Hommage à Louis Jean AURIAC, poète agathois

Il naît le 31 décembre 1887 à Agde, son père est alors marin-pecheur. Il est âgé de 14 ans lorsque son père décède à Agde.

En 1904, il est encore étudiant lorsqu'il décide de s'engager dans la marine. Il signe alors un contrat  à BREST l'engageant jusqu'a la date de l'expiration légale du service dans l'armée d'active de la classe à laquelle il appartient par son age. Ce contrat doit donc durer jusqu'en 1909 car la durée légale du service est alors de 2 ans et Louis est de la classe  1907. On verra plus tard que le caractère de Louis fera durer ce service bien plus longtemps....

Louis, apprenti marin, embarque sur le "D'ENTRECASTEAUX", croiseur protégé de 120 mètres le 8 janvier 1904.Le 1er novembre 1905, le navire appareille pour un long périple qui mènera notre poète à MADAGASCAR puis en CHINE. En fait, ce voyage dont il aura certainement rêvé va se transformer en cauchemar car, bien qu'il se soit engagé, Louis a le défaut de ne pas supporter l'autorité de ses supérieurs ....

Ainsi, le 25 janvier 1906, alors que le "D'ENTRECASTEAUX" est à MADAGASCAR, Louis s'accroche avec un de ses officiers et est mis aux arrêts. Il est alors traduit devant un conseil de guerre a bord du navire le 31 mars et écope de 6 mois de prison pour "outrage par menaces envers un supérieur hors du bord à l'occasion du service et rébellion envers la force armée". Il sera libéré le 23 juillet et pourra alors profiter de son voyage vers la CHINE.

Le 1er octobre 1907, le "D'ENTRECASTEAUX" est de retour en FRANCE, le voyage aura duré deux ans.

Louis ne supporte plus la vie militaire, il s'aperçoit de son erreur et le 29 février 1908, âgé alors de 20 ans, il ne regagne pas le bateau après une deuxième altercation avec un gradé. Il est alors considéré comme déserteur et sera repris le 27 avril. Son escapade de deux mois va lui coûter cher. Le 11 juin, il est condamné par le conseil de guerre de TOULON à 5 ans de travaux forcés pour "voies de faits envers un supérieur à bord et désertion à l'intérieur en temps de paix".

Il sera libéré de sa peine le 27 avril 1911 après avoir purgé 3 ans de travaux forcés et est affecté au 2eme dépôt des équipages de la flotte de BREST. 

En septembre, il passe à la section spéciale du 29eme régiment d'infanterie puis en octobre à la section spéciale de répression du 163eme régiment d'infanterie de SAINT-FLORENT (CORSE). Le poète reprend goût a la vie et a la liberté: il  s'inspire des paysages Corses et écrit le premier de ses poèmes connus "Hommage à la nature". Son état d'esprit nous est révélé par le second "Pauvre fille".Deux jours après la rédaction de celui-ci, le 29 septembre 1912, il s'accroche  avec un supérieur et est à nouveau mis aux arrêts.  Il sera condamné le 14 février 1913 à 5 mois de prison pour refus d'obéissance par le conseil de guerre de la 11eme région militaire puis sera libéré le 29 février. C'est certainement derrière les barreaux de sa cellule que Louis s'inspire de souvenir d'enfance et de son père pêcheur dans une pièce dramatique en un acte "Les héros de la mer" qui sera présentée au concours poétique de la société des belles lettres de l'Indre et Loire.

Le 17 mars, Louis est renvoyé dans ses foyers comme ayant accompli 2 ans de service. Son certificat de bonne conduite est, à son grand étonnement, refusé!!!. Louis est parti depuis 9 ans 2 mois et 9 jours et a effectué 4 ans 1 mois et 13 jours de prison.

Il est maintenant de retour dans l'Hérault et loge chez sa mère à Agde, rue de la Poissonnerie. Il va devoir se dépêcher de profiter de la vie car les menaces de guerre se font de plus en plus fortes. Louis se fait encore remarquer par les autorités locales mais prend quand même le temps de s'occuper de son cahier de poésies. Il rédige deux nouveaux poèmes : "L'oubli" et "Le rêve" (poésie qui sera primé lors du concours littéraire du "Pain Repu") mais aussi 2 contes "Soir de fête" et "Soir de fiançailles".

le 2 août 1914 est arrivé, la FRANCE et l'ALLEMAGNE sont maintenant en guerre . Comme des milliers de français de son age, Louis est mobilisé et il doit regagner le 5eme dépôt des équipages de la flotte à TOULON. Il est affecté au 1er groupe spécial de TATAHOUYNE dans le SUD-TUNISIEN le 17 novembre 1914 puis au 15eme groupe par erreur (groupe de Tatahouine). La région est le siège d'importants troubles : les Allemands envoient des armes et des munitions aux tribus qui se sont rebellées ; des émissaires Turcs prêchent la Guerre Sainte, des tribus Libyennes passent régulièrement la frontière et commettent des exactions. Les groupes spéciaux sont des unités mobiles de sécurité et de maintient de l'ordre. La tache est ardue car la plupart des régiments d'actives (Zouaves, Bila et Tirailleurs) combattent sur le front français.

Le 18 février 1915 il passe au 4eme régiment de Zouave à Tunis puis au 4eme régiment de tirailleurs indigènes de SOUSSE le 4 août 1915. Il est envoyé en renfort en FRANCE le 4 octobre (13eme compagnie).

Le 20 avril 1916, il est affecté au 3eme régiment mixte Zouaves et Tirailleurs, 2eme compagnie. Le régiment vient de quitter le front de mer en limite de la Belgique et se dirige vers Verdun. Il bivouaque au Bois Saint Pierre jusqu'au 12 mai. La 45e division va prendre la place du 9e corps d'Armée à Esne de la cote 304 au Bois d'Avocourt.  Les hommes subissent le bombardement Allemand qui cause quelques pertes. Le 18 mai, à 2 heure 30, Le 2e bataillon se lance à l'attaque de la Cote 304 (position tenue fermement par les Allemands), le 1er bataillon, celui de Louis est en réserve, il doit occuper les tranchées prises et repousser les contre-attaques. La lutte est acharnée et les pertes sont terribles. La cote 304 est prise malgré les nombreuses contre-attaques allemandes, le bombardement incessant et l'utilisation de gaz toxique. Le 2e bataillon (14e bataillon du 1er Zouaves) aura 4 officiers, 65 soldats tués, 84 disparus présumés morts pour la plupart et 239 blessés.

Poste de secours sur la cote 304

Le 22 mai, le régiment embarque à Saint Eulien pour Hallégueville dans la Marne, les enfants offrent des fleurs aux courageux zouaves.  Les hommes reprennent des forces. Le 31 mai, le régiment  repart vers le front mais reste en réserve à l'arrière à Vacqueville (Meurthe et Moselle). La vie de tranchée reprend dans ce secteur calme.

Le 13 août, la division entière va se préparer pour la prochaine grande offensive dans le camp de  Saffais près de Ferriere. Le 25 août les Zouaves et Tirailleurs embarquent pour une destination inconnue: ce sera la Somme, dans le secteur de Maurepas. Louis a obtenu sa première distinction : il est maintenant Zouave de 1ere classe.

Suzanne, les troupes en route vers Maurepas

Le 7 septembre, ils occupent les tranchées entre le Forest et le Bois d'Anderlu, les allemands bombardent sans interruptions leurs anciennes positions occupés maintenant par le 3e Mixte et c'est là que Louis sera grièvement blessé.

Le 7 ou 8 septembre, un obus explose près de lui, sa jambe gauche est fracturée par les éclats. Le 8 septembre, Louis est transporté à l'hôpital militaire n°107 d'Amiens pour traiter sa fracture compliquée et les nombreuses plaies pénétrantes de sa jambe. Malheureusement, ses plaie s'infectent ; l'amputation est inévitable. Il décèdera d'une septicémie le mercredi 13 septembre à 20 heures ,décoré de la croix de guerre.

Louis n'avait que 28 ans.

L'attaque prévue le 12, réussira : le bois d'Anderlu tombera aux mains des Zouaves de la 45e division au prix de 19 officiers et 374 soldats tués.

Le 30 septembre 1922, la médaille militaire à titre posthume lui est attribué : "Brave zouave, Mort pour la France le 13 septembre 1916, des suites de ses glorieuses blessures. Croix de Guerre avec étoile de bronze".

L'hôpital 107 est maintenant une école privée

Le cimetière national St  PIERRE

La tombe de Louis Jean AURIAC

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