Journal des marches et des opérations du 158ème Régiment d’Infanterie

Période du 20 mars au 22 novembre 1915

13/10/15

 6h 30, le 3ème bataillon arrive au cantonnement de VERDREL.

 6h 45, reçu message ci-après : Capitaine GIRADOT commandant le 2ème bataillon à Colonel 158ème : CR : les compagnies sont réparties comme suit :

8ème compagnie tranchée en « V »

6ème compagnie bois 5

7ème compagnie bois 6

P.C. bois 6

Le mouvement a été terminé pour 24h 00 sans incident. Pour le 3ème bataillon, installation au cantonnement, douches et repos.

Le Chef de Bataillon COLLET venant du 77ème R.I. est affecté au 158ème. Arrivée dans l’après midi, le Lieutenant Colonel lui donne le commandement du 2ème bataillon.

20h 25, reçu compte rendu du Capitaine GIRARDOT; 17h 35 le bataillon est alerté et se porte :

8ème compagnie de la tranché en « V » au « Chemin creux »;

6ème compagnie du bois 5 à la tranchée « Poiron »;

7ème compagnie du bois 6 à la tranchée en « V »;

5ème compagnie du bois 6 à la tranchée « des saules ».

Les 8ème et 6ème compagnies prennent au passage à la tranchée des sauloes le maximum transportable de cartouches et de grenades.

Tués 3, blessés 10.

14/10/15

Le 3ème bataillon se rend aux douches à la fosse 9 de BARLIN, entre temps, travaux de propreté et de lavage.

9h 15, reçu l’ordre général N° 506 du Général commandant la 43ème D.I. prescrivant que le Lieutenant Colonel va prendre le commandement du sous-secteur Sud. Avant de gagner son P.C., le Lieutenant Colonel doit passer au P.C. du Général de D.I. pour s’entretenir avec ce dernier.

14h 20, une auto vient prendre le Lieutenant Colonel qui est conduit au P.C. de la D.I. où il arrive à 15 h 00.

14 tués, 47 blessés, 5 disparus.

 

15/10/15

07h00, prise de commandement du sous-secteur par le Lieutenant Colonel.

08h30, reçu compte rendu VASSEL indiquant les positions des compagnies du 1er bataillon. Une contre attaque a été repoussée cette nuit vers 3h 30 en K18 et K22.

Au moment de l’attaque des spahis à 16h 00, l’ennemi a essayé de déboucher vers K22.

Suivent d’autres détails et demande de munitions, matériels etc....

09h 27, Lieutenant Colonel 158ème à commandant 8ème compagnie : « Profitant du brouillard , vous ferez avec toutes précautions utiles, mouvement avec votre compagnie au bois 5 ».

12h 00, Le Capitaine commandant la compagnie de mitrailleuses est avisé de prévoir la relève de 4 sections de mitrailleuses pour demain 16. Il devra venir avec ses officiers faire la reconnaissance du secteur.

15h 50, le 1er bataillon sera relevé dans la nuit du 16 au 17 par le 2ème bataillon. Le commandant du 2ème bataillon et ses commandants de compagnies feront le 16 à la pointe du jour la reconnaissance du secteur. Le 3ème bataillon est prévenu qu’il quittera VERDREL le 16 à 18h 00 pour se porter :

1 compagnie au « chemin creux »;

1 compagnie à la TDR

1 compagnie à la tranchée des Saules;

1 compagnie au bois 5.

18h 30, fusillade et grenades; K25 et K23 ont été menacés.

19h 00, tout est calme.

2 tués, 7 blessés.

16/10//15

2 h 50, fusillade et quelques grenades; c’est une alerte, le calme se rétablit vite.

16 h 40, violent bombardement sur les bois 11, M14, M15.

15 h 40, violent bombardement sur M7, K22 et bois 11 déjà pris à partie ce matin.

15 h 45, on téléphone de M12 que le bombardement s’étend à la lisière Ouest du bois en  « HACHE ».

15 h 55, on entend fusillade allemande; tir de barrage demandé. A 16 h 30 tout est rentré dans le calme, l’attaque sur le bois et K22 n’a pas été violente malgré la préparation sérieuse d’A7 et d’A4 allemande. Les Allemands sortis des tranchées n’étaient pas en masse profonde.

A 18 h 00, le 3ème bataillon quitte VERDREL pour se porter aux emplacements indiqués. Quatre sections de mitrailleuses partent également pour faire la relève.

21 h 00, la relève du 1er bataillon par le 2ème est terminée. Le 1er bataillon est maintenu dans le« CHEMIN CREUX » et la TDA jusqu’à l’arrivée du 3ème bataillon.

21 h 30, le Commandant ALLEGRE  rend compte que la 9ème compagnie et lui sont installés à la tranchée des « SAULES », que la 10ème compagnie est au bois 5 et que la 11ème (qui va au « CHEMIN CREUX ») et la 12ème (qui se rend à la TDA) ont dépassées la tranchée des « SAULES ».

22 h 30, le Capitaine GIRARDOT de la part du Commandant COLLET rend compte que la relève s’est effectuée dans d’excellentes conditions; les sections du génie et les pionniers sont au travail. Le 1er bataillon rentre à VERDREL dans la nuit.

2 tués, 8 blessés.

17/10/15

5 h 00, compte rendu des événements de la nuit. Nuit calme, relèves effectuées,

4 sections de mitrailleuses du 17ème Régiment d’Infanterie relevées par 3 sections de mitrailleuses du 158ème (terminé 20 h 00).

Relève du 1er bataillon du 158ème par 2ème bataillon du 158ème terminée à 21 h 00.

Le 1er bataillon est maintenu, deux compagnies au « CHEMIN CREUX » et deux compagnies

à la TDA jusqu’à 22 h 00, heure d’arrivée du bataillon du VERDREL qui va constituer la réserve

de sous-secteur.

5 h 15, petit combat à la grenade. On entend une violente canonnade vers les anglais.

6 h 00, le Lieutenant Colonel demande aux  commandants des compagnies 21/3 et 21/52 du génie de faire construire d’urgence des petites boites pouvant êtres utilisées pour le transport des détonateurs aux tranchées de premières lignes.

7 h 00, Lieutenant Colonel 158ème commandant sous-secteur à commandant 2ème bataillon 158ème M.12. « Profiter du brouillard pour faire jeter devant la tranchée ébauchée cette nuit entre M7 et K22 les étoiles barbelées qui ont été montées hier à M12 ».

13 h 35, l’artillerie de campagne exécutera aujourd’hui à 16 h 10 un tir par rafales sur 9/3 - K19 - K26 - K23. En prévenir tout le monde pour éviter les émotions.

18 h 15, Sous-Lieutenant BARRAL signale qu’on aperçoit des travailleurs ennemis au Sud du bois de « ROLANCOURT ».

20 h 00, le commandant du 3ème B.C.P signale que les grenadiers allemands ont tenté une attaque à la grenade sur K18, ils ont été déjoués pas nos grenadiers.           

 22 h 00, des patrouilles de grenadiers sont venues sur k 18, elles ont été repoussées après un combat de 20 minutes à la grenade.

 22 h 30, le commandant 2ème bataillon rend compte par téléphone que les grenadiers allemands utilisent un vieux boyau ont attaqué à la grenade sur le front des 6ème et 7ème compagnies. Ils ont été reçu à la grenade et à coups de fusils.

 

Pertes du jour : 4 blessés.

 

18/10/15

1 h 05, fusillade, jets de grenades. Des fusées rouges sont tirées.

 A 1 h 08, le tir de barrage s’exécute, à 1 h 13 demande de cessation du tir, fusée verte.

A 1 h 15, le calme est rétabli.

10 h 25, Commandant COLLET signale que la nouvelle tranchée M7 K22 est violemment bombardée (105 fusants) ainsi que la partie de la tranchée de la 5ème compagnie qui est en bordure de la route. Tir de représailles demandé.

 10 h 55, Capitaine GIRARDOT confirme ce renseignement. Il signale que le tir est d’une grande précision et paraît très rapproché; 1 coup toute les 20 secondes. La direction de tir de l’artillerie ennemie est le bois 11/K8 - cité de CAUMONT. Le Colonel demande un tir de contre batterie.

11 h 15, l’A4 a pris à partie les batteries allemandes entre la cité CAUMONT et LIEVEN.

11 H 17, le Colonel téléphone à la division; le bombardement semble bien être une préparation d’attaque. Ce bombardement est intensif en 105 fusants sur toute la ligne.

11 h 25, l’intensité du bombardement diminue un peu, moins intense, mais continue.

Même distance, éclatements bas; un obus a fait 7 ou 8 blessés. L’intervention de l’artillerie est demandée dans les mêmes conditions que précédemment.

12 h 45, le Lieutenant Colonel est prévenu qu’une attaque semble imminente sur notre front. On a aperçut le scintillement des baïonnettes allemandes dans le bois en « HACHE ».

Le tir de barrage a été demandé.

12 h 53, l’ordre d’alerte est donné par téléphone « faire prendre les armes et attendre les ordres ».

13 h 10, le 3ème bataillon est alerté.

16 h 25, commandant sous-secteur Sud à Capitaine LONLLARD «  4 pionniers et 1 gradé rendus à 21 h 00à M12 à la disposition de la compagnie de mitrailleuses pour l’établissement d’emplacements de pièces. Les escouades de fusils lance bombes rendus à 21 h 00, une équipe en K28, une en k18, la 3ème en M7 pour les instructions des commandants de compagnies en ces points. Les pionniers rendus en M7 recevront des instructions du Capitaine GIRARDOT pour l’achèvement de la tranchée du « TALUS »; chaque pionniers devra se munir de 2 sacs à terre à son passage aux abris du « RAVIN » ».

Commandant sous-secteur Sud à Capitaine Génie 21/3 et 21/J2 « Prière de supprimer avant le jour les bandes blanches servant au jalonnement des tranchées et boyaux. Faute de ce soins, les tranchées Nord au Sud de la tranchée M7 - K22 ont été bombardées violemment aujourd’hui ».

Le Colonel donne des ordres pour que le boyau de côté montant et le boyau « COMPAIN » descendant soient achevés cette nuit.

 17 h 00, le Lieutenant Colonel rend compte des événements : Rien à Signaler depuis l’établissement du compte rendu écrit.

19 h 15, fusillade et lancement de grenades; des fusées rouges sont tirées, l’artillerie déclenche un tir de barrage de K28 à K22.

 

7 tués, 16 blessés.

 

19/10/15

0 h 15 à 0 h 30, vive fusillade et lutte de grenades, fusées rouges sont tirées; l’artillerie effectue un tir de barrage dans d’excellente conditions (grande rapidité de déclenchement).

0 h 45, reçu message de M7 «  Les boches arrivaient à une quinzaine de mètres des tranchées et lançaient des grenades. On a vu quelques ombres aller et venir, mais aucune ligne distincte de tirailleurs (6ème compagnie). L’ennemi a esquissé devant le secteur de

la 7ème compagnie une attaque à la grenade chaudement reçue par les homme; ils se sont calmés. Pas de perte, actuellement très calme.

2 h 45, vive fusillade et lutte de grenades, fusées rouges sont tirées. L’artillerie effectue un tir de barrage qu’elle diminue, puis arrête bientôt sur demande du Lt-Colonel.

Calme rétabli à 3 h 00.

5 h 00, compte rendu des événements de la nuit : Plusieurs attaques assez sérieuses à coup de grenades et fusillades à 19 h 15, 0 h 15, 2 h 45. Toutes ces attaques ont été repoussées avec l’intervention de l’artillerie.

11 h 30, ordre du commandant du sous secteur Sud :  Relève du 19 au 20 octobre 1915 : Les trois dernières compagnies du 31ème Bataillon de Chasseurs à Pied seront relevées dans la nuit par quatre compagnies du 1er Bataillon de Chasseurs à Pied .......

la dernière compagnie du 1er B.C.P. remplacera au « chemin creux », la 11ème compagnie du 158ème qui rentrera aux abris du  « bois 6 ».

Heures de relève : La tête du 1er B.C.P. se présentera à 18 h 00 à l ’église de BOUVIGNY. Le 2ème bataillon du 158ème et les deux compagnies du 17ème Régiment d’Infanterie seront relevés dans la nuit....... Le 2ème bataillon du 158ème sera relevé par le 3ème bataillon du 158ème. Le chef de bataillon et les commandants de compagnies feront   le 20, à la pointe du jour les reconnaissances nécessaires.

La relève commencera à 18 h 00 et se fera en utilisant le boyau « MADELIN ».

Les mesures de détails (guides, etc...) seront réglées pour entente, entre les commandants du 2ème et 3ème bataillon.

Après relève, les unités du 2ème bataillon iront cantonner à VERDREL, en utilisant pour leur retour le boyau « HELNER », la route d’ARRAS, « fossé aux coups », « grand      boyau », AIX NOULETTE.

 Le 2ème bataillon prendra à VERDREL le cantonnement laissé libre par le 1er bataillon          qui passe en réserve de sous secteur dans la nuit du 20 au 21 octobre. Suivant les ordres    concernant la relève des deux compagnies du 17ème RI, le 1er bataillon du 158ème quittera VERDREL à 17 h 30, ce bataillon empruntera, sauf pour les compagnies du « bois 5 » et        « bois 6 » le même itinéraire que les deux compagnies du 17ème RI ( boyau « des corons »,   « fossé aux coups », boyau « MADELIN », « chemin creux ».

Les unités du 1er bataillon seront disposées comme suit :

Une compagnie à la 7ème DA;

une compagnie tranchée « des saules »

une compagnie « bois 5 »

une compagnie « bois 6 »        

P.C. du chef de bataillon « tranchée des saules ».

Pertes du jour : 2 tués; 29 blessés.

20/10

0 h 05, des fusées rouges sont tirées une par une, mais à droite de notre front.

Sur notre ligne toute est calme.

5 h 00, compte rendu des événements de la nuit : Nuit calme, fusillade continue mais   peu intense. Combats de grenades peu violent, quelques 77 sur le « chemin creux » et les divers boyaux. Les travaux d’organisation ont pu être activement poussés.

Relève du 31ème B.C.P. par 1er B.C.P. sans incident.

17 h 00, compte rendu du commandant de sous secteur Sud à commandant 43ème    Division d’Infanterie : Le front M7, K22, M20 a été assez violemment battu par l’artillerie ennemie (77, 105 et artillerie lourde), direction de tir GIVENCHY.

21 H 15, Le Commandant ALLEGRE prévient par téléphone que la relève du 2ème   bataillon par son bataillon (3ème) est complètement terminée, sans incident, depuis 20 h 30.

Le Capitaine VASSEL rend compte par téléphone que tout son bataillon (1er) est en place; la relève s’est effectuée sans incident.

22 h 00, Vive fusillade et lancement de grenades devant K28 et M7. Le tir de la batterie         de BERTHONVAL est demandé.

 22 h 10, le tir de 105 fusants et percutants fait sur M7 continu mais plus faiblement.

Le Lt Colonel fait prévenir la batterie de BERTHONVAL de diminuer son tir.

Pertes du jour : 2 tués, 2 disparus.

21/10

5 h 00, compte rendu des événements de la nuit : Nuit relativement calme, bombardements intermittents de notre droite, fusillade et jets de grenades à 22 h 00,

calme vite rétabli par l’artillerie.

5 h 20, combat à coups de grenades, légère fusillade mitrailleuses Françaises et           Allemandes. M20 rend compte que ceci se passe à notre droite sur le front du 413ème

qui devait attaquer et faire connaître l’heure du déclenchement de l’attaque au Colonel commandant le sous secteur Sud. Le 413ème a attaqué à 5 h 15; ce renseignement est communiqué aux commandants des deux compagnies du 17ème, 158ème et commandant compagnie M20, commandant B.C.P. et Colonel 149ème.

Violent bombardement 77 et 105 sur toute notre ligne (1ère ligne et en arrière).

Le Colonel demande le tir de contre batterie et de représailles.

9 h 30, le tir d’artillerie ennemie semble venir de la direction d’ANGRES pour les petites pièces et la direction de la « fosse d’ANGRES » pour les autres calibres. La tranchée M19 M7 est fortement bombardée, surtout vers M19.

9 h 35, le Colonel fait cesser le tir de représailles et de contre batterie.

9 h 45, renseignement de la 306ème brigade : M4  O16 est pris.

11 h 21, le Lt Colonel apprend par téléphone que le Capitaine PINARDOT est nommé Chevalier de la Légion d’honneur.

12 h 00, le Sous Lieutenant PATIN est blessé; le Lt Colonel demande au Colonel sir le Capitaine COULLARD  commandant précédemment la Compagnie de Mitrailleuses peut reprendre ce commandement.

 12 h 45, une mitrailleuse Allemande s’établit en K23. On aperçoit un grand nombre de travailleurs, aucun doute n’est possible (renseignement du S/Lieutenant MITOYE commandant la compagnie en K22  M8).

13 h 10, S/Lt MITOYE signale que tir de notre artillerie sur K23 paraît efficace.

13 h 15, le sergent fourrier de la C.M du 158ème téléphone qu’une pièce de M20 (celle flanquant la 154 DI) vient d’être écrasée : un mitrailleur tué et un grièvement blessé.

17 h 00, le bombardement signalé au compte rendu de fin de journée s’est continué    jusqu’à 16 h 45. Tout est assez calme actuellement, pas de pertes nouvelles connues.

19 h 15, les renseignements fournis par six patrouilles envoyées en avant de K22, M21,et M4 pendant la nuit du 20 au 21 ont démontrés que la tranchée Allemande K22  M4 était complètement bouleversée et dépourvue de défenseurs. Il y a lieu d’empêcher l’ennemi de s’y établir ultérieurement.

En conséquence cette nuit, le commandant du 3ème bataillon prendra toutes    dispositions pour pousser des sapes le plus loin possible dans la direction de K23, K25, M21, K29 au delà de l’ex tranchée Allemande K22, se mettant en liaison intime à droite avec le 413ème R.I. Il aura à sa disposition le peloton de grenadiers bombardiers du régiment, ainsi qu’une section du génie de la compagnie 21/52, chaque homme, à      l’exclusion des bombardiers muni d’un hérisson pliant.

Etablir un T aux têtes des sapes, réfectionner la tranchée Allemande à la traversée de ces sapes et y laisser une petite garnison jusqu’à ce que nous puissions rétablir cette tranchée. Placer des défenses accessoires cette nuit même en avant des sapes et en avant de la future tranchée K22 à 30 mètres au moins en avant de cette tranchée.

Ne pas oublier d’obstruer les boyaux en avant des barrages K23, K25 et K29.  

Vous pouvez disposer également d’une section de la 6ème compagnie du 17ème établie à la tranchée du « chemin de fer »; mot de reconnaissance « Lorette ».

 21h55, O5 téléphone : le 413ème aurait été relevé par le 414ème vers 19 h 00. M4   aurait été repris par les Allemands; attend renseignements plus précis.

22 h 00, Le Lieutenant Colonel téléphone au Commandant ALLEGRE, il lui fait part   des renseignements ci-dessus, lui recommande d’opérer avec circonspection, de ne pas dépasser la tranchée Allemande, d’y faire les T des sapes aussi grands que possible et d’augmenter les défenses accessoires.

22 h 30, Le S/lieutenant DEROBERT commandant la 10ème compagnie téléphone que la patrouille du sergent VICQ (10ème compagnie) à franchi la SOUCHEZ et s’est mis en liaison avec le 17ème et le 413ème (compagnie de gauche), et a rendu compte que le terrain M4 - O16 aurait été perdu à 19 h 00.

23 h 00, Le Lieutenant Colonel téléphone au Commandant ALLEGRE que d’après renseignements fournis par la 154ème D.I. la situation serait inchangée, que par conséquent M4 - O16 seraient toujours entre ses mains. Il prescrit au Commandant ALLEGRE de faire faire une nouvelle patrouille commandée par un sous-officier de la 10ème compagnie pour aller établir la liaison avec l’unité de gauche du 414ème. Cette patrouille devra rapporter une preuve écrite de l’accomplissement de sa mission.

Pertes du jour : 3 tués, 2 blessés.

 

22/10

0 h 40, le Commandant ALLEGRE rend compte par téléphone que le sergent VICQ, de la 10ème compagnie a refait à nouveau la patrouille de liaison avec le 414ème et qu’il a rapporté la note suivante : 17ème R.I. Je certifie que la point M4 n’est plus occupé par le 413ème depuis au moins 19 h 00. Le commandant de la 6ème compagnie, signé illisible.

Quant au point O 16, je ne l’ai pas sur mon schéma et je ne puis donner aucun renseignement.

Au verso suit la note du Capitaine CHARREY commandant la 6ème compagnie du 414ème : Les points M4 et O 16 sont à l’ennemi depuis 19 h 15. La contre attaque   Allemande a eu lieu au cours de la relève, ½ compagnie du 413ème était relevée par ½   compagnie du 414ème. La contra attaque est survenue à ce moment, le peloton du 413ème qui était dans le boyau de sortie est parti vers la carrière; il est resté un peloton du 413ème et la compagnie du 414ème qui venait relever. N’ayant pas de grenade après un combat acharné où nous avons perdu les 2/3 de l’effectif, nous nous sommes repliés sur la tranchée   de départ. Les assaillants étaient précédés par un groupe important de grenadiers qui ont    littéralement anéanti notre section de gauche.  Signé CHARREY.

........Le Commandant ALLEGRE demande si en raison de la perte de M4  - O16, il n’y a lieu de remplir la mission qui lui a été confiée. Le Colonel lui fait répondre par téléphone qu’il doit d’abord garder sa tranchée, continuer à la renforcer, puis entreprendre néanmoins et pousser aussi loin qu’il le pourra, les sapes à construire.

2 h 40, envoyé à la 43ème D.I. le compte rendu ci-contre.

3 h 40, on entend une fusillade et quelques coups de canon; c’est sur notre droite.

3 h 45, le calme se rétablit.

5 h 00, compte rendu à la D.I. : Nuit relativement calme; un peu de fusillade à 3 h 40 à droite de notre ligne et à la 154ème D.I. Toutes les défenses accessoires ont été posées. Deux sapes d’une longueur de 25 mètres environ, profondes de 80 centimètres ont été creusées. Au bout de chacune, un T permet de loger 6 homes. En avant du T, à une dizaine de mètres environ, ont été posées des étoiles barbelées.

6 h 15, Général 43ème D.I. à Commandant le secteur Sud : « Prière faire connaître à quels endroits les nouvelles sapes signalées ont été creusées ».

6 h 40, «  l’unes des sapes part de K22, l’autre de M20 se dirigeant vers l’Est. Le      chemin, les boyaux et la tranchée M21 n’existent plus, le sol est bouleversé et rempli de cadavres ».

9 h 50, Commandant sous secteur Sud à Capitaine commandant 17ème R.I. :

« Je vous recommande encore instamment de faire installer des défenses accessoires sérieuses en avant de la sape semi-circulaire et de la tranchée du « chemin de fer ». ».

17 h 00, rien à signaler depuis.

 18 h 13, Fusillade de deux minutes avec jet de grenades sur K28 et K18.

 

Pertes du jour : 1 tué, AUZANCE Pierre (10ème compagnie)

6 blessés, BOISSON Léon et ROUX Antoine (10ème compagnie),

SACHE François, MEUNIER Edgar, DRAPP Emile (11ème compagnie),

MAURIN Jean (12ème compagnie).

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