Historique du 11e Tirailleurs du 23/7/1918 au 11/11/1918

23 juillet.

1 heure

Le colonel reçoit un additif à l’ordre d’opération.

La répartition des chars d'assaut pour l'opération prévue pour aujourd’hui 23 sera la suivante

- avec le 11e TA, 6 chars Saint-Chamond.

4 h30.

Les chars Saint-Chamond passent le chemin creux du PC du colonel.

5 heures.

Le 412e RI et le 6e TA attaquent à notre gauche et semblent progresser malgré le barrage et le feu des mitrailleuses. Des éléments atteignent, la route de Soissons. Le groupe Boulogne du 11e TA se porte en avant pour maintenir la liaison.

6 h. 15.

Compte rendu du Capitaine Roche

le groupe Boulogne ne peut plus avancer. Boulogne a cherché à vous rendre compte. Devant mon groupe, situation analogue barrage violent de mitrailleuses ne permettant pas de sortir ; les tanks reviennent.

A notre droite, les Anglais n'étant pas sortis à l'heure H, toutes les mitrailleuses du bois d'Hartennes prennent l'attaque de flanc et empêchent toute progression.

Compte rendu est envoyé au Colonel commandant l'ID qui envoie l'ordre de s'enterrer et tenir sur place jusqu'à l'attaque anglaise, qui doit se produire à 9 heures

9 heures.

L'attaque anglaise ne peut déboucher. Les deux bataillons qui marchaient sur les lisières sud de Tigny et d'Hartennes sont fauchés par les mitrailleuses. Le lieutenant-colonel Charles-Roux envoie immédiatement le compte rendu suivant à l'ID.

Attaque anglaise manquée. Fauchée dès sa sortie par les mitrailleuses. L’ennemi accentue son tir de barrage sur nos premières lignes par obus ordinaires et obus toxiques, mais je ne pense pas qu'il se produise de contre-attaque d'infanterie. Mes trois compagnies sont enterrées et tiennent.

10 h. 40.

Sur demande du colonel, l'artillerie exécute un tir de neutralisation sur Tigny et le bois à l'Est. Trop peu nourri en artillerie lourde, il ne peut faire taire les mitrailleuses. Situation sans changement jusqu'à 19h30; heure à laquelle parvient au colonel le compte rendu suivant du capitaine Boulogne: Les Boches viennent d'exécuter un tir de réglage sur le bataillon et sur le 3e; tir très violent encadrant en avant et ariere l'emplacement actuel du bataillon; durée de 17h45 à 18h45. Pas de blessés à signaler. Le régiment apprend qu'il sera relevé le soir même par le 350e RI. Arrivée au P. C. du chemin creux du colonel commandant le 350 RI et de son chef de bataillon adjoint.

L'ordre de relève suivant est envoyé aux trois groupes

« Le régiment sera relevé cette nuit par le 4e bataillon du 350e RI, le groupe Roche sera relevé par la 14e compagnie, le groupe Boulogne par la 13e compagnie, le groupe Rousseau par la 15e compagnie.

Guides:

Le groupe Rousseau enverra 4 guides à 10 heures au PC du colonel. Toutes les munitions en excédent seront laissées sur place et passées aux unités relevantes. Les mitrailleuses seront relevées en même temps que les compagnies. Après relève, le régiment se rassemblera à Vaux-Castille où une soupe chaude sera servie. Le régiment bivouaquera dans le bois sud est de Vertefeuille, avant de regagner Le Puiseux où il doit cantonner demain.

Récapitulation des pertes éprouvées dans les affaires du 19 au 24 juillet:

officiers, 29 dont 3 chefs de bataillon

1170 ss-officiers, caporaux et tirailleurs.

 

24 juillet 1918.

Le régiment cantonne à Le Puiseux.

 

25 juillet 1918.

A 11 heures, le régiment est enlevé en camions et se rend à Noroy. Cantonnements

PC et CHR, Noroy,

1er bataillon ; Angivillers

2e bataillon Erquinvillers

3e bataillon Cuignères.

 

26 juillet au 6 août 1918.

Sans changement. Reconstitution du régiment.

 

7 août 1918.

Le 7 au soir, le régiment s'installe en bivouac.

 

8 aout 1918.

EM et CHR au bois au sud du château de Blincourt.

 

9 août 1918.

1er bataillon bois de Choisy (partie nord).

 

10 août 1918.

2e bataillon bois de Choisy (partie sud).

 

11 août 1918.

3e bataillon bois des Marmots.

 

12 et 13 août 1918.

Sans changement.

 

14 août 1918.

Dans la nuit du 14 au 15, le régiment se porte à La Neuville-sur-Ressons. PC La Neuville-sur-Ressons. 1er, 2e et 3e bataillons bois du château de Ricquebourg.

 

15 août 1918.

Sans changement.

 

16 août 1918.

Le régiment se porte à Mélicocq

 

17 août 1918.

La 58e DI reçoit mission de relever la 67e division sur le front de l'Ecouvillon (Niches), ferme d'Attiche. Elle met deux régiments en ligne. 412 à gauche, 11e TA à droite, en liaison avec le 283e RI. Elle dépend du 15e CA.

 

18 août 1918.

Ordre général d'opérations.

Mission du CA: achever la conquete du massif de Thiecourt, Ecouvillon, crête du Monodithe, Chirsy, Ourscamp.

Mission de la DI: s'emparer du massif boisé de Loermont et des bois de La Cave, de la Carmoy et de la Mare-aux-Chênes.

 

Objectifs du 11e TA: Bois de La Carmoy et de la Mare-aux-Chênes. Deux bataillons en ligne, 3e à gauche, 1er à droite. Un bataillon en soutien : 2e bataillon. PC du régiment : carrière de Montigny, à côté et à l'Ouest du PC du 283e RI.

L'escadron de spahis; 8e escadron du 5e spahis est mis à la disposition au 11e TA.

 

Prescriptions pour l'attaque.

Idée de manoeuvre. Pas d'assaut direct, mais manoeuvre par infiltration et tentative de débordement. Le 11e tirailleurs prendra d'abord pied dans la tranchée du bois de la Carmoy et de Ia Cave, et poussera jusqu'au bois de l'Oasis.

Reconnaissances. Les objectifs atteints, le 11e tirailleurs poussera des reconnaissances sur la sortie sud de Canectancourt et les y maintiendra si possible.

Action de l'artillerie. Avant l'heure H, tir d'interdiction et creation de brèches. A l'heure H., barrage à 300 mètres à l'avant des fils de fer, vitesse de progression 100 mètres en 5 minutes.

Concentration des feux sur le carrefour des bois d’Orval, le bois de l'Oasis, la sortie Nord de Canectancourt.

Le colonel commandant le régiment donne son ordre d'opérations du 18 août 1918.

Le jour J est le 19 août, l'heure H est 5 heures. Contrairement aux ordres donnés précédemment, l'artillerie ouvrira le feu 5 minutes avant H.5, soit 4h45. Donc, l'infanterie partira 5 minutes après que l'artillerie aura ouvert son feu.

 

Horaire.

5 heures   l'attaque se déclenche.

 

5 h. 5.

Le 283e RI lance des fusées de tir d'artillerie trop court.

5 h. 13.

Les Allemands demandent le barrage par fusées vertes.

5 H. 20.

Mitrailleuses allemandes arrêtent la progression des 3e et 1er bataillons.

5 h. 25.

Gros barrage allemand déclenché sur les ravins de Montigny et de Carmoy.

5 h. 30.

Communication téléphonique colonel Charles-Roux à colonel Bremons, commandant l'ID 58.

5 h. 44.

Mouvement en avant repris par le 1er bataillon.

5 h. 40.

Le barrage français s'allonge.

5 h. 44.

Barrage français trop allongé, à 200 mètres à l'intérieur du bois d'Orval. A droite, le 283e RI répète sans cesse par fusée tir trop court.

5 h. 45.

Arrêt de l'infanterie à droite.

5 h. 50.

Progression très lente du  1er bataillon  du 11e TA.

5 h. 55.

Les allemands demandent le barrage dans le bois de la Mare-aux-Chênes.

6 h. 12.

Le bois de La Mare-aux-Chênes est pris.

6 h. 35.

La section du sous-lieutenant Torre fait un prisonnier du 7e chasseurs.

7 h. 20.

L'avant-garde de la compagnie Derome (2e), sous les ordres du sous-lieutenant Torre, prend pied dans le bois d'Orval.

9 h. 30.

La compagnie Dupuis (1ere), restée en garnison de la ferme d'Attiche, est engagée et relevée sur ses emplacements par la compagnie Colonna.

12 heures.

Violent bombardement par obus explosifs et toxiques. Tirs de minen et de mitrailleuses. L'avant-garde est chassée du bois d'Orval. Le lieutenant Torre est mortellement blessé. Le lieutenant Jourdan, deux fois gravement blessé, meurt des suites de ses blessures.

13 heures.

L'attaque est reprise, mais l'on ne peut plus progresser.

 

20 août 1918.

Pendant journée, l'ennemi bombarde, la ferme d'Attiche avec des obus toxiques. A signaler la patrouille de l'adjudant Gendraud, de la 7e compagnie, faite à 20 heures.

 

21 août 1918.

Les trois bataillons se portent en avant.

Le 1er bataillon procède à un passage de ligne qui l'envoie en avant-garde de la progression. Il atteint la route entre bois d'Orval et bois d'Attiche, entre dans Orval a 15 heures et s'installe sous un violent bombardement aux lisières nord de Canectancourt à 18 heures.

 

Situation du régiment à 18 heures

Le 1er bataillon est installé aux lisières nord de Canectancourt. Les patrouilles de spahis n'ont pu franchir la Divette. Le 2e bataillon est aux lisières nord du bois des Orangers  le 3e bataillon occupe les lisières nord du bois d'Onys.

Tous les efforts pour franchir la Divette restent infructueux.

 

22 août 1918.

Le capitaine Dupuis (1er) s'installe au nord de la Divette, nord du bois des Églantiers, dans un ravin favorable, en liaison avec le 412 RI à gauche et avec la 2e compagnie (sous-lieutenant Gastiger) à droite.

Le mouvement de la 1ere compagnie se fait par Ejericourt et Epinoy, celui de la 2e par le bois des Ornières et le passage de la Divette.

 

23 août 1918.

Situation inchangée. Gros bombardement, stabilité momentanée.

 

24 août 1918.

Situation au matin: en fait inchangée.

Le commandement a l'impression d'un repli ennemi. La journée du 24 août; pendant laquelle devait se préparer une stabilisation momentanée, a vu se dérouler quelques combats d'infanterie du fait de l'envoi de grosses patrouilles, destinées à vérifier la présence de l'ennemi au contact rapproché. Ces patrouilles engagées dans des combats à la grenade ont du être soutenues et progressivement le 1er bataillon, sous les ordres de son chef, a été engagé dans la progression, l'occupation et le maintien des tranchées de Rouen, de Siam et de Thorn.

En résumé : avance dans deux tranchées ennemies, attaque victorieuse et contre-attaque ennemie repoussée. Pertes fortes.

 

25 août 1918.

La journée est agitée, mais sans combat corps à corps. Le contact avec l'ennemi est maintenu étroit par le 11e TA.

 

26 août 1918.

Sans changement. Journée assez calme. Arrivée du lieutenant Gélas qui remplira les fonctions d'officier pionnier et de porte drapeau.

 

27 août 1918.

Journée calme. Préparation de reconnaissance offensive pour le 28 août.

 

28 août 1918.

Le 3e bataillon exécutant la reconnaissance offensive prescrite envahit la tranchée de Rouen, le bois de l'Écaille, le bois des Séducteurs et fait 18 prisonniers, 4 du 400 RI, les autres du 13e bataillon de chasseurs et 4 du 273e RI.

La poursuite s'amorce aussitôt sur Susoy, Larbroive, région où le 3e bataillon en tête, suivi du 2e bataillon de soutient et du 1er bataillon en réserve, arrivent vers 11 heures par une marche manoeuvre.

La progression au delà des pentes nord des bois du Sétant et des Sottises est des plus difficiles.

Le 3e bataillon avance lentement, le colonel commandant le régiment décide de porter le 1er bataillon à sa hauteur et à sa gauche, et de porter le 2e bataillon en liaison vers le canal sur lequel ils doivent envoyer de fortes reconnaissances.

A 17 heures, le colonel commandant le régiment demande une préparation d'artillerie.

A 20 h. 15, le chef de corps renouvelle les instructions de franchissement et de reconnaissance du canal.

A la nuit, la situation est acquise. Des éléments légers, les sections Gauthier et Gastiger ont atteint le canal qu'ils franchissent le lendemain. Le gros des bataillons d'avant-garde est sur la ligne lisière Est de Vauchelles, carrieres Maigremont.

 

29 août 1918.

A l'heure H, le colonel Charles-Roux se porte à l'avant, à la tête de ses bataillons d'avant-garde, en extrême pointe, donnant à tous un exemple de courage, de confiance et un mépris du danger inoubliable.

 

7 h14.

Il venait depuis quelque temps d’adopter un observatoire à 200 mètres au nord de la Briqueterie 82-95, sud de Maigremont, quand un obus ennemi tombant à proximité de lui le soulevait dans l'air. Il retombe dans une carrière de sable située à 4 mètres environ en déblai de la falaise de l’observatoire.

Le choc fut terrible, mais le colonel, sans aucune blessure sanglante, souriant, calme, ne s'occupe que d'assurer la permanence des efforts et fait appeler par le lieutenant Mallier son chef d'escadron, commandant le 1er bataillon, pour lui passer le commandement et la direction des opérations.

Situation à 7 heures

2 compagnies du 1er bataillon avaient franchi le canal, et s'étaient installées à 100 mètres et au sud du quartier de la cavalerie de Noyon en liaison avec le 41e BI et le 2e zouaves.

La 1ere compagnie est en réserve au canal.

Au 3e bataillon, les 3 compagnies étaient arrêtées au canal par des contre-attaques dirigées sur le 6e TA dont l'arrêt était épuisé.

Le 2e bataillon est en réserve au ravin de Maigremont.

Vers 13 heures, il n'y a pas d'amélioration. Le 3e bataillon est arrêté, il subit des pertes. Bientôt passent, blessés au PC du colonel, le commandant Ducastel, le capitaine Boché, son adjudant-major, et 3 chefs de liaison.

L'adjudant de bataillon a été tué, un caporal coureur également, le sergent gazier du bataillon était évacué.

Cette disposition simultanée des cadres de l'EM du bataillon, déjà éprouvé, a eu la plus regrettable répercussion sur la rapidité de la poursuite de la journée, et en a fait annihiler les efforts d'un des groupements du régiment jusqu'à la fin des opérations.

A 15 heures 45, la situation était toujours un peu flottante.

Pourtant les éléments du 1er bataillon ont pu progresser. Entrainés par leur élan, ils ont pu atteindre le bois Kara et Kébri avec des éléments avancés légers, vers 19 heures.

Le Iieutenant-colonel Charles-Roux décide que le lieutenant Gélas, porte-drapeau, doit se porter avec son emblème en tête de la vague d'assaut qui doit franchir le canal. Quelques minutes avant l'attaque, un ordre de la DI prévient de ne pas faire sortir le drapeau.

 

30 août 1918.

Un violent bombardement sur le PC du colonel, de 21 heures à 2 heures n'avait permis aucun mouvement, ni aucune lumière dans les trous individuels de la carrière de Maigremont. A l'heure H, les groupes d'avant-garde du 1er bataillon Gastiger, Gandin, Gaulthier, franchissent, avec un bel élan et par infiltration, la route de Paris aux environs de laquelle ils sont arrêtés par les feux des mitrailleuses ennemies du mont Saint-Simeon, et par le feu d'une pièce d'artillerie, située dans un ravin à l'ouest de Tarlefesse et tirant de plein front. Le groupe Romain pousse de l'avant, le groupe Boulogne serre sur le quartier de cavalerie.

Situation à midi : l'attaque qui a progressé ne se développe pas. Après une nouvelle préparation d'artillerie lourde, le général commandant la DI., prescrit de reprendre l'attaque à 17 heures. Cette préparation facilite la progression et la soudure de quelques unités.

 

31 août 1918.

5 heures.

Le capitaine Boulogne blessé par éclat d'obus à La main gauche est évacué et passe le comandement des groupes du 3e bataillon au lieutenant Pierre. Cet officier prend très habilement la direction des combats de progression d' avant-garde et réalise, avec les éléments de ses 5e et 6e compagnies le nettoyage des abords de Balincourt et de Tarlefesse. La section Benedetti fait un prisonnier à l'est de la rue haute d'Applincourt. Les effectifs sont réduits du fait de l'ypérite. Le lieutenant Pierre est évacué, le lieutenant Gérard prend le commendement du bataillon.

Deux officiers envoyés du CID, les sous-lieutenants Petit-Girard et Blondeau, sont envoyés en première ligne du 2e bataillon.

Dans la soirée, un groupe de 40 tirailleurs du 6e TA est envoyé en réserve de l'lD au PC du commandant du 11e TA.

 

1er septembre 1918.

Journée un peu calme. Regrupement, reserrement des liaisons. La compagnie du sous-lieutenant Margelin fait un prisonnier à 13h30 dans le moulin de Carcuvelets.

 

2 septembre 1918.

Stabilisation momentanée.

 

3 septembre 1918.

Situation inchangée. Rèalisation de deux groupements accolés en première ligne et d'un groupement sur la ligne de résistance (faubourg d'Amiens). Le mou-lin de Carcuvelets est occupé par la 6e compagnie à 19 heures. La compagnie reçoit l'ordre de ne pas maintenir cette occupation. La 6e compagnie fait un prisonnier dans le moulin de Carcuvelets.

 

4 septembre 1918.

Poursuite victorieuse de l'ennemi. Le moulin de Carcuvelets est occupé par la 6e compagnie le 3 septembre au soir, laissant prévoir le repli de l'ennemi. Le contact est resté si intime que le comuniqué allemand hi-même l'a reconnu.

Débusqués par le 2e bataillon de leurs abris de la carrière au nord-ouest du mont Saint-Siméon, les groupes d'un bataillon allemand s'enfuient par le chemin cote 161, croix des 6 voies.

L'escadron de spahis participe par ses patrouille à la poussée de l'ennemi.

Le 2e bataillon arrive au château de Salency à 13h15, suivi du 1er bataillon.

La division ayant atteint ses objectifs, passe en réserve de CA.

 

Pertes de s officiers, du 15 aout au 5 septembre.

tués, 6

blessés, 19

gazé, 4

ypérités, 9

disparu, 1

total, 39.

 

Pertes (troupe)

tués, 82

blessés, 323

gazés, 109

ypérités,484

disparus, 106

total, 1104.

5 septembre 1918.

Sans changement. Dans la nuit du 5 au 6, le régiment va cantonner à Machemont.

 

6 septembre 1918.

Cantonnement de Machemont.

 

7 septembre 1918.

Aux Quatre-chemins, le régiment fait mouvement et va cantonner à Monchy-Humières.

8 septembre 1918.

A 4h30, le régiment fait mouvement et va cantonner EM, CHR et 1er bataillon, Pronleray

2 bataillon, Cressonsacq

3e bataillon, Cernoy et Fouillasse.

 

9 au 23 septembre 1918.

Le régiment demeure dans ses cantonnements. Réorganisation des unités.

 

24 septembre 1918.

Le régiment quitte à 7 heures ses cantonnements de Pronleray, Cressonsacq, Cernoy et Fouillasse, et va cantonner

1er bataillon, Mareuil-la-Motte

2e et 3e bataillons, Margny-sur-Mats.

 

25 septembre 1918.

Départ du régiment à 5 heures pour cantonner

1er bataillon, Beaugrès

2e bataillon, Maucrout

3 bataillon, Quesnoy ;

PC du régiment, Beaugies.

Le régiment reçoit l'ordre d'opérations n° 527 concernant la relève de la 37e DI par la 58e dans le secteur de Tergnier.

 

26 septembre 1918.

Situation sans changement dans la journée.

Dans la nuit du 26 au 27, le 1er bataillon relève dans la partie nord de Virzy-Moureujl, un bataillon du 3e zouaves.

Le 2e bataillon dans la partie sud de Virzy-Moureuil, un bataillon du 3e zouaves.

Le 3e bataillon relève à Tergnier un bataillon du 2e zouaves.

PC du régiment Vîrzy-Moureuil.

 

27 septembre 1918.

Dans la nuit du 27 au 28, le 1er batailIon relève un bataillon du 3e zouaves.

Le 2e bataillon relève avec une compagnie en laissant ses deux autres compagnies en place, un bataillon du 3e zouaves à Condren.

Le 3e bataillon reste en place. Il est sur la ligne de résistance, mais son flanc droit est partiellement en ligne.

28 septembre 1918.

Les bataillons s'organisent sur leurs positions.

29 septembre 1918.

Situation sains changement.

 

30 septembre 1918.

Du 30 septembre au 1er octobre, la 1re compagnie occupe en avant du stand, les anciennes tranchées françaises abandonnées. L'opération s'effectue sans incident.

 

1er octobre 1918.

A 19 heures, la 2e compagnie pousse deux reconnaissances vers le canal, elles sont reçues par des feux violents de mitrailleuses et de mousqueterie.

 

2 octobre 1918.

A 3h30, une patrouillle boche d'une dizaine d'hommes est repoussée.

 

3 octobre 1918.

A 5 heures, la 1re compagnie pousse vers le canal en direction de la Fère. Sections avec mission de franchir le canal et de pénétrer dans le faubourg Saint Firmin.

Les sections progressent jusqu'à une centaine de mètres du canal où elles sont reçues par des feux très nourris de mitrailleuses, minen, et VB. La section de gauche (section sous-lieutenant Sellal) est violemment contre-attaquée. Les pertes sont sensibles. Les sections reviennent à leur point de départ.

A 18 heures, bombardement boche par obus toxiques sur stand en première ligne.

13 heures.

Le chef d'escadron Bougnot, commandant le régiment, fait remise de décorations. Ordre est donné au lieutenant Gélas, porte-drapeau, de venir avec son emblème, où les honneurs sont rendus. A la sonnerie du Drapeau, le Boche déclenche un tir de barrage, mais le tir est allongé.

 

4 octobre 1918.

Situation sans changement.

 

5 octobre 1918.

Situation sans changement. Dans la nuit du 5 au 6, reconnaissance sur Bentor. Rien à signaler.

 

6 octobre 1918.

A 20 heures, une reconnaissance sur Bentor a amené un combat avec des éléments ennemis : sous-lieutenant Pierron, blessé ; 2 tirailleurs tués, 1 caporal et 4 tirailleurs blessés.

 

7 octobre 1918.

Sans changement.

 

8 octobre 1918.

Dans la nuit du 8 au 9, le 3e bataillon (Farnier) relève aux AP le 1er bataillon.

9 octobre 1918.

Sans changement.

 

10 octobre 1918.

Le régiment reçoit l'ordre de relever le 412e RI dans la nuit du 10 au 11. En exécution de cet ordre, le 2e bataillon relève un bataillon du 412e à Quescy, le 1er bataillon relève un bataillon du 412e au bois du Moulinet le 3e bataillon reste sur ses emplacements. P. C. du régiment Bouez.

 

11 octobre 1918.

Les bataillons s'organisent sur leurs positions.

 

12 octobre 1918.

Dans la nuit du 12 au 13, une compagnie du bataillon Gruyer (3è bataillon), ayant reçu l'ordre d'entrer dans la Serre, pousse en avant 3 patrouilles. Quelques coups de feu et grenades aux abords du canal, principalement au point de la voie ferrée arrêtent la compagnie.

 

13 octobre 1918.

A 3h30, reprise du mouvement en avant.

5h25. La 9e compagnie pénètre dans le faubourg Saint Firmin (faubourg sud de la Serre).

8 heures.Jonction avec le 288e, faubourg Notre-Dame (nord).

10 heures. Le PC du régiment se transporte de Bouez à Fargniers.

17 heures. Le bataillon Grayer est à Le Travers. Le chef de bataillon rend compte que l'ennemi a fait sauter le pont sur le ruisseau de la Serre et se retire au nord de cette rivière.

22h80. Le sous-lieutenant Botinelli rend compte qu'il a pu faire une passerelle sur le ruisseau, et qu'il a commencé le passage sur la Serre. Dans la nuit du 13 au 14, les travaux de franchissement sont poussés activement.

 

14 octobre 1918.

Dans la matinée, le bataillon est ramené à Ostende (1er bataillon). Le 2e bataillon reste à ses anciens emplacements (sud de Vendeuil), le 3e bataillon pousse activement des reconnaissances à Travecy, entre Travecy et la Fère, au nord de la Fère et le long de la Serre pour exploiter tout passage possible. Dans la nuit du 14 au 15, le génie et les tirailleurs établissent une passerelle sur la Serre.

 

15 octobre 1918.

PC du régiment au parc.

6h30. La section Ribaut s'empare de la Barricade qu'on détruit (300 mètres au nord du pont de la Serre, sur la route d'Acheries). Précédemment, des tentatives faites à plusieurs reprises de s'en approcher étaient restées infructueuses, un caporal a été tué au cours de  ces essais.

8h5. La section Ribaut tente de progresser pendant la préparation d'artillerie, mais les Boches mis en éveil par le canon, ont déjà déclenché leurs tirs de mitrailleuses ; un caporal tué, deux tirailleurs blessés. La progression est impossible.

9 heures. Une patrouille de 1 sergent, 1 caporal et 5 hommes de la 10e compagnie, atteint la Serre dans la boucle du nord du mont « La S» de la. Serre . Une passerelle se démolit juste en passant le pont; la 10e compagnie la répare et reprend son mouvement en avant. Une heure après, la tête de pont comprend une section. La progression est très difficile, la vallée étant entièrement inondée, et l'infanterie étant obligée de créer une passerelle au fur et à mesure de son avance.

14 heures. Le patrouille de tête se heurte dans le bois des Colibris à une résistance boche. Combat de grenades, tirs violents de mitrailleuses boches (deux blessés).

15 h. 30. Une section de la 9e compagnie, remplace une section de tête de la 10e et cherche à progresser à nouveau sur l'ancienne passerelle. Elle est arrêtée par des tirs de mitrailleuses.

16 heures. Patrouille envoyée dans le bois des Oiseaux pour chercher un autre passage. Elle trouve partout le marais, elle est obligée de rentrer ; la nuit approchant, l’ennemi est occupé à la confection de passerelles. Les têtes de pont sont conservées.

 

16 octobre 1918.

Au petit jour, les patrouilles cherchent à progresser, elles sont arrêtées par deux mitrailleuses dans le bois du Léopard ; une autre patrouille est envoyée plus à droite.

6h15. Un CR du lieutenant Hibry, 11e compagnie, mentionne que des patrouilles, ayant tenté de s'approcher d'Hechey au petit jour, ont été accueillies par des feux nourris de mitrailleuses, et n'ont pu aborder le village. Les tentatives faites par les deux sections et une compagnie à Tabery pour se porter à la direction d'Hachery en franchissant l'Oise, leur ont permis d'atteindre la rivière qu’elle ont été dans l'impossibilité de franchir ( un tirailleur tué, quatre blessés).

8h30. Un canon de 37 arrive à la ferme de Travères.

9h00. Le canon de 37 est poussé, jusqu' aux environs de la Barricade à 500 mètres sud de la derniere maison d'Hachery. Quelques Boches gardant cette maison se sauvent.

9h5. Mise en batterie du 37; tir de 100 obus sur les dernières maisons d'Hachery et sur les lisières nord du bois des Colibris et du bois des Oiseaux-Mouches.

10 heures à 11 heures. Le lieutenant Beausson avec la 10e compagnie et une section de la 9e compagnie explorant les marais ouest et est (passerelle) en vue de tenter de multiplier les voies d'accès par le nord, est arrêté à l'ouest par la nature du terrain. Il décide de jeter vers l'est deux sections vers le bois du Léopard. Ces deux sections engagent sous bois des combats de mousqueterie avec des éléments ennemis tenant les lisières est du bois. Il décide alors de lancer une attaque droit sur la passerelle battue par une mitrailleuse qui en tient le débouché. Le sergent Floux et quelques hommes entrent dans les marais et tournent l'extrémité de la passerelle, faisant prisonniers 6 Allemands formant groupe de mitrailleurs. Toute l'affaire s'est déroulée dans l'eau.

11 heures à 14 h. 30. Repos.

14h30. Concentration de l'artillerie sur le nord d'Hachery.

15 heures. Contre-attaque d'un groupe allemand avec une mitrailleuse provenant de l'Ouest du bois des Colibris, sur la passerelle. Plusieurs tirailleurs sont blessés ; un peu de flottement, pas de perte de terrain.

15 h30. Le commandant du régiment envoie le long de la passerelle, la 3e Compagnie du 1er bataillon (sous-lieutenant Dumesnil) pour appuyer la compagnie Besson.

16 heures. Sous un feu très violent de mitrailleuses, deux sections de la 3e Compagnie et de la 9e compagnie, gagnent le terrain nécessaire à l'installation d'une tête de pont au débouché de la passerelle ; et formant arc de cercle autour du débouché de la passerelle jusqu'à la lisière nord du bois des Colibris.

Ce mouvement ne se fait pas sans pertes sérieuses du fait des tirs de mitrailleuses étagées dans les organisation 79, 08, 80, 09, etc. Le sous-Lieutenant Dumesnil est blessé.

Après le tir de l'artillerie sur Achery, une contre-attaque boche de deux sections, sorties, l'une par l'Ouest de la route d'Achery, l'autre de front, encerclent la patrouille du sergent Djedis (combat avec F. M. et mousqueterie) ; sur 8 hommes, 4 sont tués, 1 blessé, 2 disparus, 1 de retour.

17 heures. Ordre d'alerte est donné au 1er batailllon.

Mision : se porter en entier vers la passerelle et déboucher du bois. Le mouvement est exécuté de suite. Situation à 20 heures sur la tête de pont de la droite à la gauche: 3e compagnie, 1re compagnie, 2e compagnie sur les lisières des bois du Léopard et des Colibris à droite;  10e compagnie à gauche. PC du capitaine Charles, commandant le 1er batailIon au débouché de la passerelle. PC du 3e bataillon avec un détachement de police à la boucle de la Serre ; 11e compagnie sur la route d'Achery ; 1 section à la Barricade, 1 section au pont des Travers aidant aux travaux du PC du régiment et CHR au parc. Le maintien de la tête de pont cause des pertes très sérieuses par feu de mitrailleuses.

 

Divers. Le 3e bataillon fait 7 prisonniers.

 

17 octobre 1918.

Le régiment reçoit l'ordre d'attaquer à midi en direction générale de la tranchée du Mistral, en vue de déborder Achery.

9h30. Le commandant Beugnot transmet les ordres suivants aux commandants des 1er et 3e bataillons

-Après avoir reçu les renseignements sur la situation, notamment sur l'emplacement des mitrailleuses à la lisière des bois et sur les pertes sérieuses (300 environ), le général de division a décidé une action d'artillerie à midi, dans le but de tenter une progression des éléments du 1er bataillon. Le général de division désire que chacun comprenne qu'il s'agit d'un suprême effort imposé par des considérations d'ordre général.

-Dès le premier coup de canon, toute unité se portera en avant, quelle que soit la faiblesse de son effectif, avec le même élan qu'hier.

-le bataillon Coustillière (2e) est envoyé d'urgence au parc.

11 heures. Commandant Beugnot à capitaine Charles, commandant le 1er bataillon.

Le général a téléphoné au commandant Beugnot que le but à atteindre à tout prix, quelle que soit la faiblesse de son effectif, est la tranchée du Mistral et qu'il compte sur un superbe effort de tous. Désigner à l'avance à tous les groupes l’objectif à atteindre sur lequel on se rendra dès le premier coup de canon. Le capitaine Charles restera à la passerelle, surveillant à la lorgnette la progression et rendra compte le plus tôt possible des résultats.

12 heures. Préparation d'attaque par l'artillerie.

12h2. Le lieutenant Juliot, commandant la 2e compagnie se lance à l'attaque de la tranchée du MistraI. Une section en tête, deux sections en ligne et une section en soutien. Il est arrêté par les feux d’un blockhaus situé au nord du carrefour cote 100 et y subit des pertes.

12h35. Il parvient néanmoins à déborder par la gauche la tranchée Mistral, dans laquelle il saute, ayant entraîné par son exemple, la 10e compagnie dont les éléments avaient été désignés, pour rester en soutien. Dès la fin des tirs d'artillerie, les groupes de mitrailleuses boches, terrées un instant, déversent un feu nourri sur les lisières des bois des Colibris et du Léopard. Des groupes de fantassins contre-attaquent à la grenade, d'autres envoient des bombes à ailettes.

12h10 à 12h40. Toute liaison est rendue absolument impossible entre la tranchée du Mistral et le bois du Léopard. La compagnie de Kérangat est envoyée de suite à la lisière du bois et sur l'emplacement même de la tête de pont qui ne peuvent être abordés qu'au prix de pertes imposées par la nécessité de garder inviolables les débouchés. Les Allemands lancent des fusées ventes qui déclenchent un violent tir de 105 sur tous les points sensibles (passerelle route d'Achery, pont d'Achery, passerelle de la Serre).

14h15. Tous les fils téléphoniques sont coupés et les liaisons sont rendues extrêmement difficiles.

15 heures. Arrivée au PC d'un prisonnier du 474e RI, pris dans le boyau du Mandarin. Un groupe du lieutenant Juliot progresse dans le boyau du Mandarin jusqu'à une distance de la Raperie.

16 heures. Ordre est donné au capitaine Charles, commandant le 1er bataillon, de reprendre à la nuit la progression avec tous les éléments disponibles. Le bataillon Coustillère, venu des tranchées sud de Verneuil par Travecy et La Fère, est immédiatement porté sur la passerelle et sur la Serre.

17 heures. Arrivée d'un prisonnier du 445e RI, blessé pris dans la tranchée du Mistral.

17h30 à 19 heures. Forte activité de mitrailleuses et de 105. Le capitaine Charles est mortellement blessé.

22 heures. Le bataillon Coustillère laissant une section et demie en réserve au PC du régiment, une section au passage de la Serre, se porte en avant pou; alimenter les combattants de la première ligne.

24 heures. Les tirs de mitrailleuses diminuent, le canon s'arrête ; des explosions sont signalées à Achery et Mayot.

18 octobre 1918. Le  lieutenant-colonel Charles-Roux rentre de convalescence, reprend le commandement du régiment.

6 heures. Le Boche a décollé. Ordre de progression vers le nord-est, le bataillon Coustillière devra prendre et occuper le fort Mayot en le débordant par le nord et le sud.

9h15. le 11e TA entre au fort Mayot, en Liaison avec le 123e RI à sa droite, légèrement en retrait, et avec le 6e TA à gauche.

12 h. 25. Arrivée d'un groupe de 23 allemands faits prisonniers par la 6e compagnie.

12 h. 40. La ferme Méchambre est prise par la 9e compagnie, dont l'effectif n'est plus que d'une section. Le bataillon Gruyer (3e) est appuyé à la route Renansar-Mayot en liaison avec le 2e bataillon du 123e RI à droite, à gauche en liaison avec le bataillon Coustillière (2e) arrêté devant la ferme Barivas. Le bataillon Juliot (1er) fait liaison avec le 6e TA un peu en retrait. Le régiment est arrêté par les tirs de mitrailleuses. Le Boche bombarde Renansart. Quelques blessés.

15h25. Arrivée de quelques prisonniers.

Situation à 16h30. 11e compagnie carrière nord ouest de Renansart, PC du 3e bataillon ferme Méchambre, 2e bataillon sur la route de l'abattoir à Surfonteine, nord-ouest de Surfontaine. 1er bataillon un peu en retrait, vers l'abattoir bataillon Brissot, (du 6e TA) intercalé entre le bataillon Coustilliere et le bataillon Gruyer. PC du régiment ferme Méchambre.

Divers. Réaction de l'artillerie ennemie assez vive du fait de la présence de l'escadron de spahis. Tir des mitrailleuses des lisières Fay le Noyer.

Peu de pertes aux 9e et 3e bataillons, quelques-unes au 1er bataillon.

 

COPIE DE LA CITATION

 

GQG n°164, le 8 novembre 1918.

ORDRE GÉNÉRAL N°164.

 

Le général commandant la 1re Armée cite à l'ordre de l'Armée les unités ci~près.

Le 11e régiment de tirailleurs algériens. Jeune régiment indigène, formé à l'image de son chef, le lieutenant-colonel Charles-Roux, dont il partage la confiance, l'ardeur et la vaillance communicatives.

Les 16 et 17 octobre 1918, sous le commandement provisoire du chef d'escadrons Beugnot, et après une lutte dont l'opiniâtreté ne se démentit pas un instant, est parvenu à arracher à l'ennemi, dans des conditions qui eussent fait hésiter les plus braves, le passage de la Serre. Par cette manoeuvre hardie, exécutée sous de violents feux de mitrailleuses et d'artillerie, a contraint l'ennemi à la retraite et décidé, sur un front garni de défenses et protégé par 1000 et 1500 mètres d'inondations, de l'offensive de toute la division dont il fait partie.

A pris ensuite la tête de la poursuite et talonné l'adversaire jusqu'à 10 kilomètres en lui faisant des prisonniers

Le général DEBENEY, commandant la Ire Armée,

 

De 0 heure à 6 heures.

Les bataillons s'organisent sur leurs positions et se ravitaillent.

De 6 heures à 9 heures.

Par suite d’entrée en ligne de nouvelles unités, il est procédé au remplacement des bataillons face à leurs objectifs et sur les axes : 2e bataillon en première ligne ; formation de tête de pont  2e bataillon en échelon, en arrière et à gauche  3e bataillon, en échelon, en arrière et à droite. Le mouvement s'exécute dans le brouillard sans difficulté.

De 9 heures à 10 heures.

Reprise de la marche en avant qui porte le 2e bataillon sur les lisières nord-ouest de Faye-le-Noyer. Le 3e bataillon légèrement en retrait et à la droite du 2e, appuyé sur la route Renansart-Faye le Noyer

Le 1er bataillon en réserve à la Voie Romaine.

De 10 heures à 14 heures.

Arrêt occasionné par des feux de mitrailleuses de plus en plus nourris au fur et à mesure que la brume disparaît. Les limites de progression aperçues par les observatoires ennemis sont sérieusement bombardées.

De 14 heures à 15 heures.

Préparation par le commandement d'une attaque montée. But : s'emparer de Ferrière-ferme, bois au Nord, avec le concours de l'ID 58.

De 15 heures à 15h30.

Préparation d'artillerie sur la 2e croupe de la cote 129. Mise en place par le 2e bataillon de sa compagnie de tête sur l'alignement des éléments les plus avancés. Concentration des feux de trois mitrailleuses du bataillon sur les organisations ennemies du Nord et du Nord-Est.

15h30.

Départ de la 7e compagnie sur une seule vague.

De 15h30 à 15h35.

La 5e compagnie s’ébranle, la brume favorise la progression. Tirs des mitrailleuses ennemies très denses, mais mal ajustées. Peu de pertes. Les 2 compagnies engagés gravissent les pentes du deuxième mamelon de la cote 129, dévallent le long du bord nord de ce mouvement de terrain, et progressent vers le bois de Verrières.

15h41.

Le Boche lance des fusées rouges, demandant le concours de son artillerie.

15h45.

Déclenchement d'un violent tir de barrage. Un certain flottement se produit. Des groupes se couchent et d’autres continuent à progresser. Finalement la ligne s’arrête après un superbe bond, ayant porté les lignes de la progression à 1500 mètres des lignes de départ.

15h50.

Le bombardement continue, s'intensifie sur nos lignes, en arrière; des obus de 150 tombent sur Faye-Noyer, Renansart. L'ennemi envoie quelques obus à gaz.

16 heures.

La situation parait se stabiliser, quoique dure.

17 heures.

Un compte rendu du commandant Coustillière mentionne que les mitrailleuses et les canons ont rendu la situation très dure, intenable. Une contre-attaque s’est produite sur la 7e compagnie arrêtée devant les fils de fer barbelés. Les pertes de la 7e compagnie sont très sévères. Le Sous-lieutenant Blondeau, commandant la compagnie. est blessé. Le chef de bataillon décide de se replier avec méthode sur ses bases de départ.

de 19 heures à 24 heures.

Préparatifs et commencement d'exécution de la relève par le 41e RI.

20 octobre 1918.

Achèvement de la relève avant le jour. Après la relève, le régiment passe en réserve de DI et occupe les emplacements

2e bataillon Chemin creux, lisieres ouest de Renansart

3e bataillon Ravin Ouest de Renansart sur route Mechambre-Renansart

1er bataillon Ferme Mechambre

PC ferme Mechambre

21 octobre 1918.

En vue d'une attaque (par le 412e et le 6e TA) qui doit avoir lieu à 14h10, le régiment est alerté à partir de 12h30 Pas de changement.

22 octobre 1918.

Situation sans changement. Les chefs de bataillon et les commandants de compagnie font les reconnaissances de la 2e position à occuper en cas d'alerte.

23 octobre 1918.

Situation sans changement.

24 octobre 1918.

En vue d'une attaque, le régiment se porte aux emplacements fixés (comme étant en réserve de la DI) à cheval sur la route Renansart-Faye-le-Noyer, entre Renansart et la voie Romaine. Deux bataillons à gauche de la route (1er et 2e) et le 3e bataillon à droite.

14h10.

Déclenchement de l'attaque par le 6e TA et le 412e RI. Vers 5 heures, le 11e TA reçoit l'ordre de progresser.

16 heures.

Situation :

1er bataillon, ravin ouest de Fay, 500 mètres de Fay

2e bataillon, 200 mètres derrière le 1er

3e bataillon, voie Romaine à cheval sur la route Renansart-Fay.

Pertes

capitaine adjoint Lamberti, blessé lieutenant Juliot, blessé. Une vingtaine de tirailleurs blessés, 3 tués.

25 octobre 1918.

Le régiment reçoit l'ordre d'attaquer la ferme Ferrière à 15h30. Les bataillons se portent à14h30 sur leurs emplacements de départ.

15h20.

Le Lieutenant-Colonel Charles-Roux commandant le régiment, est mortellement blessé par obus. Le chef d'escadron Beugnot est grièvement blessé par obus. Le chef de bataillon Coustillière prend le commandement du régiment. Le lieutenant Girard, celui du 2e bataillon.

15h30.

Déclenchement de l'attaque

16h25.

La ferme Ferrière est prise. Une quarantaine de prisonniers et plusieurs mitrailleuses tombent entre nos mains.

Dans la nuit du 25 au 26, les bataillons s'organisent sur leurs positions conquises.

26 octobre 1918.

Situation à 4 heures

1er et 3e bataillons, tranchée et ferme Ferrière

2e bataillon, route de Villiers-le-Sec à la Ferté

PC du régiment, ferme Ferrière.

Pendant toute la journée du 26, la ferme Ferrière et ses abords sont violemment bombardés. Emploi de nombreux obus toxiques; pertes sensibles.

Situation du régiment à 20 heures

2e bataillon à 1 kilomètre est de la ferme Froidement en liaison en avant avec le 412e

1er bataillon à 500 mètres environ en arrière du 2e, à la voie ferrée Perpeville-la-Ferté.

3e bataillon à 800 mètres en arrière du 1er.

27 octobre 1918.

Le Boche a décollé ; au petit jour, le 412e reprend sa marche en avant. Le régiment suit sa progression.

Itinéraire  cote 14, cote 130, cote 120.

La progression du 412e est arrêtée du fait de la résistance ennemie sur la ligne Le Hérie-la-Viéville, cote 150, Fancouzy. Le régiment occupe à 9 heures les emplacements suivants

2e et 1er bataillons

cote 120, en échelon

3e bataillon

cote 130

PC du régiment

cote 130, route de Torcy à Faucouzy.

28 octobre 1918.

Les bataillons s'organisent sur leurs positions. Le lieutenant-colonel Moog prend le commandement du régiment.

29 octobre 1918.

Le régiment reçoit l'ordre d'attaquer pour le 30 à 6 heures. En exécution de cet ordre, le 11e entre dans la nuit du 29 au 30 dans la zone d'action en relevant des éléments de première ligne (9e zouaves, 153e RI). Relève sans incidents

PC du régiment, barrières nord de Landifay.

30 octobre 1918.

6 heures.

Déclenchement de l'attaque.

Le 2e bataillon progresse au prix de pertes assez sérieuses provoquées par un violent barrage d'artillerie et de mitrailleuses. Il fait une quinzaine de prisonniers. Le lieutenant Girard, commandant le 2e bataillon et le sous-lieutenant Chaussy, commandant la CM1, sont grièvement blessés. Des éléments de droite du 2e bataillon atteignent la route Valenciennes-Marle. Ils sont pris à partie par des mitrailleuses tirant de flanc (organisation de la Hérie), le 6e TA n'ayant pu progresser à droite.

15h45.

La cote 150 est prise par la 1re compagnie après combat, et la liaison s'établit à gauche avec le 1er tirailleurs marocains.

31 octobre 1918.

De 4 heures à 6h30.

Violente CPO boche sur les 1er et 2e bataillons.

Dans la journée, bombardement de Landifay. Nombreux obus toxiques.

1er novembre 1918.

De 4 heures à 6 heures.

Très violente CPO boche sur les 1re et 2e positions.

14h30.

Une patrouille attaque, sur la cote 150, un PP du bataillon Tanisier. Elle est repoussée et laisse un mort sur le terrain. L'attaque est suivie d'un violent bombardement sur la cote 150. Le sous-lieutenant Debezza, commandant 1ere compagnie, et une vingtaine de tirailleurs sont blessés.

2 novembre 1918.

5 heures.

Le régiment est relevé par le 2e TA.

Après relève, le régiment occupe les emplacements suivants :

1er et 2e bataillons en échelon, cote 120

3e batailIon, cote 130. mêmes positions que le 27 octobre 1918. Dans la nuit du 2 au 3, le régiment relève le 3e zouaves dans le secteur de Faucouzy.

3 novembre 1918.

Les bataillons s'organisent sur leurs positions.

15 heures.

Violent bombardement sur le 3e bataillon, quelques blessés.

4 novembre 1918.

Situation sans changement.

5 novembre 1918.

Le lieutenant-colonel Moog, commandant le régiment prend le commandement de l'ID 58, le chef de bataillon Coustillière celui du régiment.

7 heures.

Le capitaine Bossan téléphone que le Boche décolle. Reprise immédiate du mouvement en avant ; passage à Facouzy, station de Saint-Bichaumont, Bichaumont où 2.000 civils sont délivrés.

Situation à 17h30.

Le 1er bataillon, remblai de la voie ferrée, au coude de la voie

2e bataillon, cotes 154 et 169

3e bataillon, cote 173

PC du régiment, derrière maison Est de Saint-Richaumont.

Le 2e bataillon est assez violemment bombardé et subit quelques pertes. Le capitaine Rossan, est commotionné par un obus est évacué. Quelques obus sur la partie est de Richaumont.

6 novembre 1918.

7h30.

Le capitaine Tanisier, commandant le 1er bataillon rend compte que le Boche décolle. Reprise de la progression Lemé, La vallée-aux-Bleds, Haution, rue du bois de Laigny.

Situation à 13 heures

1er bataillon, cote 213  GG La Chaussee

2e bataillon rue du bois de Laigny

3e bataillon, La Chaussée (partie ouest).

7 novembre 1918.

Le régiment reste sur ses emplacements ; il est dépassé par le 412e et devient reserve de DI.

8 novembre 1918.

Départ du régiment à 6 heures.

Itinéraire

Fontaine-les-Vervins, La Bouteille, Le Chaudron

À 11 heures, le régiment est cantonné à :

1er bataillon, rue des Chantraines

2e bataillon, fort Saint-Haut de vin

PC du régiment, Le Chaudron.

9 novembre 1918.

A 6 heures, le régiment est alerté au vue d'une attaque sur Hirson. Le Boche a décollé. progression continue. A 11 heures, le régiment fait mouvement.

Itinéraire

Origny, Hirson, Saint-Michel.

A 17 heures, le régiment est cantonné à

1er bataillon, Sousgland

2e bataillon, La Bovette

3e bataillon, Chamitaux

PC du régiment, La Bovette.

10 novembre 1918.

Le régiment cantonne à

1er bataillon, Chamitaux

2e bataillon,  Cogreaumont

3e bataillon, région Philippe-Forge, Cendron (Belgique).

11 novembre 1918.

A 6 heures, le régiment fait mouvement pour aller relever le 412e aux AP.

8h30.

Passage à Cendron (Belgique), où le régiment apprend que l'armistice est signé.

Pertes subies dans les opérations du 27 septembre au 11 novembre 1918.

Officiers blessés, 14 (dont 2 morts des suites de leurs blessures, lieutenant-colonel Charles-Roux, et capitaine Charles)

gazés, 2

disparus, 1

total, 17.

Troupe

tués, 124

blessés, 598

évacués pour maladie, 82

gazés, 129

disparus, 95

total 1029

retour vers les historiques

 retour vers l'accueil