"SI T'ES PAS SAGE T'IRAS À METTRAY"

LA COLONIE PENITENTIAIRE AGRICOLE DE METTRAY

Créé en1839 par Auguste Frédéric DEMETZ, ancien conseiller à la cour de PARIS, grâce à un financement de bienfaiteurs privés, cet établissement ouvre ses portes en 1840. A son apogée, elle abritera prés de 600 élèves condamnés par la justice. Sa mission : donner à ses pensionnaires une éducation morale, religieuse et professionnelle.

LA FRANCE DE 1830 : ETAT DES LIEUX

Nous sommes en pleine Monarchie de Juillet, période qui tire son nom de l'émeute qui se transforma en révolution les 27, 28 et 29 juillet 1830 (les Trois Glorieuses). Cette révolution met Louis Philippe au pouvoir. Le  régime disparaîtra par une autre révolution dix-huit ans plus tard.

La France connut pendant le règne de Louis-Philippe une extension du régime représentatif, qui devint véritablement parlementaire, et des transformations dans la mentalité et dans l'activité économique correspondant au démarrage de la révolution industrielle. Mais l'ensemble de la population ne bénéficie pas également de ces avantages ; les écarts sociaux se creusent entre riches et pauvres. Un vent d'humanisme souffle en France, la classe bourgeoise dirige le pays ; philanthropie et paternalisme sont à la mode. La révolution industrielle a dépeuplé les campagnes ; la délinquance juvénile est en augmentation dans les villes. Jusque là, les enfants délinquants étaient placés dans les mêmes centres pénitentiaires que les adultes. A leur sortie, il n'existe aucune mesure d'accompagnement pour faciliter leur réinsertion. Des 1850, un vent de reforme fait son apparition, ces enfants délinquants seront placés dans quartiers spécialisés et, une fois leur peine purgée devront être recueillies dans des établissements leur assurant une éducation morale, professionnelle et religieuse

Le système pénitentiaire et la délinquance juvénile

ARMANT RICHER

Employé à la Colonie pénitentiaire de Mettray

Jusque la loi du 22 mars 1850, on considère le jeune délinquant, dès l'âge de sept ans, comme un délinquant en miniature et on ne faisait pas de différence entre la criminalité adulte et la criminalité juvénile. Si les peines étaient moins fortes pour les mineurs, la majorité pénale est fixée à seize ans (elle sera portée à dix-huit ans par la loi du 12 avril 1906).

Si les juges estimaient que le jeune avait agi avec discernement, celui-ci devait être condamné aux peines prévues par la loi, dans le cas contraire, le mineur était innocenté. Il était alors remis à sa famille si on considérait qu'elle pouvait agir sur le comportement déviant du mineur ou conduit dans une maison de correction pour y être élevé et détenu pendant une période déterminée par un juge et cela jusqu'au vingt et un ans du délinquant.

Ces dispositions se révélèrent désastreuses, les jeunes délinquants s'acquittaient de leurs peines d'emprisonnement dans les mêmes prisons que les sujets majeurs, et le législateur avait négligé d'organiser les maisons de correction.

Ainsi sont nées, grâce au financement de bienfaiteurs les institutions du Bon Pasteur et, en 1839, la colonie pénitentiaire agricole de Mettray, près de Tours en Indre et Loire. Leurs missions: donner aux jeunes délinquants un savoir et une pratique professionnelle.

La loi du 5 août 1850 donnera un nouvel essor à ce système qui sera appliqué dans les colonies agricoles d'abord, puis dans les colonies maritimes et industrielles. Les mineurs condamnés à un emprisonnement de six mois à deux ans sont alors placés dans une "colonie pénitentiaire", Les jeunes qui sont condamnés à plus de deux ans d'emprisonnement et les insubordonnés des colonies pénitentiaires sont orientés vers des "colonies correctionnelles"

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