Historique du 1er RMT

Avril 1915

A peine constitué, le 1er RMT est embarqué en chemin de fer à destination de la Belgique, où il arrive le 20 avril. Cantonné à Poperinghe et Crombeke, il relève dans la nuit du 21 au 22, dans le secteur de Langemark, le 3e bis de Zouaves.

Les organisations sont à peine ébauchées, mais l’ennemi est calme ; la journée du 22 s’écoule paisible.

Vers 17 heures, d’épaisses vapeurs vertes et rouges s’élèvent des lignes ennemies et, poussées par le vent, gagnent nos positions : ce sont les gaz asphyxiants qui, pour la première fois font leur apparition.

Les tirailleurs de première ligne sont alertés et font face à l’attaque ennemie ; dans une atmosphère irrespirable. Il lutte héroïquement contre un ennemi supérieur en nombre et convaincu du succès rapide et facile.

Mais, sans défense contre les gaz, ils succombent bientôt épuisés.

Comme eux, leurs camarades des 2e et 3e lignes, submergés par la masse chlorée, sont rapidement hors de combats.

A droite et à gauche, les Allemands ont réussi à percer ; les éléments valides du 1er tirailleurs se replient en bon ordre et en liaison à droite avec les Canadiens ; à gauche avec les territoriaux.

Les progrès de l’ennemi sont enfin enrayés prés de la ferme de Morteldje.

Le 23 avril, les débris du régiment (300 hommes à peine) sont rassemblés vers Elverdinghe soumis à un bombardement continu.

 

Mai, juin, juillet, août 1915

C’est avec un effectif réduit, presque sans cadre, que le régiment prend, le 8 mai, les tranchées sur le canal de l’Yser, entre Streenstraate et Boesinghe, alternant par période de 8 jours avec le 3e mixte zouaves et tirailleurs. L’activité est grande, le moral est élevé et le régiment se reconstitue avec des renforts reçus d’Algérie.

Le 29 juillet, le 1er Bataillon (Cdt de Fabry) s’embarque à destination du Maroc, où il doit relever le 3e bataillon du 1er Tirailleur.

 

Septembre 1915

Le Lt-colonel Caré remplace le 7 septembre le Colonel Bourgeois, affecté au 8e tirailleurs.

Le régiment comprend a cette date 2 bataillons du 1er tirailleurs, 2e bataillon (Cdt Havard) et 3e bataillon (Cdt Becker) arrivé le 3 septembre.

Blessé le 12 septembre, le Lt-Cl Caré, évacué, est remplacé par le Cdt Becker.

 

Octobre 1915

Le 12 octobre, la 90e brigade s’embarque à Bergues à destination de Marseille (évènements du sud Tunisien et d’Orient).

Le régiment reçoit à Salon (Bouche du Rhône) l’accueil le plus chaleureux.

 

Novembre-Décembre 1915

Seul, le 2e bis de Zouaves part pour Salonique et le 1er Tirailleurs rejoint la 45e division à Bergues le 5 novembre. Jusque fin janvier, le temps s’écoule dans le calme des cantonnements de Bambecque et d’Oost-Cappel ; le régiment se reconstitue et fait de l(instruction.

Le 27 décembre, le Lt-Cl Caré reprend le commandement du régiment.

 

Janvier 1916

Le 20 janvier, le 1er bataillon du 5e tirailleurs (Cdt Sacquet) est incorporé au 1er tirailleur de marche

 

Février 1916

En février, service de surveillance de la cote entre Dunkerque et Zuydcoote.

 

Mars 1916

Le 11 mars, le régiment s’embarque en chemin de fer à Dunkerque ; il débarque le lendemain à Béthisy Saint Pierre (Oise). Une semaine plus tard, commence vers l’Est une série de déplacements.

 

Avril 1916

Après avoir été employé a des travaux d’organisation de la 2e position au Nord Est de Fisme, et d’où 23 mois plus tard, il devra déloger l’ennemi, le régiment vient cantonner dans la région de Nubécourt – Bulainville, en attendant d’être engagé dans la terrible bataille qui se livre devant Verdun.

 

Mai 1916,

Le 8 mai, le régiment est enlevé en auto à destination du Bois St Pierre ; ce jour là, une première  et malheureuse aventure ouvre la série des jours les plus néfastes que le régiment ait connus.

13 officiers partent pour effectuer les reconnaissances préparatoires à l'occupation du secteur au nord d'Esnes ; en traversant le village, un obus de gros calibre tue 5 officiers et en blesse 4, dont 2 grièvement. C'est sur cette pénible impression que les tirailleurs montent en ligne dans la nuit du 10 au 11.

Les nuits suivantes, les bataillons rectifient les sinuosités de la première ligne et occupent successivement la lisière Nord-Ouest du Bois Camard et la cote 287. Des bombardement continuels exigent des travaux pénibles et constant. Le ravitaillement est difficile et les pertes sont sensibles.

Le 17 au soir, le dispositif d'occupation est le suivant:

2e bton (Cdt Havavrd) en 1ere ligne dans les organisations de la cote 287, front 1200 mètres.

3e bton (Cpne Gourzon), en 2e ligne aux ouvrages de Favry et de Champigneulles.

1er bton (Cpne Muller) en réserve au bois de Berthelainville.

Dans la nuit du 17 au 18, une démonstration faite sur le front de la cote 187, en vue d'appuyer l'action des troupes de droite, amène une violente riposte de l'artillerie ennemie sur nos positions. Le bombardement demeure soutenu toute la matinée du 18.

Vers 12h, à la faveur d'un barrage roulant, les allemands occupent nos positions avancées devenues  intenables.

L'après-midi, plusieurs contre-attaques sont exécutées par le 3e bton.

Le 1er bton, au prix de lourdes pertes, s'installent dans la nuit à quelques mètres de l'ennemi.

Le 19, les débris des 2e et 3e btons exécutent une contre attaque en avant de la tranchée de Champigneulles et occupent un élément de tranchées situé à 300 mètres du point de départ.

Lourdes sont les pertes : depuis le 11 mai, le régiment a 1945 hommes hors de combats, parmi lesquels 13 officiers tués et 20 blessés.

Le régiment est relevé dans la nuit du 19 au 20 mai et se regroupe à Berthelainville.

Le 22 mai, il est transporté dans la région de Berthes puis gagne ensuite Blesme où il est embarqué pour Baccarat.

 

Juin 1916

Le 7 juin, reconnaissance des tranchées du secteur de Badonviller et occupation dans les nuits du 8 au 10.

 

Juillet 1916

Le secteur est calme, l’arrivé de gros renforts venus d’Algérie permet au régiment d’opérer sa reconstitution.

 

Août 1916

Le 9 août, le régiment est relevé et va cantonner dans la région de Baccarat, puis près du camp de Saffais.

Le 25 août, il s’embarque à destination de Fouilloy (Oise) puis est transporté en auto au camp de Celestins, près de Bray sur Somme.

 

Septembre 1916

Le 5, le régiment se porte dans le secteur qu’il doit occuper près de Forest, au Nord de la Somme.

Jusqu’au 11 septembre, il procède aux préparatifs d’attaque (création de boyaux, de parallèle de départ, réunion d’approvisionnement).

Le 12 septembre, à 12 heures, les bataillons d’assaut enlèvent la première ligne ennemie sur un front de 800 mètres, réduisant à la baïonnette et a la grenade de nombreux nids de mitrailleuses ; malgré les pertes sensibles, les unités poursuivent victorieusement leur marche en avant, capturant de nombreux prisonniers et un matériel important. La route de Béthune à Château-Thierry est dépassée, malheureusement, les pertes sont lourdes : 40 officiers et 1350 hommes ont écrit de leur sang une des pages les plus glorieuses de l’historique du régiment ; une citation à l’ordre de l’armée, la première, est décernée au 1er tirailleurs de marche.

Relevé le 13, le régiment est transporté en auto près de Corbie. Des renforts provenant du dépôt divisionnaire et un bataillon du 5e tirailleurs lui permettent de reconstituer les 3 bataillons.

 

Octobre – novembre – décembre 1916

Le 29 septembre, le régiment débarque à Bergues et se dirige vers Nieuport.

A partir du 7 octobre, les bataillons occupent les tranchées du sous secteur Nord de Lombartzyde.

Jusqu’au 10 janvier 1917, le temps s’écoule lentement sans faits saillants, coupés par le rythme réguliers des releves.

 

Janvier – février – mars 1917

Le régiment fait de l’instruction au camp de Pont-Armé, près de Paris.

 

Le mois de février se passe en déplacement, manœuvres et exercices.

En mars, le 1er tirailleurs se dispose à prendre part à l’offensive qui doit être déclenchée devant Beuvraignes, mais l’ennemi refuse le combat et retire sur la ligne Hindenbourg.

 

Offensive de Champagne

Moronvilliers (17 avril 1917)

 

Avril 1917

Dès les premiers jours d’avril, le régiment se porte dans la région de Mourmelon-le-Petit et occupe le secteur de Prosne. Il aménage le terrain d’où doit se déclencher une offensive en vue de chasser l’ennemi du massif de Moronvilliers.

Le 17 avril à 4h45, malgré la neige et le froid, les tirailleurs s’élancent avec un entrain endiablé ; les trois premières lignes sont enlevées rapidement et de nombreux ennemis sont tués sur place ou faits prisonniers. Les unités se reforment dans la tranchées d’Erfurth et repartent à la conquête de nouveaux objectifs.

Le bois 137 est occupé et la tranchée de la Fosse Froide atteinte. Mais le bataillon d’assaut, en flèche et non soutenu, menacé sur ses flanc et attaqué de front, doit se replier sur la lisière Nord du bois 137, ou viennent se briser plusieurs contre-attaques ennemies.

Le 18, plusieurs attaques sont lancées sur la Fosse-Froide ; du 18 au 20, l’ennemi tente désespérément de reprendre le terrain perdu et soumet nos lignes à des bombardements d’une violence inouïe.

Le 22, le régiment est relevé, les pertes subies sont lourdes : 1000 hommes hors de combats, dont 33 officiers.

 

Mai 1917

Cantonné dans les environs de Vitry-le-François, le régiment se reconstitue et les tirailleurs jouissent d’un repos bien mérité.

Un bataillon de renfort, le 6e du 1er tirailleurs est entièrement affecté au 1er bataillon du 5e tirailleurs. Le Lt-Cl Meynier succède au Lt-Cl Caré mis a la disposition du ministre.

Le 20, le régiment s’embarque en chemin de fer et arrive à Oiry, d’où il gagne la région de Gueux – Vrigny derrière la division qu’il doit relever en secteur.

 

Juin à décembre 1917

De juin à fin décembre 1917, le rôle du régiment est assez effacé ; le temps s’écoule en déplacements, en période de repos et en occupation de secteurs relativement calmes (Marzilly jusqu’en août et en octobre, Guyencourt en septembre, Chenay en novembre)

Pendant le repos à Damery (du 13 décembre au 27 janvier), le 1er bataillon du 5e tirailleurs est incorporé au 5e tirailleurs de marche (nouvelle formation) et remplacé par le 11e bataillon du 1er tirailleur (Cdt Coste)

 

Janvier – février – mars – avril 1918

Complètement reconstitué et fortement encadré, le 1er tirailleurs entre en secteur fin janvier au Nord-Ouest de Reims et occupe successivement les abords de Betheny et l’ancien aérodrome.

Des bruits d’une offensive ennemie circulent ; quelques coups de main sont facilement repoussés, et on redouble de vigilance.

L’attaque Allemande s’est déclenchée sur le front britannique qui est rompu.

Le 30 mars, le régiment est enlevé en auto et débarque dans l’Oise ; l’avance ennemie semble s’être ralentie et le 1er tirailleurs attend d’être engagé.

Des reconnaissances sont exécutées ; les bataillons sont alertés à diverses reprises ; le 5, ils se transportent dans la région de Coullemelle (Somme) et, au petit jour, ils sont disposés face au Plessier, en formation articulée.

La 90e brigade relève en plein jour la 12e Di à l’Est du Plessier. A 15 heures, le 1er tirailleurs reçoit l’ordre de s’emparer de la ferme de la Folie et du Bois de l’Alval. Le terrain est découvert et sous le feu de nombreuses mitrailleuses ; la préparation d’artillerie est de courte durée.

Néanmoins, à l’heure H, les tirailleurs s’élancent en avant au chant de la Marseillaise.

Les vagues d’assaut réussissent à progresser de 200 mètres mais doivent stopper devant le tir des mitrailleuses et, la nuit, le débris des unités regagne la tranchée de départ.

Les résultats matériels ne sont pas en rapport avec les pertes subies : 15 officiers et 650 hommes de troupe ; mais d’importantes forces ennemies prêtes à attaquer ont été immobilisées.

Après quelques jours de repos, le régiment occupe le secteur voisin de celui de l’attaque. Les tranchées sont peu profondes. Lutte d’artillerie assez vive ; et les pertes sont assez sensibles.

Le 20, le Lt-Cl Pidaut prend le commandement du régiment, qui, le 27, est relevé par le 18e régiment US américain.

Après la relève, le régiment se dirige sur Clermont où il est embarqué à destination d’Épernay ; il gagne les cantonnements de Cramant, Cuis et Chouilly, où d’importants renforts lui permettent d’opérer sa reconstitution.

 

Défense de Reims (27 mai au 3 juin)

Le 20 mai, le régiment relève, dans le secteur es Cavaliers du Courcy, au Nord de Reims, le 252e RI.

Du 20 au 26, service de garde et travaux d’amélioration de la position. Des bruits d’une attaque allemande circulent et des mouvements anormaux de groupes ennemis sont signalés.

27 mai

a 1 heure, le bombardement ennemi est déclenché, et, à 3h30, les Boches débouchent de leurs tranchées. La première ligne, un moment ébranlée, se ressaisit rapidement ; les Allemands, qui ont franchi le canal, sont arrêtés nets ; les unités engagées sont renforcées et à 9h45, se portent en avant et progressent légèrement.

A 16 heures, des renforts ennemis sont signalés dévalant du fort de Brimont et des infiltrations de groupes ennemis sont constatées sur tout le front de la division.

Les mitrailleuses tirent sans relâche pour arrêter cette progression.

Courcy est soumis à un violent bombardement par torpilles, et la lisière Nord doit être abandonnée.

28 mai

Au lever du jour, l’activité ennemie redouble et le bombardement s’intensifie.

A 10 heures, l’infiltration se fait de plus en plus dense dans Courcy ; la ligne de résistance est débordée et doit se replier légèrement.

La pression ennemie s’accentue toute l’après-midi, sur la gauche de la ligne vers Villers-Franqueux, qui doit être abandonnée vers 16 heures. Des éléments prélevés sur la garnisons des réduits forment barrage à gauche face au Nord-Ouest ; la résistance est acharnée et le terrain âprement défendu.

A 22 heures, l’ordre de repli arrive ; dans la nuit, le régiment se porte en ordre au sud de la Vesle, vers Clairizet.

29 mai

la matinée est employée à une réorganisation rapide.

A 16 heures, six compagnies sont alertées et envoyées sur le plateau de Méry qu’elles doivent tenir solidement face à l’Ouest ; l’ennemi est arrivé au pied du plateau vers Germigny et Janvry.

30 mai

Vers 8 heures, une forte attaque allemande débouche de la ferme de Rosnay, sur la droite du 3e bataillon ; elle est rapidement arrêtée et soumise à des feux croisés de mitrailleuses. Vers 9 heures, la lutte reprend de plus belle ; les Allemands arrivent en formations serrées. Par Germigny, ils gagnent la bordure du plateau de Méry ; le mouvement s’effectue lentement et en bon ordre, grâce à l’intervention énergique du 11e bataillon qui prononce une vigoureuse contre-attaque.

Vers 10h30, commence un nouveau repli sur la ligne 240 – lisière Nord et Ouest du bois de Sainte-Euphraise ; Cette ligne est occupée solidement et la situation est stationnaire jusqu’au lendemain matin.

31 mai

Nos positions sont soumises à un violent bombardement.

Vers 8 heures, une infiltration ennemie se produit vers la ferme de Méry, mais l’intervention de notre artillerie et des mitrailleuses enraie ce mouvement.

Vers 12 heures, l’ennemi renouvelle sa tentative, mais sans plus de succès. Une troisième attaque échoue dans l’après-midi.

 

Juin 1918

1er juin

Violent bombardement ; à 19 heures, une attaque ennemie sur la cote 240 est arrêtée par les feux de mitrailleuses du 2e bataillon.

2 juin

Journée plus calme ; repérage par avions. Tirs de destruction et de harcèlement, pas d’attaque.

3 juin

Le régiment est relevé et va au repos dans la région de Mareuil-sur-Ay. Il avait perdu dans ces affaires glorieuses 16 officiers et 700 hommes.

10 juin

le 2e bataillon remonte en ligne dans le sous secteur de Maison-Blanche (Sud-Ouest de Reims) et contribue vaillamment à l’échec de la tentative allemande du 18 juin.

Du 20 au 25 juin

Le régiment prend à sa charge la défense du sous secteur de la Maison-Blanche.

Relevé par le 3e bis de Zouaves, le régiment se porte au sud de la Marne dans les cantonnements d’Athis et de Privot où il achèvera sa réorganisation jusqu’au 2 juillet.

 

Grande offensive Allemande (15 juillet)

3 juillet

Le régiment s’établie dans le secteur de Prunay ; bientôt des indices annoncent une attaque prochaine. Des travaux importants sont activement poussés, pour renforcer la ligne principale de résistance, entre le canal et la Vesle.

14 juillet

après une journée  d’un calme absolu, à la tombée de la nuit, des mouvements sont signalés chez l’ennemi, qui décèlent les derniers préparatifs d’attaque. A 21h30, les 3e et 11e bataillons exécutent le changement de dispositif prescrit dans l’occupation du sous secteur. Ces deux bataillons occupent la ligne de résistance principale, au canal, le 3e (Cdt Teissere) à droite, le 11e (Cdt Coste) à gauche, ces deux bataillons ne conservent en première ligne que des avant-postes, placés sous les ordres du Cpne Adjudant-Major Brousse. Le 2e bataillon (Cdt Mantoz) tient les tranchées de la deuxième position.

15 juillet

A 0h15, l’ennemi déclenche un bombardement d’une extrême violence ; à 4 heures, son infanterie sort des tranchées. Nos éléments de première ligne, submergé, se retirent en luttant pied à pied. Devant les patrouilleurs Allemands, les ponts sur la Vesle, qui ont été minés à l’avance, sautent.

La progression de l’ennemi se poursuit vers le canal. Devant sa pression de plus en plus forte, la passerelle de l’Écluse est détruite. Le pont de l’Espérance doit être  dégagé par une contre-attaque exécutée par la 10e compagnie. Le pont est détruit à 8h40. l’attaque ennemie est désormais brisée sur la ligne du canal.

Plus à droite, à Beaumont, où quelques groupes ennemis ont cherché à forcer le pont sur le canal, incomplètement détruit, l’infiltration de l’ennemi est arrêtée par la 5e compagnie (Cpne Boye) et, à 17h15, cette compagnie exécute sur le moulin de Beaumont une contre-attaque qui nous laisse définitivement maîtres de cette tête de pont.

Pendant la nuit, nos patrouilles circulent le long du canal, devant le front du régiment.

16 juillet

La journée n’est marquée que par un violent bombardement dirigé sur le canal et la route 44.

Au cours de la nuit suivante, nous réussissons à installer 3 têtes de pont sur la rive nord du canal.

17 juillet

Les éléments avancés du 3e bataillon progressent peu à peu vers la Vesle ; Le 11e bataillon s’efforce aussi d’atteindre la rivière séparée du canal par un terrain marécageux et battu par les mitrailleuses ennemies.

18 juillet

Une opération d’ensemble doit être exécutée ayant pour objectif la réoccupation de nos anciennes lignes au Nord de Prunay.

Au petit jour, la Vesle est franchie avec des moyens de fortune et, malgré le feu des mitrailleuses, les premières compagnies des 3e et 11e bataillons atteignent les lisières de Prunay et la voie ferrée. Mais notre flanc gauche est découvert et une forte contre-attaque oblige les tirailleurs du 11e bataillon à abandonner le terrain conquis et à repasser le canal dans des conditions pénibles. A notre droite, les fractions avancées du 2e bataillon, malgré les efforts répétés des allemands, se maintiennent dans les bois situés aux lisières Est de Prunay ; le village est resté occupé par l’adversaire.

A partir du 19 juillet, l’ennemi se borne à exécuter des tirs de harcèlement sur nos arrières. Nos patrouilles surveillent activement les rives de la Vesle et les lisières de Prunay.

 

Août 1918

2 août

le régiment était relevé et allait cantonner à Ville-en-Selve et environs. Cette période, pendant laquelle il avait contribué à enrayer la ruée allemande, lui coûtait encore 600 hommes hors de combat, dont 12 officiers.

6 août

Le régiment est ensuite ramené dans son ancien secteur. Dans la nuit du 6 au 7, il se porte dans la région de Courmas, et s’établit dans les ruines de Courmas, Saint-Euphraise et Bouilly. Jusqu’au 18, il travaille à l’assainissement de ce champ de bataille, où la bataille a fait rage.

19 août au 4 septembre

Il remonte ensuite en ligne, dans la région de Gueux. Le secteur, nouvellement reconquis, est particulièrement dangereux en raison de l’absence d’abris et des bombardements incessants par obus à ypérite. Le 11e bataillon, qui y relève le 3e bataillon d’Afrique, est fort éprouvé ; tout l’état-major du bataillon et un grand nombre d’homme doivent être évacués le jour même de la relève.

5 septembre

Le régiment est relevé par le groupe de bataillons d’Afrique et, le lendemain, il se porte dans la région d’Arcis-le-Ponsart.

 

Opérations entre Vesle et Aisne

14 septembre

Le régiment participe, comme groupe de deuxième ligne, à une attaque tentée par le groupe des bataillons d’Afrique.

15 septembre

Le 1er tirailleurs relevé, en première ligne, au Nord-Ouest de Courlandon, le groupe des bataillons d’Afrique. Les 16 et 17 septembre, deux attaques de l’ennemi sur notre front sont repoussées. Le 24, nouvelle attaque, appuyée par un bombardement d’obus à ypérite : l’infanterie ennemie sous nos feux et nos tirs de barrage, doit se terrer à 50 mètres de nos lignes.

Jusqu'à la fin du mois, on pousse activement la préparation d’une opération de grande envergure, qui a pour but de chasser les Allemands des plateaux entre Vesle et Aisne.

30 septembre

Les trois régiments de la 45e DI sont engagés : le 1er tirailleurs au centre, encadré à gauche par le 3e bis de zouaves, à droite par les bataillons d’Afrique.

A 5h30, les tirailleurs bondissent en avant. La première ligne est enlevée d’un seul élan. L’avance est si rapide que les chars d’assaut qui doivent appuyer l’attaque ont peine à la suivre. A 6h25, le premier objectif est atteint.

A 7h, les bataillons de tête (2e et 3e) repartent à la conquête du deuxième objectif. Mais l’ennemi a réagi, et il oppose une vive résistance, surtout vers la ferme de Beaugilet. La progression devient très pénible sous les feux de nids de mitrailleuses. Un audacieux mouvement d’un peloton de la CM3, qui capture plusieurs mitrailleuses ennemies avec tout leur personnel, facilite la réduction de ces points de résistance. A 18 heures, les deux bataillons de tête, confondus dans un élan irrésistible, enlèvent le deuxième objectif.

 

Octobre 1918

1er octobre

A 6 heures, le mouvement en avant est repris. La progression s’exécute d’abord normalement, en direction de la ferme le Faite. L’ennemi réagit par ses mitrailleuses et son artillerie. Néanmoins, à 9 heures, le troisième objectif, limité par la route de la ferme le Faite, est atteint. La marche est reprise bientôt, et, après un vif combat à la grenade à la tombée de la nuit, le régiment tient les Terres de la Montagne, entre le bois de Rouvroy, devant lequel les bataillons d’Afrique n’ont pas encore pu pénétrer, et le moulin à vent, occupé par le 3e bis de Zouaves.

2 octobre

Dès l’aube, le mouvement en avant est repris. Le bois de Rouvroy, abandonné pendant la nuit par les Allemands, est aux mains des bataillons d’Afrique. L’axe de marche du régiment est la route de Roucy, le 3e bataillon à l’Est de cette route, le 2e à l’Ouest. L’ennemi s’est replié pendant la nuit, et la progression se fait sans encombre. Les deux bataillons atteignent à 7 heures la voie ferrée. Un détachement est poussé au bois de Chaudardes, puis vers la cote 69, au sud de la Plâtrerie, où des mitrailleuses ennemies ont pris position. A 19 heures, les Allemands sont définitivement rejetés sur la rive Nord du canal.

Pendant la nuit, le régiment s’établit sur la rive Sud du canal et du Bois Brûlé, avec un bataillon en réserve vers Bouffignereux.

Pendant ces trois journées, nous avions reconquis une profondeur de terrain de près de 12 kilomètre. Ce nouvel exploit de nos tirailleurs allait être récompensé par une troisième citation à l’ordre de l’Armée. Malheureusement, nos pertes étaient sensibles : près de 500 hommes dont 12 officiers étaient tombés. Parmi ces derniers, deux valeureux officiers, le capitaine adjudant major Julia qui commandait le 11e bataillon et le capitaine Gouget, commandant la 41e compagnie, avaient été mortellement frappés dans le bois de Gernicourt au terme même de cette course victorieuse.

 

Offensive sur l’Aisne

8 octobre

Malgré la fatigue et les pertes subies, le 1er tirailleurs est bientôt prêt à fournir un nouvel effort. Dans la nuit du 7 au 8 octobre, il est retiré du front de l’Aisne et prend place la nuit suivante sur celui de la Suippes. Le secteur du bataillon de tête (3e bataillon, Cdt Teisseire) s’étend de Boult-aux-Bois à St Etienne-sur-Suippes.

10 octobre

Les éléments avancés tentent à deux reprise la traversée de la riviere, mais ils se trouvent soumis à de violents feux de mitrailleuses. L’opération est remise au lendemain. Pendant la nuit, l’ennemi se replie.

11 octobre

A 6 heures, le 3e bataillon passe tout entier sur la rive Nord du canal et poursuit sa marche en avant, sans rencontrer grande résistance. Il est suivi par le 2e bataillon (Cdt Mantoz). A la tombée de la nuit, nos avant-postes sont établis sur la rive sud de la Retourne à l’ouest de Sault-Saint-Remy.

12 octobre

La progression est reprise dès la pointe du jour. Aire est atteint rapidement par le 3e bataillon. Le 2e bataillon est porté en échelon à droite du 3e en raison du défaut de liaison avec le 23e Colonial. Nos tirailleurs doivent s’emparer de la cote 105, fortement tenue par des éléments munis de mitrailleuses. A 20 heures, relevé par le 23e colonial, le 3e bataillon se reporte à Sault-Saint-Rémy.

13 octobre

Vers 13 heures, le bataillon de tête du régiment (11e) franchit l’Aisne sur un pont de bateaux et se porte sur Juzancourt. Découvert sur son flanc droit par le retard de la 3e DIC, il doit ralentir sa progression. Le 2e bataillon, qui a passé l’Aisne à 16 heures, se porte résolument sur la station du chemin de fer, et atteint vers 18 heures les abords de la sucrerie, qui est solidement défendue. Le 1er bataillon s’établit, à sa gauche, sur les hauteurs dominant le ruisseau des Barres. Le 3e bataillon reste en réserve de division à Asfeld-la-Ville.

14 octobre

Le 11e bataillon a reçu mission d’enlever Saint Germainmont. Le village est fortement organisé. Après une préparation d’artillerie, deux compagnies s’élancent à l’assaut des premières maisons tandis qu’une troisième compagnie contourne le village par l’Est, 29 prisonniers et 2 canons de campagne tombent en son pouvoir. A 7 heures, le village est à nous. A 8 heures, la progression est reprise. Mais l’ennemi occupe fortement le terrain au nord de la localité, et les deux compagnies doivent s’arrêter sur les pentes des cotes 112 et 102. le 11e bataillon est regroupé pour reprendre le lendemain sa progression vers le Nord.

15 octobre

A 10 heures, il se porte en avant, dans la direction de la cote 102, jusqu’au ravin au Sud de cette cote et s’établit sur cette position.

16 octobre

Le 2e bataillon relève le 11e, lequel passe en soutien aux Barres ; le 3e est toujours en réserve à Asfeld-la-Ville. Devant nous, les Allemands ont organisé très fortement leurs lignes de Hunding-Stellung, dont les avancées sont aux cotes 132 et 146.

19 octobre

L’attaque se déclenche. La progression des compagnies de tête (5e et 7e) devient extrêmement difficile. Cependant, vers 12h, la 5e parvient a s’établir à hauteur de la Pompe, et la 7e devant le bois carré, à 1 km à l’Est de la cote 145.

Au cours de la nuit, le 3e bataillon relève les éléments de première ligne du groupe des bataillons d’Afrique.

20 octobre

La situation est la suivante : en ligne le 3e bataillon à gauche, le 2e à droite ; le 3e à Asfeld-la-Ville en réserve de division.

Dans la nuit du 23 au 24 octobre, le régiment est relevé par des éléments du groupe des bataillons d’Afrique et du 3e bis de Zouaves, et il vient cantonner à Asfeld-la-Ville.

25 octobre

Le régiment participe comme troupe de soutien, à l’attaque de la Hunding-Stellung ; le soir, il s’établit dans les tranchées conquises.

Du 26 au 28, le 1er Tirailleurs est établi sur le plateau de Grimpechat, au Sud de la route de Recouvrance à Condé-les-Herpy.

29 octobre

Il se porte à l’attaque des organisations ennemies comprises entre le bois au Sud de la Cote 156 et Saint-Ferjeux. Les tirailleurs du 2e bataillon s’élancent avec un entrain superbe, malgré un feu meurtrier. Une section de la 5e compagnie (Adj-Chef Gaviglioli) fait prisonnier le Cdt du régiment des Cuirassiers de la Garde avec tout son état-major. La 7e compagnie atteint rapidement les maisons de Saint-Ferjeux. Mais, à notre droite et à notre gauche, les corps voisins n’ont pu progresser aussi rapidement. Nos tirailleurs doivent s’arrêter, et ils se maintiennent sur la position conquise malgré un feu meurtrier partant des crêtes voisines. Vers 17 heures seulement, la 7e compagnie, pressée de front et de flanc, se replie méthodiquement et dans un ordre parfait à 800 mètres en arrière, ramenant ses prisonniers sous les balles des mitrailleuses et les obus.

Entre temps, le 11e bataillon avait été porté en avant pour rétablir à droite et à gauche la liaison avec les corps voisins.

A 18 heures, le 2e bataillon était établi le long de la route Recouvrance - Condé-les-Herpy, entre la cote 156 et le passage à niveau de la voie ferrée. A sa droite, la 44e compagnie occupait le bois au Sud du Signal ; à sa gauche, la 42e, près de la route, au Nord-Ouest du passage à niveau ; la 41e était en soutien au Nord de Signal. Le 3e bataillon restait en réserve, dans les tranchées de la Hunding-Stellung.

30 octobre et 1er novembre

Le 11e bataillon fut appelé à appuyer les attaques du 20e Bataillon de Chasseurs sur la cote 156.

2 novembre

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, le régiment était relevé sur ses emplacements par le 403e RI. Il gagnait Neufchâtel, puis se portait par étapes dans la région de Château-Thierry.

Au cours de ces journées, ses rangs s’était encore éclaircis ; il était épuisé par ses efforts ininterrompus, mais il partait avec la fierté des victoires où il venait de conquérir une nouvelle palme pour sa croix de guerre. Les évènements se précipitaient, et quelques jours après, quand la nouvelle de l’armistice parvint au cantonnement de Montlevon, le 1er Tirailleurs connut l’orgueil d’avoir été de ceux qui avaient porté à l’ennemi les derniers coups.

 

7 janvier 1919

Il recevait, à Metz, des mains du Maréchal Pétain, la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire.

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