HISTORIQUE DU 1er RÉGIMENT MIXTE DE ZOUAVES - TIRAILLEURS |
|
ORIGINES
- COMPOSITION. Le
12 Septembre 1914, à MERIGNAC, près BORDEAUX le 2e Régiment de Marche
de la 3e Brigade du Maroc, est constitué avec trois bataillons venus du
MAROC. Le
1er Bataillon CORNUT du 2e Zouaves du Groupe de TAZA Le
2e Bataillon RETZ du 3e Tirailleurs du MAROC Occidental Le
3e Bataillon MARQUET du 7e Tirailleurs Ce
nouveau régiment est placé sous les ordres du Lieutenant-colonel
VRENIERE. La brigade, dont l’autre Régiment était le 9e Zouaves
(Lieutenant-colonel NIESSEL) était commandée par le Colonel CHERRIER. LE
BAPTEME DU FEU - CARLEPONT. Le
13 Septembre, la 3e Brigade du Maroc quitte Bordeaux en chemin de fer.
Elle débarque le lendemain à CLERMONT-SUR-OISE et est dirigé le 15 sur
ESTREES SAINT DENIS. Le 16, 14 jours après sa formation, la brigade reçoit
l'ordre de marcher sur CARLEPONT. Le bataillon MINGASSON du 9e Zouaves est
dirigé vers les premières maisons de CARLEPONT, en marchant à travers
bois; il protége les deux régiments de la brigade, qui marche; les
Zouaves a l'est, les Tirailleurs à l'ouest de la route. La 37e D. I.
qui se trouve dans une situation des plus périlleuses a besoin d'être
dégagée. Ordre est donné
d'attaquer CARLEPONT. A la
sortie des bois, le bataillon CORNUT qui marche en tête reçoit le baptême
du feu et se déploie. Le mouvement en avant est très pénible sous un
feu violent d'artillerie et d'infanterie aussi le bataillon MARQUET est-il
obligé de venir renforcer les unités du bataillon CORNU qui ont été
toutes déployées. La
lutte est menée jusqu'à la tombée de la nuit ; les troupes s'établissent
sur les emplacements de combat et les Allemands menacés,évacuent
CARLEPONT pendant la nuit. A
partir de cette date la lutte se poursuit avec des alternatives diverses.
TRACY-le-VAL, BAILLY ( surtout sont l'objet de combats incessants :
la guerre de tranchée a commencé; c'est la période d'organisation et de
travail, les hommes pendant un long et dur hiver apprennent a vivre dans
les boyaux remplis de boue ; ils organisent des réduits, font des
patrouilles et des reconnaissances ils apprennent à être patients. Ils
s'endurcissent; Le « Poilu » de la grande guerre est en train
de se former. Le Commandant CAZENOVE est nommé Lieutenant-colonel le 15 Mars 1915 et prend le e général EBENER adressa par voie de l’ordre du 35e CA ses félicitations à la 12e Compagnie du 2e de marche (Capitaine BERAUD) qui dans la nuit du 1er au 2 octobre 1914 avait enlevé à la baïonnette une partie du village de BAILLY)
commandement du Régiment; celui:-ci est appelé 1er REGIMENT MIXTE DE
ZOUAVES TIRAILLEURS. Il conservera ce nom pendant toute la campagne et
l'illustrera maintes fois. LA
BELGIQUE. STREENSTAATE,
Mai 1915, la 1ere CITATION. Le
17 Avril, la 3e Brigade du Maroc est retirée de la région de COMPIEGNE
et transportée en ARTOIS ou elle entre dans la composition de la 153e D.
I. nouvellement créée (20 C. A.) avec la 306e Brigade; 2e et 4e
Bataillons de chasseurs à pied et le 418e Régiment d'infanterie
comprenant surtout des
jeunes soldats de la classe 1915. La 153e Division qui devait prendre part
a l'attaque du mois de Mars fut brusquement enlevé en auto camions pour
être employé en BELGIQUE, où les Boches, grâce à l'emploi de gaz
asphyxiants avaient gagné 7 kilomètres a l'ouest de la ligne
LANGEMARK-PILKEN. Débarqué à CROMBECK, le 1er Mixte est mis
à la disposition du Général QUIQUANDON commandant la 45° D. I. puis
tient le secteur HET SAS - BOESINGHE où il reçoit mission d'assurer coûte
que coûte l'intégrité du front. Il
est ensuite relevé et mis au r repos a WESTVLETEREN ou il s'exerce a préparer
une nouvelle attaque. Ramené
vers le canal de l’YPERLEE, le 1er Mixte va relever les unités de la
174ej Brigade en face de LIZ ERNE avec mission d'enlever ce village et
d'atteindre STEENSTRAATE. Le 5 Mai, à 3 heures, le Bataillon
CORNUT et le bataillon DE VENEL qui essaient d'attaquer la position
allemande sont rejetés sur leurs positions de départ. Jusqu'au
15 Mai, les essais d'attaque ne réussissent pas; il faut opérer méthodiquement et faire des travaux
d'organisation. Le Bataillon de VENEL, grâce a des cheminements a pu
gagner 60 Mètres dans la direction du canal de l'YPERLEE. La position
allemande est habilement organisée et défendue. Malgré
toutes les difficultés, le 15 Mai, à 15 heures, les Tirailleurs du 1er
Mixte enlèvent d'assaut, les premières tranchées allemandes et poussent
jusqu'au village de STEENSTRAATE s'emparant des premières maisons. Pour
aider ce mouvement, le commandant de VENEL s'élance à l'assaut avec la
Compagnie de réserve de son bataillon mais il est tué glorieusement à
la tête de ses hommes. A la droite la liaison est établie avec le 9e
Zouaves qui s'est rendu maître de HET-SAS. Les bataillons JOULIA et
CORNUT tiennent solidement les positions conquises et repoussent deux
contre-attaques ennemies. Mais
pendant les deux Journées du 15 et du 16 Mai, le bombardement est
effroyable et le régiment subit des pertes sensibles. Malgré cela,
toutes les attaques ennemies sont repoussées ; nous restons maîtres du
terrain. Mais le sol est jonché de cadavres et les tranchées conquises
pleines de morts et de blessés allemands. Les boches, cernés, coupés de
leurs communications avec la rive Est du canal sont dans l'obligation de
se rendre. Le régiment va être relevé, il l'a bien gagné; il a emporté
des tranchées solidement organisées garnies d'un rand nombre de
mitrailleuses, conquis de haute lutte un village redoute et s'est emparé
du pont reliant les deux rives du canal de l'YSER. Le
24 Mai la Brigade passe sous le commandement du Colonel MANGIN ; les
30 et 31 Mai, elle coopère aux attaques de la 45e DI dans la direction de
BOESINGHE et le 6 juin quitte définitivement la BELGIQUE après avoir
entièrement rempli la mission qui lui avait été confiée et mérite sa
première citation : «La
3° BRIGADE MAROCAINE, 1er REGIMENT MIXTE DE ZOUAVES-TIRAILLEURS et 9e
Zouaves, n'a cessé de se distinguer depuis le début de la campagne.
Vient, sous les ordres du Général CHERRIER et des lieutenants-colonels
CAZENOVE et MINGASSON de faire preuve d'une persévérance et d'un entrain
héroïques en enlevant a I'ennemi, par une lutte pied à pied qui a duré
plus de seize jours tous les points d'appui fortifié qu'il tenait à
l'ouest de l'YSER, le rejetant définitivement sur la rive orientale lui
infligeant d'énormes pertes et lui faisant de nombreux prisonniers. L'ARTOIS. NEUVILLE
SAINT WAAST, 1915. En vue de l'Offensive d'ARTOIS, le régiment a été concentré aux environs de MAIZIERE, arrivé le 16 juin 1915 sur
les bords de la SCAKPE, il est mis à la disposition de la 35e
Brigade. Près de la route de BETHUNE, les bataillons CORANJOU et CORNUT
qui attaquent, sont soumis a un bombardement terrible. Tout !tomme qui
bouge est abattu ; aussi, les pertes sont-elles très sensibles. De
plus, le tir de l'artillerie rend les communications très difficiles, le
ravitaillement en eau, en vivres et en munitions est presque impossible.
Et cette situation se prolonge jusqu'au 24, Tous le jours, le bombardement
continue Violent,
sans arrêt. La fatigue nerveuse est extrême et malgré cette tension de
tous les êtres, mal ravitaillés, voyant la mort partout
des autour d'eux, jusqu'au dernier jour, des contre-attaques à la
baïonnette eurent lieu. C'est
d'abord le 17où le bataillon COURANJOU reste toute la journée pris
d'enfilade par le tir de l'artillerie et des mitrailleuses et qui, malgré
des pertes énormes se prépare à recevoir l’ennemi lance des
patrouilles et se lie à droite et à gauche. C'est
le 21 juin où les 9e et 10e Cies, sous le commandement du Capitaine de
LUCE, se portent malgré un violent bombardement au point qui leur était
indique, l'occupent malgré les pertes, l'organisent et s'y maintiennent.
C'est le 23 juin où le sous-lieutenant ROUABI enlève sa Cie, charge à
la grenade et à la baïonnette les Allemands infiltrés dans un hoyau et
qui sont anéantis jusqu'au dernier. C'est
enfin le 23 juin où les 10e et 11e Cies se maintiennent dans des éléments
de tranchées complètement bouleversés par le feu de l’artillerie
lourde qui ensevelit en partie des unités entières. 10e
Compagnie : citation à l’ordre de CA n°157 du 30 juin 1915 :
Dans la matinée du 23 juin, la 10e Cie, commandée par le Sous lieutenant
ROUABI, étant chargée de protéger un mouvement de repli, s’élança
à la baïonnette sur une ligne d’infanterie allemande qui, sortant
d’un boyau attaquait l’arrière garde d’un autre bataillon. L’élan
de la 10e Cies fut tel que les allemands furent repoussés dans
le boyau dont ils étaient sortis, poursuivie et complètement anéantis
par les tirailleurs qui pénétrèrent à leur tour dans le boyau. LA
LORRAINE. REMISE DU DRAPEAU AU RÉGIMENT 25 AOÛT 1915. Le
16 Juillet, le régiment quitte l’ARTOIS et est transporté en LORRAINE.
A Partir du 18 Juillet, le journal des «Marches et des Opérations »
du Régiment, qui chaque jour, fait un compte-rendu exact de la vie du
Corps, porte « Reprise de l'instruction ; exercices du tireur ;
formation d’un peloton d’élève caporaux ; entraînement à la
marche ; manoeuvre de régiment ; manoeuvre de nuit avec autos
projecteurs ». Ainsi,
à l'arrière du front, pendant cette période de repos, le travail est
entrepris d'une façon intensive. Le Soldat des tranchées de
NEUVILLE-SAINT-WAAST, le héros des contre-attaques du 16 au 24 juin, est
remis a l'instruction individuelle marques extérieures de respect,
marches, maniement d'armes, exercices de combat. C'est de cette façon que
ce poilu de la Grande Guerre que nous avons vu recevoir le baptême du feu
à CARLEPONT, tenir ferme sur l’YSER et en ARTOIS va s'endurcir encore
et devenir le fameux soldat, le redoutable adversaire du guerrier
allemand, comparable aux soldats de la grande armée, qui magnifiquement
disciplinés et entraînés, partirent de BOULOGNE pour battre
l'Autrichien sur le DANUBE. Le
24 Août, au cours d’une revue du 20e Corps d’armée,
commandé par le Général BALFOURIER, Monsieur POINCARE, Président de la République, accompagné de
Monsieur MILLERAND Ministre de la Guerre, du Général JOFFRE, commandant
en chef et en présence du roi des Belges, ALBERT 1er , le «Roi
soldat», de lord KITSCHENER remet aux deux régiments de la Brigade,
leurs drapeaux décorés de la croix de guerre, en prononçant les paroles
suivantes : OFFICIERS,
SOUS-OFFICIERS et SOLDATS. «Ce
n'est pas sans une profonde émotion que je remets aujourd'hui à la 3o
Brigade marocaine, en présence de Sa Majesté le Roi des Belges, le
drapeaux où votre bravoure a dès maintenant épinglé tant de glorieux
souvenirs» «CARLEPONT,
TRACY-LE-VAL, BAILLY et QUENNEVIERES, le bois SAINT MARD et la route de
NAMPCEL, tous ces noms s'étaient déjà inscrits en traits de feu aux
premières pages de vos annales, lorsque dans une lutte pied à pied qui a
duré plus de seize jours vous avez rejeté l'ennemi sur la rive orientale
de l'YSER. » «Vous
avez ainsi commencé, avant de revnir vous battre aux environs d'ARRAS, la
libération de cette glorieuse BELGIQUE, dont l'auguste Souverain a tenu a
vous apporter lui-même aujourd'hui ses remerciements et ses félicitations.» «Avec
l'aide des héroiques troupes belges et de nos vaillants alliés, vous achèverez
votre oeuvre de délivrance et de salut. La France ne sépare pas sa cause
de celle de ses amis. Honneur et Loyauté sont comme le sol même de
toutes nos Provinces, partie intégrante et inaliénable de notre
patrimoine national. Recevez
ces drapeaux; couvrez les d'une gloire nouvelle et faites-les flotter
bientôt avec ceux de toutes les nations alliés sur l'Europe affranchie. » LA
CHAMPAGNE. LA
BUTTE DU MESNIL. Le
14 Septembre 1915, la Brigade Marocaine est transportée dans la région
SOMME-BIONNE, VALMY, afin de prendre part à la grande attaque de
CHAMPAGNE. Le
26 Septembre, le 1er Mixte reçoit l'ordre d'attaquer les tranchées
allemandes dans la direction de RIPONT. Le lendemain la Brigade marocaine
renforce la 39e D I. qui a pour mission d'enlever l'ouvrage de la «Défaite»
et d'atteindre coûte que coûte la DORMAISE et RIPONT. Le 6 Octobre
l'attaque de l'ouvrage a lieu. A 5 heures 20, quatre vagues d’assaut,
formées par le régiment se portent simultanément en avant d'un élan
magnifique. Un quart d'heure après, les deux premières vagues, constituées
par les deux bataillons de première ligne occupaient déjà la deuxième
tranché allemande ; toute résistance de la garnison de l'ouvrage avait
été inutile; les survivants : 10 prisonniers furent renvoyés à l'arrière.
La position conquise fut aussitôt organisée. Mais malgré les prodiges
de valeur,devant des contre-attaques furieuses de l'ennemi nous fumes
obligés d'évacuer l'ouvrage ; il faut ajouter aussi que ce jour là le
tir mal réglé de notre artillerie de campagne décima nos propres
troupes. « ON
NE PASSE PAS ! » VERDUN 1916. DOUAUMONT
LA COTE 304. Le
23 Février 1916, le 1er Mixte arrive dans la région de VERDUN et le 24
est placé en réserve au sud de la redoute de SOUVILLE. Le
25, le Lieutenant-Colonel LAINNE, qui commande le Régiment se porte avec
les bataillons Font-Réaulx et Gross ainsi que la Cie de mitrailleuses
ODDE dans le ravin au nord de la ferme THIAUCOURT, pour contre-attaquer
les Allemands; l'instant est critique. Les armées du Kronprinz se sont ruées
sur VERDUN espérant s'emparer de la citadelle et faisant miroiter aux
yeux d’un peuple déjà fatigué de la guerre, le mirage d'une paix
prochaine avec la victoire des armées allemandes. Mais les héros de
VERDUN prouveront aux Allemands qu'il faut compter avec les forces de la
FRANCE. Une barrière humaine arrêtera le flot boche et, le 1er Mixte,
dans cet enfer de VERDUN participera largement à cette bataille de géants,
qui après fa MARNE en 1914, sauva encore la France et justifiera le
surnom de « Passe pas ! » donné par ceux de VERDUN au Général
PETAIN, l’organisateur et l’ame de la défense. Le
25 Février, à 4 heures, après une marche extrêmement pénible, par une
nuit très noire, aveuglés par la neige, les deux bataillons atteignent
les emplacements désignés. La
liaison s'établit : à droite aux dernières maisons désignés. a
l'ouest du village de DOUAUMONT avec le 95e Régiment d'infanterie; a
gauche, avec le 9e Zouaves. Dès la pointe du jour, les Bataillons
subissent un bombardement d'obus de tous calibres qui causent des pertes
très sensibles. A 14 heures, le bombardement de l'artillerie lourde
devient particulièrement violent ; le sol est complètement raviné par
les obus. Sous un pareil ouragan, une des unités du bataillon de gauche cède.
Le chef de Bataillon de FON-REAULX prend alors un fusil et seul, sous une
pluie de fer et de feu se dirige lentement vers le point où ses hommes s'étaient
abrités, arrive au sommet du mamelon , il ' s'écrie: «Debout, mes
enfants!» Instantanément les tirailleurs se lèvent et se rangent auprès
du Commandant. Après
les avoir fait numéroter et mettre l'arme sur l'épaule droite, il crie :
En avant, Marche ! et sous la rafale d'obus il les ramène au pas
cadencé sur la ligne de feu. Le bombardement redouble de violence et se
poursuit sans arrêt jusqu'à 18 heures causant de grosses pertes : la
plupart des Officiers ont disparu. A 15 heures une vigoureuse attaque
ennemie se déclanche ; elle est repoussée par les feux des Tirailleurs
qui n'ont pas bronché. A 17 heures, nouvelle attaque, plus violente que
la première. Les Tirailleurs fléchissent puis enlevés par les Officiers
qui restent, se ressaisissent et se jettent à la baïonnette sur les
Allemands qui n'attendent pas le choc et reculent. Ils n'ont pas passé ! Dans
la nuit du 26 au 27 Février, les deux bataillons sont relevés et
rejoignent la ravin sud de la redoute de SOUVILLE. Ce
que viennent d'accomplir ces deux bataillons du 1er Mixte, arrivés le 23
et relevés le 27 Février après être passés dans la fournaise, c'est
l'historique de la bataille de VERDUN. Aussi, il s’imaginer la quantité
de troupes qui ont été engagées et ce qu’a pu être, pour le
commandement ce seul coté du probleme : le ravitaillement en hommes
et la relève. La solution a été trouvée ! Il y a vait une file
ininterrompu d’auto camions
qui venaient qui venaient déverser à VERDUN leur cargaison humaine ;
un itinéraire était adopté pour l'aller et un autre différent pour le
retour afin d'éviter tout arrêt. Et ce long chemin, jalonné par les
localités de BAR LE DUC, NAIVES devant BAR, ERIZE LA BRULEE, ROSNES,
ERIZE LA GRANDE, ERIZE LA PETITE, CHAUMONT SUR AIRE, ISSONCOURT, HEIPPFS,
SOUILLY, LEMMES qui conduisait à la mort et à la gloire et auquel on ne
peut songer sans avoir les larmes aux yeux, a été baptisé d'un nom
antique: LA VOIE SACREE. Mais
le rôle du 1er Mixte ne s'est pas arrêté â VERDUN le 27 Février. Il a
fallu recommencer car le Boche, de son coté, multipliait ses efforts et
les renouvelait sans cesse. Le
2e Bataillon a pour mission d'attaquer le fort de DOUAUMONT occupé par
les Allemands. L'attaque a lieu vers midi le 26 Février 1916. La première
vague d'assaut arrêtée dans les réseaux de fil de fer est presque anéantie. La
2e vague, malgré la fusillade et les mitrailleuses qui prennent le
bataillon d'enfilade, parvient à s'accrocher au sol et commence avec ses
outils portatifs une tranchée tout le long du front. Le 2 Mars le
bataillon CASSE-BARTHE est devant la gorge du fort de DOUAUMONT ayant à
sa droite le bataillon CALVIA sur les pentes ouest du ravin dans lequel
passe le chemin de DOUAUMONT à VAUX et à la droite encore de celui-ci le
bataillon GROSS. Le 3 Mars le Lieutenant-Colonel reçoit l'ordre de
maintenir intact le front et de ne pas céder un pouce de terrain à
l'ennemi. Malgré
un bombardement d'une violence extrême qui causa des pertes terribles,
malgré des contre-attaques furieuses et fréquentes, grâce à une force
de résistance indomptable l'ordre fut exécuté. Toute
la 153e Division avait été à la peine dans cette bataille ; aussi
avait-elle bien mérité l'honneur de cette belle citation : La
153e division (9 Régiment de marche de Zouaves, 1er Régiment mixte de
Zouaves et Tirailleurs, 418e R.I, 2e et 4e Bataillons de chasseurs à
pied) «Après
avoir montré sous les ordres du Général DELIGNY un esprit d'offensive
remarquable, les 24 25 et 26 Février 1916, a fait preuve, les jours
suivants d'une ténacité, d'une endurance, d'un entrain, d'une volonté
de ne rien céder à l'ennemi, au dessus de tout éloge. A tenu pendant
onze jours consécutifs, nuit et jour, en terrain découvert, sans relève
possible, sous un effroyable bombardement de tous calibres un secteur dont
elle n'a pas perdu un pouce et dont elle ne sortait que pour tenter des
contre-attaques en vue d'arrêter l'offensive ennemie. » 24
Mars 1915. Général PETAIN. LA
SOMME, 1916 Maurepas,
Saint Pierre Waast Le
25 Avril 1916; le 1er Mixte quitte la région de Verdun et débarque dans
les environs d'Abbeville. Jusqu'au au 2 juin, cette période de repos est
mise à profit pour l'organisation d'un nouveau genre de travail: il y a
maintenant des cours de fusils-mitrailleurs, des cours de grenadiers et de
bombardiers des cours de signalisation. La guerre de tranchées a créé
une tactique nouvelle; les moyens d'attaque et de défense se sont
perfectionnés. A l'arrière, les troupes créent et organisent des
positions copiées sur celles de l'ennemi (lesquelles ont pu être revelées
à l'aide des photographies d'avions et font une répétition méticuleuse
de l'attaque de ces positions. Le jour du combat, chacun connaîtra son rôle
et se trouvera prêt à le remplir en première ligne au moment de
l'assaut, le grenadier comme le nettoyeur de tranchées avec son couteau
et son revolver. A
partir de la mi-juin, le régiment est également employé à des travaux
de mise en état du secteur du 20e Corps d’Armée (Général Balfourier)
dans la région de Braye-sur-Somme, Suzanne, Maricourt: les hommes
transportent des projectiles en première ligne. Le
20 juillet, le bataillon Cassé-Bathe attaque avec un élan magnifique et
atteint les objectifs qui lui avaient été assignés vers la butte de
MAUREPAS. Pendant l'opération, une fraction du 9e Zouaves chargée
d'assurer la liaison, soumise au feu violent d'un groupe de mitrailleuse,
situé à 250 M, au nord a un instant de flottement. Le Capitaine Rons
prend alors lui-même le commandement d'une section et grâce à son
attitude énergique redresse le front ; une section de mitrailleuses
ennemies installée près du chemin de fer est anéantie par nos
grenadiers qui font 70 prisonniers. Le
12 Août, a lieu l’attaque de MAUREPAS par la 153e D. I.
appuyée à gauche par le 1er Corps d'armée britannique. L 'objectif de
la 153e DI est le village même. Les 1er et 2e Bataillons du 1er mixte
prennent part a l’attaque. Les objectifs qui avaient été désignés,
les tranchées nouvelles, sont facilement atteints, pendant que le 9e
Zouaves occupe la partie sud de MAUREPAS, jusqu’au cimetière et à l'église.
Du 13 au 18 Août, on se fortifie sur les nouvelles positions et le 18
l'attaque a lieu nous rendant maître de MAUREPAS a l'intérieur duquel le
1er Mixte a pénétré, luttant à la grenade. Jusqu'au
11 Novembre la position conquise est organisée; le temps est partagé
entre des repos et des travaux de fascinage. Les hommes sont en permission
dans leur famille en France en Algérie, même â l'étranger. Et c'est un
des traits curieux de cette longue guerre: Pendant que sans arrêt la
bataille continue sur les fronts ou les armées sont en présence, que les
soldats face à face dans les tranchées s'entretuent d'autres soldats
s'en vont tranquillement chez eux passer la permission réglementaire de
dix jours : la permission de détente. Le
12 Novembre, pendant une reconnaissance du secteur de première ligne, le
brave Commandant CASSE-BARTHE est tué. Le
14 Novembre, dans le secteur de SAINT PIERRE WAAST, l'attaque de la maison
forestière a lieu mais arrête par des feux de mitrailleuses le 2e
Bataillon ne peut déboucher des tranchées. L'attaque est renouvelée la
nuit suivante : mais le mauvais état du terrain et le tir trop court de
notre artillerie l'empêchent de réussir. Aussi le 15, voyant notre arrêt
et après un bombardement extrêmement violent de nos premières lignés,
les Allemands font une contre-attaque très forte. Néanmoins, la 5e Cie
(Capitaine GERVAISE) et la 7e Cie (Lt. Ste. CHAPELLE) se maintiennent sur
leurs positions en face de !a lisière est du bois SAINT-WAAST. Les jours
suivants sont employés au renforcement et a l'amélioration de la ligne
de tir, à la création d'une ligne de soutien et d'abris pour les troupes
de réserve. Le
1er mixte est ensuite envoyé dans la région de NANCY Pour y faire des
travaux de secteur. L'instruction de détail des unités est également
reprise et le 10 janvier 1917, la 153e D.I. interrompt ses travaux pour
retourner occuper les cantonnements de Lorraine dans la région de
VIGNEULLES. Le déplacement eut lieu par voie de terre et le froid et le
verglas occasionnèrent de grands retards aux équipages. Janvier et février
sont employés à perfectionner l'instruction des unités et aux travaux
d'aménagement dans le secteur. Puis
dans la région de Bourg et Camin, le 1erMixte vient continuer de durs
travaux de routes commencés par le 9e Zouaves. Pendant
les opérations d'août le 1er bataillon s'était particulièrement
distingué et son chef le Commandant GROSS avait mérité cette citation
très élogieuse: «Excellent
officier supérieur qui a su faire affirmer par son unité au cours des
combats des 16 et 18 aout 1916 la vieille réputation de vaillance des
Tirailleurs Algériens. Placé au centre du front d'attaque de sa
-Division, s'est emparé de haute lutte de tous ses objectifs et les a
conservés, contribuant ainsi pour une large part au succès de
l'offensive et à la conservation du terrain conquis.» Ordre
de la 6e Armée du 13 septembre 1916. No 391 Signé:
Fayolle L'OFFENSIVE
DE L'AISNE, AVRIL 1917 LE
CHEMIN DES DAMES. Les
travaux entrepris dans la région de l’Aisne où se trouve maintenant le
Régiment sont éloignés du front. Et cependant le bombardement ennemi coûte
chaque jour au 1er Mixte des pertes sensibles. Le 14 Avril 1917, le régiment
monte dans le secteur de VENDRESSE pour prendre ses positions de combat.
L’attaque est imminente. Un
dispositif de combat : Le
jour fixé pour l'attaque, appelé «jour J» est le 16 avril. L'heure
indiquée pour le départ, ou heure H est 6 heures, le dispositif de
combat est le suivant : 1ere
ligne d'attaque Bataillon
BARNAUD en formation d’assaut: 4 vagues. La
Cie de mitrailleuses du bataillon est répartie entre les unités de 1ère
ligne. Le
Bataillon de la 2éme ligne d'attaque suit le sillage du bataillon précédant,
les 3 Cies marchant en petites colonnes, la 3e Cie dans l'axe de
l'attaque. Les
bombardiers marchent en tête du bataillon de 2e ligne, collés a la 4eme
vague d'assaut de bataillons de 1ère ligne. Le
bataillon de la 3eme ligne d'attaque prend une formation en losange et
suit les traces des bataillons précédents, sa Cie de mitrailleuses au
centre. A
6 h 30, le bataillon de 1ère ligne a déjà dépassé les pentes du ravin
de Chivy où 230 prisonniers ont été surpris dans les grottes situées a
l'est de ce ravin. A 7 heures, tranchée de WALDECK est dépassée. A 7 h
30, les premiers éléments traversent le Chemin des Dames. A 8 h, ils en
sont à 300 m au nord. Mais
à la droite du Régiment, le 418e R. I. éprouve d'énormes difficultés
a progresser devant CERNY. Le flanc droit est en l'air : ordre est donné
de s'arrêter. Dans la nuit du 21 au 22 avril, après avoir subis le feu
violent de l'artillerie lourde allemande, le Régiment est relevé. Les
pertes ont été sévères : 13
Officiers blessés dont le Lieutenant-Colonel LAINNE Ie 16 Avril et 4 tués. 121
hommes tués et 423 blessés. Le
1er Mai, le Lieutenant-Colonel MOREAU venu du Régiment Marocain prend le
commandement du 1er mixte. Le
Régiment procède rapidement à sa réorganisation : il reçoit 500
hommes en deux renforts. L'instruction est reprise; dans la nuit du 8 au 9
Mai, le Régiment relève sur le Chemin des Dames, devant Cerny en
Laonnois le 401e RI. Il restera dans ce secteur agité jusqu'au 16 Mai.
Les Boches ont renforcé formidablement leur front de l'Aisne. Les
contre-attaques ennemies sont journalieres et menées avec la dernière énergie.
Le 1er Mixte conservera son front intact en dépit de tous les
efforts de l'adversaire. La 5e Cie (Capitaine GERVAISE) s'illustrera dans
une contre-attaque mémorable et méritera une citation a l'ordre de
!'ARMEE: 5e
Compagnie CITATION
A L'ORDRE DE L’ARMEE Ordre
du Régiment N° 365 du 12 juin 1917. (Extrait de l'Ordre de la 6e Armée
du 31 Mai 1917) «Sous
le Commandement de son Chef, le Capitaine GERVAISE, a occupé, en fin de
combat une position non encore organisée et en contact immédiat avec
l'ennemi. En a assuré, pendant cinq jours, l'organisation et la défense,
ne prenant pas un instant de repos et malgré un bombardement incessant. A
repoussé le 14 Mai 1917 une violente attaque mettant en fuite les groupes
ennemis qui avaient réussi à franchir les barrages d'artillerie. A
collectivement fait preuve, pendant cette période, des plus belles qualités
d'énergie, de bravoure de discipline et de bonne humeur.» Les
pertes, pendant cette courte période, sont cruelles. Le régiment est de
nouveau retiré du front dans la nuit du 16 Mai et remplacé par le 22e
D'Infanterie. Du 16 au 21 Mai, repos dans le s bois de Madagascar. La
tâche du 1er Mixte sur le Chemin des Dames n'est pas terminée. Dans la
nuit de 21 au 22 Mai, il relève sur l'éperon de Braye en Laonnois, le
418e RI ; secteur des plus ingrats, les unités sont accrochées à
la crête du Chemin des Dames avec derrière d'énormes ravins
impraticables (Ravin des VAUX-MERONS). La position est des plus difficiles
et l'ennemi fait pleuvoir sur nos tranchées à peine ébauchées des
projectiles de tous calibres. Les Zouaves et Tirailleurs du 1er Mixte ne cèdent
pas un pouce de terrain et lorsqu’ils seront relevés dans la nuit du 2
au 3 Juin, ils pourront être fiers de l'oeuvre accomplie par eux sur ce
champ de bataille dont le nom restera à jamais célèbre. LA
WOEVRE, 1917 BOIS
le PRETRE. Au
mois de Juin, le Régiment est transporté en Lorraine et le 30, il
stationne dans la région au nord de NANCY, d'abord en réserve d'armée,
puis en secteur relevant le 9° Régiment de Zouaves. C'est le secteur du
Bois le Prêtre qui sera tenu par le 1er Mixte pendant l'hiver. Les
bataillon se succèdent à intervalles réguliers pour relever les unités
en première ligne ; on exécute des coups de main pour aller chez
l'ennemi prendre des prisonniers et obtenir des renseignements sur la
situation. L'instruction des unités est reprise ; un grand changement
s'est opéré depuis le début de la campagne dans la Cie d'infanterie :
le «Poilu» casqué, habillé de bleu horizon, a maintenant des fonctions
spéciales; il est grenadier-voltigeur et son arme terrible dans la défense
comme dans l'attaque est la grenade explosive qu'il lance sur l'assaillant
pour l'arrêter ou dans la tranchée à conquérir et dans les abris de la
tranchée conquise. II est aussi fusilier-mitrailleur et sert dans les
deux équipes de fusils-mitrailleurs dont se compose une section
d'Infanterie. Tout cela demande un entraînement, afin de maintenir chez
l'homme l'esprit offensif; mais il faut aussi se détendre et entretenir
la bonne humeur; il y a des troupes ambulantes qui se déplacent en arrière
du front et qui viennent distraire les troupiers dans les cantonnements de
repos, en donnant d'excellentes représentations théâtrales. VERDUN
1918. LES
CHAMBRETTES. Le
18 Janvier 1918, le Régiment est enlevé en auto-camions et transporté
à VERDUN. Tandis que 2 Bataillons l'E-M et la C. H. R. sont cantonnés
dans les casernes Miribel, le 1er Bataillon est envoyé aux abris de
FLEURY. Puis les bataillons se remplacent et roulent entre eux pour la relève.
Pendant deux mois entiers d'hiver, le Régiment va tenir un des secteurs
les plus épouvantables qu'il ait jamais connus. II n'y a plus de tranchées,
plus de boyaux d'accès; les quelques sapes qui existent sont remplies
d'eau; les hommes sont couverts de boue. De plus, les allemands qui
veulent donner le change sur leur offensive prochaine ne laissent aux
troupes aucun moment de répit : les bombardements succèdent aux
bombardements; ne le cédant en rien comme violence, les obus toxiques (ypérite)
font de nombreuses victimes. Les hommes gardent constamment le masque de
protection contre les gaz; les relèves deviennent de plus en plus
difficiles. Les allemands multiplient les coups de main qu'ils exécutent
avec des troupes d'élite, appelées « stosstruppen ». Le
Régiment quitte la région de Verdun le 1er Avril; il est d'abord
transporté aux environs de MEAUX (CHANGIS SUR MARNE - LUCX sur MARNE) où
il reçoit un premier renfort de Tirailleurs (700 hommes venant du 7°
Tirailleurs.) L'organisation des unités se poursuit activement, car les
ordres du Commandement prescrivent d'être prêt à marcher au plus tôt.
L'offensive allemande bat son plein en direction d'Amiens. Le 6 Avril, le
1er Mixte est transporté dans la région au nord de Senlis
(ERMENONVILLE). Un renfort de 300 zouaves de la classe 1918 arrive le 7
Avril; le régiment est complet. La 153e D. I. est en réserve a la
disposition du G.Q.G. Une prise d'armes du Régiment a lieu le 10 Avril.
Le Lieutenant-Colonel MOREAUX passe en revue son régiment sur les
plateaux au Nord-Est d'ERMENONVILLE; les Cies, renforcées par les hommes
venus des B.I. se présentent dans une attitude superbe. Le
Lieutenant-Colonel, après avoir félicité la troupe de sa belle tenue,
retrace en quelques paroles vibrantes, le glorieux passé du régiment,
indique les nouvelles tâches à remplir, et présente le drapeau aux
jeunes soldats. Le
12 Avril, le régiment quitte la région de SENLIS pour gagner en étapes
la région au nord d'Amiens ou la 153e D. I rentrera dans !a composition
de la Xe Année (Général MAISTRE) Cette armée est destinée à étayer
le front anglais si menacé par l'offensive de Mars. Le Régiment marche
pendant 20 jours. Les étapes sont longues et pénibles, les jeunes
soldats sont dés leur début, astreints a un rude entrainement mais le
moral est très élevé et la confiance se lit dans le regard de tous. Le
5 Mai, le Régiment arrive à son point de concentration au nord d’AMIENS
(VILLERS-BOCAGE - RENNE – RENEVILLE). L'instruction
est reprise aussitôt. Des manœuvres de cadres sont organisées sous la
haute direction du Général MAISTRE. La troupe est soumise à un entraînement
intensif. Les nouvelles méthodes de combat résultant des enseignements
de l'offensive allemande sont appliquées avec un soin particulier. La
troupe est employée, en dehors de l'instruction, a la création d'un système
de défense en arrière des positions anglaises. Cette période d'entraînement
dure jusqu'au 30 Mai, ou la 153e D. I. est appelée pour une tâche
glorieuse. C'est
celle de la contre-offensive qui va se préparer et dans laquelle le 1er
Mixte, sans arrêt sur la brèche, ne recueillera plus que des lauriers.
Le régiment est transporté par auto-camions jusque dans le pays de
VILLERS – COTTERETS. MONTGOBERT,
Juin 1918. Au
1er juin 1918, la situation d'effectifs du 1er Mixte est la suivante : 68
Officiers, 2552 hommes de troupe et au centre d'instruction de la D. l, il
a encore une réserve de 9 Officiers et 768 hommes. C'est
ainsi constitué que le régiment reçoit le18 juin,dans la région de
MONTGOBERT, son ordre d'attaque. On
voit apparaître un nouvel engin de combat; les chars d'assaut, véritables
cuirasses auxiliaires précieux des troupes d'attaque. Les merveilleux
appareils opèrent en liaison avec l’infanterie, précédant les vagues
d'assaut. Le résultat est beau; le régiment fait 101 prisonniers et
capture 5 mitrailleuses. LA
CONTRE-OFFENSIVE. Le
2 juillet 1918, la 153e D. I reçoit l'ordre du départ. Elle
comprend maintenant: le 9e zouaves, le 1er Régiment mixte et le 1er
tirailleurs marocains ; chaque régiment est à 3 Bataillons. Le
bataillon de Zouaves qui faisait jusqu'ici partie du 1er Mixte
est passé au 7eTirailleurs. Mais le régiment conservera son titre de 1er
Mixte qu'il a déjà illustre sur maints champs de bataille. La
composition du Régiment, au moment ou il va entrer dans cette période décisive
de la lutte contre l'Allemagne est la suivante: État-major 1er
Bataillon (1er Bataillon du 7e Tirailleurs) 2e
Bataillon (7e Bataillon du 7e Tirailleurs) 3e
Bataillon (3e Bataillon du 7e Tirailleurs). Au
moment du départ du Régiment, l’ordre de la brigade, après avoir
rappelé les faits d'armes du corps ajoute: «Aujourd'hui, encore, VALSERY,
SAINT PIERRE AIGLE et la forêt de RETZ sont de nouveaux titres de gloire.» (Colonel
PAULMIER cdt le 306e Brigade) BATAILLE
DE L'AISNE A LA MARNE, 10 au 21 Juillet. Les
pertes subies dans la région de MONTGOBERT ont nécessité une réorganisation
du Régiment : celui-ci a été envoyé au camp de CHAMPLIEU où un
renfort de 600 tirailleurs lui a été envoyé. Il est maintenant prêt a
fournir l'effort qu'on va lui demander. Il est dans une forme splendide. L'alerte
est donnée dans la nuit du 14 au 15 juillet et les ordres préparatoires
reçus font prévoir une opération de grande envergure de la Xe armée.
le 17 juillet, les préparatifs de la bataille sont commencés. Le
18 Juillet, le bruit de nos «tanks» se rendant à leur position de départ,
déclanche le barrage d'artillerie adverse quelques minutes avant 4 heures
45 (heure de notre attaque). Aussi, les vagues d'assaut s'élancent- elles
sous un feu violent. Malgré l'éclatement des projectiles, l'assaut donné
par les unités du régiment a été irrésistible. Comme une trombe, les
vagues ont déferlé sur les 1ere et 2eme positions ennemies capturant
1100 prisonniers et un matériel énorme, 20 pièces d'artillerie lourde
et 7 de campagne. A
9 heures, les 1ers éléments du régiment s'accrochent aux arêtes du
plateau situe à l'Est de SACONIN et BREUIL. Mais
sur ce plateau qui domine la vallée de la CRISE et qui est la clef de
SOISSONS, les Allemands ont accumulé tous les moyens de défense; s'ils
sont enfoncés, leur flanc est percé et leurs troupes, aventurées jusqu'à
la MARNE, perdues sans secours. Aussi la résistance de l'ennemi est-elle
acharnée et l'élan de la Division est-il brisé net. Le
19 juillet, l’attaque est renouvelée. Le tir des mitrailleuses ennemies
nous cause des pertes sensibles et le Régiment avance péniblement, cette
fois de 1 400 mètres. Cependant, malgré toutes les réactions de
l'ennemi, nos solides troupes conservent leur gain sans reculer. Il en est
de même les jours suivants. Nous tenons ferme toujours malgré les énormes
pertes subies. Le 1er mixte inébranlable n’aura jamais reculé. Aussi,
le 28 juillet, le Lieutenant-colonel MOREAUX qui commandait le régiment,
pouvait-il dire : «Cette
bataille a été pour le Régiment la plus belle journée de la guerre,
tant par les résultats obtenus que par l'effet même de la victoire». Le
même jour, le Régiment est relevé après avoir perdu: 3 Officiers tués
et 9 blessés, et 796 hommes de troupe. La 3eme citation venait récompenser
ce brillant fait d'armes «Régiment
d'élite. Sous les ordres de son «Chef, le Lieutenant-Colonel MOREAUX, le
1er Régiment mixte de Zouaves-Tirailleurs a pris, à la
bataille du 18 au 21 juillet 1918, la part la plus glorieuse, s'emparant
successivement sur 7 kilomètres de profondeur, de trois positions
fortement défendues capturant 27 canons 170 mitrailleuses, 1100
Prisonniers et infligeant a l'ennemi de fortes pertes.» Décision
du Général commandant en chef du 23 Septembre 1918. HANGEST
en SANTERRE. Dès
le commencement d'Août, le 153e D. I est mise à la disposition de la
1ere armée DEBENEY et transportée dans la région de GUYENCOURT (Somme)
pour participer avec cette armée à la 2eme grande offensive alliée qui
de l’avis même des Allemands, leur a porté un coup encore plus rude
que celui du 18 Juillet. LA
BATAILLE DE MONTDIDIER. La
1ere armée française est établie au sud d’AMIENS entre la NOYE et l'AVRE
; c'est elle qui a arrêté le flot allemand qui déferlait !e 25 Mars a
l'ouest de MONTDIDIER et menaçait de submerger la voie ferrée PARIS -
AMIENS. Non
seulement elle s'est maintenue sur !es plateaux, mais des opérations de détail
brillamment menées lui ont permis de se rapprocher de l’AVRE et la
border de si près que les Allemands se retirent dès les premiers jours
d'Août, sur les hauteurs à l'Est. Mais les fonds de l’AVRE, marécageux,
sont sous le feu des canons et des mitrailleuses ennemis ; ils sont
empestés par les gaz. Le
29 Juillet la 1ere armée reçoit les ordres du Maréchal Foch ; ils
tiennent en 2 phrases : «Occuper
les plateaux du SANTERRE puis pousser en direction générale de ROYE, la
droite à l'AVRE » La
bataille commence le 8 Août ; la préparation d'artillerie se déclanche
à 4 heures 20 et l'attaque a lieu a 5 heures 5. La
153e DI a pour mission de s'intercaler entre les 37e et 42e D I, après
enlèvement par celles-ci du 1er objectif. A 8 heures, le 1er Objectif
constitué par le bois de MOREUIL, route MOREUIL-VILLERS, les Erables est
enlevé. La 153e D.I qui suit de près les divisions de tête s'engage
aussitôt dans la bataille. 1er mixte à droite, en liaison avec le 2e
Zouaves (37e D. l), le 1er Tirailleurs marocains au centre, le 9e Zouaves
à gauche en liaison avec la 42e D. I. Les régiments prennent un
dispositif en profondeur. Pour le 1er Mixte, le dispositif est le suivant : Un
bataillon en 1ere ligne (2e Btn NICORA) un bataillon en soutien (3e Btn
MOINIER) un bataillon en réserve d’ID (1er Btn GIACCOBI) .
La 153e D. I qui a tous les chars d'assaut de toute l'armée voit ses éléments
avancés le 8 Au soir arriver aux abords d'HANGEST EN SANTERRE. Le
9 Août ; nouvelle attaque du bataillon PREVOT à droite (le
capitaine MOINIER qui le commandait la veille a été blessé) et du
bataillon GIACCOBI a gauche ; le bataillon NICORA est en soutien ;
vers 11 heures HANGEST, contourné par le nord et le sud, tombe entre nos
mains. Le
10 août à 6 heures, le 1er objectif : Route BOUCHOlS-SAULCHOY
est atteint. A 10 heures le 2éme objectif, le village d’ERCHES est
conquis grâce à un mouvement de conversion au sud-est par le 2éme régiment
de marche de Zouaves. Le
11 août, l’attaque semble se stabiliser ; l'ennemi arrivés sur
ses anciennes lignes, a pu faire front. La ligne se fixe sur les anciennes
positions allemandes entre ANDECHY et VILLERS les ROYE. C'est là que le régiment
est relevé dans la nuit du 11 au 12 Août par Xème groupe de bataillons
de chasseurs (65e & 69e B.C. P) Lieutenant colonel GARCIN. Le
régiment est épuisé à la suite de cette bataille et il a 11 0fficiers
et 578 hommes hors de combat. Après
relève, le régiment se rassemble aux lisières du Bois Lecomte près de
SAULCHOY, oû il bivouaque du 13 au 14 Août inclus. Ensuite,
il fait mouvement par voie de terre en 3 étapes jusqu’a DOMELIERS
(Somme) ou il est enlevé en auto camions et transporté dans la banlieue
Parisienne (Région de PONTOISE). C’est
une nouvelle période de repos et de réorganisation pendant laquelle on
met a profit les enseignements qui résultent des derniers combats.
L'instruction n'a qu'un but : l'offensive ; les cadres et es hommes
sont pleins de confiance en l'avenir. Les derniers succès ont donné à
nos troupes une assurance extraordinaire : la défaite du boche est
certaine. Le
10 Septembre une nouvelle vient attrister le régiment : Le
1er Mixte quitte la 153e D. I. dont il faisait partie depuis 3 ans 1/2
pour passer à la 72e D. l. Cette mesure est générale dans les armées ;
elle consiste à accoler un régiment indigène à deux régiments français.
C'est avec une profonde émotion qu'Officiers et Tirailleurs vont se séparer
de leurs camarades du 9e Zouaves et du 1er Tirailleurs
marocains avec lesquels ils avaient partagé, pendant cette longue
campagne toutes les privations et toutes les fatigues et aussi toutes les
joies des grands succès. Le Général GOUBEAU commandant la 153e
D. l. si aimé de tous se sépare du 1er Mixte avec peine et lui adresse
ses adieux dans cet ordre du jour si flatteur pour le Régiment ; ORDRE
DE LA 153e D. I. No 172. «Le
1er Régiment mixte quitte la 153e D. I dont il fait partie depuis 3 ans
1/2 ; il en a partagé les fatigues ; il a contribué t à lui donner
ses gloires. «Sous
le commandement successif des Lieutenants Colonels CAZENHOVE, LAINNE,
MOREAUX, il a parcouru les étapes glorieuses qui de 1915 à 1918 nous ont
amené à la phase décisive de la guerre et au seuil de la victoire. C'est
en 1915 la bataille d'ARTOIS, les combats sur l'YSER où il est cité à
l'Ordre de l'Armée la bataille de Champagne. C'est en 1916 VERDUN, où il
est cité a l'Ordre de l'Armée avec la 153e D I. et la bataille de la
Somme. En 1917 c'est la bataille de l'Aisne. C'est
enfin en 1918, d'abord la rude période passée dans le secteur de VERDUN
ou l'ennemi pour faire diversion, multiplie bombardements et coups de
mains où la consigne est de durer coûte que coûte pour réserver les
unités fraîches qui sur d'autres parties du front recevront le choc
attendu de l'ennemi ; puis la période du 15 juin au 15 août, les combats
de VALSERY et de MONTGOBERT, la bataille devant SOISSONS et celle de l'AVRE
où sont réalisées de hardies manoeuvres et de brillantes progressions. En
mars dernier, le Général en Chef a remis au régiment la fourragère aux
couleurs de la Croix de Guerre et lors de sa réorganisation récente, il
a décidé que sa dénomination lui serait conservée en raison de ses
brillants services. Le 1er Mixte quitte en plein succès la 153e D. I,
emportant la haute estime de tous ceux qui le virent à l'oeuvre et leurs
regrets. Nos
voeux accompagnent ce corps d'élite et son vaillant chef le lieutenant
colonel M0REAUX dans les tâches nouvelles qui vont leur incomber et nous
saluons son drapeau qu'illustreront des gloires nouvelles. » SP
165, le 11 Septembre 1918. te
Généra! Commandant la 153e D.I signé:
GOUBEAU. Le
1er Mixte quitte la région de Pontoise le 12 Septembre et gagne en 3 étapes
la région de SAINT SOUPPLET ou il rentre dans le cadre de la 72 D. I., en
remplacement du 418e R.I. qui va le remplacer à la 153° D. I. C'est
de Saint Soupplet que le Régiment part le 16 Septembre pour la dernière
phase de la guerre. Il rentre en secteur en avant de VAILLY le 19
Septembre, où il relève le 23e R. I.; il ne quittera plus le front
jusqu'à a l'armistice. Du
20 au 27 Septembre, il tient le secteur au nord de Vailly. Le
27 Septembre, la 72e D.I s'empare du plateau à l'est et au sud-est de la
ferme COLOMBE et réalise une avance de 800 mètres. Malgré une résistance
très vive de l'ennemi le régiment fait 81 prisonniers doit 3 Officiers.
Le 28 Septembre, un prisonnier alsacien, fait par un corps voisin apprend
que l'ennemi doit effectuer un repli devant le front du corps d'armée.
L'ordre est aussitôt donné de poursuivre et de culbuter les arrière-gardes
ennemies ; aussi le 29 Septembre, le Régiment a dépassé PARGNY - FILAIN
et est au bord du canal de l'AISNE. Le
12 Octobre, nos éléments de 1ère ligue traversent l'AlLETTE et
commencent la poursuite; les pentes sud de MONAMPTEUIL sont enlevées, le
plateau 193 est abordé. A
13 heures, les éléments avancés du Régiment atteignent LAVAL et à 14
heures, les 2 bataillons de 1ère ligne ont dépassé ce village. Le 13
Octobre, la poursuite continue; nos troupes sont sous LAON. A 10 heures
30, le bataillon de tête a dépassé le faubourg d'ARDON et à 12 heures
30, nous occupons le village d'ATHIES. En
fin de journée la situation générale est la suivante , la ligne générale
atteinte par nos troupes suit MONCEAU le WAST, lisière nord-est de la forêt
de SAMOUSSY. Jusqu’au
18 octobre, la progression en avant est arrêtée par des feux nourries de
mitrailleuses ; la division s’est heurtée à une position
allemande fortement organisée, la HUNDING STELLUNG. Tous les efforts
faits par nos troupes pour essayer d'avancer sont vains; la position
fortifiée de la Hunding passe en effet au Nord du village de FAY le SEC
et présente un saillant fortifié à la ferme de SAVY, puis traverse les
marais et se continue par une ligne passant par PIERREPONT - CHIVRES. L'attaque
de la Hundling se fait alors par un mouvement débordant vers la gauche,
sur la ferme FAVIERES, dans le but de contourner la zone marécageuse vers
le nord pour se rabattre ensuite sur VESLES et CAUMONT et à l'est de
PIERREPONT. L'attaque
ainsi envisagée se déclanche le 19 Octobre à 5 h. 50 L'ennemi
exécute un puissant tir de barrage sur MONCEAU le WAAST. A 7 h 25, nos éléments
avancés dépassent FAY le SEC. Nos troupes sont obligées de s'arrêter
devant un violent tir de mitrailleuses et d'artillerie à 9 h 20, les
Allemands lancent une contre-attaque qui oblige nos éléments de 1ere
ligne à se replier sur notre ligne de résistance, laquelle menace de céder
; le moment est critique ; le Commandant LEFEVRE s'élance en avant de ses
hommes au milieu des balles et malgré un tir intense d'artillerie ennemie
arrête par son magnifique exemple, ceux qui déjà, étaient ébranlés
puis, avec la compagnie de soutien, il contre-attaque en tête des
Tirailleurs émerveillés par son élan et arrête net l'adversaire ;
passant à l'organisation méthodique de la défense du village. Le
Commandant resta toute la journée l'âme de la résistance et c'est
surtout grâce à lui que fut conservé le terrain conquis le matin. A
13 heures l'attaque est renouvelée sans résultat, mais nous avons avancé
de 3 kilomètres et nous sommes emparés de FAY LE SEC, capturant plus de
250 prisonniers. Le
Lieutenant-Colonel MOREAUX intoxiqué, est évacué la 12 Octobre. Le
22 Octobre le Régiment est relevé et le Lieutenant-Colonel CALMON venu
du 10e Tirailleurs algériens en prend le commandement. Par
son élan furieux le 1er Mixte a mérité sa 4e Citation lui attribuant la
fourragère aux couleurs de la médaille militaire : «A
peine retiré d'une glorieuse bataille à laquelle il avait pris la part
la plus active après l'avoir préparé par toutes une série de combats
préliminaires, insouciant de ses pertes récentes, se jette, sous le
Commandement du Lieut-Colonel MOREAUX dans une nouvelle bataille avec plus
d'ardeur encore, marchant en dépit des barrages d'artillerie et de
mitrailleuses à une allure d’étapes, brisant les résistances
successives sur une profondeur de 20 kilomètres, capturant à l'ennemi défait
300 prisonniers, un nombreux matériel et contribuant, par son avance irrésistible
à l'encerclement d'un bien plus grand nombre. » Décision
du Général commandant en Chef du 23 Septembre 1918. Le
25 Octobre, le 1er Mixte revient en secteur et occupe VESLES et CAUMONT en
contact immédiat de l'ennemi qui tient solidement ses tranchées ;
plusieurs attaques sont déclanchées, mais des tirs bien ajustés de
mitrailleuses nous arrêtent et la progression en avant est impossible.
Jusqu'au 31 Octobre la situation reste la même. Enfin
le 5 Novembre, l'Allemand ne peut plus tenir et se décide à battre en
retraite devant le front du Corps d'armée. La 72e D. l. se lance aussitôt
à sa poursuite, mais les Allemands jugeant la situation désespérée et
complètement battus demandent l'armistice le 11 Novembre. Pour couronner
la glorieuse période de la grande guerre, le 1er Régiment ml mixte de
Zouaves - Tirailleurs obtenait une cinquième citation : «Régiment
d'élite, toujours fidèle à ses belles traditions d'héroïsme. Le 27
Septembre 1918, s'est porté à l'attaque des lignes allemandes qu'il a
enlevées de haute lutte, capturant 110 prisonniers et un matériel considérable.
A bousculé l'ennemi sur le Chemin des Dames et l'a refoulé au nord de
l'Ailette. Après 14 jours de combats incessants, a forcé le passage et
en deux jours de poursuite a réalisé une avance de 18 kilomètres, délivrant
cinq villages, réduisant plusieurs centres de résistance défendus avec
acharnement. Le 19 Octobre, s'est emparé d'un point d'appui fortement
organisé où il a fait 105 prisonniers. Le 22 Octobre, d'un nouveau bond
victorieux de 3 kilometres, a brisé la résistance de la HUNDING STELLUNG
et atteint la rive de la Souche. » (Note
7251 du GQG du 9 décembre 1918 HONNEUR
AUX HÉROS DU 1er MIXTE ! STOLBERG,
près de AIX LA CHAPELLE, le 1er septembre 1919. PlOCHELLE
Capitaine-Adjudant-Major. ANNEXE
1. DE
L'ARMISTICE AUX FETES DE LA VICTOIRE. L'armistice
trouvait le 1er Mixte dans la région d'HIRSON et chacun désirait
continuer la marche en avant pour arriver au Rhin majestueux, au fleuve
historique, dépositaire de nos espoirs depuis si longtemps. Chacun
souhaitait de voir nos trois couleurs se refléter dans ses eaux. Mais
toutes les armées alliés ne pouvant atteindre en même temps le but rêvé,
plusieurs divisions furent ramenées en arrière en attendant que toutes
puissent à tour de rôle aller en ALSACE-LORRAINE et dans les pays rhénans,
projet qui ne fut pas mis à exécution, en raison du manque de moyens de
transport. La
72e. D. I. séjourna près de LAON et reçut la mission de récupérer le
matériel important dispersé autour des villages dévastés. Au
mois de novembre 1918, le régiment part de CREPY EN LAONNOIS, se dirige
vers LA FERE, VALENCIENNES, TOURNAI, ROULERS, DIXMUDE, s’arrête à
HONDSCHOOTE pour y passer l'hiver et, comme plusieurs autres régiments,
s'échelonne sur la frontière de BELGIQUE pour renforcer les postes de
douane. Pendant
le séjour a HONDSCHOOTE, la démobilisation commence et ceux qui restent,
voient avec regret s'éloigner les compagnons d'armes avec lesquels ils
ont si durement peiné, cruellement souffert et victorieusement combattu ;
ces camarades rentrent à leur foyer où une tâche nouvelle les attend :
après avoir sauvé la FRANCE, il leur reste à la relever de ses ruines,
à lutter vaillamment sur le terrain économique, comme ils ont lutté sur
les champs de bataille. Un
ordre du 1er Mars du Maréchal commandant en chef prescrit de
ne laisser aux 1er, 2e et 3e bataillons que les gradés
et Tirailleurs des classes 1916, 1917, 1918 et de diriger ces unités sur
l'Armée d'Orient, puis de reconstituer le régiment avec la CHR, l’EM
et trois groupes a recevoir des centres d'instruction. Les
ressources en cantonnements étant insuffisants a HONDSCHOOTE le 1et Mixte
va s'installer le 21 Mars dans le gouvernement militaire de DUNKERQUE, où
il est renforcé quelques jours plus tard par trois groupes appartenant au
7e Tirailleurs d'environ 1000 hommes chacun, encadrés par très peu
d'Officiers et très peu de gradés ; ils servent a former le 1er Avril
trois nouveaux bataillons qui prennent les numéros 17, 18 et 19 ; à
cette date, le 1er Mixte a 6000 hommes, échelonnés de DUNKERQUE a
GRAVELINES; aussi le ravitaillement est très pénible, avec comme équipages,
les ressources d'un seul régiment. Le
1er Bataillon (1er Btn du 7e Tir) est embarqué le 30 Mars Le
2e Bataillon (7e Btn du 7e Tir) est embarqué le 21 Avril Le
3e Bataillon (3e Btn du 7e Tir) est embarqué le 1er Mai a destination de
l'armée de Hongrie (17e D. I. C. S. P. 505) ou ils formeront en arrivant
à SEGEDIN un nouveau 19e Régiment de Tirailleurs algériens. On
voit avec mélancolie aller vers d'autres destinées le «Vieux 1er Mixte»
qui laisse le drapeau orné de la Croix de Guerre aux cinq palmes, non
loin de la Belgique, théâtre de ses exploits. Réorganisés
avec des jeunes soldats du département de CONSTANTINE, les bataillons
continuent autour du camp retranché de DUNKERQUE, les travaux de récupération
de matériel et la démolition d'abris bétonnés, ouvrages , tranchées,
afin de remettre le plus tôt possible aux agriculteurs leurs champs
fertiles, de nouveau prêts pour les labours. Un
ordre apprend une bonne nouvelle aux unités qu'elles appartiendront désormais
à l'Armée d'Occupation des Pays Rhénans ; le Régiment embarqué
le 6 Juin 1919 est affecté à la Xe armée (33e CA, 128e DI, 255ème
Brigade) et cantonne dans la région d'AIX LA CHAPELLE à STOLBERG. Au
moment de la marche générale des Armées alliées en direction du Rhin,
la 255e Brigade se porte à l'ouest de Düsseldorf et c'est à RHEYDT
qu'elle apprend la signature de la Paix du 28 juin 1919. Revenu
à STOLBERG, le 1er Mixte envoie à PARIS une délégation (composée du
drapeau avec sa garde et du Lieutenant-Colonel) qui a le grand honneur de
prendre part au défilé du 14 juillet ; à cette occasion, le
Lieutenant-Colonel adresse au Régiment l’ordre suivant : ORDRE
DU REGIMENT N° 595. «Aujourd’hui
à 10 heures 5, la drapeau du 1er Mixte flottant au Vent de la Victoire a
franchi l'Arc de Triomphe en présence des plus hautes autorités françaises
et sous les regards affectueux du peuple de Paris. En cet instant
solennel, le Lieutenant-Colonel a eu une pensée reconnaissante pour les
braves maintenant dispersés dans l'Afrique du Nord, en Hongrie, dans
leurs foyers, à Aix la Chapelle, qui ont fait la réputation du régiment,
puis en saluant du sabre le cénotaphe élevé sur la place de l'Etoile,
il a pieusement adressé, au nom de la famille régimentaire, un souvenir
ému à tous les grands morts tombés héroïquement pour la Grandeur de
la France Maternelle et la Gloire du Drapeau du 1er Mixte. à
PARIS, le 14 juillet 1919. Le
Lt Cel Cdt le 1er Mixte CALMON. Le
16 ,Juillet, le Drapeau et sa garde partent de Suresnes pour assister aux
Fêtes de Londres et le 21 Juillet, un détachement composé de deux
officiers, 50 tirailleurs, quitte Stolberg afin de prendre part aux Fêtes
de Bruxelles. Revenus
en pays Rhénans, les drapeaux du 33e C. A. sont réunis le 29 juillet à
Aix la Chapelle, en présence du Général FAYOLLE, commandant de G. A.
qui remet au 1er Mixte la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille
Militaire et fièrement déployés au dessus de leurs régiments ils
passent dans l'ombre de la Cathédrale de Charlemagne et défilent devant
la statue de Guillaume 1er et de Frédéric III. Les
Fêtes de la Victoire sont terminées; les jeunes soldats vont se remettre
au travail afin d'égaler un jour, s'il le faut, leurs anciens de la
Grande Guerre ; qu'ils nous fassent un Avenir digne du Glorieux Passé ! |