli qui les conduit
successivement à CLERMONT (25 août), RIBEMONT (30 Août), GUISE (1er
Septembre), MONTMIRAIL, MONCEAU-SUR-PROVINS (6 Septembre 1914). Que
d'amères désillusions au cours de cette rapide et pénible retraite.
Cependant le moral du Régiment reste intact. Les zouaves sont une troupe
d'élite que le malheur ne saurait abattre. Chacun a gardé au coeur le
secret espoir d'un retour offensif qui nous donnera la victoire. Aussi est-ce avec la conviction absolue de vaincre que le Régiment court
sus à l'ennemi dès qu'il en reçoit l'Ordre. La
Marne - Craonne. Le
13 Septembre, il aborde l'ennemi à FISMES et le 15 à la ferme
SAINTE-MARIE. Ce dernier combat est acharné et très meurtrier. Le
lieutenant-colonel HEUDE tombe à la tète de ses troupes et est remplacé
par le lieutenant-colonel BIGAULT DU GRANRUT. Dans
cette rencontre, le Régiment a donné la mesure de ce qu'il était
capable de faire. Sur le plateau de PAISSY, il fait mieux encore ; il
subit sans broncher du 20 au 26 Septembre les assauts furieux et répétés
de la Garde Prussienne et conserve la ferme de la CREUTE. Le général de
MAUD’HUY consacre la belle attitude du Régiment dans ces durs et pénibles
combats par la belle citation suivante : ORDRE
N° 20 DU 18e CA EN DATE DU 20 SEPTEMBRE 1914. Le
Général commandant le 18e CA, cite à l'Ordre du CA. Le
1er Régiment de Marche de Zouaves et leurs Chefs notamment commandant
RICHAUD, pour leur belle et énergique conduite à la Ferme de la CREUTE,
qu'ils ont conservée pendant 7 jours sous une violente canonnade, une
mousqueterie incessante et des assauts répétés ». Signé:
DE MAÜD'HUY Le
Régiment reste dans cette région jusqu'à fin Octobre. YSER
1914
Enlevé
précipitamment, il est débarqué à Furnes et opposé aussitôt aux
Divisions Allemandes dans leur première ruée sur l'Yser. Pendant deux
mois, les plus terribles de la guerre peut-être, (car il faut non
seulement lutter contre l'ennemi mais encore contre les éléments, les
misères psychologiques et morales) le Régiment harassé, extenué, sans
vêtements soutient un combat inégal, mordant parfois dans les lignes
ennemies, maintenant inviolées les positions dont la garde lui est confiée. Le
9 Novembre, il reçoit l'ordre d'enlever LUYGHEM. Attaque vouée à
l'insuccès à cause des inondations tendues dans la plaine. Les
Compagnies partent néanmoins bravement a l'assaut, mais les zouaves
s'enlisent et sont couchés par les feux des mitrailleuses à quelques mètres
des tranchées ennemies. Beaucoup sont tués, la plupart des survivants
regagnent dans la nuit la position de départ mais quelques-uns sont hélas
faits prisonniers. Les
Allemands, dans leur traîtrise, n'hésitent pas le lendemain a se servir
de ces derniers pour essayer de franchir plus facilement le canal. C'est
ici que se place le bel épisode du zouave inconnu du pont de DRIE
GRATCHEN. Le
12 Novembre au petit jour, poussant devant eux quelques uns de ces
malheureux prisonniers, les Allemands attaquent sur le front du Régiment.
Nos sentinelles apercevant des zouaves hésitent à ouvrir le feu, quand
l'un de nos compatriotes renouvelant l'exploit du Chevalier d'Assas s'écrie
: Tirez donc ! Nom de
Dieu ! Ce sont
les Boches. Acte
sublime fait d'abnégation et d'héroïsme. La postérité ne connaîtra jamais ce héros tombé sous les balles françaises
pour le salut de son pays et de ses camarades. Du moins pourra-t-on dans
nos écoles honorer sa mémoire en citant ce bel exemple de dévouement à
la Patrie, récompensé par : L'ORDRE
N°28 DE LA DE LA VIIIe ARMÉE EN DATE DU 19 NOVEMBRE 1914 Le
général d'Urbal cite à l'Ordre de l'Armée le Zouave inconnu du 1er Régiment
de marche de Zouaves. Le 12 novembre à 5 heures, une colonne allemande se
portait à l'attaque du pont de DRIE
GRATCHEN, défendu par le 1er Zouaves en poussant devant elle des
Zouaves prisonniers et en criant : 11e Bataillon, cessez le feu. Un
instant nos soldats et mitrailleuses interrompent leur tir, lorsque des
rangs allemands part ce cri poussé par un des Zouaves prisonniers : Tirez
donc ! Au nom de Dieu ! Une
décharge générale part alors de nos rangs, couche à terre les
assaillants et l'héroïque soldat dont le dévouement avait permis aux nôtres
de déjouer leur ruse. Si
le nom de ce brave reste inconnu, du moins le 1er Zouaves gardera-t-il le
souvenir de son sacrifice qui honore le Régiment à l'égal des plus
beaux faits d'armes de son histoire. HONNEUR
A SA MÉMOIRE Signé:
Général D'URBAL Courant
Décembre, le Régiment occupe un secteur à la côte 60. Exténué et
dans la boue, admirable de courage et de ténacité, il lutte jusqu'au 25
Décembre 1914. Depuis cinq mois il est sur la brèche, depuis le Châtelet
il n'a point connu de repos ; ses effectifs sont réduits à la plus
simple expression, ses zouaves n'ont plus d'effets ni de chaussures, mais
ils ont l'orgueil non seulement d'avoir arrêté l'ennemi, mais encore
d'avoir, à maintes reprises, fait oeuvre d'offensive acharnée. Ainsi ils
défilent à POPERING devant le Général HUMBERT. Ils font pitié à voir
sous leurs vêtements sordides mais ils passent la tête haute, le coeur
plein d'espérance. Au
cours d'un mois de repos dans la région de Montdidier et d'Honschoote
(Nord) le Régiment se reconstitue et est à même, fin Janvier
d'affronter de nouveaux combat. Nieuport.
Les
premiers jours de Février, la 38e DI, remaniée (les fusiliers marins
remplaçant les Tirailleurs algériens) prend le secteur de Nieuport. Le
1er Zouaves, la gauche appuyée à la mer, occupe le secteur en avant de
Nieuport-Bains face à la Grande Dune. Durant
cinq mois et demi, placé dans des conditions particulièrement défavorables,
n'ayant ni tranchées, ni abris dignes de ce nom, n'ayant avec l'arrière
que des communications précaires et praticables la nuit seulement, il
soutient un incessant et coûteux combat marqué par deux incidents
particulièrement glorieux pour le Régiment. C'est
d'abord l'attaque allemande du 9 Mai au cours de laquelle la 1ere ligne
complètement bouleversée par dix heures de bombardement intensif résiste
magnifiquement et couche sur place l'ennemi dés qu'il franchit ses
parapets. Puis
le coup de main du 11 Juin sur la Grande Dune tenté par un groupe de
volontaires du Régiment et un détachement du Génie (Cie 19/2) qui
attaque et se rende maîtres un instant de la Grande Dune, antenne
puissante aux mains des boches, cauchemar de tous ceux qui ont connu ce
secteur. De ce point dominant, avançant dans nos lignes, l'ennemi épiait
le moindre mouvement et faisait payer cher toute imprudence. Ils sont
nombreux, hélas, ceux qui sont tombés dans la Dune ; c'est le secteur
dit calme dans lequel le Régiment a eu le plus de pertes. C'est
durant ce long séjour sur les bords de l'Yser qu'apparaissent à
l'instigation du lieutenant-colonel ROLLAND, qui remplace au mois de Mars
le lieutenant-colonel DE BIGAULT DU GRANRUT, le journal La Chéchia et la
troupe théâtrale du 1er Zouaves le Chacal Hurlant. Durant
toute la campagne ces deux organes fourniront aux zouaves des
divertissements nécessaires et contribueront pour une large part à
maintenir élevé le moral du Régiment. Plessier-de-Roye
- Popincourt - Canny-sur-Matz.
Vers
le 10 Juillet, le Régiment quitte Nieuport et s'embarque à Dunkerque
pour la région de Montdidier. Il retourne prendre sa place à la 75e
Brigade qui appartient à ce moment à la 25e DI. Dès
lors il travaille à l'organisation du secteur de PLESSIER de ROYE face à
LISSIGNY et au PLEMONT. Courant Septembre il fait des travaux offensifs
considérables en avant de TILLOLOY-POPINCOURT, une action d'assez grande
envergure devant avoir lieu dans ce coin du front. L'attaque de Champagne
ne donne pas ce qu'on avait espéré et l'attaque projetée n'a pas lieu.
Le Régiment est relevé, mis au repos un mois dans la région de Mireuil
et de Moyenville et prend ensuite le secteur de CANNY-SUR-MATZ. Tout
l'hiver 15-16 se passe en travaux dans un terrain difficile. Le Régiment
lutte beaucoup plus contre l'eau et la boue que contre le boche peu actif
dans ce secteur. En Janvier le Régiment est relevé et cantonne pendant
plusieurs jours à Montdidier et environs. L'ennemi
qui prépare déjà l'offensive de Verdun donne de nombreux coups de sonde
sur différents points du front. Fin Janvier, le plateau de Nouvron paraît
particulièrement menacé et le Régiment quitte brusquement Montdidier
pour COEUVRES et LAVERCINE. Verdun
1916.
Cumiéres - Chattancourt. Lorsque
le 25 Février l'ennemi déclenche son offensive sur VERDUN, le Régiment
embarqué précipitamment à Villers-Cotterêts, est amené dans la région
de SOUILLY. Le 8 Mars il bivouaque à FROMERVILLE, reçoit quelques bombes
d'avions, passe dans le bois BOUCHET et BOURRUS la nuit du 8 au 9 et est
engagé le 9 au soir en avant de CUMIERES. Jusqu'au 21 il se maintient aux
lisières Sud du bois des CORBEAUX et de CUMIERES la droite appuyée à la
MEUSE. Débordé
sur sa droite et sur sa gauche par l'ennemi qui occupe d'une part :CHAMP,
CHAMPNEUVILLE, la côte du TALOU, et d'autre part la côte 265 et la Crête
N. du MORT HOMME, recevant des coups de fusils et des obus dans le dos, il
brise néanmoins par ses feux toutes les attaques ennemies et peut passer
à ses successeurs le secteur dans des conditions meilleures qu'il ne
l'avait pris. Il l'a, en effet, sillonné de tranchées, couvert de réseaux
de fils de fer, et plus tard c'est sur la " tranchée des Zouaves
" que viendront échouer les attaques contre CHATTANCOURT. La
19e Compagnie (Capitaine LEBESQUE) et;une section de la 16e Compagnie
(section de l'Adjudant FOURREAU) sont citées à l'ordre de l'Armée. Le
Colonel ROLLAND qui fut l'âme de la résistance est fait officier de la Légion
d'Honneur. La Division est félicitée par le Général de BAZELAIRE et
quelques jours plus tard le Général DEBENEY quittant son commandement
adresse, très ému, cet adieu touchant au 11e Bataillon qui lui rend les
Honneurs : Adieu aux Zouaves de CUMIERES Nouvron.
Après
un repos nécessaire dans la région de PARGNY-SUR-SAULZ et
CREPY-EN-VALOIS, le Régiment prend le 20 Avril le secteur de NOUVRON ou
tombent dru comme grêle les engins de tranchées de tous calibres et de
tous modèles. Courageusement
il entame la lutte. Tous
ses zouaves deviennent mineurs ou bombardiers ; en peu de temps avec le
concours du Génie et de l'Artillerie de tranchée, des abris profonds et
solides sont construits et de nombreux mortiers de 58 et de 240 ripostent
aux minenwerfers ennemis jusqu'à leur imposer silence. Mais,
quel effort fourni par le Régiment qui reçoit jusqu'à- mille bombes de
gros calibre par jour et en lance au moins autant après les avoir
transportées à dos d'hommes, dans les boyaux, pendant 1500 à 2000 mètres
! En outre, les unités passent jusqu'à cinquante jours en Première
ligne. Aussi à la fin Septembre la relève est-elle accueillie avec joie. Somme
Bois
de Chaulnes Pressoire Chilly Après
quelques ,jours de repos et de préparation dans la région de CRÉPY-EN-VALOIS
et du camp de CRÈVECOEUR, le Régiment est engagé dans la bataille de la
Somme. Le
21 Octobre le 4e Bataillon, encadré à droite par le 9e Tirailleurs et à
gauche par le 11e Bataillon, attaque les Bois de Chaulnes et s'empare du
Bois 4. Une
violente contre-attaque est enrayée après un combat acharné et le 4e
Bataillon (commandant SIMONDET) et la 42e Compagnie (lieutenant DE
TOURDONNET) soit cités à l'ordre de la 10e Armée. Il
pleut sans arrêt. Le terrain est transformé en marécages ; Ie Régiment
ne peut sans repos fournir un plus long effort et est retiré du front
pour quelques jours. Ramené
en ligne les premiers jours de Novembre, il attaque PRESSOIRE le 7. La
distance à parcourir est de près de 2000 mètres, la pluie ne cesse de
tomber, la marche est on ne peut plus difficile, on s'enlise dans les
trous d'obus, enfonçant parfois jusqu'à la ceinture et ne pouvant sortir
de cette situation que grâce au secours de plusieurs camarades. Néanmoins
à l'heure fixée les vagues d'assaut s'ébranlent et quarante minutes
plus tard, après un combat acharné aux lisières ouest du village, les
5e et 11e Bataillons se sont respectivement emparés de PRESSOIRE et du
Bois KRATZ. Pour
la première fois le Régiment est cité a l'Ordre de l'Armée. ORDRE
DE LA Xe ARMÉE N°245 du 5 décembre 1916 Le
21 octobre 1916, après avoir tenu plusieurs jours sous un bombardement
meurtrier et continu, et dans des conditions atmosphériques extrêmement
pénibles, a coopéré a l'attaque des Bois de Chaulnes avec un allant
superbe et dans un ordre parfait. Le 7 Novembre 1916, chargé sous les
ordres du lieutenant-Colonel ROLLAND d'enlever le Pressoire et le Bois
KRATZ, s'est acquitté de la façon la plus brillante de sa mission après
une lutte très dure à la grenade et en dépit d'une violente tempête de
vent et de pluie. Quartier
Général, le 5 Décembre 1916. Le
Général Commandant la Xe Armée. Signé
: MICHELET. Fin
Novembre le Régiment remonte encore en ligne à CHILLY où un
bombardement par obus toxiques cause des pertes sérieuses. Au
cours de ces deux mois de durs combats sur un terrain complètement
bouleversé, rendu impraticable par des pluies continuelles, malgré les
pertes, les privations, les fatigues, le Régiment a conservé un moral élevé
et reçoit pour ce fait les félicitations du général commandant l’Armée. Le
1er Zouaves et le 9e Tirailleurs quittent la 25e Division, passent à la
48e Division, et vont se reconstituer au camp de Neufchâteau. Le
Xon.
Les
premiers jours de Février 1917 par un hiver rigoureux (le thermomètre
enregistre en permanence de 15 à 20 degrés) le Régiment va occuper le
secteur de la Moselle à la forêt de FACQ. Du haut du Xon, il surveille
les vallées de la Moselle et de la Seille et signale à NANCY les avions
prenant leur vol de FHASCATY. Le calme du secteur n'est troublé que par
deux coups de mains tentés avec succès sur les postes ennemis. Pont
-à-Mousson qui jouit d'une immunité à peu près complète et où près
de 2000 civils continuent à vaquer à leurs affaires sans se soucier
outre mesure de l'ennemi qui est à leurs portes, accueille cordialement
les zouaves du Régiment. Les
premiers jours d'Avril, le lieutenant-colonel ROLLAND, regretté de tous,
quitte le Régiment qui, sous les ordres du lieutenant-colonel POIREL va
parfaire l'organisation offensive du secteur de REGNEVILLE-EN-HAYE. Le 7 mai il s'embarque à Toul pour aller participer à l'offensive de Champagne. Le
Cornillet
La
région des Monts résiste toujours. La
48e DI doit s'emparer des crêtes Ouest. Le 1er Zouaves, encadré par le
9e Tirailleurs à droite et le 2e mixte à gauche, doit enlever le
CORNILLET, forteresse redoutable, nouvelle tour MALAKOFF, contre laquelle
trois assauts sont venus se briser en moins d'un mois. Le
bombardement fait rage ; cette région autrefois couverte de forêts de
sapins est complètement dénudée. Ce ne sont que trous d'obus géants
dans lesquels gisent pêle-mêle des racines, des troncs d'arbres et
malheureusement de trop nombreux cadavres. Dans
la nuit du 19 au 20 le Régiment réalise son dispositif d'attaque. Le 20
Mai à 16H25 les trois Bataillons, 5e et 4e en 1ere ligne, 11e Bataillon
en soutien partent à l'assaut. Le barrage est violent, les mitrailleuses
crachent de toutes parts, mais les zouaves accomplissent magnifiquement la
mission qui leur est confiée. En moins d'une demie-Heure le Cornillet est
à nous. Le 4e Bataillon occupe les entrées du Tunnel dans lequel prés
de deux Bataillons ennemis ont été emmurés et asphyxiés par le
bombardement. La
réaction de l'ennemi est formidable. Il concentre sur cette colline complètement bouleversée le feu de
toutes ses batteries. Les
ravitaillements deviennent impossibles, les assaillants souffrent de la
soif et manquent de munitions. Les pertes sont terribles (11 à 1200
hommes en cinq jours) néanmoins les bataillons conservent le terrain et
repoussent plusieurs contre-attaques. Le
jour même de l'assaut le général VANDERBERG envoie au colonel
commandant le Régiment l'Ordre Général suivant : PC
RAPHAEL, 20 MAI 1917, 21 HEURES Zouaves
de mon vieux 1er Régiment Vous
etes partis aujourd'hui à l'attaque avec votre vaillance légendaire. La
forteresse du Cornillet, qui avait défié trois assauts, a été emportée
Par votre irrésistible élan. Je salue les morts glorieux tombés dans la
lutte. Vous êtes toujours comme en Crimée les Premiers Soldats du Monde. Merci Le
Général commandant le 10e CA Signé : VANDERBERG Ce
brillant fait d'armes lui vaut peu de jours après, sa 2e citation à
l'Ordre de l'Armée ORDRE
DE LA IVe ARMÉE, cite à l’ordre de l’Armée Le
général Gouraud commandant la IVe Armée, cite à l'Ordre de l'Armée Le
1er Régiment de marche de Zouaves Sous
l'habile et énergique direction de son chef le lieutenant-colonel POIREL,
le 1er Régiment de marche de Zouaves, aligné comme à la manoeuvre a
enlevé d'un merveilleux élan une position ennemie fort importante et
puissamment fortifiée. A su s'y maintenir, en repoussant plusieurs
contre-attaques et l'organiser malgré les bombardements d'une extrême
violence auxquels il a été soumis pendant cinq jours et cinq nuits sans
interruption. Quartier
Général, le 9 juin 1915. Signé
: GOURAUD. Le
16 juin au camp 202 près de HANS, il reçoit la fourragère aux couleurs
de la Croix de Guerre des mains du Général GOURAUD commandant la 4e Armée. Maisons
de Champagne.
Après
le Cornillet le Régiment qui croyait aller au repos remonte à Maisons de
Champagne sans avoir été reconstitué. Cet ordre accueilli par tous avec surprise est néanmoins exécuté comme
toujours avec entrain. Une fois de plus au cours de cette période difficile le Régiment se fait
remarquer par son esprit de discipline et son excellent moral. Il reçoit
encore à ce sujet les félicitations du Général commandant l'Armée. Le
repos vient enfin. Courant juillet le Régiment se reconstitue et se prépare
dans la région d'HERPONT à la prochaine offensive de VERDUN. Pendant ce
séjour à l'arrière le lieutenant-colonel DESSOFFY remplace le
lieutenant-colonel POIREL dans le commandement du Régiment. Verdun
1917
Pour
l'attaque du 20 août, la 48e DI, est placée derrière la DM qui enlève
brillamment ses objectifs et le Régiment n'intervient réellement que
pour relever le 8e Régiment de Zouaves sur les positions conquises.
Cependant sur la rive gauche, des Compagnies de mitrailleuses avaient pris
part aux tirs indirects avant l'attaque et prêté un concours apprécié
à la DM, et sur la rive droite la 42e Compagnie s'était emparée de
CHAMP. Jusqu'à
fin Décembre le Régiment reste sur les positions âprement défendues en
1916 et reconquises en 1917 par ses camarades d'Afrique. Il les organise,
fait de nombreuses incursions dans les lignes ennemies ramenant plusieurs
prisonniers. Mais le boche tient à se venger et pour la première fois,
le 20 Novembre 1917, à la suite d'une écrasante action d'artillerie nos
lignes sont violées par un « stosstrupp » qui durant quelques minutes
à peine occupe la barricade de la route de FORGES. Les Zouaves
contre-attaquent immédiatement ; l'ennemi qui a réussi à nous enlever
deux gradés blessés, laisse entre nos mains cinq morts et un prisonnier.
Une nouvelle tentative de sa part sur la côte de l'OIE échoue complètement. Le
6 Décembre 1917, le Régiment change encore de chef de Corps. C'est le
lieutenant-colonel KASTLER qui remplace le lieutenant-colonel DESSOFY
rappelé dans un État-major. En
descendant de VERDUN, la Division a laquelle appartient le Régiment est
alors en réserve générale d'Armée. L'ennemi préparant déjà sa
formidable offensive, ce sont dès lors des déplacements incessants. La
Division est envoyée sur tous les points du front où il y a un danger à
parer ou des travaux urgents à exécuter. C'est ainsi que le Régiment,
des Plateaux de la HAUTE-MARNE, est envoyé en LORRAINE, exécute des
travaux en arrière de NOMÉNY, puis en avant de COMMERCY. Alerté
le 26 mars, embarqué le soir même en camions autos, il est transporté
en une nuit dans la région d'EPERNAY. De
la, par voie de terre, il gagne le front au Nord de l'AISNE et fait de
nombreuses reconnaissances sur les rives de l'OISE et des travaux dans la
région de VEZAPONIN. Le
28 mars 1918, le lieutenant-colonel KASTLER, rappelé dans un État-major
est remplacé par le lieutenant-colonel POMPEY qui commande encore le régiment
et a eu l'honneur de le conduire aux brillants combats de 1918 et jusque
sur les bords du Rhin, au lendemain de, l'armistice. Le
front anglais parait menacé. Aussitôt
la Division embarque pour la région du Nord. Le Régiment part de RETHONDES le 14 mai, débarque
à WAVRANS et cantonne eux environs de SAINT-POL et de FREVENT. Il parfait
son instruction et n'a pas à intervenir. L'offensive
allemande du 27 mai le surprend bien loin du front intéressé. Parti
de la Gare de FREVENT, il débarque à Betz le 4 juin et cantonne le soir
même à ROUVRES que les habitants viennent d'évacuer. Contre-offensive
Mangin.
Au
7e ou 8e jour de l'offensive le front s'est stabilisé et pour fixer
l'ennemi il n'est pas fait appel au Régiment qui organise rapidement la
berge Ouest du Canal de l'Ourcq. Les travaux commencent à prendre
tournure quand il est alerté le 10 Juin au matin et embarque le soir même
pour aller participer à la contre Offensive MANGIN qui doit briser
l'attaque allemande sur le front MONTDIDIER-COMPIEGNE. Le Régiment roule
toute la nuit et descend des camions à ROUVILLERS le 11 Juin vers 5
heures du matin: Sans repos, sans prendre le temps de manger, les hommes
considérablement chargés, les mitrailleurs traînant leurs voiturettes,
le Régiment est engagé à midi, après une marche d'une quinzaine de
kilomètres. Il est réserve de Division, suit à faible distance les
vagues d'assaut, coupe la voie ferrée prés de la Gare de MAQUEMOULIN et
marche en direction de MARQUE-EGLISE. Ses
beaux Bataillons sous les obus et les balles marchent 'comme à la
manoeuvre, cela fait réellement plaisir à voir et bien augurer des
rencontres futures. L'ennemi est refoulé de plusieurs kilomètres, son
offensive est arrêtée, et dans la nuit du 12 au 13 Juin la Division
retirée du front est retransportée à son point de départ ou presque.
Ainsi en trois jours le Régiment a combattu 48 heures et parcouru environ
deux cents kilomètres en camions-autos. Après
cette randonnée il stationne à CHELLES, fait d'importants travaux sur
les plateaux à l'ouest et il quitte cette région que pour aller occuper
un secteur offensif dans la région de VILLERS-COTTERETS où le 10 Juillet
il relève le 201e RI devant au LONGPONT. Longpont
- Villers-Helon - Bois Mauloy
Il
entame immédiatement la lutte. Du 11 au 16 Juillet par des actions de détail
particulièrement brillantes s'empare successivement de LONGPONT, de la
ferme LAGRANGE, du Tunnel et des carrières de LONGPONT, du Hameau de
CATIFET et prend pied sur le plateau de VIOLAINE. Dès le 16 au soir le
1er Zouaves a vaincu toutes les résistances ennemies et montré qu'il est
toujours le Régiment d'élite dont l'éloge n'est plus à faire. Le
18 Juillet malgré des pertes sensibles et la fatigue résultant de
plusieurs jours de combats et du violent bombardement à ypérite du 17
Juillet, les effectifs combattants réduits des deux tiers, en liaison à
droite avec le 9e Tirailleurs, à gauche avec le 4e Zouaves, le Régiment,
dans un bel élan avec l'aide de quelques chars d'assaut, s'empare de
VILLERS-HELON et progresse jusqu'à la lisière Ouest du Bois de Maulov
qu'il enlève dans la matinée du 19. Dépassé le 19 au soir, il est
ramené à VIVIERES pour y goûter un repos bien gagné. Au
cours de ces différentes actions le Régiment réalise une avance de 6
kilomètres, capture un chiffre respectable de prisonniers et un important
matériel de guerre. Pour sa brillante conduite il est l'objet de la
citation suivante : ORDRE
DE LA Xe ARMÉE N°342 Le
général Mangin, commandant la Xe Armée cite à l'Ordre de l'Armée Le
1er Régiment de marche de Zouaves Sous
le commandement du lieutenant-colonel POMPEY, après une série de dures
actions de détail exécutées avec succès du 11 au 18 juillet, et dont
la réussite a eu une importance de premier ordre pour les opérations ultérieures,
a participé les 18 et 19
juillet à l'offensive générale avec une bravoure et un allant
admirable, brisant après des combats acharnés, toutes les résistances
ennemies. Au
cours de neuf jours de combats, a capturé 350 prisonniers, 13 canons et
130 mitrailleuses. Au
Quartier Général, le 9 octobre1918. Le
Général, commandant la Xe Armée Signé
: MANGIN Le
repos est de courte durée. Le 29 Juillet le Régiment, mis à la
disposition de la 25e DI, occupe l'importante position de PLESSIER-HULEU.
Il ne participe pas directement au combat qui fait toujours rage dans
cette région, mais, par des reconnaissances audacieuses et habiles, réussit
y à capturer quelques prisonniers et à fournir au Commandement des
renseignements précieux. L'ennemi
se repliant sur la VESLE, le Régiment est de nouveau retiré du front. A
CUVERGNON il se reconstitue et se prépare à de nouveaux assauts. Nampcel
- Ailette.
Par
des marches de nuit il gagne CHELLES où il bivouaque plusieurs jours. Les
cadres font quelques reconnaissances dans la zone à attaquer, et, dans
les nuits des 18 et 19 Août, le Régiment, renforcé par deux bataillons
Sénégalais (43e et 75e), occupe ses positions de départ aux
lisières Ouest du Ravin de NAMPCEL. Le
5e Bataillon, le 43e Sénégalais sont en 1ere ligne, le 4e Bataillon et
le 75e Sénégalais en soutien ; le 11e Bataillon d'abord réserve de DI
est remis par la suite à la disposition du colonel commandant le Régiment. Le
20 Août avant le jour le 5e Bataillon fait un bond en avant, se place le
plus près possible des lignes ennemies, capturant ainsi un poste avancé.
A l'heure H, il franchit rapidement le ravin de NAMPCEL et bondit sur les
Allemands avant qu'ils aient eu le temps de se ressaisir. La Ferme de
Nampcel est brillamment enlevée mais l'ennemi oppose une résistance
acharnée et il faut l'intervention des chars d'assaut pour déloger les
mitrailleuses et mitraillettes. Néanmoins
le premier objectif est atteint vers onze heures. Le
21 Aout, BLERANCOURDELLE et BLERANCOURT sont enlevés par le 4e Bataillon
après des combats particulièrement durs et meurtriers ; l'après-midi,
le Régiment parvient aux lisières de SAINT-PAUL-AUX BOIS. Dans la nuit
le 11e Bataillon s'empare de ce dernier village et de la rue de Noyon. Dans
la matinée du 22, le même bataillon conquiert de haute lutte la partie
Ouest du BOIS DE L'HÔPITAL et arrive au canal de l'AILETTE vers 10h du
matin. L'objectif
éloigné est atteint. Le Régiment en trois jours de rudes combats a réalisé une avance de 16
kilomètres, capturé de nombreux prisonniers, des canons de tous calibres
(77, 105, 210, 130) une automobile et un important matériel de guerre. Le
28, le Régiment, qui s'est organisé sur les positions conquises, reçoit
l'ordre de franchir le canal et de pousser son attaque jusqu'à la forêt
de Coucy. Mission particulièrement difficile à remplir : Le terrain est
parsemé d'obstacles ; le canal, l'Ailette, les villages de CHAMP,
MARAIS-LISSANDRE ; de plus, l'ennemi qui prévoit notre attaque est
très attentif et occupe fortement la berge du canal. Aussi le Régiment peut-il s'enorgueillir d'avoir réussi (après 10 jours d'engagements) à franchir le canal, la nuit, en quelques heures, sur trois mauvais radeaux faits de sacs « HABERT », et à pousser ses éléments avancés jusqu'aux lisières Sud de la basse forêt de Coucy. Le combat acharné coûte de nombreuses pertes au Régiment très affaibli. Le 2 Septembre, après un dernier effort tenté contre la forêt, réduit à l'état squelettique, il est relevé et conduit au repos dans la région de Coulommiers. Ces
brillants faits d'armes lui valent une nouvelle citation ORDRE
DE LA Xe ARMÉE N°344 Le
général Mangin, commandant la Xe armée cite à l'Ordre de l'Armée Le
1e Régiment de marche de Zouaves Sous
les ordres du lieutenant-colonel POMPEY, a, les 20, 21 et 22 Août 1918,
par des attaques menées avec son entrain et sa bravoure légendaires,
refoulé l'ennemi sur une profondeur d'une quinzaine de kilomètres, malgré
une chaleur torride et des fatigues extrêmes, réduisant toutes les résistances,
soit de front, soit en les manoeuvrant, grâce à l'énergie et à
l'habileté de son Chef de Corps et des Commandants d'Unité. Ayant
atteint son objectif éloigné, s'y est maintenu pendant six jours sous
des bombardements des plus violents d'obus explosifs et toxiques. Le 29 Août,
a opéré de nuit le passage de deux obstacles dans des conditions
particulièrement difficiles, sous le feu d'un intense bombardement et de
nombreuses mitrailleuses, rejetant l'ennemi au delà du deuxième
obstacle. A
fait plus de 600 prisonniers, dont 21 officiers, pris 32 canons, plus de
200 mitrailleuses et un matériel considérable. Au
Quartier Général, le 12 Octobre 1918. Le
Général, commandant la Xe Armée Signé
: MANGIN. Champagne.
Le
22 Septembre, le Régiment incomplètement reconstitué est appelé à
fournir un nouvel effort. Transportée
en automobile, en arrière du front de Champagne, la Division, pour
l'offensive du 26 Septembre, est placée en arrière de la 14e Division,
le Régiment derrière le 44e Régiment d'Infanterie qu'il doit se tenir
prêt à dépasser. Les premiers objectifs enlevés, le Régiment relève
le 44e RI face à la CROIX MUZA. —–V‹0‹0—V‹0ÖÃ.. —–V‹0‹0—V‹0gpA_x_toèdo.htmÿÿ_X_TODO HTM —–V‹0‘0É*íÄBA_x_toÍdoh.htm_X_TODOHHTM ™—V‹0‘0É*îÄDAbotin½fs.cnfÿÿBOTINFS CNF E˜V‹0±0f…±0~J–Abots.¸cnfÿÿÿÿÿÿÿÿBOTS CNF „™V‹0±0f…±0}JKAdoctoädep.btrDOCTODEPBTR f…±0±0°…±0¯KØÞAdeptoPdoc.btrDEPTODOCBTR f…±0±0°…±0ÏKhAlinki«nfo.cnfLINKINFOCNF ¼ V‹0¥0‡Œ0=Ć0AserviÉce.cnfÿÿSERVICE CNF \¡V‹0±0e…±0|JÅAservipces.cnfSERVICESCNF N¢V‹0±0É*AÄAstruc²ture.cnfSTRUCT~1CNF œ¢V‹0±0É*BÄTAwriteZto.cnfÿÿWRITETO CNF +£V‹0‘0É*CÄA_vti_¾cnfÿÿÿÿÿÿÿÿ_VTI_CNF o¤V‹0‹0¥V‹0DÄAservice.lckÿÿSERVICE LCK ²vZ‹0±0°…±0RT (Sud d'Aure), position fortement organisée
contre laquelle les assauts de ce dernier Régiment sont venus se briser.
Au cours des brillants combats des 28, 29, 30 Septembre et 1er Octobre, le
Régiment s'empare successivement de la CROIX MUZART, d'AURE et conduit
l'ennemi jusqu'à hauteur de la ligne LERY-ORFEUIL. Relevé,
après un cours repos dans la région désertique de TAHURE, il remonte en
ligne le 9 Octobre et au cours des journées des 10, 11, 12, déborde
ORFEUIL, dépasse le ravin de CONTREUVES, atteint l'AISNE devant VOECQ après
avoir délivré dans GRIVY-LOISY environ 5000 civils concentrés dans ces
villages par l'ennemi en retraite. Les Zouaves n'oublieront pas l'accueil
qui leur fut fait par ces enfants, ces femmes, ces vieillards porteurs de
drapeaux blancs et chantant la Marseillaise ou le Chant du Départ sous
les balles des avions ennemis. Une
cinquième citation à l'Ordre de l'Armée récompense ses brillants succès ORDRE
DE LA IV ARMÉE N°1449 Le
général Gouraud, commandant la 4e Armée cite à l'Ordre de l'Armée Le
1er Régiment de marche de Zouaves Sous
le commandement du lieutenant-colonel POMPEY, engagé dans la bataille du
26 septembre au 15 octobre 1918, après un court repos et un déficit
considérable en officiers et en hommes de troupe, a livré pendant cette
longue période de durs combats, attaquant par ses propres moyens et avec
un élan splendide des tranchées protégées par d'excellents réseaux de
fils de fer, surmontant toutes les difficultés avec une ténacité
remarquable et poursuivant enfin son adversaire, sans tenir compte des
pertes ni des fatigues, jusqu'à l'objectif le plus éloigné qu'il
atteignit un des premiers, capturant dans une progression de 30 kilomètres
plus de 300 prisonniers, des canons, un matériel impossible à dénombrer
et laissant derrière lui un champ de bataille couvert de Cadavres
ennemis. Au
Quartier Général, le 12 Novembre 1918. Le
Général, commandant la 4e Armée, signé
: GOURAUD Le
Régiment, relevé par des éléments Tchéco-Slovaques, est ramené loin
du front. Après un court repos, acheminé par voie de terre dans la région
de VOUZIERS, il suit pas à pas l'offensive qui dans les premiers jours de
Novembre conduit nos troupes de l'Aisne à la Meuse. Le jour même de
l'armistice, il doit relever une Division américaine qu’il ne remplace
que le lendemain à Remilly-sur-Meuse face à Bazeilles. Au
cours de l'Année Terrible, le 1er Zouaves avait aussi passé par là.
SEDAN qui vit sa reddition mais dont un habitant sauva le drapeau voit le
21 Novembre passer le 1er Régiment de marche de Zouaves, musique en tête
le drapeau du 1er Zouaves déployé. Le
souvenir de ce désastre est il jamais effacé ! Dès lors c'est une marche triomphale à travers la
BELGIQUE et le Luxembourg. Partout se dressent sur son passage des arcs de
triomphe élevés en hâte, mais dont les inscriptions en disent long sur
les sentiments des populations libérées. Les éléments du Régiment cantonnés à ETTELBRUCK n'oublieront pas de
sitôt l'accueil enthousiaste, qui leur fut fait. Après
un court arrêt dans le Luxembourg il reprend sa marche en avant, traverse
en autos les pays de la rive gauche du Rhin, passe le fleuve à COBLENTZ
et le 15 Décembre va occuper en avant de SINGHOFEN les postes avancés de
la tête de pont. |